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Épisode 1 : Juste pour voir

Lorsqu’un club libertin ouvrit ses portes dans notre ville, nous évoquions en plaisantant l’éventualité de nous y rendre.

Audrey et moi étions déjà en couple depuis douze ans à cette époque. Notre sexualité n’avait rien d’original, sans être coincée pour autant, nous n’envisagions de nous y rendre que par curiosité, juste pour voir. Mais, soucieux de croiser des personnes de notre connaissance, nous n’avions osé nous y rendre avant qu’il ne ferme.

Quelques années plus tard, alors que nous étions en weekend en amoureux à une paire d’heure de chez nous, ayant laissé les enfants chez leurs grands-parents, nous remarquâmes en nous promenant dans la ville du gîte où nous logions, un de ces clubs pour adultes à l’écart de la ville. Alors que je proposais en plaisantant à ma belle et mince brune de nous y rendre, elle me surprit en me prenant au mot. Bien que nous n’ayons alors aucune intention de nous laisser aller à l’échangisme, la situation nous excitait terriblement.

Sur le chemin du retour, nous consultions sur nos téléphones les horaires d’ouverture. Le club ouvrait tous les vendredis soirs pour des soirées découvertes aux couples « débutants ou curieux ». Nous étions vendredi, mais nous avions une réservation au restaurant ce soir-là. Voyant la chose comme rédhibitoire, je m’attendais à devoir abandonner l’idée, mais Audrey me détrompa une fois encore en proposant de nous y rendre après dîner. « Après tout, personne ne nous attend ce soir. »

Nous arrivions à notre chambre, plein de promesses quant à ce que nous allions faire à l’autre avant de rejoindre le restaurant quand la propriétaire du gîte nous héla de sa cuisine. C’était une femme adorable, pleine d’attention, et surtout très bavarde. Malgré nos efforts pour la quitter, rien n’y fit. Si bien que nous étions presque en retard pour notre réservation. Le site du club mentionnant un code vestimentaire, nous prîmes juste le temps de nous changer. Audrey enfila cette robe noire qui me faisait tant d’effets, si moulante que l’on devinait à travers la dentelle de ses dessous, et dos nu. Pour ma part, je me contentais d’un pantalon élégant que je rehaussais d’une chemise et d’une cravate.

Je ne sais ce qui nous retint de faire l’amour alors, peut-être la volonté d’expérimenter ce lieu avec de l’envie dans nos ventres.

Nous nous rendîmes au restaurant tout sourires et taquins, nos mains ne se séparant que le temps de déguster l’unique plat que nous commandions. Aussitôt nos assiettes vidées, nous demandions un café et Audrey se rendit aux toilettes le temps pour moi de régler l’addition.

Je ne pu m’empêcher de constater à son retour que plus aucune marque de dentelle n’apparaissait sous sa robe, et le rouge qui lui monta aux joues lorsqu’elle leva les yeux vers moi confirma ce que je pensais, elle avait profité de son escapade aux toilettes pour retirer ses dessous. Elle était à présent nue sous sa robe.

- Tu n’as pas peur d’avoir froid ?

- On ne sait jamais, peut-être trouverons-nous un coin tranquille à l’abri des regards, dit-elle en passant son bras sous le mien.

Si nous avions peu mangé, nous avions tout de même pris le temps de boire un apéritif. L’alcool et l’excitation faisaient à présent leur effet, et je n’osais plus toucher Audrey, mon érection déformant déjà mon pantalon.

Nous étions si excités à présent que nous en étions réduits au silence en arrivant sur le parking du club. Parking sur lequel il n’y avait pour le moment qu’une poignée de véhicules. Nous nous regardions, comme pour questionner l’autre sans un mot et s’assurer qu’il était toujours partant pour l’expérience qui nous attendait et descendîmes de voiture le sourire aux lèvres, tels deux enfants se préparant à faire quelques bêtises interdites.

Le vigile à l’entrée nous accueillit poliment et sourit de plus belle lorsqu’il demanda à Audrey d’ouvrir son sac et qu’il y découvrit string et soutien-gorge roulés en boule.

« Amusez-vous bien ».

Nous pénétrions enfin dans le club et furent quelques peu déçus par ce que nous y découvrions. Il n’y avait aucune différence notable avec une discothèque quelconque hormis peut-être les barres de pole dance, vides pour l’instant. À l’entrée, trônait un présentoir sur lequel étaient disposés des masques vénitiens à la disposition des clients souhaitant préserver leur anonymat. Avisant deux couples au bar qui en étaient affublés, nous nous en ceignions de même et rejoignions l’éclairage à néon du bar à notre tour.

