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Juin sous les toits

Elle se souvient de la peur discrète qu’elle avait ressentie dans ses membres quand elle avait franchi le seuil du petit appartement de banlieue où il habitait. Toutes les pièces étaient plongée dans la pénombre comme si la nuit était venue à eux. Juin sous les toits, avait-il dit. Elle s’était contenté de sourire. Il l’avait invité à le suivre dans une petite cuisine que personne n’avait pensé à rafraichir depuis les années 70. Il lui avait demandé si elle voulait boire ou manger quelque chose. Elle avait dit Juste un verre d’eau, s’il te plait. Dans la pièce exiguë, il devait la frôler pour s’emparer d’un verre en Pyrex. Il n’avait jamais ouvert le placard où se trouvait la vaisselle. Il l’avait saisie par la taille et embrassée. Ses mains hésitaient sur le corps de Vera. Pierre avait encore cette timidité de fin d’adolescence, ses membres frêles qui tremblent sous l’effet du désir, aucune force dans ses bras – seulement la peur de blesser. Elle se souvient du poids de son corps chaud, de la dureté de sa verge contre son ventre à elle. Il lui avait dit qu’il avait envie de l’entraîner dans la chambre. Elle avait prononcer des mots qu’elle n’avait jamais dit. Et moi, je veux me donner à toi. Déjà dans ces quelques mots, l’intelligence des amants était là leur confirmant ce que laissait penser les caresses incertaines prodiguées dans un silence.

Elle se souvient qu’elle portait une robe bleue aux fines rayures blanches qui se déboutonnait par le devant. Dans la chambre, elle s’était allongé et il avait défait chaque bouton comme s’il n’avait pas le droit de lui retirer ses vêtements. Il embrassait les centimètres de peau qui se laissait au fur à mesure à lui. Elle n’avait pas de soutien-gorge et sa peau était légèrement collante. Elle s’était sentie mal à l’aise de l’attention portée à son corps de femme mais n’avait rien laissé voir. Il avait fait rentrer ses doigts en elle et regardait son plaisir en vigie. Ses mains à elle cherchaient l’entièreté de son torse avant tenir sa verge entre ses doigts. Elle l’avait senti grandir pendant qu’il l’aimait à la manière d’une femme. Déjà, à cet instant, elle avait failli se perdre en elle-même, ne parvenant pas à se domestiquer dans un plaisir qu’elle n’avait jamais eu. Avant ce jour, elle avait accompli cela comme un rituel, un sacrifice, sans savoir. Elle mendia sa queue. Et, dans la chaleur étouffante, le premier jour de l’été, il lu le plaisir sur ses traits de trente ans. 

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