L'amour à la plage

Une saga de Clarissa Rivière - 2 épisode(s)

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Épisode 2 : Road trip

Elle a l'air d'une bourgeoise à première vue, mais ne pas se fier à ses robes au-dessous des genoux, ni à sa capeline désuète. Elle aime les festivals de rock, le cuir, les bikers tatoués, les motos... les Harleys surtout... Elle les photographie au cours de ses promenades, et alimente un compte Instagram des plus beaux specimen.

Ce jour-là, elle tombe en arrêt devant la plus belle Harley qu'elle n'ait jamais vue, totalement customisée, décorée, brillant au soleil de tous ses chromes. Elle la regarde en détails, elle ne peut s'empêcher d'effleurer sa carrosserie.

— Ben vous gênez pas !

Elle sursaute en découvrant le géant qui surgit auprès d'elle, les poings sur les hanches.

— Oh pardon, je suis passionnée par les motos, et j'admirais la vôtre, elle est vraiment magnifique...

Il s'attendrit aussitôt. C'est plus fort que lui, il fond quand on le complimente sur sa moto, et encore plus si c'est une nana.

— C'est ma passion aussi, ça se voit un peu d'ailleurs, je la bichonne ma bécane ! Vous aimeriez faire un tour ? Elle n'est pas juste belle à regarder, elle roule aussi !

— Merci ! C’est super sympa… Oui, avec plaisir, je peux la photographier avant ?

— C'est pour quoi ?

Il se méfie tout à coup, il est souvent copié, ça l’énerve toujours.

— Pour mon compte Instagram, je collectionne les photos de motos anciennes, réparées, relookées... !

— Ah ouais, et il s'appelle comment votre compte ?

— Fandemoto

— Je connais, on se suit ! Vous ne reconnaissez pas ma moto ? Elle est souvent sur mon fil...

Elle n'ose pas lui dire qu'avec ses milliers d’abonnés, elle n'a plus le temps de regarder les photos de tout le monde, il pourrait se vexer. Mais elle n'oublie jamais une moto en revanche, et celle-là, elle ne l'a jamais photographiée, elle en est sûre. Depuis le temps qu'elle traîne l'été à Biarritz, c'est curieux qu'ils ne se soient jamais croisés...

Elle prend toutes les photos dont elle a besoin tandis qu'il lui raconte l'histoire de sa moto, les modifications qu’il a apportées, la symbolique des stickers... Elle sourit, un vrai passionné, une femme n'a pas la moindre chance avec ce mec-là, la moto passera toujours avant !

— Vous vous y connaissez bien pour une fille, c’est rare dans le milieu, vous n'avez jamais eu envie d'apprendre à en faire ?

Elle secoue la tête. Non, son fantasme, c'est de se serrer fort contre un motard, de coller son nez dans son cuir, de ressentir les sensations de la vitesse sans le stress de la conduite, de se laisser aller sans avoir besoin de se concentrer sur la route, se contenter d'accompagner les mouvements du motard, d'avoir peur tout en se sentant en confiance, protégée... Conduire une moto, pour l'instant, ce n'est pas prévu. Un jour peut-être...

 — C'est bon, vous avez toutes les photos qu'il vous faut ? Vous alliez à la plage non ? Laquelle ?

Il désigne son grand sac de plage.

— Oui, je vais à la plage du Port vieux

— Ma préférée avec La côte des basques ! Venez, je vous emmène !

Il enfourche son engin et elle monte à sa suite sans hésiter, quelle chance qu’il ait pris un casque de plus. A la réflexion, il en prévoit peut-être toujours un, pour enlever les vacancières à la volée… Elle ne va pas bouder son plaisir, elle se serre contre lui et s’apprête à passer un moment de rêve. Il accélère, les rues défilent à la vitesse de l’éclair, elle s’agrippe fort à sa taille, pour ne pas basculer. Elle a l’impression de voler, son motard se joue de la circulation, se faufile, emprunte des raccourcis, et la dépose toute étourdie devant la plage du Port vieux en quelques minutes. La moto, ce tapis volant des vacances ! Quand tous galèrent dans les embouteillages et tournent dans des parkings saturés, en quelques minutes, ils foulent déjà le sable. C’était même trop court !

Il leur déniche un abri au cœur des rochers pour déposer leurs affaires et l’entraîne vers le rivage sans attendre.

Elle pousse des petits cris en entrant dans l'eau, elle est froide ! Il rit, se moque, menace de l'asperger. Elle s’immerge en se retenant de crier, s’habitue à la fraîcheur qui l’entoure. Il s’amuse à la poursuivre et l’attrape vite, il ne la lâche plus, la serre entre ses bras musclés et la chatouille, l’embête de mille façons. Elle rit aux éclats avant de se calmer peu à peu. Ses chatouilles sont devenues des caresses, ses mains la caressent sous l'eau, à l'abri des regards ; des enfants jouent au ballon non loin.