- C’est la première fois que vous venez ?

- Oui. Ça se voit tant que ça ?

- Non, rassurez-vous. Les débutants viennent de bonne heure en principe, c’est tout. Pour se préserver je suppose, et se laisser le temps de décider de rester ou de partir.

- C’est calme, non ?

- Toujours à cette heure-ci. La salle se remplira dans une heure ou deux. Vous devriez vous choisir une table tant qu’il y en a de disponibles.

Nous commandions un verre et nous dirigeâmes donc vers une table, rejoignant trois couples épars qui nous regardaient comme nous les regardions, curieux.

Nous buvions nos verres en silences, interdits quand l’un des couples sur notre gauche entama une étreinte passionnée aux yeux de tous. Elle, plutôt corpulente, avait abaissé sa robe sur son opulente poitrine, l’offrant toute entière aux caresses passionnée de son compagnon qui s’en délectait.

Tous les couples présents, eux exceptés portaient des masques et se délectaient sans un mot du spectacle qui leur était offert. Aux mouvements du couple qui était le plus proche de nous, il ne faisait aucun doute qu’il se masturbait mutuellement sous la table, les yeux rivés vers nos amoureux impudiques. Monsieur avait à présent abaissé sa braguette et planté son sexe dans la bouche de sa partenaire qui le suçait avidement. Nous étions incapables de détourner les yeux de la scène qui se déroulait sous nos yeux. De ce sexe qui entrait et sortait de cette bouche gourmande, de ces mains qui appuyaient sur cette tête pour la pénétrer plus avant.

Alors qu’ils se levaient tous deux, madame se penchant sur la table pour offrir son sexe en levrette à son partenaire ses seins s’écrasant sur le plan, le dernier couple qui partageait l’espace banquette avec nous se rapprocha de notre table. « Cela vous embête si nous nous joignons à vous ? » Je ne savais que répondre. D’abord parce que j’avais le plus grand mal à comprendre ce que je ressentais moi-même, et puis je n’aurai su choisir pour Audrey. La situation lui plaisait-elle ou réagit-elle par instinct, je ne saurai le dire, mais elle ôta son sac de la banquette qui nous faisait face, leur laissant ainsi la place de s’asseoir face à nous.

Ils avaient l’air d’avoir notre âge sous leur masque, peut-être un peu plus âgés. Lui était grand et athlétique, brun, les cheveux courts. Il portait un costume bien taillé et élégant. Elle, était plus petite, mais aussi grande que lui sur ses talons hauts. Elle portait une robe rouge, fendue sur sa cuisse droite, décolletée, masquant peu de choses de sa poitrine généreuse sur laquelle venaient cascader ses longs cheveux châtains et bouclés.

- C’est votre première fois en club ?

- Oui, vous aussi ?

- Ici, oui. Nous avons déjà été dans des clubs identiques ailleurs, mais jamais dans celui-ci.

- C’est toujours comme ça ? demanda Audrey en désignant le couple qui s’ébattait bruyamment près de nous.

- Non, je dirai que ce sont des habitués qui sont plus excités par l’exhibition devant des couples novices que des libertins. On ne peut pas dire qu’ils soient timides en tout cas…

- C’est le moins qu’on puisse dire, dis-je dans un sourire.

À mesure que nous parlions de tout et de rien, des discussions qui auraient pu avoir lieu dans un tout autre lieu à vrai dire, la salle se remplissait peu à peu, et je louais l’éclairage tamisé qui nous faisais nous sentir à part, protégés. Le fait d’être toujours masqués nous offrait une liberté de ton qui nous permettaient de nous livrer sans retenues et nous échangions naturellement avec nos colocataires de banquette.

Il s’appelait Antoine, elle s’appelait Stéphanie. Ils étaient tous deux commerciaux, et leur rythme de vie, séparé l’un de l’autre chaque semaine, parfois pour longtemps, les avaient peu à peu contraints à une relation plus « libre ». C’est ainsi qu’ils s’étaient par la suite tournés vers l’échangisme. Nous en étions tous à présent à notre deuxième verre qu’Antoine et moi étions allés chercher au bar laissant les filles entre elles. Quand nous revinrent les bras chargés, nous les trouvions assises toutes deux sur la même banquette en grande conversation.

- Stéphanie me racontait comment s’étaient passées leurs premières soirées en club.

- Et alors ? demanda Antoine.

