L'amour à la plage

Une saga de Clarissa Rivière - 3 épisode(s)

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Épisode 1 : Surfer sur la vague

La côte des basques, la plage de son enfance... Clémence la croyait disparue, ensablée. Depuis des années, elle ne voyait que l’eau battant les rochers quand elle passait devant par hasard l'été. Elle avait fait une croix dessus, et s'était résignée à fréquenter La grande plage, toujours bondée et bruyante, ou la plage du Port vieux, ses eaux calmes et son ambiance familiale. A regret, elle avait de si bons souvenirs...

Cette année, sa fille voulut prendre des cours de surf. Elle trouva des adresses à la Côte des basques en trois clics, et réussit à convaincre sa mère d'aller se renseigner. Quand elle voulait quelque chose, rien ne lui résistait ! Si elle pouvait mettre autant d'énergie dans ses devoirs...

Clémence descendit le labyrinthe des chemins courant le long de la falaise le cœur battant, elle ne l'avait plus emprunté depuis son adolescence ! Cette plage existait donc toujours, elle n'en revenait pas... Seulement, il fallait s'y rendre après une étude attentive des horaires des marées sur le petit dépliant offert gracieusement par la boulangerie.

Clémence s'arrêta un moment tout en bas de la falaise, stupéfaite. La plage s'étendait devant ses yeux, offrant des étendues de sable à perte de vue. Une plage sauvage, sportive, avec des cerf-volants, des jeux de ballons, et des dizaines de surfeurs... Toute une plage en mouvement ! Rien à voir avec les corps allongés paresseusement des autres plages.... Clémence sentit un frisson d'énergie la traverser, l'envie d'en découdre, l'envie de... elle ne savait pas trop quoi, un appétit de vivre ! Elle se sentait bien vivante, respirait à plein poumons cette odeur d'iode et de marée montante, elle chassait les regrets de s'être privée de cette plage pendant tant d'années, par pure négligence.

Sa fille, trop timide pour affronter un cours collectif, préféra s'inscrire à un cours particulier. C'était hors de prix pour son budget de maman solo, mais Clémence devait se rendre à l’évidence, sa petite n’avait plus l’âge de grimper sur les rochers, de faire des châteaux de sable, ou d'observer les crabes piégés dans les flaques d’eau de mer. Elle avait envie d’apprendre le surf, c'était normal, à force de contempler de beaux surfeurs... Un spectacle plaisant, Clémence devait le reconnaître. Elle l'inscrivit sans hésiter, sa fille aurait cours le soir même, un créneau s'était libéré.

Clémence l’accompagna jusqu’au point de rendez-vous, et s’installa discrètement à l’écart, pour ne pas l’embarrasser en jouant les mères poule trop collantes. Elle la regarderait de loin. Enfin, pas trop loin quand même, elle voulait voir sa chérie lutter avec les vagues, les dompter, s'envoler ! Le soleil descendait sur la mer, le ciel se paraît de mille couleurs, les silhouettes des surfeurs se détachaient en ombres chinoises, composant un magnifique tableau vivant.

Un homme portant une planche de surf ne tarda pas à rejoindre sa fille, le professeur sans doute. Clémence le fixa, stupéfaite, il était beau comme le jour ! Très grand, le poitrail discrètement musclé, bronzé, des cheveux en bataille, des lunettes de soleil branchées, un sourire à tomber, une allure souple de félin... Elle s’empara des jumelles prévues pour admirer les progrès de sa fille, et les braqua directement sur les abdominaux du prof. Ces jumelles étaient drôlement fortes ! Il faut dire qu’elle était vraiment proche d'eux, pourvu qu'il ne remarque rien.... Clémence navigua sur son corps, l'admira en détails, ses épaules larges, son dos musclé... Son maillot de bain, trop lâche, ne permettait aucune évaluation de ses autres atouts. Elle le contemplait toujours tandis qu'il expliquait, à plat ventre sur le sable, comment se lever sur le surf et prendre la vague. D'abord redresser le torse, puis s'accroupir sur la planche, et enfin on s'élance, debout, les bras faisant balancier sur les côtés pour maintenir l'équilibre. Clémence n'en perdait pas une miette, elle en avait des frissons partout. Ses puissantes jumelles lui offraient une vue imprenable sur le moindre muscle bandé du moniteur.

