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Jeu d'amour

Descendre tranquillement l’avenue Gambetta par ce magnifique jour ensoleillé est sans doute pure folie de ma part. J’ai déposé les enfants à l’école et souris en pensant à toi. Tu es au bureau. Je crois que tu me manques. C’est assez étrange car, nous sommes très souvent ensemble. Notre complicité ne fait aucun doute. Refaire le monde, rire des mésaventures du boulot, prendre le temps de se taquiner, nous avons pris nos marques. Mon esprit s’envole loin des embouteillages pour m’emmener à ce soir où j’espère bien te retrouver. Mon sourire s’illumine en passant devant ton bâtiment. Mon cœur s’affole aux souvenirs des jeux d’amour que nous y réinventons. Mon sourcil se soulève soudain, un petit air coquin sur le visage. Tu me manques trop.

Je rentre à la maison sans trop me poser de question. L’été est bien installé et avec lui vont commencer les vacances. La chaleur est telle, que je ne peux que souhaiter me déshabiller pour prendre une douche et me poser un instant. Pénètre ma clé dans la serrure de la porte de mon immeuble. Entrer dans le couloir me permet de me rafraîchir un instant. Il fait frais. Cela fait du bien, mais je sais que cela ne va pas durer. Mon jean noir me colle à la peau et je déteste cette sensation. D’un pas déterminé, je monte l’escalier qui mène à mon duplex. Pas un bruit. Je vais pouvoir me mettre à l’aise.

Dans un soupir, je referme la porte derrière moi et m’appuie un instant dessus. D’un mouvement félin, je m’allège de ma paire de baskets et m’extirpe de mon pantalon. Enfin libre !! Je vais pouvoir faire ce que je veux à la maison sans mourir sous cette chaleur.

Pour une fois, je porte une culotte de dentelle noire. C’est rare avec moi, mais j’avais eu envie ce matin de mettre cet ensemble de lingerie, petit cadeau que tu m’as offert. Nous nous verrons peu pendant ce mois, mais nous serons toujours ensemble. Notre couple est particulier et vibre des folies qu’il s’invente.

Je suffoque. Je déteste ça. Dans la cuisine, je reste un moment devant le frigidaire que je viens d’ouvrir pour boire un peu d’eau. Seigneur, que cela fait du bien. Le liquide frais coule dans ma gorge et me fait fermer les yeux de contentement. J’ai besoin de me poser. Je soupire et rejoins ma chambre tranquillement. Prestement, je me défais de mon tee-shirt. Je me prends à sourire. Ton absence attise mon imagination. Tu me déshabilles de ton regard azuré. Dans un mouvement langoureux et provocateur, je me pose sur la couette. J’ai faim de toi et tu ne le sais pas, ne le vois pas, tu n’es pas là… sauf dans la fièvre de mes pensées enflammées.

Allongée sur le lit, à demi vêtue, je pense à toi. Il fait si chaud que mon corps se liquéfie. Mon souffle est profond et mes yeux se ferment. Mes ongles glissent sur la fine dentelle de mon soutien-gorge noir. Je l’aime.

Il met en valeur la rondeur de mes globes de chair. Une goutte de sueur se niche entre eux. Elle plonge dans le sillon pour, sous le tissu, disparaître. Avec une lenteur diabolique, l’ongle de mon index vient jouer avec le téton insolent. Mon corps lascivement se cambre. Ma bouche s’entrouvre. Ma langue lisse ma lèvre avec gourmandise. Je t’aime.

Mon pouce s’ajoute et mes doigts pincent savamment la fraise brune de mon sein. Ondulent mes hanches, et mon sourire illumine mon visage. Je te vois tout près de mon lit qui m’envisage. Mon esprit te veut fou de désir, prêt à m’investir. Mon autre main glisse avec douceur sous la dentelle de mon avant-cœur laissé à l’abandon. Je le masse, le flatte, lui offre cette attention qui lui fait défaut. La chaleur de ta bouche s’y pose avec délicatesse. Je gémis. Je me tends. Mes jambes se replient, s’écartent avec indolence. Je te laisse par la pensée prendre possession de ce tétin que tu mordilles. Mes doigts descendent sur mon ventre. Il se creuse. Je l’effleure, tire le bourgeon de mon mamelon. Oh !! oui… exquise douleur. J’insiste plus violemment à m’en faire ouvrir les yeux en grand. Tout me semble flou, sauf mon envie de toi.