- Alors je me dis que je n’aurai jamais pu… rit Audrey.

- Vous avez eu beaucoup de partenaires ? s’enquit Stéphanie.

- Julien quelques unes, moi je n’ai connu que deux hommes.

- C’est tout à fait normal que ça te semble bizarre alors !

- Je ne dirai pas bizarre, juste… impossible pour moi.

- Tu peux me croire, dit Stéphanie, rien n’est impossible. Il faut juste y aller doucement, se laisser aller.

- Je n’oserais jamais !

- Parce que tu vois trop grand. Tu t’imagines trop de choses. J’étais comme toi au début, tu sais.

Antoine et moi buvions leurs paroles, et leur échange me mettait dans une sorte de transe qui m’était jusque-là inconnue, perchée entre angoisse et désir.

Stéphanie se leva pour aller aux toilettes et Audrey la suivit.

- C’est là que les choses sérieuses commencent, me glissa Antoine. Stéphanie n’a pas son pareil pour convaincre les novices. Tu crois que tu serais prêt, toi de ton côté, à ce que nous partagions un moment tous les quatre ?

- Je… Je ne sais pas. En fait, nous n’y avons pas réfléchi, nous n’en avons même pas parlé. D’un côté, la situation m’excite terriblement, d’un autre, je n’ai aucune idée de quelle serait ma manière de réagir à voir Audrey avec un autre homme.

- Tu sais, peut-être que ça ne la tentera pas du tout après tout. Si elle te le permets, et selon ce dont vous avez envie, je pense que Stéphanie ne serait pas contre faire quelques bêtises avec toi.

- C’est flatteur, mais… je ne sais absolument pas quoi dire pour être honnête.

- C’est normal rassure-toi, me dit-il en tendant son verre pour que nous trinquions.

Je fus incapable de prononcer le moindre mot jusqu’à ce que les filles reviennent. Elles parurent bras dessus bras dessous, Audrey, le regard lointain, fuyant.

Elles restèrent debout face à nous et Stéphanie de dire :

- Alors voilà, la demoiselle ici présente serait tentée, si son homme le lui permet et s’il est d’accord avec ça, de faire, je cite, « une branlette » à Antoine s’il en a envie.

- Pour ma part c’est d’accord, dit immédiatement Antoine avec un large sourire.

- Hop, hop, hop, monsieur, je n’ai pas fini. D’abord, Julien doit donner son accord…

- Et bien, je suppose que si elle en a envie, je n’y vois pas d’inconvénients.

- Très bien, en échange, ta chère et tendre me laisse t’offrir la même chose. Toujours partant ?

- Pourquoi pas…

- Très bien, je propose donc qu’Audrey et toi échangiez vos places.

Je me levais et croisais le regard d’Audrey avant qu’elle ne baisse les yeux. Ce n’était pas de la honte que j’y vis, plutôt de l’excitation et de la confiance. Je la prenais dans mes bras.

- Tu es sûre ?

- Je ne sais pas. Je me dis juste, « pourquoi pas » ?

- D’accord. Si tu veux arrêter, tu arrêtes, d’accord ?

- D’accord.

Stéphanie prit place en face d’Antoine et nous nous asseyons, Audrey et moi, face à face, tout contre nos nouveaux « amis ».

Stéphanie m’embrassa, mais je ne pouvais détourner les yeux de ma femme se glissant contre un inconnu et plongeant immédiatement la main vers son entrejambe. Elle caressait déjà le sexe d’Antoine, prête à l’extraire de son pantalon quand il suspendit son geste l’embrassa à son tour. Leurs lèvres se rejoignaient dans un baiser plein d’excitation mais elle ne s’arrêta pas pour autant, peut-être pour ne pas perdre courage et défit la braguette du beau brun.

Elle était belle. Je savais que ma femme était belle et désirable, mais la voir ainsi m’emplissait de fierté, de désir de tout son être et d’amour.

Malgré moi, je me désintéressais de Stéphanie, et elle ne tarda pas à s’en rendre compte. « Tu préfère attendre un peu et les regarder ? » Je ne pouvais prononcer un son, et dut acquiescer de la tête pour lui répondre, elle me sourit. « Je comprends. Même si je suis un peu jalouse, ta femme est très belle. » Je sais, pensais-je. Je savais, et je sais encore que ma femme est magnifique. Quand à être jaloux, un sentiment étrange d’amour pour elle et de jalousie profonde m’enserrait le cœur alors que sa main plongeait dans la braguette désormais ouverte d’Antoine. Elle en extirpa un sexe à demi bandé, qui n’était sans doute pas beaucoup plus long que le mien, mais bien plus large, et sa main s’enroulait autour déjà alors que leurs lèvres ne se séparaient pas. Elle jeta un coup d’œil vers moi et lâcha un instant le sexe de cet autre que moi.

