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Épisode 1 : Rêver plus fort

1. Eléa travaillait dans la bibliothèque d’un quartier plutôt chic. Elle-même était toujours bien habillée, montée sur des petits talons qui mettaient en valeur la courbe de son dos et ses seins rebondis. Elle aimait le regard des inconnus qui la déshabillaient parfois, elle se sentait alors sexy et irrésistible. Cette assurance la rendait plus attirante encore. Il faut dire qu’elle n’avait rien à envier aux autres femmes : une belle brune de 24 ans, aux courbes élégantes, et avec un regard de feu.

Elle n’avait cependant jamais joué de son charme pour attirer à elle des hommes. Elle se contentait de petiteïs histoires d’amours légères, dans lesquelles elle n’avait jamais connu le véritable plaisir, celui capable de vous faire tout oublier.

Un lundi, en fin de journée à la bibliothèque, alors qu’elle se penchait légèrement en avant pour ranger des livres sur une étagère, une voix douce se fit entendre :

- Excusez-moi, mais je n’arrive pas à faire fonctionner votre machine d’emprunt...

Elle se retourna et découvrit un homme séduisant. Celui-ci avait dû avoir une vue exquise sur le fessier d’Eléa moulé dans sa jupe, et à en croire son membre qui s’était durcit en une fraction de seconde dans son pantalon, il n’était pas insensible à ses attraits. Il n’était pourtant pas un tombeur et ne convoitait pas d’autres femmes que la sienne, c’est pourquoi il tenta de rester impassible.

- Venez avec moi je vais vous montrer ! avait-t-elle rétorqué avant de tourner les talons et de passer devant lui, qui ne se priva pas pour jeter une fois de plus un œil aux magnifiques fesses d’Eléa qui dansaient à présent devant ses yeux.

Elle ne le savait pas encore mais c’était Lucas. Plutôt grand, il avait le visage fin, mis en valeur par une barbe naissante, des cheveux bruns et un regard vert perçant. Il affichait un sourire renversant et possédait un charme troublant. Elle avait eu le temps de parcourir rapidement son corps sportif et d’apercevoir son torse qui semblait bien dessiné et sa main sur laquelle se trouvait une alliance. Il devait avoir la trentaine. Elle avait l’impression de l’avoir déjà vu quelque part.

Eléa lui expliqua comment faire avec la machine, mais elle avait du mal à contenir son agitation. Lorsqu’elle plongea ses yeux dans les siens, elle eut comme un vertige. Elle l’avait reconnue, c’était son voisin. Elle l’avait regardé discrètement une ou deux fois dans l’immeuble d’en face alors qu’il parcourait l’appartement, parfois vêtue uniquement d’un petit boxer qui lui allait si bien. Elle avait même aperçues la façon dont il avait plaqué sa femme contre un mur un soir, l’embrassant longuement, avant de glisser sa main dans sa petite culotte. Elle avait alors détourné son regard, car « ça ne se fait pas ». Mais cela l’avait fortement émoustillé. Cette sensation revint à elle immédiatement et l’excita. Elle apprit sur la machine qu’il s’appelait Lucas.

Maintenant, cet homme se tenait là, tout près. Elle avait l’impression de sentir comme une chaleur venant de lui, quelque chose qu’elle ne pouvait pas expliquer, et qui créait une atmosphère tendue. Elle se mordit la lèvre de façon incontrôlable, ce qui n’échappa pas à Lucas.

- Merci ! lui dit-il avant de se diriger vers la sortie, semblant fuir cette sensation étrange.

Elle répondit poliment, regarda sa silhouette s’éloigner et resta un moment là, la bouche entrouverte et le souffle court, profitant de cette sensation. Elle aurait voulu le retenir, lui donner envie d’elle, et se laisser faire sous ses mains. Cet inconnu n’avait rien fait, et pourtant elle sentit une chaleur naitre sous sa jupe. C’était dingue.

