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Le rendez-vous...

Un appartement au parfum d’ailleurs. Le lieu du rendez-vous.

Non loin de là, un mimosa magnifique, comme elle me l’avait dit.

La porte entrouverte laisse passer un chat qui s’y faufile. Noir et blanc aux yeux jades. C’est un mâle qui me toise. Me défit d’entrer.

Peu audacieux, mais plutôt ambitieux, j’ai décidé, nous avons décidé, que ce jour serait à orner d’une pierre non blanche.

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A l’intérieur, personne. Une odeur de lait, sucrée, de produits cosmétiques émane d’une petite pièce sur le côté. Une salle de bains, impeccablement rangée. Et ordonnée.

Tremblant, je souhaite pourtant me saisir des grands et petits pots, des flacons aux mille sensations olfactives et, surtout, de cette odeur, très douce et ténue, de coco-vanille. Elle m’en avait aussi parlé, avec sensualité.

Je me plais à découvrir, bien que mon coeur chamade, la volupté promise. Ce sont presque tous des produits bio, des gels douche aux shampooings en passant par les crèmes que j’ouvre et hume avec ivresse. Ici, nulle eau de parfum qui agresserait sa sensible peau, mais deux flacons d’huile de coco pure. Ma beauté sait s’y prendre avec son corps...

Curieux, après l'avoir réchauffée, j'en dépose de petites gouttes gluantes au creux de ma main. Je l’imagine se tapoter le creux des oreilles et se masser le cou avec, sans trop en mettre. Nue, elle commence, m‘a-t-elle dit, par le creux de sa poitrine avant de passer sous chaque sein, le droite puis le gauche, jusqu’aux aisselles. J’imagine leur galbe se soulever, sous ses mains enchanteresses et qui les pressent avec fermeté. Elles s’en vont jusqu’aux profondeurs les plus chaudes, où une fine transpiration se créée.

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Happé d’images, je repose le talisman à côté du déodorant à la vanille des îles.

Mes sages intentions se préparent à la rencontre. Je l’attends encore au sein de ce paradis perdu, là où gants, savons solides, gommages et laits effluvent encore l’odeur de son corps prêt, même si je ne sais où elle est.

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Timidement, je m’avance un peu vers les derniers rayons du matin…

Un miaulement étouffé me parvient d’une pièce voisine.

Doucement, la porte en bois qui grince et la vision de ma maîtresse endormie….. Elle est... tel un modèle de Daeni…

Le chat de tout à l’heure ronronne entre ses seins, profitant de la chaleur et du confort de sa nuisette ciel. Sa tête se love entre les doux seins blancs, les touchant tous les deux à la fois, les chatouillant sans doute de ses longues et fines moustaches. Je le vois aller et venir au rythme de son ventre qui respire en lui massant le sien. Je m’attends à ce que la belle s’éveille et le caresse de tout son long, d’une main distraite.

Devant moi, il pressent, se lève et ma chère s’éveille. Un ordre intime et il s’en va, sans demander son reste.

Penaud, me voici sur le pas de son antre tandis qu’elle se lève, enfile des vêtements sans me voir, s’étonne et me sourit. Un regard plein de malice.

Elle est irrésistible...

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Elle :

J’aimerais tant prendre les devants, et te laisser parcourir mon corps. A ta guise. Selon ton envie.

Vierge aussi, mon expérience des caresses est plus aboutie que la tienne...

Grâce à toi, j’écris d’un seul trait, pour la montée du désir, des fantasmes et du plaisir que tu ne soupçonnes pas , toi qui les créés et ne te reconnais pas.

Je suis ton exemple,

depuis la courbe de ton cou.

Laisse-moi te guider. Laisse-toi être à moi.

Car je n’ai pas pu, on ne m’a pas laissé, encore, prendre les devants du plaisir. De notre plaisir car sans toi, à cette heure ou à minuit, je ne suis rien.

A cette heure où je me suis touchée, où je pourrais te masturber. A volonté.

Ferme les yeux,

ton coeur bat.

Je te touche,

et tu t’en vas.

Toujours plus loin dans ton exil, toujours plus fort dans ton plaisir…

Si le cri vient, ne le retiens pas, même si je t’oriente, debout encore, vers la douceur de ma peau. En profondeur.

