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Épisode 3 : Plus fort, au feminin

1.

- Tu comptes m’expliquer ce qu’il se passe Eléa ?

C’était Marine, sa collègue. Eléa la regarda d'un air interrogateur.

- Arrêtes, tu crois que je n’ai pas remarqué que tu ne fais que scruter la porte de la bibliothèque depuis quelques jours ? Sans parler de ce sourire malicieux que tu as, le même que celui que tu avais quand soit disant tu classais des dossiers l’autre soir. Allez...raconte-moi Eléa ! avait renchérie Marine, comme le ferait une adolescente à sa meilleure amie.

- Je ne vois pas de quoi tu parles... répondit Eléa, tentant de prendre un petit air fâché.

Marine était une jeune femme brune aux cheveux courts, elle avait un style plus rock-n-roll qu’Eléa, quelques tatouages parcouraient ses bras et ses épaules et un petit piercing noir venait mettre en valeur la lèvre inférieure de sa bouche. Ses yeux maquillés de noir lui donnaient un air rebelle. Elle semblait avoir quelque chose d’indomptable.

Elle avait souri, fixa son regard dans le sien et fit une moue quémandeuse, faisant contraste avec son caractère. Eléa lâcha un éclat de rire.

- Je ne peux pas te raconter ça...tu vas me prendre pour une salope ! avait-elle chuchoté.

- Ahah une histoire du cul ! J’en étais sûr ! Tu as tellement l’air d’avoir le feu en ce moment ! On va boire un verre toutes les deux ce soir Eléa, je brûle d’impatience que tu me racontes.

Assise au soleil à la terrasse du café, un verre de rosé à la main, Eléa ne savait pas par où commencer ni comment présenter les choses. Après tout, elle se sentait responsable d’avoir encouragé Lucas à tromper sa femme, mais rien que d’y repenser, elle sentait son corps palpiter de désir. Ce tiraillement la rendait dingue. Elle se lança :

- Bon...Il s’appelle Lucas.

Marine, attentive, écouta sans dire un mot le récit de cette folle histoire. Eléa lui raconta tout, ou presque : leur première rencontre, ce qu’elle avait vu à la fenêtre d’en face, en passant par l’attente interminable des jours qui suivirent et enfin ce qu’il s’était passé ce fameux soir, en bref, une partie de jambes en l’air incroyable. Elles restèrent un moment silencieuses, Eléa appréhendait sa réaction, c’est la première fois qu’elle en parlait à quelqu’un et elles n’avaient jamais discuté de ce genre de sujet toutes les deux. Marine s’amusait de cette attente, elle découvrait une nouvelle facette d’Eléa, tellement moins sérieuse que ce qu’elle laissait paraître à la bibliothèque.

- Moi qui pensais que tu étais la plus sage de nous deux ! Je vois que je me suis bien trompée ! répondit Marine en riant.

Eléa ria elle aussi, soulagée de voir qu’elle n’était pas jugée. Elle avait même l’impression que son récit ne l’avait pas laissée indifférente , "je me fais des films..!" pensa t-elle. Elle se surprit à l’observer un peu plus intensément, elle n’avait jamais prêté attention à la réelle beauté de cette femme. Elle admira un instant les éclats du soleil sur sa peau, ses gestes délicats, le vert perçants de ses yeux.

- Bon, et maintenant je fais quoi ? dit Eléa, coupant court à ses rêveries.

- Pour commencer tu vas me montrer une photo de lui...

- Je n’en ai pas, je ne le connais pas ce mec tu sais... Mis à part qu’il s’appelle Lucas et qu’il vit dans l’immeuble d’en face, je n’ai pas d’autres informations à te donner ! répondit-elle amusée.

Elles discutèrent un long moment au café, le temps de prendre un autre verre, puis un autre. L’alcool rendit Eléa euphorique. Bizarrement, plus la soirée avançait et plus elle trouvait que la jeune femme assise en face d’elle était vraiment canon.

Marine quant à elle, s’amusait de voir qu’elle troublait Eléa. Sans le montrer, elle en jouait un peu par ses gestes et sa voix. C'est alors qu'une idée fantastique lui traversa l'esprit :

- Eh mais je sais ! Allons chez toi, comme ça tu me montres ce fameux Lucas dans l’immeuble d’en face !