Son imagination s'emballait. Soudain, le professeur envoyait valser son maillot de bain, il courrait vers les flots, plongeait nu dans l'onde, avant de revenir vers elle, le corps constellé de gouttelettes, fleurant bon l'eau salée. Il l'aspergeait pour rire, elle poussait des cris, il était froid, et mouillé ! Il la serrait contre lui jusqu'à ce qu'elle ait bien chaud à nouveau, trop chaud... Ils s'allongeaient sur la serviette, nus, il la pressaitt fort contre lui, jusqu'à la pénétrer doucement, sans cesser de l'embrasser, sa langue dans sa bouche, son sexe dans le sien...

Clémence reprit ses esprits, les choses sérieuses allaient commencer. Le moniteur s'éloignait avec sa fille vers l'eau, ils progressaient au-delà des premières vaguelettes. Clémence, toujours armée de ses jumelles, pouvait le voir distinctement. Il avait de l'eau jusqu'à la taille, il expliquait, mimait, propulsait la planche de sa fille sur les vagues les plus prometteuses sans la quitter un instant du regard.

A la fin du cours, Clémence s’approcha, oubliant les réticences de sa fille, qui voulait toujours jouer les affranchies du haut de ses treize ans. Dans son enthousiasme, sa fille avait oublié elle aussi, elle s'élança vers sa mère, ne pensant qu’à partager sa joie.

– Maman, tu m’as vue ? Je réussis à me lever, et même à tourner ! J’adore ! C’est génial ! On peut réserver un autre cours, allez, dis-oui !

Évidemment, Clémence n’osa pas avouer qu’elle ne l'avait pas regardée, trop occupée à reluquer le prof. Elle rougit de honte, ne sachant que répondre. Le prof prit la parole, il félicita son élève, des débuts prometteurs, vraiment, ce serait dommage d’arrêter là... Il enleva ses lunettes de soleil et tendit une main humide.

– Clément, enchanté !

Clémence le fixa sans répondre, foudroyée. Ses yeux avaient exactement la couleur de l’océan, elle s’y plongea comme on se noie. Sa fille la ramena sur terre.

– Alors maman, tu es d’accord ? s’il te plaît !

– Heu, oui, pourquoi pas, pardon, j'étais dans mes pensées... Clémence, enchantée aussi.

Ils se sourirent, amusés de cette coïncidence, ils avaient presque le même prénom. C’est un signe, pensa Clémence, un clin d’œil du hasard. Oui, elle allait offrir un autre cours à sa fille, bien sûr, et cette fois, elle la regarderait. Elle se sentait confuse de n'avoir eu d'yeux que pour le moniteur, c’était passé tellement vite ! Elle alla même plus loin, elle voulait prendre un cours elle aussi, tout pour revoir ces yeux bleus ! Devant sa fille à la fois ravie et médusée, elle réserva deux leçons particulières, l’une aux aurores pour elle - sa fille n’était pas du matin - l’autre au crépuscule pour son ado. Fichues horaires des marées ! Mais ce serait l’occasion d’admirer à nouveau un beau surfeur avoluant sur les vagues devant un coucher de soleil...

Le réveil fut un peu rude, mais une fois dehors, Clémence s'élança, ivre de liberté dans les rues désertes. Sa fille dormait encore, la ville était à elle, et la plage aussi ! Elle se présenta au rendez-vous coiffée, maquillée, vêtue d’une robe d’été simple et sexy, avec un sac en bandoulière qui pouvait passer, de loin, pour un sac de plage. Elle n’y avait pas mis de serviette, elle n’avait aucune intention d’apprendre le surf. Clément le comprit au premier coup d’œil... Il l’avait trouvé jolie déjà en maman sur la plage, avec son maillot de bain une pièce, ses cheveux sagement noués en queue de cheval ; il la trouva ravissante avec sa robe fleurie, sa coiffure sophistiquée, ses yeux fardés lui envoyant un message en lettres de feu « invitez-moi quelque part ! ». Il n’hésita pas une seconde.

– Je vous offrirais bien un verre, mais il est un peu tôt je pense... je peux vous offrir un café à la place ? Le courant est trop fort aujourd’hui pour faire cours....

Des dizaines de surfeurs jouaient dans les vagues, apparemment peu soucieux du dit courant, mais Clémence ne releva pas, elle se contenta de battre des cils, le coeur battant à tout rompre.

