Le feu d'Eléa

Une saga de Liz - 4 épisode(s)

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Épisode 4 : Plus fort, à trois - 1ère partie

1. Quand on y pense, il avait suffi d’un rien. Vraiment d’un tout petit rien pour que tout bascule. Pour que sa vie prenne un tournant inattendu. Un jour, une bibliothèque, un inconnu. Et c’est tout.

Alors que la sonnerie de la porte avait retenti dans l’appartement d’Eléa, cette pensée lui avait soudainement traversé l’esprit. Comment avait-elle pu en arriver là ? Elle, pourtant si sage, si calme, si rangée. Elle avait eu en elle une toute petite flamme et il avait suffit d’une étincelle pour tout embraser.

Elle s’arrêta net au milieu du couloir, pétrifiée. Pour la première fois depuis sa rencontre avec Lucas, elle sentait que les choses allaient trop vite, trop loin. Était-ce lui derrière la porte ? Sa femme ? Un voisin venu se plaindre des cris qui avaient dû retentir dans tout l’immeuble ? Un inconnu ? Elle nageait en pleine confusion, ne savait plus de quoi elle avait envie, ni quelle personne elle souhaitait découvrir derrière cette porte. Elle avait l’impression d’être dans une scène de films où d’un coup les secondes se rallongent, le temps se dilate. Ce moment où il faut faire un choix : avancer ou reculer. Pourquoi diable l’avait-elle provoqué comme ça ?

Un bruit la fit sortir de ses pensées. Elle l’avait presque oublié : Marine. Elle venait de réapparaitre à la sortie de la chambre. Vêtue d’un simple drap, appuyant son corps sur l’encadrement de la porte de la chambre. Un air de défiance dans le regard, elle resta là un instant, se mordant la lèvre en la dévorant des yeux.

- Tu comptes l’ouvrir cette porte...ou pas ?

- Je...je ne sais pas, bredouilla t’elle, désemparée devant cette situation plus qu’improbable.

Alors que la sonnerie de l’appartement se fit entendre une seconde fois, Marine s’avança près d’elle et pressa son corps contre le sien en lui offrant un baiser. Eléa fût prise d’un frisson qui parcourra son corps à la vitesse de la lumière.

- Détends toi ma belle, tout va bien. C’est simple : soit tu ouvres cette porte, soit c’est moi qui le fais... !

Elle reconnaissait bien là l’espièglerie de son amie. Quelle que soit sa décision, il fallait agir vite. Elle prit une profonde inspiration, tentant de reprendre ses esprits.

- Okay, bon, va dans la chambre, je vais le faire partir.

- Comme tu voudras...

Marine avait obéit et tourné les talons. Eléa attrapa un peignoir dans la salle de bain, se plaça devant le porte, posa sa main sur la poignée. Elle ouvrit.

Il se tenait de dos, avait surement finit par renoncer à attendre plus longtemps qu’on daigne lui ouvrir et avait pris la direction des escaliers. Elle avait compris immédiatement, c’était lui.

- Oui ? a-t-elle lancé sur le ton de l’innocence. Son visage s’était illuminé de son sourire sans qu’elle ne puisse le contrôler. Lucas se retourna, surpris et gêné.

- Excusez-moi de vous déranger si tard cher Madame, z’auriez pas un peu de farine s’il vous plait ? J’en ai pas assez pour faire mon gâteau !

Il y eu une fraction de seconde de silence où il attendu, figé, la réaction d’Eléa avant que tout deux ne fassent résonner la cage d’escalier de leurs rires mêlés. Elle avait tout imaginé sauf cette réplique sortie de nulle part. En guise de réponse, elle ouvrit la porte un peu plus grande et recula pour l’invité à rentrer. Il jeta un œil derrière lui et entra.

- La cuisine c’est par là, dit-elle en pointant de sa main tremblante le fond du couloir. J’arrive dans 2 minutes.

Il la regarda et sourit. Il s’avança donc seul dans le couloir. Eléa tourna les talons, elle ne pouvait pas rester habillée comme ça ! Elle retrouva Marine, allongée sur le lit, qui attendait impatiemment l’heure de la revanche.

- Et maintenant je fais quoi ? chuchota Eléa en entrant.

Elle était excitée mais terriblement nerveuse. Marine avança sur le lit à 4 pattes jusqu’à se retrouver à la hauteur de la ceinture de son peignoir, qu’elle lui enleva délicatement.

- Maintenant tu vas aller prendre une petite douche, avant que ce charmant jeune homme et moi nous occupions de toi...

