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Le cantique du macaron

A l’Eglise

Pendant le sermon, si le prédicateur paraît croire à la « pureté des jeunes filles chrétiennes », ne vous mettez pas à pouffer de rire.

Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation, Pierre Louÿs

 

Lætitia avait 15 ans. Moi aussi. J’étais timide et puceau. Elle était mon totem masturbatoire depuis quelques mois. Une poitrine fondatrice pour ma libido d’adolescent. Ses cheveux étaient blonds et ses yeux bleus, un cliché peut-être, mais un beau cliché. Elle était un peu ronde ce qui donnait à son corps une épaisseur de Madone et à son cul un pouvoir hypnotique.

Elle était la fille d’une des familles les plus pratiquantes de notre village. Ce qui me laissait peu d’illusion sur la possibilité d’un péché de chair avant engagement devant Dieu et sa mère.

Nous avions une amie commune un peu plus âgée, Marie-Françoise, elle aussi croyante et pratiquante. Un après-midi, au début de l’été, dans mon jardin, cette dernière me parla de Lætitia : c’était la fille la moins pudique qu’elle ait jamais côtoyée. Elle me raconta comment elle se déshabilla sans manière un jour où celle-ci lui avait proposé d’essayer des maillots de bain dans sa chambre.

Je les imaginais, toutes deux nues, leurs toisons blondes et brunes, leurs seins laiteux sautillant durant les essayages, leurs croupes jaillissantes lorsqu’elles se penchaient pour essayer un maillot. Mon érection était si forte qu’elle en était douloureuse.

Elle dut remarquer mon trouble, car elle me sourit, me regarda droit dans les yeux, désigna mon entrejambe d’un index moqueur et me dit : "Ne serais-tu pas un peu à l’étroit ? Je te sens comme…. possédé."

Rougissant et sans voix, je détournais le regard. Elle s’approcha de moi, se pencha et me chuchota à l’oreille : « Mon sens de la charité ne peut supporter de te voir ainsi dans la détresse morale. Laisse-moi faire mon devoir de bonne chrétienne. »

Elle déboutonna mon pantalon, sortit mon vit et commença à le branler.

Sa main était douce. J’étais bouleversé. C’était la première fois qu’une femme prenait mon destin en main.

" Théologiquement parlant, je suis à l’abri du péché… pour l’instant."

Elle continuait son mouvement mais en plaçant, après l’avoir léchée, la pulpe du pouce sur le frein. Le plaisir augmenta, je ne savais pas si j’allais tenir très longtemps avant de me répandre. Mon orgueil de jeune mâle luttait pour tenir coûte que coûte.

« Néanmoins, je vais assez rapidement me trouver dans une position philosophiquement périlleuse. Vois-tu je ne peux gâcher ta semence, elle est sacrée. Je vais donc m’arrêter lorsque nous serons proches du péché. »

Mes mains se crispaient sur les accoudoirs du fauteuil en rotin, je n’entendais plus que sa voix, je ne voyais plus que sa main allant et venant.

"Alors je me tournerai, préservant ainsi mon salut. Je te laisserai choisir ta voie. User du libre-arbitre que le Seigneur, dans sa grande bonté, nous a donné pour rendre plus louable encore le choix de ceux qui le suivent, ce qui sera mon cas, et plus triste la déchéance de ceux qui s’éloignent de ses commandements comme Onan et ses tristes séides."

Durant tout son sermon – qui me donnait l’impression étrange d’être masturbé par un Jésuite – elle avait changé de rythme, me mettant plus encore au supplice, j’allais jouir. L’échéance était proche.

Elle stoppa net ses caresses, se redressa, me tourna le dos.

« Je te laisse choisir. Mais je ne veux pas te voir sombrer dans le péché si tu choisis la voie de la main gauche. »

J’étais tremblant. Je regardais mon sexe dressé, palpitant. Je ne savais que faire.

« Je vais essayer de t’apporter une aide spirituelle si tu le veux. » Elle déboutonna son jean. Ses fesses blanches et fermes m’apparurent. Elle se pencha, prit appui sur la table et écarta les jambes.

Enfin ! Enfin je voyais un con. Verticale gousse rougeoyante sous la brume sombre des boucles noires. C’était superbe.

"J’espère que cela te montre à quel point le péché est sombre et l’Enfer profond. Fais le bon choix. "

Je m’emparais de mon membre et me mis le branler presque frénétiquement. Je devais gémir. Je ne sais plus. J’étais entièrement plongé dans l’abîme de sa chatte. L’orgasme me foudroya. Le foutre jaillit, inondant ma main. J’étais pantelant.