Ils s’éloignent pour mieux s’isoler, ils n'ont plus pieds, elle doit gigoter des jambes pour se maintenir en équilibre. Ils sont seuls, il plonge ses mains dans son décolleté et presse ses seins avec délices, les malaxe et les pétrit. Il les dégage de son maillot de bain pour les admirer, frémissants, les pointes tendues par la fraîcheur de l’eau.

— Je rêve de faire ça depuis que l'on s'est croisés, comme ils sont beaux ! Tu restes dîner avec moi ? Le coucher de soleil est fantastique ici !

Elle accepte, il fait si doux, et rien ne l’attend chez elle. Ils gagnent ce restaurant à flanc de falaise qui l'a toujours tentée et commandent des tapas arrosés de vin du pays. Ils s’installent aux premières loges, face au coucher du soleil, et profitent du spectacle jusqu’à la disparition du soleil.

— Si l'on était à la plage du Miramar, derrière les rochers, on pourrait se mettre nus. Il y a une crique protégée, c’est un coin connu des naturistes...

Elle rit.

— Ici aussi on peut ! Regarde ce que j'ai au fond de mon sac, il est assez grand pour nous envelopper tous les deux et nous cacher !

Elle brandit un immense paréo, le déploie en le faisant claquer au vent.

— Mais tu es pire que Mary Poppins ! Tu n'as pas un lit à baldaquin au fond de ton sac par hasard, parce que le sable, c'est pas toujours l'idéal....

Il plaisante, mais n'en mène pas large au fond. Lui, l'affranchi, le pirate, le motard, est en train de se faire doubler par cette fille plus audacieuse qu'elle n'y paraît. Il n'a plus qu'à la suivre, il a une réputation à tenir !

— Tu es encore plus folle que moi ! Viens, on va redescendre sur la plage, et se coller contre la falaise, on ne nous verra pas depuis la rue... encore heureux que ce soit marée basse !

— Personne ne soupçonnera quoi que ce soit ! On va bien s'enrouler dans le paréo ! On sera comme dans un cocon…

Ils s'enveloppent dans le paréo géant et enlèvent leurs maillots de bain en se contorsionnant. Elle frisonne, il fait frais sans les rayons du soleil, il ouvre les bras, elle se blottit contre son poitrail velu. Ils se caressent avec délices, se réjouissant de la douceur de leur peau polie par l’eau de mer.

Elle n'a plus froid maintenant, réchauffée par les grandes mains avides de son biker, par son désir qu’elle devine, et qui l’émoustille. Lui, il avait seulement l’intention de la caresser, mais il n'en peut plus, elle l’excite trop. Il s'extirpe du paréo pour attraper un préservatif au fond de son sac, avant de revenir dans la chaleur de leur tente improvisée. Elle le respire, l'embrasse, le caresse, gagnée par une ivresse qu'elle ne maîtrise plus.

— Viens, j'ai envie de toi, fait-il dans un souffle.

Elle s'étend sur le dos, lui tend les bras, il se pose sur elle avec précaution. Son sexe se niche directement au creux de ses jambes qui s'écartent toutes seules. Ce n'est pas le moment d'explorer les positions du Kamasutra, il se contente de la pénétrer toute doucement, en bougeant à peine, se retenant pour lui permettre de jouir. Il la sent toute vibrante entre ses bras, tendue comme un arc, mais elle ne jouit toujours pas, bloquée pour l'éternité sur ce plateau de plaisir. Il ralentit encore, bouge imperceptiblement, encouragé par ses gémissements qui gagnent en intensité. Il hésite à descendre entre ses jambes pour la lécher et lui offrir la délivrance de l'orgasme, mais il est si bien là, au chaud, il pourrait l'aimer des heures.

Soudain, une nappe d'eau glacée inonde leurs pieds, ils sursautent, le paréo est trempé, leur désir douché. La marée monte ! Depuis combien de temps sont-ils là, sous le paréo, s’aimant au ralenti... Vite, ils rassemblent leurs affaires, bondissent sur leurs pieds, et se sauvent en riant.

— Je te ramène sur ma moto princesse ! On va où au fait ? C'est l'heure du café et des croissants à force non ?

— Dis tout de suite que tu t'ennuies ! Non ! C'est l'heure de faire l'amour dans un lit, un vrai ! J'ai le dos tout moulu, c'est dur le sable en fait....

— Ouais, princesse au petit pois va...

— Et puis, tu es assez massif aussi...

— Ok, ok, désormais, uniquement en levrette, comme ça, je n’écraserai pas tes formes délicates...

— Non !! Attends, ce n'est pas ce que je voulais dire... tout sauf "ça" !

Il ne l'écoute plus, il noue tendrement le casque sous son menton, fait vrombir le moteur de sa Harley, et lui fait signe de monter. Elle se tait enfin, enfourche la moto, entoure sa taille de ses deux bras, et se laisse emmener à vive allure dans les rues désertes. Ils passent devant chez elle, mais elle ne se manifeste pas. Elle ferme les yeux, se fait plus lourde contre le dos de son motard qui sent bon le vieux cuir. Il peut bien l'emporter où il veut.


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