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Je décidais de ma première fois...

 « Je décidais de ma première fois

C’est avec lui qu’elle le voulait

Qu’elle désirait à ce qu’il l’aimait »


1993 Un petit village de l’Ardenne belge, au fin fond de la campagne. Je passe le pas de la porte un sac à dos dans les mains car ce soir pour la première fois je dors chez Lionel. Pour moi, ce soir-là, c’est lui le vrai héros de tous les temps. Il me précède. Je ne peux m’empêcher de le dévorer des yeux et je le trouve magnifique. Il est plus petit que moi, il fait surement la moitié de mon poids mais je le regarde avec dans les yeux les étoiles innocentes des contes de fées de mon enfance toute proche. Ces longs cheveux couleur ébène sont lisses et soyeux. Ils appellent mes mains et j’ai envie d’y plonger mon visage tout entier, avec délice, humer ce doux mélange viril des fragrances de son shampoing et de sa sueur. Le geste est interdit.

- « Bonjour Madame. Merci d’avoir accepté de me loger. J’ai très envie de pouvoir aller à ce concert ce soir. Indochine est mon groupe préféré et sans vous, je ne pourrais pas. »

- « Pas de soucis. C’est comment ton prénom déjà ? Tu es dans la classe de Lionel, c’est ça ? »

- « Clémentine. Nous ne sommes pas dans la même classe mais oui oui , je suis aussi à l’ IATA »

- « Bienvenue Clémentine. Bon alors, où allons-nous vous faire dormir ? La chambre d’amis est out pour l’instant, un problème de chauffage On peut vous mettre un lit de camp dans la chambre de Lionel si vous voulez. Ce n’est pas très confort mais pour une nuit. Vous allez rentrer tard de toute façon. »

(Lionel me souris derrière le dos de sa mère, il hausse les sourcils et moi je fonds devant ce regard-là)

- « Pas de soucis Madame, je comprends bien, c’est déjà suer gentil comme cela. »

C’est le branle-bas de combat, grenier, lit, poussière, drap, inquiétudes de la mère, énormément de gentillesse, la couette, la housse, l’oreiller difficile à retrouver…

Et puis la porte qui se referme et les pas qui s’éloignent.

Face à cet immense carpe diem qui orne son mur, ces yeux qui me toisent, nos corps qui se rapprochent et nos bouches qui fusionnent

« Et soudain surgit face au vent, le vrai héros de tous les temps »

Ce concert, oh oui j’en rêve mais les autres ne peuvent pas savoir. Nous protégeons notre histoire et cela est terriblement excitant. Les recoins les plus intimes de l’école n’ont plus de secrets pour nous.

Il avait découvert ma première relation avec cette fille si jolie et populaire, c’est comme ça qu’il s’'est intéressé à moi, pour l’audace et je pense aussi pour être mon premier, mon initiateur, celui qui allait me prendre ma virginité et me guider et me faire découvrir les vertiges des plaisirs hétérosexuels. Lui-même avait été initié par son professeur de guitare qui faisait le double de son âge et portait le même prénom que moi. Ce fut une histoire merveilleuse, folle, dingue, il était complètement imprévisible, fantasque et imaginatif.

C’est de loin le meilleur de tous les amants que j’ai rencontré et cette nuit-là, la première méritait bien d’être racontée.

Je vous replonge donc, en Gaume belge, le petit village de Virton est bouleversé par ce concert événement improbable après qqs années d’absence, ce groupe rock, tente un retour avec un album qui va marquer. Ils testent, ils rodent leur show dans de petite salle et ce soir, c’est carrément une salle des fêtes de village où d’habitude, il n’y a que des mariages. Sur le pas des maisons, les personnes âgées regardent éberluées ces jeunes vêtus quasi exclusivement de noir qui arrivent en masse.

« Il l’a pris dans ses bras car elle avait un peu froid »

Inconsciente et adolescente, j’ai suivi en dernière minute et je n’ai pas de place. Par je ne sais par quel miracle mais Lionel m’en trouve une rapidement et nous voici partis pour deux heures de danse et de chants intenses.

Je me souviens de mon regard sur son corps qui saute et gesticule, je me souviens de mon appréhension et de mon envie. J’ai surtout peur que notre première fois ne puisse se faire ce soir-là. Une copine qui manque de s’imposer à cause d’un souci de co voiturage risque de tout foutre en l’air. Solution trouvée, il fera un détour pour la déposer et les regards échangés dans cette voiture me réconfortent et font monter un peu plus la pression.