En disant cela, elle avait remonté sa bouche jusqu’à ses seins, elle attrapa doucement l’un de ses tétons de ses lèvres et le lécha. Eléa ne put répondre que par la chaleur humide qu’elle venait de sentir entre ses cuisses, elle glissa ses doigts dans les cheveux de Marine.

- Dépêche-toi... ! dit Marine en la poussant vers la porte.

Cette fois, ce fût Eléa qui obéit. Elle entra dans la salle de bain, et fit couler de l’eau froide sur son corps. Il faut que je me calme, pensa-t-elle.

Quelques instants plus tard à l’autre bout de l’appartement, Marine, vêtue de son string et de son débardeur, observait silencieusement Lucas qui se tenait là, regardant l’immeuble d’en face comme l’avait fait mille fois Eléa. Il vit alors une silhouette de femme dans le reflet, sursauta légèrement et se retourna. La rencontre fût d’abord silencieuse, chacun dévisageant l’autre comme on le ferait devant une magnifique statue dans un musée d’art.

- Alors, c’est toi qui fais fantasmer la belle... ? lança Marine avec ce petit air coquin qu’elle maitrise si bien. Lucas lui sourit.

- Et c’est toi qui la dévergonde comme ça ?

- Elle n’a pas eu besoin de moi pour ça... !

Ils rirent, complices. Marine s’avança dans sa direction, il était pas mal cet homme, loin de la beauté féline d’Eléa, mais pas mal quand même. Elle ne le connaissait pas mais il lui plaisait déjà. Elle ouvrit un placard juste devant lui et en sorti trois verres.

- Tu as soif... ?

Lucas regardait sans relâche cette femme, elle n’était pas trop son genre mais il faut avouer que c’était un canon. Il voyait ses tétons pointés à travers son débardeur et eu une vue d’enfer sur ses fesses lorsqu’elle se retourna pour poser les verres sur la table. La coquine, bien sûr qu’elle faisait exprès, se dit-il.

- Tout dépend de ce que tu as a proposé... dit-il en posant son regard sur ses lèvres.

Elle s’approcha de lui, approcha sa bouche de la sienne jusqu’à ce que leurs lèvres se frôlent et que chacun sente le souffle de l’autre.

- Il y a du rhum arrangé dans le frigo si vous voulez...

La petite voix sensuelle d’Eléa venait de se faire entendre, elle capta l’attention de deux inconnus en une fraction de seconde. Apparemment, cette douche avait été bénéfique puisqu’elle se tenait là, devant leurs regards affamés dans un magnifique déshabillé noir en dentelle, qui laissait entrevoir ses formes divines. Ses cheveux encore mouillés devenus plus sombre la rendaient terriblement sauvage.

Ce qu’elle avait vu en arrivant l’avait curieusement excitée, ses deux amants faisant connaissance. Elle pouvait sentir l’atmosphère qui régnait déjà entre eux. Son arrivée dans la pièce avait rendu l’ambiance encore plus torride. Elle entra, silencieuse, sorti la bouteille du frigo et servi les trois verres. Elle prit son verre, traversa la pièce et jeta un regard à Marine et Lucas qui la regardaient déambuler si sensuellement.

- Vous venez... ? a-t-elle dit en sortant.

Evidemment qu’ils la suivirent. Elle arriva jusqu’au salon, ferma les rideaux. Elle alluma quelques bougies, tout était désormais baigné dans une lumière diffuse et chaude. A nouveau réunis tous les trois, ils trinquèrent avant d’avaler cul sec le contenu de leurs verres.

Le salon était composé d’un canapé gris assez bas, d’une table basse et d’une table haute en bois assez grande. Des objets de décorations étaient éparpillés ici et là, créant un décor agréable et cocooning.

Alors que Lucas faisait brièvement le tour de la pièce, Marine, appuyée sur le rebord du canapé saisit Eléa par la taille, la ramena contre elle et goûta de ses lèvres les siennes qui lui avaient déjà tant manqué. Elle se laissa faire, irrésistiblement. Leurs jambes se mêlèrent, et leurs tétons se frôlèrent. Marine, pressant sa cuisse sur l’entre-jambe d’Eléa pu sentir à quel point elle était excitée. Elles sourirent, lancèrent un regard coquin à Lucas qui s’était rapproché pour mieux admirer ce spectacle. Eléa l’amena vers elle pour l’embrasser à son tour. Putain c’qu’elles sont belles ces femmes, avait-il pensé si fort. L’érection qui ne l’avait pas lâché depuis qu’Eléa avait ouvert la porte commençait à le faire se sentir à l’étroit, il était temps d’agir. 

La nuit promettait d’être torride.

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