Revenue chez elle, le soir, Eléa s’interrogea sur l'excitation dont elle avait était soudainement prise de façon aussi incontrôlable. Elle essaya de chasser l’image de cet homme de sa tête, c’était la première fois qu’elle ressentait une chose pareille pour un inconnu, de plus il était marié et elle ne lui plaisait surement pas, bref elle n’avait aucune chance.

Mais elle se sentait chaude depuis sa rencontre avec Lucas, bouillonnante de désir, et ne parvenait pas à se calmer. Elle décida de prendre un bain pour se détendre, mais cela ne fit que l’exciter d’avantage. Sentir ses mains glisser le long de son corps nue et trempée lui donna instantanément l’envie de se laisser aller à ce fantasme qui la hantait désormais. Elle fit descendre ses mains le long de son entre-jambe et senti qu’elle était déjà bien plus excitée qu’elle ne le pensait, elle se caressa doucement, saisissant son sein de l’autre main et poussant un premier petit cri de plaisir. Elle se laissait porter par l’eau qui l’enveloppait, s’abandonnant à se doux plaisir solitaire qu’elle redécouvrait aujourd’hui avec beaucoup d’intensité. Des images de cet homme se succédaient dans sa tête, elle l’imaginait résister à la tentation avant de succomber, elle sentait presque son pénis pénétrer en elle, la douceur de ses mains et sa bouche sur ses seins, elle se voyait prise avec fougue et excitée comme jamais. Sa main s’activa de plus belle sur son clitoris maintenant si sensible, elle lâcha prise dans un gémissement de plaisir intense, provoquant une incroyable chaleur dans tout son corps qui se cambra dans l’eau chaude sous la contraction du plaisir. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas eu un tel orgasme, elle senti alors tout son corps se relâcher, se sentant vidée de toute énergie, mais terriblement bien. « Waouh c’était bon… » pensa t’elle, profitant dans cette sensation de plaisir et de plénitude qu’elle venait de ressentir. Décidemment, cet homme lui faisait de l’effet.

2. Le lendemain matin, les premières pensées qui lui vinrent à l’esprit étaient les événements de la vieille, sa rencontre avec Lucas et le jeu coquin solitaire qui en avait découlé. A peine éveillée, elle se sentit déjà chaude et excitée, c’était inhabituel mais finalement pas désagréable. Après tout, il n’y avait rien à espérer de cette histoire, il ne se passerait rien, dû moins c’est ce dont elle essayait de se convaincre pour se calmer.

Au travail, elle resta néanmoins à l’affut de chaque personne qui rentrait dans la bibliothéque, espérant à chaque fois que ce soit lui qui passe le pas de la porte. « Ce que je peux être naïve… » se disait-elle alors que la journée passait plus lentement que jamais. Au fond, elle ne savait pas ce qu’elle espérait, mais elle voulait le voir encore une fois, cet homme séduisant devenu son fantasme n°1.

Finalement, elle rentra chez elle, déçue mais toujours autant excitée. Elle jeta un œil à l’immeuble d’en face, espérant voir Lucas mais il ne semblait y avoir personne dans l’appartement. Elle passa de nombreuses fois devant sa fenêtre, espérant voir quelque chose ou quelqu’un, mais rien. Lorsque tard dans la nuit, il lui sembla apercevoir du mouvement : il y avait du monde dans la chambre. Les rideaux n’étaient pas bien fermés et laissaient entrevoir des câlins plutôt chauds entre Lucas et sa femme. Elle tenta de détourner le regard mais se sentit comme happé par la situation, et de plus en plus excitée. Elle se dit qu’après tout elle avait bien le droit d’en profiter un peu après cette longue journée de frustration.