Ma main descend et s’introduit sous le tissu qui protège mon pubis. Les cuisses largement ouvertes, ma fleur luisante de plaisir reçoit mon index. Ma précieuse cyprine trouve délicatement refuge sur la pulpe de mon brin. Mon bouton d’amour est gorgé de sang. Il attend ta langue. Il se tend pour tes dents. Un sanglot m’échappe. Sursaut de plaisir, ma croupe se frotte au drap, puis mon bassin se relève doucement. Il sollicite ta présence. Il ne peut que se contenter de mes avant-goûts de toi. La gaine de tissu me gêne, mon sexe se veut à nu, offert sans retenue à ta vue. Avec dextérité et lenteur contrôlées, la culotte effleure mes cuisses, descend indécente sur mes mollets pour s’échapper de mon corps en frôlant l’attache fine de mes chevilles. Un petit rire et le tissu tombe mollement sur le parquet.

Repartie en dérive, je me laisse aller sans façon. Libre de jouer de mes doigts sur chaque recoin de mon corps, comme si tu avais pris possession de mon être. Tu es le magicien qui par sa pensée fait de moi la sorcière sensuelle qui se révèle. Ma chevelure de feu étendue sur l’oreiller, mes yeux verts se font abyssaux. Ma poitrine se soulève au rythme de ma profonde respiration.

Volupté de l’instant, mon sein qui durcit, doigts qui le pressent, le tirent, le maltraitent et me font gémir. Mon coquillage luit de plus bel. Mon index revenu s’amuser autour de lui est parfois curieux, le pénètre comme tu aimes tant le faire. Merveille des connexions de chacun de mes attouchements, le plaisir m’envahit et s’écoule le flot que j’aimerai te sentir laper.

Ma danse horizontale se fait de plus en plus sensuelle, de plus en plus langoureuse. Je mords ma lèvre, et deux doigts entrent dans mon puits d’amour. OOOh ouiiiii !!! Encore !

Il faudrait que j’arrête. Le souffle me manque. Je veux ta bouche juste là, ta langue qui tourne autour de mon sexe. Le bassin relevé, je veux que tes mains me soulèvent et que tu me lèches. Oh oui… s’il te plaît !! Pitié ! Fouille-moi de ce tendre appendice. Ma tête dodeline de droite à gauche. Mes sanglots de plaisir se font plus violents. Ma main s’acharne sur mon sein, me faisant crier un peu plus. Je me prends avec plus de puissance, gémis, hurle, me cambre tant que seuls mes pieds et mes épaules sont posés sur le lit.

Mon souffle retenu, mes yeux s’ouvrent sur les cieux remplis d’étoiles qui explosent de toute part. Mon ventre se crispe autour de mes doigts. Mon cri de jouissance soulève mon âme jusqu’à toi, alors que ruisselle divinement mon eau sur les draps. Tout mon corps est tendu dans cette intense félicité née de mes lubricités. Interdite, la tête me tourne. Doucement, je me détends et me pose sur le tissu trempé et ris. J’ai encore mouillé le lit. Dire qu’avant de te connaître, je ne savais pas cela possible.

Le vibreur de mon téléphone me fait tourner lascivement la tête vers lui. C’est toi. Mon regard s’anime d’une lueur coquine. Sentir ta présence, même de cette manière, fait résonner mon cœur. Sur l’écran, les quelques mots me font sourire.

« Je suis rentré plus tôt à la maison. Je pensais à toi, madame ma maîtresse. »

« Hummm, tu étais aussi dans mes pensées, monsieur mon Amour. »

« Ah ? Et c’était bien ? »

Je prends une photo de la tâche sombre sur les draps de mon lit, te l'envoie.

« Jouissif ! »

Silence.

« J’arrive ! »

Mon sourcil gauche se soulève et mon sourire s’agrandit.