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Épisode 1 : La maison du jouir

"Tu sembles plus femme lorsque tu te sens belle"


Ainsi commence cette histoire...


Cette petite phrase, loin d'être anodine, c'était Alexis qui  me l'avait susuré à l'oreille un peu plus tôt dans la journée... 

Nos vacances arrivant à leur terme, et nous avions profité d'une accalmie dans cette saison des pluies pour partir faire un tour en ville et faire quelques emplettes...


Du rhum, et quelques souvenirs plus tard nous nous étions mis en quête d'une bijouterie lapidaire: ormis les bracelets en argent gravés, l' autre spécialité de cette île magnifique ce sont les saphirs étoilés...

Nous avions finis par trouver notre bonheur au bout d'une piste boueuse et cabossée que notre taximan eu du mal à emprunter...

La bijouterie présentait une façade fermée côté rue, et face à mon désarroi, notre chauffeur nous avait conduis de l' autre côté de la maisonnette... côté plage.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est en haut d'une petite échelle, dans une pièce ouverte aux quatres vents, que se tenait la boutique...


Loin des clichés occidentaux, ici des vitrines ouvertes, des bijoux exposés sans plus de surveillance que cela et ... du sable, celui de la plage, recouvrait le sol. 

Alexis sourit un bref instant lorsqu'il me montra un panneau accroché près de "l'entrée": la maison du jouir...

Une vendeuse en tailleur, élégante et particulièrement appretée vint à notre rencontre, elle avait les pieds nus... une vie passée à vendre des saphirs au bord de la plage les pieds dans le sable... un rêve de fillette sans doute... les bijoux qu'elle portait etaient-ce les siens?


Je savais déjà ce que je cherchais, j'avais une vague idée du prix et j'avais decidé de m'offrir moi-même ce souvenir pour ne pas souffrir d'une quelconque culpabilité. Aussi avant de scruter les bijoux en question je mettais renseigné sur les moyens de paiement, et aussi étonnant que cela puisse paraître l'établissement acceptait les CB.

Ma CB, comme mon passeport, c'était Alexis qui l'avait gardé sur lui, tout comme mon téléphone. Il regardait lui aussi les vitrines et me guettait du coin de l'oeil.

Pas de pendentif, pas de bracelet, ni même de bague... pas suffisamment discret... c'est une jolie paire de boucles d'oreilles en argent sertis de saphirs qui a retenue mon attention. 

À peine ai-je eu le temps de les passer à mes oreilles que j'aperçois mon acolyte régler l'ardoise "tu me rembourseras plus tard" dit-il d'une voix pleine de malice. 

C'est se penchant  sur moi et m'embrassant dans le cou qu' il ajouta cette petite phrase loin d' être anodine...

"Tu sembles plus femme lorsque tu te sens belle"

Le ton était donné...

Mais...

Comment régler ma dette?