- Marine, je ne peux pas faire ça ! répondit Eléa qui ria de plus belle. C’est une très mauvaise idée.. !

- Allez, viens on y va !

Marine posa un billet sur la table, pris la main d’Eléa et l’entraina hors du café sans attendre sa monnaie.

- T’es dingue en fait ! taquina Eléa

- Tu n’as encore rien vu ! C’est par où chez toi ?

Elle n’avait pas tenu la main d’une fille dans la sienne depuis des années, elle sentait ses doigts fins et la douceur de sa peau avec beaucoup d’intensité.  "Je deviens folle, c'est une fille ! ", pensa-t-elle. Mais prise par l’euphorie de l’instant, elle conduisit Marine jusqu’à chez elle.

- T’es sûr de ton coup ? questionna Eléa en lâchant la main de Marine devant la porte de l’immeuble.

- Tu poses trop de questions, allez fais-moi entrer ma belle! répondit-elle avec espièglerie.

Elles montèrent dans l’ascenseur, Eléa n’osait pas la regarder mais elles riaient toutes les deux sans trop savoir pourquoi, sûrement dû à l’ivresse des quelques verres qu’elles avaient bu. Marine en profita pour la regarder plus précisément : elle la trouvait resplendissante, pleine de vie, et tellement séduisante dans sa robe d’été légère et ses talons hauts. Pour la première fois, elle s’autorisait à se laisser la regarder pour de vrai, dans toute sa splendeur. Marine aimait les femmes plus qu’elle n'aimait les hommes, mais jamais elle n’avait parlé de ça à Eléa. Elle se dit que son comportement risquait fort de la trahir, mais elle n’en avait rien à faire.

Eléa hésita un instant, avant d'ouvrir la porte de son appartement, elle laissa tomber son sac dans l’entrée et s’avança dans le couloir. Marine, qui l’avait suivi de près, posa ses affaires et sans attendre qu’elle l’y invite, parcourut les pièces à toute vitesse. L’appartement baignait dans la pénombre du soir, il était décoré avec goût et sobriété, rien à voir avec chez elle. Eléa observait Marine parcourir sa maison, elle était amusée par sa candeur et son naturel. Elle s’approcha de sa fenêtre favorite, bientôt rejointe par Marine.

- Il est où ton Don Juan ? dit-elle, presque déçue de ne rien apercevoir.

- Au 4ème étage, tu vois la chambre avec le lit et les rideaux, c’est son appartement. Mais je crois qu’il n’y a personne... Où es-tu Lucas... ? avait-elle finit par chuchoter dans un mélange de lassitude et d’excitation.

Elle fixait l’immeuble d’en face sans s’apercevoir que Marine, derrière elle, bouillonnait d'envie de se rapprocher d’elle. Son souffle s’accéléra et son cœur se mit à battre de plus belle. "Et maintenant ?" se dit-elle. Elle attrapa une mèche de cheveux d’Eléa qui masquait son cou et posa ses lèvres sur sa peau. Juste un baiser.

Eléa frissonna de tout son être avant même de se rendre compte de ce qu’il se passait. Elle  fit volte face et se retrouva nez à nez avec Marine, guettant sa réaction.

- Qu’est-ce que tu fais ? fit mine de s’offusquer Eléa .

Elle sentait qu’elle perdait le contrôle de la situation, elle ne comprenait plus rien, mais son corps avait compris à l’instant où elle avait senti ses lèvres sur sa peau. C’était fini. Il la réclamait. Elle fit un pas en arrière et posa son corps contre la vitre. Marine hésita, puis s’avança à son tour. Elle posa une main sur la nuque d’Eléa et approcha son visage du sien. Toutes deux avaient le souffle court, Eléa sentait son cœur battre à tout rompre, mais ne comprenait pas ce qu'il se passait, "je ne peux pas l'embrasser, c'est une femme !" pensa t'elle. 