Je l’entendis se rhabiller. Elle s’approcha. Son visage, nimbé par la lumière perçant entre les feuillages, apparu au-dessus du mien, elle me sourit doucement, caressa mon front.

"Je ne serai pas celle qui te jettera la première pierre. J’ai vu les affres du dilemme que tu as dû affronter. Pauvre petit. Laisse-moi comme Jésus, avant la Cène, te laver les pieds…. enfin ton membre le plus souillé…"

Elle s’agenouilla, à l’aide de Kleenex et de l’eau fraîche de la carafe posée sur la table, elle nettoya ma hampe si penaude. Ce fut délicieux. Presque maternel.

Une fois, ces ablutions finies, elle me laissa. Elle avait rendez-vous avec les jeunes de la Paroisse. Il y avait un débat organisé sur l’Église et le corps.

« Je prierai pour ton salut. J’ai bien senti que tu avais besoin de mon soutien pour le trouver. A bientôt. Oh ! Une dernière chose, t’avais-je dit que mes parents avaient hésité à me prénommer Marie-Madeleine ? » Son sourire avait quelque chose de profondément innocent. Peut-être celui qu’eut Eve avant d’accepter la pomme.

Dans l’heure qui suivit, je me branlais une nouvelle fois.

Quelques jours après, elle m’appela et m’invita à l’accompagner chez Lætitia. C’est ainsi que je me retrouvais devant la porte de celle-ci avec Marie-Françoise, jupe légère et corsage de cotonnade, à mes côtés. Avant de sonner, elle me regarda fixement et me demanda :

– Tu vas bien ? Je te sens un peu tendu, non ?

– Non, non… répondis-je en déglutissant.

– Encore en pleine possession ? ironisa-t-elle en tirant la chaînette d’une antique sonnette dont le tintement m’empêcha de lui faire la réponse cinglante que je n’avais pas.

Nous étions dans une grande cour pavée. Elle habitait dans une ancienne brasserie. De grands bâtiments du XIXème siècle en briques et aux fondations de grès. La brasserie avait cessé son activité durant les années 60. Les bâtiments étaient couverts de lierre, ils n’étaient plus vraiment entretenus mais pas encore à l’abandon. Une ruine romantique en devenir, l’écume d’une inévitable décrépitude, la douceâtre odeur de décomposition d’une famille de notables ruraux tentant de rester dignes sur le radeau de leur glorieux passé.

Cette atmosphère de décadence donnait aux choses une patine onirique troublante. Le syndrome du "Grand Meaulnes" n’était pas loin. Je fis appel aux mânes de P. Louÿs ou de Donatien de Sade pour m’en garder.

La porte s’ouvrit.

Vénus sortant du vestibule.

Elle portait une robe blanche, transformée en théâtre d’ombres par la clarté venant du jardin, à l’autre extrémité du couloir. On ne devinait pas son corps à travers le tissu, c’est lui qui vous dévisageait. Le seul contour des hanches et l’orbe des seins suffirent à me paralyser.

– Dis-moi, ton ami, est-il en train de voir la vierge ou fait-il un AVC ?

– Ou une petite possession démoniaque, c’est un habitué. Je te raconterai. Si ta position sur la question n’a pas changé depuis la dernière fois, je crois que ta première hypothèse serait la plus plausible bien que l’article « une » serait plus adéquat et moins blasphémateur. Oh ! Réveille-toi ! railla Marie-Françoise en claquant des doigts devant mon visage.

- Pardon. J’étais…. J’étais ébloui. Euh… Bonjour, Lætitia arrivais-je à balbutier.

– Dois-je le prendre comme un compliment ? répondit-elle un sourire aux lèvres. Sois le bienvenu chez moi !

Elle m’embrassa sur les deux joues en collant sa poitrine sur mon torse. Un peu plus que ne l’exigeait le mouvement me sembla-t-il.

Elle nous guida vers le jardin. « Nous y serons au frais et plus tranquilles » déclara-t-elle.

Je suivis notre hôtesse et Marie-Françoise, leurs culs dansaient une gigue orgiaque au rythme binaire sous les étoffes légères. Mon érection naissante s’annonçait granitique.

Le passage par le sas du corridor fut ponctué de différentes strates d’odeurs d’encaustique, de lavande embaumée et de vieux tissus. Un crucifix en ivoire patiné ne me quitta pas des yeux durant les quelques secondes du trajet. Le fumet du péché devait l’attirer.