Mes paroles te rassurent,

Les tiennes me font envie.

J’aimerais que tu me prennes aussi, à l’heure où je t’enrobe pour la première fois de ta vie. Je t’emmène lentement, humidement, aux bords non dangereux du jouir. Oh, ma langue déjà savante !

Ces bords-là sont multiples, même si je ne les connais pas. C’est que je ne te connaissais pas, toi, indéchiffrable et pourtant là, tous les jours avec moi.

Mes doigts te tutoient en pensée,

mais ne m’en veux pas (déjà), poète de mes nuits,

de prendre ainsi cette liberté,

ni même de te l’avouer.

Poète de mes jours qui n’a pas fini de me faire rêver, visible ou invisible, chuchoté ou tu.

Là, devant toi, je me sens une Laure extatique,

une énième palpée par toi,

par tes lèvres.

Celles de tes poèmes.

Une Laure désespérée, qui t’aime et en tremble, ne sachant pas ce qu’il en est pour toi...

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Ne me laissant plus reprendre, combattante ce matin-là contre mes plus forts nightmares, je m’accroche à ton cou frémissant. Il connaît tout juste le langage des mains, des doigts, et de mes ongles à moi, qui ne t’écorcheront pas.

Nous avons la journée devant nous…

Notre baiser est doux, hésitant, car il ne saurait en être autrement pour la première fois,

Tous nos rêves et fantasmes de jouissances, sublimes et immédiates, n’y feront rien...

Les frissons se font, et tu peux explorer mon corps,

l’effleurer lorsqu’il t’échappe,

lorsqu’il s’écarte de toi, pour que tu dénudes le haut,

en premier comme il se doit.

Tu dégraferas mon soutien-gorge, choisi pour toi.

Et peu importe le temps que ça prendra.

Je suis à toi.


J’aimerais t’émouvoir, sans oser encore te regarder… là.


Mon dos nu contre toi,

tu peux passer tes mains sur moi car je veux, avant que tu ne les tètes, avant que tu ne les lèches, avant que tu ne les mordilles, je veux que tu les touches de tes doigts souples. Ils te communiqueront le moindre de mes frissons.

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Ah ! A présent, faisons de même en bas...

Dénude-moi, mais ne te penche pas.

Laisse mes vêtements au bas de mes jambes. Tu y découvriras, plus tard, le long de la droite, la traînée humide de mon désir… celle que ma mini-culotte contenait à peine sous ta caresse.

Là, je me cambre contre toi... (ah!) tu respires plus fort à mon oreille (ah!).

Les effets promis du langage des doigts…

Mmmmm, c’est que tu sais y faire… !

Nous avons sondé l’endroit... mon endroit pour toi... car le clitoris... symbole du plaisir... est bien profond…

C’est un don… une récompense que je te fais pour avoir su gagner mon coeur… un cadeau que tu me fais car j’ai su gagner le tien, trop plein de désirs inassouvis.

Tu me caresses et non crions...enfin...l’instant trop attendu !

Je pourrais jouir si tu continuais… tandis que mes fesses bougent d’elles-mêmes… contre ton pénis si sensible… !

Si je n’étais pas vierge, un, deux de tes doigts seraient déjà en moi !

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Dans ta tourmente, tu me regardes et me demande que faire, comme si tu ne savais prendre, dans la vie réelle, les directions de tes fictions.

Touche-moi, mon coeur… Tu me brûles comme jamais !

Alimente aussi la mécanique de nos sens, de nos nerfs qui ne tiennent plus face à mon calme absolu, réfléchi quant à la quête du plaisir.

J’aimerais que tu sortes de mes bras épanoui et plus accompli,

mais… si ton propre tact s’éveille là,

arrivés si loin toi et moi,

alors retourne-moi,

embrasse-moi,

soulève-moi,

palpite-moi,

palpite en moi,

fais nous du bien,

à quatre mains,

pour deux langues qui s’interpénètrent,

pour deux sexes qui se rencontrent.

Je te laisserai faire,

sans jamais être en reste.

Ton gland pour mes papilles,

tes jambes qui en tremblent,

tes poils qui en frémissent…

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