- Tu veux qu’on arrête ? me demanda-t-elle.

- Non, il veut juste profiter de la scène pleinement.

- Tu pourrais peut-être le sucer mon amour, comme ça il ne perdrait pas une miette de ce que sa femme me fait.

- Moi je veux bien, c’est à Audrey qu’il faut demander.

- Audrey ?

- Au point où on est… dit-elle en me souriant. Ça va ? me demanda-t-elle.

- Oui, c’est juste… tu es magnifique. Je t’aime.

- Je t’aime aussi, dit-elle en reprenant dans sa main la hampe qui se dressait, droit et dur à présent, pour elle.

Alors que Stéphanie glissait à genoux et s’activait sur ma braguette, je voyais Audrey se laisser aller contre Antoine, la main de celui-ci se glisser dans son décolleté et les yeux de biche de ma déesse de femme se fermer derrière le masque.

Stéphanie sortit mon sexe au même moment qu’Audrey abaissait sa robe sur son ventre pour offrir ses seins aux caresses d’Antoine. Ces seins qu’elle trouvait trop petits, qu’elle pensait trop abimés par nos garçons, ces seins qui étaient parfaits pour moi, car c’étaient les siens. Ces seins-là étaient dressés par l’excitation, elle brulait de désir, et cela se voyait. C’est à peine si je sentais la bouche de Stéphanie autour de mon sexe, il y avait pourtant longtemps que je ne m’étais pas senti aussi dur.

Audrey se pelotonna contre Antoine, s’adossant à lui sous son bras pour confier sa poitrine à ses deux mains tandis que la sienne allait et venait sur son membre. Il se leva un instant pour abaisser son pantalon et j’eu peur un instant qu’elle ne le prenne dans sa bouche, mais elle sembla se raviser.

Ma gorge était sèche.

Ils revinrent dans leur position si ce n’est qu’Audrey s’allongea à demi sur la banquette, un pied sur les coussins, la jambe repliée pour se laisser aller plus avant contre mon rival qu’elle enserrait dans ses doigts de gestes langoureux.

Malgré moi, je ne parvenais pas à apprécier la pipe que m’offrait Stéphanie qui paraissait pourtant experte en la matière, seule ma femme importait à mes yeux. Lorsque je la vis remonter sa robe au-dessus de son sexe, des frissons me parcoururent des pieds à la tête. Une partie de moi aurait voulu les frapper tous les deux, empoigner ma femme par le bras et l’attirer hors d’ici, une autre aurait voulu qu’elle se laisse aller plus loin encore.

Anthony glissa sa main droite de son sein à son sexe. Elle me regarda, interrogative. Avait-il le droit d’aller plus loin ? J’acquiesçai de la tête sans savoir, et elle s’abandonna à ses doigts. Il caressa son sexe épilé sous sa toison en ticket de métro, son pouce s’attardant sur son clitoris, ses doigts effleurant l’intérieur de ses cuisses. J’étais à plus d’un mètre d’elle et je la vis frissonner. Je savais à quel point elle aimait cette caresse. Il plongea un doigt en elle et je vis aux reflets de néons qui dansaient dessus à quel point ma femme mouillait pour lui, pour nous, pour la situation. Stéphanie avait beau s’activer, la pauvre, c’était comme si je n’étais pas là. J’étais dans le sein de ma femme, tout entier dans son plaisir. Anthony plongea un second doigt en elle et les retirant tous deux à présent les porta à la bouche d’Audrey pour qu’elle goute à sa propre semence. C’était une chose que nous n’avions jamais faite, mais à la voir, cela ne semblait pas la gêner, bien au contraire. Lorsqu’il les extirpa de sa bouche, il fini lui-même de les nettoyer dans la sienne, ou peut-être les humidifiait-il davantage, avant de les introduire en elle à nouveau. Elle se cambra lorsqu’il entama en elle de lents va-et-vient, appuyant sur son bouton de son pouce.