Je me demandais si de telles pensées et le bruit du sang battant mes tempes n’étaient pas effectivement le signe d’une imminente crise d’apoplexie.

Nous nous retrouvâmes dans un jardin que l’on pouvait qualifier d’anglais par charité et à l’abandon par lucidité. Les rayons du soleil, dans ce bouillonnement végétal, viraient au vert émeraude.

Elle nous installa sous une pergola phagocytée par une vigne vierge où nous attendaient des chaises et une table en teck.

Nous discutions de diverses choses bien que le « nous » était plus un « elles », fasciné que j’étais par la chair de Lætitia. La courbe de sa nuque, dont je goûtais presque la saveur que je devinais saline par cette chaleur. Les soubresauts de ses seins ponctuant ses gestes. Ses doigts replaçant une mèche dans un geste si féminin qu’il se métamorphosait en archétype bandant.

Elles interrompirent leur discussion, échangèrent des regards entendus, et Lætitia me déclara :

– Dis-moi, tu es bien silencieux. T’ennuierais-tu en notre compagnie ?

- Je…. Non. C’est simplement que les voix féminines ont toujours eu un effet hypnotique sur moi. Un truc freudien sans doute….

- Ou alors c’est mon décolleté ? Ce qui serait une explication moins freudienne et plus évidente. Quoique le vieil Autrichien aurait pu en dire bien des choses. De ton attitude s’entend parce que mes seins n’ont rien de freudiens…. Enfin pas plus que ceux de toutes mes compagnes de mamelons.

Devant ma gêne et mon étonnement, elles éclatèrent de rire.

- Reprends-toi ! Je plaisante….

– Je n’en suis pas certaine, l’interrompit Marie-Françoise, en me regardant.

- Ton mauvais esprit est toujours délicieux ma chère. Mais tu mets notre ami dans la gêne…. peut-être qu’il n’aime pas mon décolleté.

- Mais si ! Enfin…. Je veux dire… Il est beau mais… Je…

J’étais en plein naufrage. Elles riaient de plus belle.

– Allez ! J’arrête de te torturer. Voulez-vous un café ou un thé ?

Nous nous accordâmes sur le café. Elle nous quitta donc quelques minutes.

– Tu lui plais, sais-tu ?

– Tu crois ? Ma réponse fut bien trop empressée pour être honnête. Marie-Françoise me gratifia d’un sourire en coin qui disait : « Touché ! »

– Hum… Je n’en suis pas absolument certaine. Même si je la connais bien, presque bibliquement pourrais-je dire depuis notre essayage des maillots. Tu te souviens de cet épisode, j’en suis certaine. Tu avais bu chacune de mes paroles.

Et elle accompagna son propos d’un geste mimant une masturbation avec un sourire proprement angélique.

Je crois que mon visage dut atteindre dans l’échelle chromatique des rouges les nuances les plus cuisantes.

Lætitia revint avec du café et des macarons. Le parfum de l’arabica se répandait. J’apprécie le parfum sensuel du café bien supérieur à celui, plus cérébral, du thé.

– Un proverbe turc dit que « le café doit être noir comme l’enfer, fort comme la mort et doux comme l’amour ». J’ajouterais « profond comme l’orgasme » affirma-t-elle en versant le breuvage dans les tasses.

– J’en prendrai plusieurs tasses, Lætitia. Cela me fera un orgasme multiple en évitant le tennis-elbow.

– La gourmandise est un péché mortel, Marie-Françoise, méfie-toi.

– Si je peux me permettre : pour des jeunes filles chrétiennes, vous me paraissez avoir des propos assez infernaux. Enfin, je suis athée. Je ne connais pas bien les mœurs sexuelles des agneaux de Dieu.

– Mais il parle, Marie-Françoise ! Et il a de l’humour en plus.

– Je te l’avais dit.

– Moquez-vous mais reconnaissez que certains de vos propos ne sont pas ceux que l’on aurait pu espérer trouver dans la bouche d’honnêtes chrétiennes…

- Si tu savais ce que l’on peut trouver dans nos bouches ! s’amusa Lætitia. Si Dieu a créé le clitoris, modelé vos vits et nous a permis l’orgasme, c’est bien pour en user…

– Et en abuser ! s’exclama Marie-Françoise en prenant un macaron. Puisque que nous parlons – enfin - de sexe, j’ai toujours trouvé un côté un peu "vulvaire" aux macarons. Vous ne trouvez pas ? Elle inclina son macaron verticalement. Regardez ces jolies petites lèvres charnues débordant de la fente délicate. Elle passa la langue sur le bourrelet de crème au beurre.

