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Joyeux anniversaire

Ce soir, j’ai tout prévu. Ce sera parfait. Mon âme va rentrer du travail et je serai prête pour l’emmener dans un petit restaurant que j’ai découvert. Les mets sont savoureux, le vin délicieux et l’ambiance chaleureuse. Tout ce qu’il faut pour une soirée en amoureux pour fêter son anniversaire. Il n’est au courant de rien. J’ai réussi à lui cacher mon excitation, pendant toute cette semaine. Inutile de dire que cela ne fut pas simple, pour tout organiser, mais, je tenais à cette petite surprise.

Pour la centième fois, je vérifie ma tenue. Un chemisier noir de style gothique à manches bouffantes, resserrées aux poignets. Le col monte haut. J’aime cette petite chose qui peut sembler très sage. La dentelle transparente donne son côté polisson. On devine mon soutien-gorge pigeonnant de satin. J’ai une longue jupe rouge qui emprisonne mes hanches et mes fesses, pour ensuite descendre jusqu’à mon genou. Un lacet de soie noire donne le ton sur ma croupe ainsi mise en valeur. Pas de culotte sous le vêtement, ce serait disgracieux. J’ai enrichi l’ensemble avec des bas et des escarpins à talons hauts noirs. Je sais qu’il adore ses petits détails qui font toute la différence. Et moi, j’aime lui faire plaisir. C’est un jeu délicieux.

Mes cheveux sont relevés en un chignon lâche dont s’échappent, quelques mèches rebelles. Des créoles fines en or pendent, de façon insolente, à mes oreilles. Le maquillage est léger. Pas besoin d’en faire trop. Je suis fin prête pour cette soirée d’anniversaire. Je regarde ma montre. Il ne va pas tarder à arriver. Mon sourire s’agrandit à cette idée. J’entends les clés qu’il glisse dans la serrure et le vois enfin entrer. Il a un air de petit garçon malicieux avec ses yeux bleus qui brillent de mille feux. Il vient vers moi et avec tendresse m’enlace. J’aime son odeur, sa douceur, sa force. Mes doigts se perdent dans ses cheveux et mes lèvres redécouvrent les siennes. Il me prend par la taille, me serre un peu plus contre lui. Son désir me transporte. Il se recule un instant, me déshabille du regard.

« Bonjour, jolie dame, en quel honneur êtes-vous ainsi vêtue ? »

Je souris avec malice. Il semble qu’il ait pris goût aux jeux de rôles.

« Bonjour, mon tendre assassin. Il me semble que nous devons fêter votre anniversaire en ce jour. Aussi me suis-je permise de vous préparer une petite surprise. »

Il rit, bon enfant et me dépose un baiser sur le nez.

« Laisse-moi le temps de prendre ma douche et je me ferai esclave de tes jeux. »

Il ne croit pas si bien dire.

« J’ai préparé tes affaires, elles sont posées sur le lit de notre chambre . »

L’une de ses mains glisse sur mon fessier. Mon cœur s’accélère. Non, il faut que je reste sage pour le moment. Le repoussant gentiment, je le pousse vers la porte qui mène à la salle de bain.

« Allons, Monsieur ! Nous avons un programme chargé ce soir. »

Pour toute réponse, je reçois une claque sur les fesses, alors qu’il part en riant. Je l’aime à un point. J’ai le rouge qui me monte aux joues. Ah non  ! J’aimerai bien arrêter de rougir à tout-va. Me ressaisissant, je vais vers le meuble de notre salon et tire un tiroir où, j’ai caché une partie de mon cadeau. C’est une boite carrée épaisse de deux ou trois centimètres de couleur pourpre. Son couvercle est tenu par un joli ruban noir. Mes sens se réveillent et un sourire plein de promesses étire mes lèvres.

Mon âme apparaît enfin et je me sens toute chose. Se rend-il compte de l’effet qu’il me fait ? Cela devrait être interdit d’être aussi séduisant, aussi… fait chaud ! Son jean noir le moule juste ce qu’il faut, et sa chemise blanche me donne envie de la lui enlever tout de suite. Il porte une veste de costume noir. Il est terriblement, diablement appétissant.

« Vous m’emmenez où, joli fée ? »

Je me racle la gorge et le fixe droit dans les yeux, pour me calmer un peu.

« Je mène la danse, ce soir, mon amour. Tu ne feras rien, si ce n’est apprécier, je l’espère cette soirée. Allons-y ! »

Dans la voiture, il a pu se détendre et apprécier la musique. Il ne faut que peu de temps pour se rendre dans le restaurant que j’ai choisi. D’ailleurs, la soirée est douce et nous nous laissons porter par les moments de délices que nous partageons. Le monde extérieur n’existe plus. Il n’y a plus que notre désir qui s’anime, un feu qui prend de l’importance. Jeu de séduction, de murmures, de souffles qui font deviner à l’autre l’envie qui monte au creux de son ventre. Les mains qui se joignent pour que nos âmes se lient. On s’attise. On se donne. On s’écarte. Et la frustration nous rend plus intense encore.