– Un café, oui, avec plaisir, merci !

Ils ont fini leurs cafés et se sont levés, un petit air de défi dans les yeux, plus rien n’avait d’importance sauf leur désir, leur attirance. Ils se sont retrouvés serrés dans la pénombre de la petite cabane du club de surf. Quand il posa sa main sur sa gorge toute fine, une main souple et ferme, Clémence crut défaillir, ses jambes se dérobaient, il la tenait, elle était sienne. Il l’attira vers ses lèvres, leurs bouches se frôlaient, son haleine caféinée l’enivrait, elle se laissait déborder par un flot de sensations, par son souffle, par ce baiser qui n’en était pas encore un.

Il passa ses mains dans ses cheveux, tira un peu sa tête en arrière, tant pis pour sa coiffure ! Il voulait voir le désir dans ses yeux avant de l’embrasser d’un baiser long, chaud, tendre et envoûtant. Clémence aurait pu oublier le temps, l’espace, rester là longtemps, ses lèvres fondues dans les siennes, mais elle voulait plus. Elle s’agenouilla lentement, effleura son torse puissant, détailla ses abdominaux saillants, et leva les yeux vers lui. Elle fouilla les poches de son short de bain. Elle sourit de sa prévoyance quand elle devina un préservatif. Elle délivra son sexe impatient, l’empoigna vigoureusement et Clément gémit. Submergé de désir, il crut exploser. Il retint son souffle, ouvrit les yeux sur son univers familier, les combinaisons, les gilets de sauvetages, les planches de surfs, qui elles aussi, dans un tout autre registre, lui avaient donné tant de plaisir, de liberté, de sentiments de puissance. Il expira profondément. Clémence ne le branlait pas, elle regardait son sexe. Il pouvait presque sentir la chaleur de son regard. Elle s’en approchait, soufflait dessus, s’éloignait, et finit par lui passer la capote sans même le toucher.

Elle l’électrisait, le rendait fou. N’y tenant plus, il la releva, la retourna, souleva sa jupe, écarta son maillot de bain et la pénétra sans ménagement. Clémence retint un cri, il aurait pu lui faire mal, mais excitée, mouillée comme elle était, il glissa en elle, leurs sexes s’accordaient, se remplissaient l’un l’autre.

Il ondulait, elle s’abandonnait, il posait ses mains sur son cul, elle se cambrait, se contorsionnait pour admirer son beau visage dans l’action, puis fermait les yeux, concentrée sur ses sensations, leurs sexes imbriqués, son va-et-vient.

Et tout chavira, elle chavirait, la terre chavirait, la plage, la cabane, les planches, les bodyboards, tout tremblait, tout tombait. Dans le feu de l’action, elle s’était agrippée à une planche et l’avait faite tomber, entraînant les autres comme des dominos. Clément les retenait, maître des lieux, de son matériel -ses jouets-, d’elle, de son corps. Il la baisait toujours, bandait dur, la protégeait des planches qui s’écroulaient sur eux.

Ils riaient, elle se retourna vers lui, il la souleva comme une plume, elle enroula ses jambes autour de sa taille. Elle se sentait légère dans ses bras, il la pénétra, elle s’empala sur son membre avec délectation, lui griffant le dos de ses ongles manucurés. Elle ne touchait plus terre, elle s’envolait, atterrissait, s’envolait, s’enracinait, s’envolait, ils gémissaient, ils criaient : ils jouissaient… longtemps, les yeux dans les yeux, intenses, exaltés, inondés.

Il la déposa délicatement à terre et ils se mirent à rire devant le désordre de la cabane. Dehors aussi, ça rigolait. Clément passa son short et sortit en courant. C’était l’heure du premier cours collectif, des gamins étaient venus chercher leur planche, et en entendant des gémissements, ils s’étaient rincé l’œil par le trou de la serrure. Clémence paniquait, encore groggy de leurs ébats, et si sa fille croisait un de ces ados, et si elle apprenait, et s’il fallait tout lui expliquer et si…

Clément souriait, les mains sur les hanches, il regardait les gamins courir, les vagues, le soleil matinal. Une superbe journée de surf s’annonçait, et ce soir au crépuscule, pour la leçon de sa fille, il reverrait Clémence.


Clarissa, pour la partie romantique ; et Léo, pour la partie érotique


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