Je con-cours

Une saga de Popins - 3 épisode(s)

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Épisode 2 : Je con-cours

Deuxième épreuve

"Je vous ai réservée une chambre à « L’arbre de Penthée ». Vous y serez attendue."


A la lecture de cette invitation ou plutôt de cette injonction, je souris et ma respiration s’accéléra sous l’effet de l’excitation. Je ne savais rien de l’épreuve qui m’attendait, juste un indice, l’organisateur du concours était un voyeur. « L’arbre de Penthée » est un magnifique hôtel particulier sur les bords du lac, bien connu des helvètes amateurs de soirées coquines. Les propriétaires sont très actifs dans le milieu libertin genevois et organisent des soirées privées, accessibles uniquement sur invitation. Il est aussi possible de louer l’une des deux suites équipées de miroir sans tain. L’horaire de ma convocation me faisait pencher pour la seconde option. Après avoir joué avec les mots, le jeu semblait désormais passer par une mise en situation. Mon esprit était tout autant emballé que mon corps. Que voulait-il me voir faire faire? Qui allait m’attendre pour me mettre à l’épreuve? Monsieur x? L’attente jusqu’au jour J me parut interminable. Les scénarios dans ma tête se faisaient de plus en plus présents et j’avais du mal à penser à autre chose. Je discutais avec deux amis et voilà que je m’imaginais offerte à un couple de libertins,  tout comme le sourire et le décolleté de la boulangère m’imposaient le désir de plaisirs saphiques, et quand je nouais la fine ceinture de ma robe et j’étais transportée en pleine séance de bondage. Aucune mise en scène ne l’emportait sur l’autre. Je désirais juste me soumettre aux exigences du maître du jeu. Et c’est avec les dessous trempés en permanence que je supportais l’interminable semaine qui me séparait du jour du rendez-vous.

– Bonjour !

– Bonjour Popins me répondit le majordome en uniforme qui se tenait devant la porte de l’imposante bâtisse.

J’étais annoncée et attendue. Il ouvra la lourde porte en fer forgé ornée d’un magnifique vitrail. Je suis entrée.

– Je vous accompagne à l’étage. Suivez moi je vous prie, dit le petit homme aux gants blancs.

Une fois sur le palier, il prit congé en me tendant une enveloppe épaisse. Elle contenait une bande de soie noire et un message manuscrit « Frappez à la porte les yeux bandés ». J’allais être vue sans pouvoir voir, l’excitant miroir me semblait inutile tout à coup. Je m’exécutai, ajustant le délicat tissu sur mes paupières et le nouant fermement. C’est à l’aveugle que je frappai à la porte, mettant enfin un terme au délicieux supplice de l’attente. J’entendis la porte s’ouvrir et une main fine et douce enserra mon poignet et m’invita à entrer, une délicate main de femme. Le bruit de nos talons sur le parquet rompait le silence environnant. Après une balade dans la pièce, ma guide s’arrêta. Ses doigts parcouraient à présent mes épaules, descendaient le long de mes bras jusqu’au bout de mes mains puis remontaient se rejoindre dans ma nuque avant de reprendre leur ballade sur ma peau. Un frisson de plaisir me traversait sous la douceur des caresses. Le souffle dans mon cou m’annonça l’imminence d’un baiser, ce qui n’a fait qu’accentuer mon inondation. Après ses lèvres, c’était maintenant sa langue qui glissait du lobe de mon oreille à la naissance de ma clavicule. Je désirais que ce balancement exquis ne s’arrête jamais, tel le pendule de Newton. Son parfum m’enivrait, une odeur à la fois douce et épicée, j’en perdais la tête. Mon bandeau était superflu, mes paupières closes de plaisir avaient pris son rôle. Ses lèvres finirent par se poser sur les miennes, nos langues s’accouplaient et nos salives se mêlaient, un moment qui aurait pu durer toute l’éternité.

– Je m’appelle Salomé, me susurra la nymphe pendant que ses mains déboutonnaient ma robe.

Le bout de tissu soyeux tomba à mes pieds. Je ne portais plus que mes sous-vêtements, mes bas et mes talons. C’est dans cette non-tenue qu’elle me guida jusqu’au lit et me fit m’allonger. Après un moment, je sentis son corps creuser le matelas à mes côtés, mon sourire s’élargit, je craignais d’être privée d’elle. Je découvrais la douceur exquise de sa peau. Elle était nue et je parcourais son corps sans obstacle. Sa nuque était longue, son visage fin, ses seins généreux, ses fesses rebondies. J'essayais à tâtons de me la représenter et ce que mes mains me donnaient à voir me ravissait. Je portais encore ma fine culotte en dentelle mais elle m’avait libérée de mon soutien-gorge et sa langue titillait mes tétons, roulait autour des petits bouts durcis. Je soupirais et mon bassin s'est mis en mouvement, mon intimité me brûlait de désir. Salomé était tout autant excitée, elle frottait son trou baveux sur ma jambe, je sentais sa mouille couler sur ma cuisse. J’ai refermé mes mains sur ses hanches, fermement. Nos deux corps glissaient l'un contre l'autre. Un « viens » presque implorant a appelé sa chatte qui est venue à portée de ma bouche. J’y ai enfoui ma langue sans même lui lécher le clitoris. Je voulais sentir le goût de son sexe ; elle était délicieuse. Elle haletait, grognait sous mes lapements. Rapidement elle jouit, inondant mon visage. Je répondais à ses reflux par des râles de plaisir. Je n’en pouvais plus. Mes mains ont lâché ses fesses et sont instinctivement descendues caresser mon clitoris tout gonflé par-dessus ma dentelle détrempée. Salomé m’a stoppée net.