La fin du repas approche. Je me penche sur mon sac et sors son cadeau que je pose devant lui. Il éclate de rire. Je sais à quoi il pense, et j’avoue que le choix du paquet était voulu. Mon visage s’illumine d’une expression mutine. Sa main frôle le nœud. Mes seins se tendent. Son regard se pose sur ma poitrine alors qu’il recommence son geste. Ma respiration se fait courte. Mon corps s’échauffe toujours plus. Il sourit satisfait de son effet. Profites-en, mon cœur, bientôt c’est moi qui serai maîtresse du jeu. Il ouvre enfin son cadeau.

Perplexe, il en sort un long et large Ruban bleu nuit qu’il laisse pendre devant lui. Il me regarde en plissant des yeux. Mon petit sourire ne présage rien de bon. Je peux être une terrible peste lorsque je le veux. Surtout, que j’ai à me venger de notre petit week-end où j’ai perdu, par deux fois. Délicieusement perdu.

« Il va falloir que tu me laisses te guider, mon âme, car vois-tu ton cadeau d’anniversaire ne fait que commencer. »

Il m’adresse un grand sourire. Ses yeux se font plus sombres. Seigneur, il me fait fondre. Il se penche au-dessus de la table et me murmure.

« Je te suis. »

Pffff, fait chaud !

Nous sortons du restaurant après avoir payé, et mon âme prend la petite boite, pour s’apercevoir qu’il y a d’autres rubans de satin. Je ne dis rien, mais je jubile par avance. Ma gorge est sèche et mes mains tremblent. Vite, avant que je ne perde patience. Je prends place dans la voiture mais, côté conducteur. Une fois, qu’il est installé, je me retourne, prends le ruban qu’il a toujours dans les mains et lui bande les yeux. Je me penche sur lui et mordille le lobe de son oreille avant de murmurer.

« Maintenant, les choses sérieuses commencent. »

Pendant que je conduis, mon cœur s’accélère à l’idée de ce que je lui ai préparé. Il ne dit rien. Il a son sourire canaille. Sa main se pose sur ma cuisse et son pouce caresse le tissu de ma jupe. Des fourmis se réveillent dans le creux de mon ventre. Je me crispe sur le volant. Il faut que je reste stoïque. C’est à moi de prendre les commandes, pas à lui. Pas aujourd’hui.

« Un problème, ma fée ? »

« Non, non, je fais juste attention à la route. »

Ma voix est rauque. Pour le self contrôle, c’est raté. En plus, il se moque le bougre. J’entends son rire. Attends, mon tendre amour, tu ne riras pas longtemps. Au bout d’une demi-heure, nous arrivons enfin à destination. L’allée de gravier sur laquelle nous roulons, mène à un manoir prestigieux. J’ai réservé une suite en expliquant ce que j’avais en tête. Le propriétaire des lieux avait souri, heureux de pouvoir me rendre service. Je stoppe la voiture devant la porte. Après avoir fait le tour du véhicule, j’aide mon âme à sortir et le dirige vers la porte d’entrée. Le propriétaire est dans le hall d’entrée et me lance un clin d’œil complice. Mon otage consentant cherche à savoir ce qui se trame, mais rien ne filtre. Tranquillement, je l’amène à la suite et le fait entrer sans enlever le bandeau.

Doucement, je dépose mon sac et prends le petit paquet que je lui ai offert. Je le mets sur la commode. Alors… commence ma vengeance. Tendrement, je me blottis contre lui. Je me mets sur la pointe des pieds et pose ma bouche sur la sienne. J’ai faim de lui, impossible de la calmer. Elle ne cesse de grandir malgré les mois passés. Ma langue force l’entrée de ses lèvres et vient jouer avec la sienne. Ses baisers sont ce que je préfère. Une communion entre nos âmes qui se reconnaissent. Mes mains caressent ses épaules pour faire tomber sa veste au sol. Son souffle est un peu plus court. J’aime son trouble. Il me prend par la taille pour me coller à lui et je sens la force de son désir contre mon ventre. Avec délicatesse, je défais les boutons de sa chemise pour déposer mes lèvres sur chaque centimètre de peau que je découvre. Par moment, ma langue le frôle, l’agace. Il lâche un soupir. Je veux le faire rugir sans limite.

La peau de son ventre accueille mes tortures, alors que je m’accroupis devant lui. Il joue le jeu. Il n’enlève pas son bandeau et perd ses mains dans mes cheveux. Mon chignon ne résiste pas. Je m’active à défaire le bouton de son jean. Me recule pour admirer la bosse qui m’attire tant.