– Sache que tu provoques en moi des choses étranges, espèce de succube ! rit Lætitia.

Elle se leva, dégagea la table devant notre amie commune, s’assied, releva sa robe et écarta les jambes.

– Puis-je me permettre de te proposer un macaron que j’ai préparé avec amour ?

Elle releva ses fesses afin que les mains de Marie-Françoise puissent lui retirer sa culotte.

- En coton, blanche… Elle est "vaticane ment correcte" ta culotte.

Elle plongea au cœur des cuisses de notre hôtesse. Lætitia ferma les yeux, une main dans la chevelure brune de son amante et exprima par un soupir l’étendue de ses qualités de goûteuse.

J’étais fasciné par la bouche entrouverte de Lætitia, la pointe de sa langue entr’aperçue, les fortins de ses mamelons gonflés et durcis sous la robe. Rien d’autre n’existait que leurs mouvements, les gémissements de la goûtée et les bruits mouillés émis par la goûteuse, le soleil tachant leurs corps, l’odeur du café et la pulsation du sang dans mon corps qu’il soit ou non caverneux.

Marie-Françoise releva la tête – ses lèvres et son menton brillaient – et dit, en se tournant vers moi :

– Mais je suis impolie peut-être que tu voudrais toi aussi savourer la mignardise de Madame ?

– Bien sûr ! Le cri venait du cœur mais aussi d’autres profondeurs bien moins mignardes.

Elle me prit par la main et m’amena sur la chaise qui faisait face au con de Lætitia.

– Je sais que tu n’es pas habitué à la chose. Goûter au sexe d’une femme n’est pas chose facile. Il faut de l’application, de l’enthousiasme mais aussi de l’humilité et un palais éduqué. Laisse-moi donc te guider.

Sur la table, la propriétaire du macaron de chair, nous regardait en souriant. Sa chatte était d’une innocence désarmante. Une toison blonde, légère, laissant voir ses replis les plus intimes. Les nymphes étaient rosées et ne se laissaient pas dominer par les lèvres sombres de cette admirable plaie.

– C’est si beau… et si impressionnant à la fois, murmurai-je.

– Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire…. oh ! Dieu ! …. bien des choses en somme…

En variant le ton, par exemple, tenez :

Amical : "Que de beauté, malheureusement cachée.

Faites-vous fabriquer un miroir pour toujours l’admirer"

Descriptif : "C’est un vallon…. C’est un pays de cocagne….

C’est un jardin de Babylone…. Que dis-je un jardin de Babylone ?

C’est Babylone elle-même !

Curieux : "de quoi sert cette belladone ?

De cachette, madame, à un cénobite ?"

Gracieux : "aimez-vous à ce point les bites

Que maternellement vous vous préoccupâtes

De tendre ce nid à leur hâte ?"

Prévenant : "gardez-vous, votre âme entraînée

Par ce poids, d’en devenir folle !"

Tendre : "faites-lui faire un petit parasol

De peur que sa couleur au soleil ne se fane !"

Cavalier : "quoi, l’amie, ce bouton est à la mode ?

Pour y exercer sa langue c’est vraiment très commode !"

Emphatique : "aucun vit ne peut, sexe magistral,

T’emplir tout entier, excepté celui de Baal !"

Dramatique : « c’est la Mer Rouge quand il saigne ! »

Admiratif : « pour un gamahucheur, quelle enseigne ! »

Lyrique : « est-ce une conque, êtes-vous la Vénus ? »

Naïf : « Pourquoi ce monument, m’est inconnu ? »

Respectueux : "souffrez, madame, qu’on vous salue,

C’est là ce qui s’appelle avoir la clé des Éons !"

Militaire : « ouvrez contre cavalerie ! »

Pratique : "voulez-vous le mettre en loterie ?

Assurément, madame, ce sera le gros lot !"

- Seigneur que votre style est pompier et vos alexandrins estropiés, ma chère. En outre, je ne parlerai pas du plagiat par charité chrétienne. Laissez donc notre ami catéchumène apprendre le plus beau des sacrements. Et de sa main droite, elle plongea ma tête vers mon baptême cunnilingue.

Je commençais par embrasser la chair douce et veloutée autour de la fente. J’improvisais, j’espérais faire au mieux.