Alors que leurs nez se frôlaient, Marine goûta d’un petit coup de langue les lèvres entrouvertes d’Eléa qui frissonna de plus belle. Cette fois c’est Eléa qui ne résista pas, elle posa ses lèvres sur les siennes et l’embrassa. Sa langue était chaude, ses lèvres parfaites, sa main avait attrapé ses cheveux et elle avait ramené le corps de Marine contre elle. Pour la première fois de sa vie, elle sentait le corps d’une femme contre le sien, et ses seins contre elle, c’était étrangement excitant. Marine glissa sa main sous la robe d’Eléa et découvrit ses fesses, rondes et parfaites. Eléa avait l’impression de fondre sous ses mains, ses gestes étaient plus délicats et plus sensuels que ceux des hommes, c’était différent mais merveilleux, elle eut envie de plus, tout de suite. Elle était impatiente de la déshabiller et de la caresser. Marine s’arrêta.

- Eléa, il y a quelqu’un en face... chuchota Marine, essoufflée.

Elle se retourna, c’était lui. Planté devant sa fenêtre avec son regard de feu, il les observait mais ne semblait pas avoir compris ce qui se déroulait sous ses yeux. Eléa, chaude comme la braise, lui envoya son plus beau regard, attira sensuellement Marine près d’elle et l’embrassa en se pressant sur son corps. Elle voulait le rendre dingue. Elle s’arrêta un instant pour l’observer à nouveau, et elle constata à la tête qu'il faisait que cela avait marché ! D’un geste de la main elle envoya un petit au revoir à Lucas qui observait, désemparé, cette scène torride, "atroce!" pensa t-il et tapant du poing sur la vitre. Elles avaient disparu.

Eléa entraîna Marine sur son lit, à l’abri de tout regard. Elles explosèrent de rire.

- Ça devrait lui faire sa soirée ! lança Eléa, amusée

- Viens là que je te croque belle Eléa ! enchaîna Marine, tout en allongeant Eléa et venant au-dessus d’elle à quatre pattes.

2.

Il était 21h passée lorsqu’Eléa, presque malgré elle, retira le débardeur de Marine. Sa tête essayait de la retenir mais son corps lui ordonnait l'inverse. Elle se redressa et effleura de sa langue la naissance de ses seins, attrapant ses fesses de ses mains. Marine, au-dessus d’elle, se laissa faire quelques instants, Eléa avait cette douceur sensuelle et sauvage, ce truc inexplicable qui faisait d’elle une femme irrésistible. Elle sentit une main glisser dans son dos jusqu’à la libérer de son soutient gorge. Eléa regarda les seins de Marine, ils étaient un peu plus petits que les siens mais très jolis, elle eut immédiatement envie de les goûter de sa langue. Elle lapa une première fois son téton, provoquant un petit gémissement de Marine, puis l’attrapa de sa bouche entière. Elle sentait sur sa langue la forme de son téton, sa chaleur, sa dureté. Curieusement, se dit-elle, elle aimait ça.

Marine releva le visage d’Eléa vers elle, et l’embrassa en se pressant sur son corps afin qu’elle se rallonge.

- Ça suffit maintenant Mademoiselle...lui murmura t-elle 

Eléa se mordit la lèvre et accepta de se laisser faire. Marine lui enleva sa robe et ne fut pas surprise de ne rien trouver en-dessous mise à part une petite culotte en satin rouge. Sa poitrine venait de se découvrir à ses yeux. Des seins ronds, magnifiques, alléchants. Elle les couvrit de baisers et de coups de langue, entraînant les gémissements d’Eléa qui se firent de plus en plus forts. Eléa la regarda la dévorer, elle la trouvait splendide : son visage fin, ses mains, son ventre plat, sa nuque, son regard, sa langue, ses lèvres. Tout l’appelait vers ce corps à corps. Parfois, l’image de Lucas parcourait son esprit, il aurait aimé voir ça, elle le savait, mais elle avait trop envie de le faire languir, qu’il devienne fou.