« Je peux le sucer ? » « Oui. » Le mot avait franchit mes lèvres avant même que je n’ai pu m’interroger. Et avant que je ne prenne conscience de cette nouvelle autorisation, elle s’était laissée aller contre son ventre et avait avalé son gland. La pauvre Stéphanie qui s’échinait sur mon membre sans résultat se releva et ôta sa robe, dévoilant des seins plus gros encore que cette dernière laissait deviner, ainsi qu’un string minuscule. Elle s’assit à côté de moi et continuant à me branler, entama une masturbation sensuelle.

Antoine continuait ses caresses sur ma femme tandis qu’elle le pompait généreusement, le branlant dans sa bouche, pressant ses bourses. Il caressait son visage tandis qu’elle s’activait sur sa queue. Il fit signe à Stéphanie qui, se penchant en avant, extirpa un préservatif de son sac et le lui tendit. Il repoussa Audrey un instant pour l’enfiler et elle reprit aussitôt sa fellation, appliquée, gourmande de ce sexe qu’elle ne connaissait pas.

Antoine fit un autre signe de tête à Stéphanie désignant le sexe d’Audrey. « Ça ne t’embête pas si je les rejoins. » Je n’avais pas à répondre, Stéphanie le savait. Je pensais qu’Audrey repousserait Stéphanie, je pensais que le geste qu’elle esquissa était une signification de son refus, mais elle remonta sa robe plus haut sur son ventre, dévoilant son antre tout entier à la femme de celui qu’elle suçait. Audrey n’avait jamais, jamais, laissé entendre qu’elle voulait essayer avec une femme. Et elle était là, un sexe dans la bouche, autre que le mien, et la femme de celui à qui appartenait cette queue lui dévorait les entrailles. Stéphanie était penchée sur Audrey, ses fesses face à moi, offertes toute entières.

Antoine me fit signe de la prendre. Je me levais, comme dans un rêve, j’allais entrer en elle, mais il m’arrêta. « Mets une capote s’il te plait. » Je ne me sentis que diminué de cette remarque faite sur un ton sec. Savait-il que ma femme était en train de le sucer goulument pour me parler ainsi. Une fois de plus, la jalousie gonfla en moi, dévorée aussitôt par le plaisir des gémissements d’Audrey. Une fois le préservatif enfilé, je n’eus le temps de faire que quelques va-et-vient en Stéphanie avant qu’Audrey ne se contracte sous l’orgasme, branlant alors plus fort Antoine qui jouit à son tour dans sa bouche en tirant ses cheveux alors que Stéphanie poussait la tête de ma femme plus loin sur le sexe de son homme. Audrey se retira, visiblement étourdie, mais ne semblait pas vouloir s’arrêter pour autant. Elle me fit signe de la rejoindre au bord de la banquette. Là, elle arracha mon préservatif et me prit aussitôt dans sa bouche, je ne tardais pas à être au bord de l’explosion, elle se recula alors et me fit venir sur sa poitrine dénudée. Stéphanie de son côté s’appliquait à nettoyer le sexe d’Antoine après lui avoir ôté sa capote à son tour. Elle était la grande perdante de nos ébats de la soirée. Audrey les regarda et eut un rire.

- Je ne m’attendais pas à ça.

- Alors, c’était si compliqué ?

- Pas vraiment, non.

- Pas la peine de demander à ton homme si ça lui a plu, en tout cas, dit Stéphanie dans les bras d’Antoine. Et toi ?

- C’était… très intense. Un moment dont je me souviendrais en tout cas. Merci. À tous les deux.

- À ton service ma belle.

Nous nous rhabillâmes Audrey et moi tandis que Stéphanie s’activait à nouveau sur le sexe d’Antoine. Nous bûmes ainsi un verre de plus, sans la gène ou la culpabilité à laquelle je m’attendais. Puis nous décidâmes de prendre congés de nos amis.

- Nous restons un jour de plus dans la région si jamais cela vous dit qu’on se voit dans un endroit plus intime…

- Nous aussi. Qui sait ? Pourquoi pas ? Répondis-je.

- Je crois qu’on doit en parler d’abord, dit Audrey.

- Je comprends. En tous cas, n’hésitez pas à nous appeler, nous vous reverrons avec plaisir.

Nous ne dîmes rien le long du trajet qui nous ramena au gîte. À peine la porte était elle fermée qu’Audrey ôta sa robe et m’entraina à sa suite sous la douche. Nous parlâmes tard cette nuit là, la carte d’Antoine en évidence sur la table de chevet, indécis quand à ce que nous allions faire. Une chose était certaine néanmoins, ce que nous avions vécu cette nuit-là avait ouvert des perspectives de notre relation dont nous ignorions tout.