Elle ne voyait pas tout mais elle sentait qu’ils étaient très chauds. Elle aperçue que Lucas pénétrait sa femme qui était sur le dos avant qu’il ne la retourne, lui remonte les fesses et la prenne en levrette. Ils n’étaient pas très près de la fenêtre mais ils y faisaient face, permettant à Eléa de profiter du spectacle, ils ne semblaient pas inquiets que quelqu’un puisse les voir. Alors qu’elle regardait intensément, elle sentit sa main irrésistiblement attirée par son sexe. Au même moment, Lucas, qui tenait fermement le bassin de sa femme dans ses mains dans un franc mouvement de va-et-vient, regarda brièvement par la fenêtre. Il sembla voir une femme qui les observait. Eléa se cacha, mais c’était trop tard, il l’avait vu, il avait surement dû la reconnaitre, « quelle honte ! » pensa-t-elle. Mais Lucas pénétra de plus belle sa femme qui n’avait rien remarqué, fixant la fenêtre espérant malgré lui voir réapparaitre le visage de cette femme qui ne semblait pas en reste devant ce spectacle.

Elle ne put s’empêcher de regarder à nouveau cette scène torride, et Lucas vit avec surprise réapparaitre ses yeux dans un coin dans la fenêtre, leurs regards de braise se croisèrent enfin avec intensité. C’est à ce moment-là que Lucas la reconnue, la petite bibliothécaire qui lui avait fait tant d’effet. Eléa vu qu’il eut alors un sursaut d’excitation qui le fit s’enfoncer avec vigueur et plus profondément encore dans le corps de sa femme qui semblait aimer ça. C’était mal mais ça le rendait fou, cette femme qu’il avait soudainement désirée hier, se trouvait dans l’immeuble d’en face à l’observer prendre son pied. Pris par l’excitation, plus rien ne semblait compter d’autre pour Lucas que le regard d’Eléa qui était aussi excitée que lui, il ne la lâcha plus un instant. Sentant qu’il allait jouir, il donna avec force quelques coups de bassin rapide qui faisaient cogner les fesses de sa femme contre lui et la faisait gémir. Eléa n’était évidemment pas restée de marbre, elle était elle aussi au bord de la jouissance. Ils observaient chacun le visage de l’autre prit par le plaisir et l’interdit, Lucas se sentait partir et se laissa enfin jouir pleinement dans le corps de sa femme. Eléa qui n’avait rien manqué du final les suivis de très près, elle poussa un cri de jouissance et sentit sa main soudainement inondée d’un liquide chaud. Elle se laissa tomber sur le sol, stupéfaite par ce qu’il venait de se passer.

« Qu’ai-je fait... ? » se demanda t’elle quelques instants plus tard, alors qu’elle redescendait doucement du nuage torride sur lequel elle s’était trouvée. Tout se mélangeait dans son esprit, la culpabilité d’avoir observé longuement ce couple en plein ébat, le regard animal de Lucas dans le sien, et surtout le plaisir qu’elle y avait pris. Elle se demanda finalement s’il était possible qu’il ne l’ait pas reconnue, qu’elle ait rêvé qu’il la regardait alors qu’il prenait sauvagement sa propre femme. Tout cela lui semblait tellement irréel.

3. Eléa se leva le jour suivant dans un mélange d’incertitudes, elle ne reconnaissait pas la femme qu’elle avait été hier soir, ni le désir incroyable que lui faisait vivre cet homme. Mais dans le fond, cette sensation nouvelle et cette femme torride naissante lui plaisaient, elle se sentait portée par une pulsion de vie inarrêtable. Même si elle était pétrifiée à l’idée que Lucas puisse venir aujourd’hui à la bibliothéque, elle n’attendait que ça. Elle était comme droguée, ce qu’elle vivait été tellement puissant qu’elle en redemandait encore.

Elle se prépara, essayant d’être sexy « juste au cas où… » mais ne voulait pas non plus en faire trop, de toute façon il y avait peu de chance que cela serve à quelque chose.