La complicité est le mot qui nous convient à ce moment précis, nous sommes deux, prêts à nous unir réellement, dans l’attente terrible, sous un désir intense. On ne se parle pas, les mots sont superflus, les regards, les sourires prennent le relais. Juste une main légère, juste au-dessus du genou gauche.

« Il a posé ses mains sur elle a rougit »

La tension qui s’installe, le corps qui s’emballe…

Sortir de la voiture, trouver la clef, de nouveau ce hall et ces escaliers, il m’ordonne de ne pas faire de bruits. Je suis si nerveuse que cela m’est impossible, mes nerfs lâchent dans un grand éclat de rire. Son visage se durcit, un « Chut ! » qui me fige.

Il me précède toujours et les pas dans les escaliers, sont subitement plus lourds, ils sont chargés de doutes et d’une angoisse sourde. Je ne vois pas son visage, il ne se retourne pas.

Cette porte de sa chambre qui se referme une nouvelle fois. Ce regard qui ne vient pas. Je suis désemparée. Je m’approche de lui.

« Elle caresse en douceur comme pour oublier sa douleur »

Il se retourne et arbore un air à la fois malicieux, coquin, lubrique, si troublant. Un regard de défi. Je suis subjuguée par la force de ce désir qui grandit dans mes entrailles. A ce moment précis, je suis à sa merci, il peut tout me demander, mais

Je ne le sais pas encore

« Tu n’as pas obéi à mon ordre. Je vais te punir. A partir de ce moment, tu vas faire ce que je te dis. Je ne te ferai jamais aucun mal. Tu le sais. Déshabille toi et glisse toi dans mon lit »

« A bout de souffle, comme une sirène, elle voit son corps qui se réveille,
Elle arrachait tous ses vêtements par quelques gestes élégants. »

J’obéis, fébrile et docile. Je m’allonge dans son lit, j’y retrouve son odeur, c’est bon mais j’ai un peu peur.

« Installe-toi bien »

Il écarte mes cuisses presque jusqu’à l’extrême. Je suis totalement exposée, offerte à son regard.

Il plonge ses yeux noirs dans les miens, je frémis.

Il se positionne à genoux entre mes cuisses, une main sur chacune d’elle. Que va – t - il me faire ?

Il ne me quitte pas des yeux, mon dieu, comme j’ai envie de lui !

« Sous la chaleur et sans un bruit ils rattraperont toute la nuit »

A partir de maintenant, tu ne pourras plus ni bouger ni parler. Fais-moi un signe de la tête si tu as compris. Si tu bouges, j’arrète de te faire plaisir.

Si tu as mal, mais seulement si, tu peux me parer, tu dois, je ne peux pas te faire de mal

Montre-moi que tu as compris.

J’aurai pu protester

J’aurai pu refuser

Je ne l’ai pas fait

D’un signe de tête, j’ai acquiescé

Il s’est couché en chien de fusil entre mes cuisses, la tête si proche de mon sexe que je pouvais sentir son souffle

Cette sensation et cette position m’excitait à l’extrême, je veux ses doigts, je veux sa langue, qu’il me touche, me caresse, me doigte, me malaxe, me lèche, me suçote, mais qu’il agisse bon sang !!!

Cesse de me regarder comme ça, ferme les yeux et dors ! Le ton est sec

J’ai envie de riposter, de réclamer, de supplier… et je me tais.

Ah c’est comme ça ! Je me tais !

Difficile, non, impossible de dormir, mais orgueilleuse, je ne montre rien.

Comme une poupée qui se réveille, mes paupières s’écartent sous la surprise.

Alors que tout était calme et plaisir, que nous ne bougions plus depuis un bon moment, que je n’osais plus espérer récupérer mon rêve initial, au fond de moi, un doigt me pénètre très lentement, il entre à peine, mais mon corps réagit instantanément.

Ce doigt me parcours, il remonte, descend en surface seulement, il caresse mes lèvres, je le veux en moi.

Je me rappelle de justesse les consignes, ne pas bouger, ne pas parler, je le regarde, je veux qu’il accroche mon regard.

Il ne me regarde pas, j’ai envie de hurler et de gémir à la fois.

Il retire son doigt, le met en bouche, mais, reviens, ne me laisse pas dit, regarde moi, mes yeux te supplient

Ne pas bouger, ne pas parler... C’est trop dur, un mot ce n’est rien, juste un mot..;

« Continue »

Ah perdu ma belle, rendors toi !