– Le Maître ne veut pas.

Le Maître! Je l’avais oublié, toute emportée dans mon plaisir du moment. J’avais oublié celui qui m’avait fait venir ici pour nous épier Salomé et moi, j’avais oublié le miroir, j’avais oublié le jeu. Mes paupières se sont immédiatement ouvertes de surprise, réflexe inutile qui ne me rendait pas la vue mais je sentais maintenant un regard masculin posé sur moi, posé sur nous. Salomé me prit les poignets, les releva au dessus de ma tête et les attacha ensemble au cadre du lit. Puis elle fit glisser ma culotte et s’attela à lier mes chevilles chacune à un coin opposé, lentement, l'une après l'autre, ce qui accentua l’écartement de mes cuisses. Je ruisselais, impatiente à l’idée qu’elle vienne à son tour me lécher. J’étais encore plus excitée d’être à sa merci, vulnérable, toute offerte. Je guettais le moment où sa langue glisserait sur ma brèche mais c’est une queue qui s’est engouffrée en moi, une queue d’homme toute dure.

Je n’avais rien perçu de sa présence jusqu'ici. Sous l’effet de la surprise, mon corps s’arqua, ce qui me rappelait que je n’étais pas libre de mes mouvements. L’homme qui s’était invité en moi continuait de me donner des coups de rein avec vigueur. Il enfonçait sa bite sans retenue, ses couilles butaient contre mon cul. Mes entraves me maintenaient en place en se resserrant un peu plus sous la force qu'il mettait à aller de plus en plus loin en moi. Salomé avait repris l’exploration de ma peau avec sa langue, avec ses doigts. Ses longs cheveux me frôlaient, ajoutant encore de la voluptuosité à ses caresses. Mon esprit tentait de reprendre le contrôle mais l’indécence de la situation ne faisait qu’augmenter mon excitation et mon plaisir et je m’abandonnais totalement aux deux êtres que je n’avais jamais vus. Soudain, l’homme me laissa vide et se répandit sur mon ventre dans un râle. Le liquide chaud emplissait mon nombril et coulait sur mes flancs. Salomé vint l’étaler encore davantage en glissant pour atteindre mon clitoris avec sa langue. Je jouis instantanément et des cris accompagnèrent le geyser qui giclait de mon entrecuisse. Il me fallut un moment pour reprendre mes esprits et calmer ma respiration. Salomé vint m’embrasser sur les lèvres tout en dénouant le bandeau de soie. J’allais la voir. Elle a dû lire dans mes pensées car elle me glissa à l’oreille :

–Attends un peu avant de libérer ton regard.

Alors j’ai attendu. C’est le bruit de ses talons s’éloignant de moi qui m'a fait secouer la tête pour dégager mes yeux. Je n’ai pas été assez habile. Je n'ai vu qu’une magnifique crinière rousse sortir de la chambre et refermer la porte derrière elle. J’étais seule dans la pièce, l'homme sans nom qui m'avait baisée comme on baise une chienne s'était volatilisé tout aussi discrètement qu'il était apparu.  Attachée au lit, je faisais face au miroir que je fixais du regard pour essayer de percer le reflet qu'il me renvoyait, les cuisses grandes écartées, le ventre plein de foutre, le cul au milieu d’une large auréole de ma propre jouissance, les cheveux collés par la mouille de Salomé. Je suis restée ainsi un long moment prenant conscience de l’obscénité de ma situation. Mon esprit tentait de me faire la morale, mon corps attendait la suite. J'étais affamée et me ré-jouissais d'avance. Que me réservait encore le lubrique joueur ?

On  frappa à la porte. Une femme de chambre entra. Elle ne parut pas surprise de me voir ainsi offerte et souillée.

–Je viens refaire la chambre dit-elle sobrement.

Elle eut la bonté de défaire les liens qui me retenaient au lit. Je me rhabillai, toute hontoyée que j’étais devant elle et m’avançai vers la porte en jetant un dernier regard vers le miroir. J’y devinais le bout rougeoyant d’un cigare.


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