Elle eut l’impression de revivre la même journée que la précédente, attentive à chaque personne qui entrait, à la différence qu’aujourd’hui elle se sentait encore plus séduisante et plus chaude. L’attente fut interminable. Vers 19h, à l’entrée de la bibliothèque quasiment déserte, elle aperçue la silhouette d’un homme devant la porte. Elle s’arrêta de respirer un instant. Elle cru reconnaitre la silhouette de Lucas mais elle n’en était pas sûr. Elle vit l’homme hésiter un instant devant la porte avant de rebrousser chemin. Elle voulut aller voir mais il avait déjà disparu dans les ruelles sombres. « Ce n’était peut-être pas lui… ».

Elle rentra chez elle, déçue mais toujours portée par cette énergie sexuelle dont elle ne savait que faire, l’objet de son désir étant inaccessible. Les volets de l’appartement d’en face restèrent clos toute la soirée, elle se demanda s’ils étaient partis ou si Lucas avait voulu mettre fin à ce jeu. Cette situation la rendait terriblement frustrée.

Le lendemain matin, sa première pensée fut pour Lucas, elle le revoyait pénétrant sa femme, le regard planté dans le sien en train de prendre son pied. Elle ne pensait qu’à ça depuis deux jours.

Elle s’habilla avec soin d’un petit chemisier rouge qui laissait entrevoir la naissance de sa belle poitrine qu’elle frola au passage, d’une petite jupe noire et de bas jarretières noir qu’elle enfila avec délicatesse. Elle attacha ses beaux cheveux longs ondulés en arrière et mis du crayon noir et du mascara sur ses yeux pour intensifier son regard. Tous ses mouvements semblaient tintés de sensualité, elle aimait la façon dont elle prenait soin d’elle ces derniers temps, se sentant plus femme que jamais. Chaude comme elle l’était, même ses propres gestes l’excitaient. Elle se regarda dans le miroir et se trouva pas mal, en réalité elle était parfaite.

La journée se passa dans la même terrible attente que la veille. Elle les imaginait partout en train de baiser, chaque espace de la bibliothèque dans lequel elle passait devenant à ses yeux susceptibles de les accueillir pour des moments sensuels, torrides et interdits.

La nuit venait de tomber, elle savait qu’il ne viendrait pas. Elle alla ranger quelques livres qui trainaient sur une étagère au fond de la bibliothèque. Et lorsqu’elle se retourna, il était là, devant elle, lui faisant face. Elle tressaillit. Tous deux se fixèrent avec intensité quelques instants, l’atmosphère changea instantanément, devenant méchamment électrique. Aucun d’eux n’osait prononcer un mot, Eléa se sentit le souffle court et son cœur s’accéléra. Lucas semblait être venu sans avoir vraiment décidé ce qu’il allait faire. En vérité, il luttait. Il n’avait lui aussi pensé qu’à elle depuis deux jours. Dans un élan de folie, il avait dû passer hier soir mais s’était résigné à rentrer chez lui. Car aussi désirable que soit cette femme, il ne pouvait pas, il ne devait pas, c’était un homme marié et fidèle. Sauf qu’aujourd’hui il était bien là, devant Eléa qui n’avait espéré que sa venue depuis qu’elle les avait observés l’autre soir, et son désir était bien réel, il avait irrésistiblement envie de la prendre comme il n’en avait jamais eu envie avec personne.

Eléa, ne tenant plus, brisa la glace :

- Un problème avec la machine ? dit-elle avec un léger sourire complice, tentant de masquer ne serait-ce qu’un peu son état et de détendre l’atmosphère.

Une bouffée de chaleur envahit son corps, elle n’en pouvait plus, elle avait envie de sa bouche, de ses mains, de sa queue... Ça se bousculait dans sa tête. Lucas ne répondit pas mais sourit en se pinçant la lèvre.

Eléa se dit qu’elle devait tenter le tout pour le tout, elle se dirigea d’une démarche féline vers une porte sur laquelle était écrit « interdit au public », elle l’ouvrit, se tourna pour envoyer un regard brûlant en direction de Lucas puis entra. Elle patienta de longues secondes dans cette remise, folle d’impatience et de désir, quand enfin elle vit la poignée de la porte se baisser. 

A suivre...