– C’est bien. Il convient de ne pas oublier qu’un con n’est pas limité au clitoris. N’hésite pas à explorer les alentours. Des coteaux des lèvres jusqu’au Mont de Vénus, il existe de nombreux chemins où tu pourras jouer au petit messager du bonheur. Et surtout n’oublie pas que tu as des mains ! Tu dois en user pour ouvrir les rideaux de chair et découvrir la scène où, j’en suis sûre, tu vas briller. Par contre, Lætitia comme moi-même tenons à notre pucelage, donc tu n’introduis rien dans notre for intérieur à part le bout de ta langue.

- J’approuve ma coreligionnaire, mon cher novice. Nous tenons à notre pucelage. Un atavisme judéo-chrétien cher à notre corps…. mais il reste bien d’autres voies… Hum ! Il est doué, ma chère amie.

Je venais d’écarter les grandes lèvres et d’effectuer une remontée de ma langue vers le mont de Vénus en écrasant au passage le bouton se trouvant sur ma route.

J’aperçus du coin de l’œil, Marie-Françoise, la jupe relevée, s’asseoir d’une fesse sur la table et se caresser.

– Marie est en train d’égrener son chapelet. Lætitia me regardait, je levais les yeux vers elle sans arrêter mon ouvrage. Tu l’as inspirée.

- Certes, je dois l’avouer, ma chère. Mais continuons ma catéchèse : tu peux, à l’aide de tes lèvres et de ta langue exercer diverses pressions et sollicitations. Emprisonner les nymphes tout en parcourant leurs crêtes, sucer le clitoris pour le faire sortir de son capuchon, souffler le chaud et le froid…. Une glossolalie qui fera chanter tes louanges si la prière est dite avec la foi dans la chair.

J’appliquais donc ces conseils, utilisant mes mains pour lever le voile sur son intimité. Ma langue virevoltait, ma salive mêlée à la cyprine bénissait la table. Je sentais son corps se tendre ou se relâcher, ses yeux parfois se planter dans les miens puis s’enfuir vers le ciel ou disparaître sous ses paupières, sa bouche sourire ou s’étirer dans un rictus de plaisir aux accents doloristes, sa voix gémir, chuchoter et chanter des requiems.

Marie-Françoise chantait en canon son plaisir exacerbé par celui de son amie. Elle me passait parfois une main dans les cheveux ou agaçait un téton de Lætitia qui devait en faire autant bien que je ne puisse le voir.

Soudain, tout s’accéléra, les gémissements qui devinrent halètements, les contractions des muscles, du bassin, la pression des doigts sur mon crâne.

Elles jouirent presque de concert, je dus me maintenir pour ne pas être désarçonné, je sentais les vagues de plaisir rayonner. Leurs prières montaient au ciel. On y entendait de l’adverbe d’opinion, de l’impératif et des interjections. La grammaire du plaisir.

D’un geste délicat, elle me repoussa.

– Sache que ta foi sera récompensée.

Elles se mirent donc à retirer mon pantalon.

Saisissant ma bite, Marie-Françoise la présenta à son amie.

– Mangez-en car ceci est son corps.

Lætitia fit faire à sa langue une reptation infernale qui finit en un baiser enflammé des deux jeunes filles, prenant en tenaille mon gland qui n’en demandait pas tant. J’étais à deux doigts d’entonner "Plus près de toi, Seigneur". Une d’entre elles – je ne saurais dire laquelle - me mit à l’Index et me permit de comprendre l’attrait qu’avait l’antique Sodome pour certains plaisirs.

Lætitia prit une gorgée de café et ma bite dans sa bouche. La chaleur et le parfum du café, la douceur de ses lèvres et l’agilité de sa langue me conduisirent au bord de l’abîme.

– Oh mon Dieu ! Je viens ! est, je crois, tout ce que je pus dire.

– Nous l’avons converti ! s’amusa Lætitia.

Je jouis. Laquelle me branlait ? Laquelle me suçait ? Je n’en avais plus cure. Je fus agité de spasmes en murmurant des "Seigneur…." qui firent dire à Marie-Françoise que leur prosélytisme, certes atypique, avait une certaine efficacité.

Lætitia, me baisa le front, et proclama : " Ite missa est".

Marie-Françoise, tout en grignotant un macaron, et, en me soupesant les couilles, ajouta :

– Il te restera, mon frère, à apprendre à te confesser, car je sens ta conscience chargée de lourds péchés. Mais à chaque jour suffit sa peine. Nous verrons cela dimanche.