La langue de Marine glissa lentement de ses seins jusqu’à son ventre, elle posa quelques baisers sur sa culotte de satin puis à l’intérieur de ses cuisses, n’ayant de cesse de caresser tout son corps. Elle remonta sur son corps, fit glisser sa cuisse entre ses jambes et l’embrassa fougueusement. Eléa sentait comme son entre-jambe était humide, et le corps de Marine qui se frottait au sien amplifia son excitation. Eléa déboutonna le short de Marine et lui enleva, découvrant un joli string blanc, qu’elle lui enleva aussitôt. Elle aperçut sa vulve brillante d’humidité, épilée en maillot brésilien, « humm très jolie » se dit-elle. Marine s’allongea près d’Eléa et lui retira aussi le dernier vêtement qui lui restait. Leurs jambes s’emmêlèrent, chacune goûtant au corps de l’autre glissant entre ses cuisses, s’embrassant, caressant les seins de l’autre dans un fond sonore de gémissements et d’essoufflement. Eléa sentit la main de Marine glisser doucement jusqu’à son intimité, en goûter la chaleur humide et y pénétrer doucement avec ses doigts. Elle se cambra et attrapa le drap de ses mains.

- Eléa, tu es magnifique...Vraiment, lui murmura Marine à l’oreille.

Eléa l’embrassa, le regard et le corps en feu. Les doigts de Marine qui s’agitaient en elle de façon si expérimentée lui faisaient tourner la tête. Ils étaient doux et fins, comme les siens, en mieux. Comme ce dont elle avait rêvé, sans se l'avouer, en mieux. Par un jeu habile, Marine enfonçait ses doigts en elle puis revenait de ses doigts trempés à son clitoris. Le plaisir était intense. Il y avait deux êtres mais un seul corps.

Eléa fit descendre sa main dans le dos de Marine, et vint goûter à son tour à la chaleur de son intimité, en passant par ses fesses. C’était curieux de toucher une autre que soi, et pourtant c’était doux et follement excitant. Cela semblait plaire à Marine en tout cas, qui s’arrêta quelques instants pour profiter de ce qu’elle lui faisait.

- Humm Eléa, tu es sûre que c’est la première fois... ?

En guise de réponse, elle sourit. Marine lécha son téton durcit et l’allongea, se pressant de nouveau sur elle.

- J’ai envie de te goûter... dit-elle avant de descendre le long de son corps.

Eléa, les mains dans les cheveux de Marine, ne tenait plus. Elle était folle de désir et d’excitation. Cette femme était incroyable. C’est alors qu’elle sentit sa langue chaude glisser le long de sa fente et remonter jusqu’à son clitoris, lui arrachant un cri de plaisir. Elle prit un de ses seins dans sa main et se caressa, tandis que Marine lui fit frôler la jouissance. Elle introduisit deux doigts en elle, elle savait qu’elle ne tiendrait plus longtemps et voulait la faire jouir. Elle fit des va-et-vient doux mais puissant en elle et posa sa langue sur son clitoris.

- Humm, arrêtes.... lâcha Eléa.

Marine agita sa langue chaude sur son clitoris et ses doigts en elle, jusqu’à ce qu’elle la sente partir. Eléa gémit de plus en plus fort, se cambra de tout son être jusqu’au point d’extase. Elle cria une dernière fois et sentit son corps inondé de plaisir, grâce à cette femme fabuleuse, là, entre ses jambes. Un frisson intense l’envahit, elle devint plaisir et jouissance. Elle toucha de ses doigts le septième ciel.

Marine remonta le long de son corps et vint l’embrasser tendrement, elle était encore plus excitée qu’auparavant mais décida de laisser un peu de repos à sa belle, devenue plus désirable encore.

Eléa n’en revenait pas, c’était incroyable. Cette femme était incroyable. Incomparable avec tout ce qu’elle avait vécu avant. Elles restèrent dans les bras l’une de l’autre pendant un moment.

- Hmm cette sensualité, tes mains, ta langue...c’était carrément dingue... promis je m’occuperai de toi. Tu es bien trop magnifique pour qu’on te laisse comme ça, dit-elle en souriant, le visage maintenant détendue par le plaisir.

- Ah ça c’est sûr que tu ne vas pas t’en sortir aussi facilement, plaisanta Marine et lui mordant le cou.

Elle faisait le maximum pour ne pas lui sauter dessus tout de suite, mais elle en mourait d’envie, Eléa l'avait lu dans ses yeux. Elles s’embrassèrent de nouveau. Eléa se leva chercher quelque chose à boire, elle jeta un œil en face : déçue, elle ne vit personne.

Il était presque 23h, et c’est à ce moment précis qu’on sonna à la porte. 

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