Ma grande, tu te calmes. Tu as prévu autre chose. Je reprends un peu mes esprits. Lui ôte sa chemise avant de prendre les rubans de satin.

« Viens, mon amour. »

Il m’accompagne jusqu’au lit où je le pousse gentiment. Il se laisse tomber sur le dos et ne bouge plus. Alors, je remonte ma jupe sur mes cuisses pour m’installer à califourchon sur lui. Son grognement me fait sourire. Je lui prends le poignet droit et l’entoure de l’extrémité d’un des rubans que j’attache au montant du lit à baldaquin. Il se laisse faire quoique son autre main libre se pose sur mon sein et qu’il trouve le moyen de l’amener à sa bouche. Je tremble et j’ai du mal à faire le nœud. Il faut que je me dépêche. Je lui tape sur la main ce qui le fait rire, et l’attache à l’autre montant.

Je descends et admire mon homme allongé sur le lit, torse nu, les bras attachés. C’est juste divin. D’un pas tranquille, je vais à la porte de la salle de bain et fait entrer ma complice, une amie libertine de longue date. Elle porte une petite nuisette transparente bleu roi qui s’arrête à mi-cuisse. Nous nous dirigeons vers le lit et nous installons de chaque côté.

« Où es-tu ma fée ? »

Je me glisse près de lui et sans un mot commence l’exploration de son torse. Je descends, le lèche et invariablement me dirige vers son érection. Je dégage son sexe de sa prison de tissu et le prends dans mes mains. Il se crispe, il aime. Mon regard se pose sur mon amie et je fais un petit signe d’approbation de la tête. Elle s’approche à son tour et glisse ses lèvres sur un mamelon tendu. Il a sursauté. Alors qu’elle le caresse et s’amuse, de mon côté mes lèvres se posent sur son sexe. Je le lèche, le branle, le prend dans ma bouche. Ma langue tourne autour de son gland. Mon amie de jeu le mord, parcourt son torse de ses mains. Il râle.

« Tu as osé, petite sorcière ? »

Sa voix est à peine audible. Je l’abandonne deux secondes.

« C’est ton anniversaire, mon amour. »

Puis, sans plus de mot, je reprends sa hampe dans ma bouche et commence de longs va-et-vient. Je le prends plus profondément dans ma gorge. Nous sommes toutes les deux occupées à offrir nos lèvres à son corps consentant. Il nous remercie de ses gémissements, dodeline de la tête, se laisse aller. Je me redresse et embrasse notre compagne sur la bouche, l’attire à moi, pour qu’elle m’accompagne. Nos langues glissent ensemble sur la longueur de son pieu tendu. Il se cambre et tire sur ses liens qui ne bougent pas. Nous prenons plus d’assurance et chacune joue avec ses bourses, les gobe, les cajole. Nous lui ôtons son pantalon et remontons le long de ses jambes en l’embrassant. Puis toutes les deux, les yeux dans les yeux nous le mordons au niveau du creux de ses hanches. Il hurle de plaisir, les poings fermés. Nos langues se promènent sur son bassin. Il gémit, grogne, mais nous ne pouvons arrêter nos douces explorations. Lorsque nos dents se plantent dans sa peau, son excitation est plus violente encore. Son sexe est dressé fièrement. Mon amie prend ma relève et le suce consciencieusement. D’un mouvement félin, j’ôte le bandeau des yeux. Son regard bleu se pose sur moi. Il est sombre et enflammé. Hypnotisée, je l’admire alors qu’une autre lui donne du plaisir. Ma main tremblante se pose sur sa joue. Tout semble intense, notre connexion est puissante, brûlante. Je me penche vers lui et lui murmure.

« Lâche-toi ! Jouis ! Offre-moi ton regard ! »

Elle l’astique de mieux en mieux. Je le vois aux yeux de mon homme qui se troublent. Il est au bord de la jouissance, de la délivrance. Sans un mot, je reviens vers elle et je l’aide. Elle me regarde, me laisse sa place. Je le prends de nouveau dans la chaleur de ma bouche. Elle lui caresse les bourses. Je suis trempée. Mon sexe laisse s’échapper ma cyprine. Elle coule, mouille mon antre. J’accélère ma succion. Son ventre soudain se contracte, il lance son bassin vers moi et je reçois sa semence au fond de ma gorge. Oh, mon amour, quel cadeau tu me fais ! Je le bois, puis laisse mon amie s’abreuver à son tour. Nous le nettoyons de nos langues, puis, je me redresse et me tourne vers lui.

Il me regarde tendrement étonné. Son souffle est court et mon sourire amoureux lui répond.

« Joyeux anniversaire, mon âme »