Mais non, mais merde ! je crie, je hurle.. à l’intérieur. On ne m’y reprendra plus

Mais quelle conne je fais, je peste en mon fort intérieur puis peu à peu me calme.

Puis peu à peu, il bouge, le souffle se fait de plus en plus proche.

Ouiiiiiiiiiiiiii hurle en moi, une femelle déchaînée. Le désir et encore plus puissant plus fort, il vrille

Il me lèche comme le ferait un chat, il me pourlèche, il me fouille, il s’enfonce

Je fonds et me liquéfie. Bien décidée à la fermer cette fois

Il entame une danse avec sa langue autour de mon clitoris dressé comme jamais…punaise que c’est bon !!

J’ai envie de ses doigts, j’ai envie de son sexe, découvrir enfin cette sensation de pénétration

Je veux qu’il me fasse femme!

J’aurais dû lui dire avant, nous aurions dû en parler.

Je suis prête bon sang et il ne le sait pas, je crois qu’il s’en doute..

Il se redresse

Oui main non, je n’ai rien dit moi

Il approche une main de mon pubis, m’effleure sans me toucher

Mon corps explose, mon bassin s’avance pour rencontrer ses doigts

« Tu ne sais donc pas m’obéir, tu exagères.. Rendors toi, tu vas apprendre à m’écouter»

Tant qu’à faire, rebelle, je bouge et me repositionne différemment.

Je tempête et explose en toute contradiction entre la colère et l’émerveillement

Je le déteste oui mais je l’aime fougueusement, je le veux impérativement

Et ce jeux va durer toute la nuit, il va me mener toujours plus haut, aux portes de l’orgasme, avant que bien sûr, je bouge où qu’un cri ne s’échappe.

« C’est son corps contre mon corps c’est nos corps qui s'enchaînent »

Je sens mon corps qui épuise ses réserves, ma tête tourne un peu, je suis dans un état de flottaison et pourtant je n’en ai pas fini avec ce désir qui tiraille toujours, j’en veux encore, toujours plus.

Je veux qu’il me délivre, la sortie de l’enfance est délicieuse mais je veux que la femme naisse. Je ne peux me résigner à ce que cette si belle nuit ne soit pas ma nuit.

Je redouble de force et de courage pour ne rien faire, ne pas bouger, ne pas dire.

Les lueurs du jour percent à peine lorsque j’entends ces mots, doux, enjoués, merveilleux de bienveillance

« La nuit s’achève la belle, je vais pouvoir lever ta sanction, dommage, j’étais bien entre tes cuisses moi mais tu vas voir nous serons encore mieux tous les deux »

Et bien que je puisse, je ne bouge pas, je me redresse incrédule, juste un peu pour le regarder, j’admire enfin sa nudité, son corps si maigre et fluet qui contraste avec cette érection et ce sexe abominablement tentant, abominablement tendu. Je veux enfin toucher sa peau, le saisir, lui donner moi aussi du plaisir mais il s’approche de ma bouche, me dépose un baiser plein de passion, toute la force de cette nuit est dans cet échange.

« Tu as été merveilleuse cette nuit, je t’aime. »

Il me prend la main qui se retrouve sur sa cuisse, la retire délicatement et la dépose sur le matelas. Il prononce alors ce petit mot qui reste gravé…viens

Je n’ai ressenti aucune douleur et mon plaisir fut inouï, ce fut un moment magique, nous étions vraiment tous les deux, fusionnés et unis.

Épuises, apaisés, effondrés, face à face, c’est sous ses caresses que je me suis ensuite laisser emporter par le sommeil.

Et nous étions tendrement enlacés sous sa couette quand nous avons entendu des pas dans le couloir qui menait à la chambre…

Impossible de bouger, au risque de l’on me retrouve nue debout au bon milieu de la chambre.

La porte s’ouvre, quelques pas, une garde-robe qui s’ouvre, un corps qui se retourne, laisse échapper t-shirt qu’elle a en main, se précipite dans le couloir et hurle...

« Maman, il y a une fille dans le lit de Lionel »

Sa sœur, 15 ans…l’horreur, moment inoubliable lui aussi

J’aimerais un jour pouvoir le recroiser et lui offrir ce récit ainsi que ceux qui vont suivre car comme vous vous en doutez cet adolescent plus que mature sexuellement m’a ouvert quelques jolies portes comme celle de la littérature érotique.


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