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Le train de 20h05

20h05

Comme tous les vendredi soirs, je n’ai qu’une hâte c’est de rentrer chez moi. Ces trajets en train m’épuisent, me font perdre mon temps, me stressent. J’ai raté le précédent, mon patron ayant une fois de plus besoin de moi à la dernière minute, et voilà que celui-ci est un vieux train à compartiment comme on n’en fait plus. Je ne savais même pas qu’ils roulaient encore. J’entre, à moitié trempée d’avoir couru sous la pluie. Je me faufile dans le couloir, jette un œil dans le premier compartiment, une femme se trouve là avec des enfants plutôt agités...ah non, ça va pas le faire... ! Je continue d’avancer, aperçois un homme qui entre dans un compartiment au fond du wagon, je tente le prochain. Personne. Parfait, je balance mon sac trop lourd sur la banquette, ferme les portes soi-disant coulissantes, et m’assoit près de la fenêtre. Musique dans les oreilles, je quitte mes chaussures, enlève mon manteau que je mets sur moi tel un plaid et commence enfin à me détendre. J’observe les quelques personnes sur le quai, la pluie qui tombe dehors rend l’ambiance de ce mois d’octobre morose. Mais il y a quand même quelque chose qui me plait dans le style vintage de ce train, finalement je m’y sens bien. Pourvu que personne ne vienne s’incruster dans mon compartiment. Le train démarre enfin dans les bruits de moteurs et de ventilation. Le trajet sera long, mais 2h30 de calme ne me fera pas de mal après cette semaine pourrie passée à courir dans tous les sens.

J’observe le reflet de mon visage contre la vitre, mes cheveux sont encore humides, plus foncés que d’habitude, cela me donne un air sombre sauvage, je m’en amuse en faisant des grimaces menaçantes à mon reflet. Je souris. Qui es-tu ? me suis-je murmurée. J’ai l’impression de ne pas me reconnaitre en ce moment, d’être en pleine mutation. Je cherche encore mon équilibre. Je me surprends à avoir l’esprit vagabond. Je fais des rêves étranges où mon corps se mêle à celui d’un homme, parfois à celui d’une femme... Je me prends aussi depuis peu à rêver éveillée, à m’imaginer dans des situations coquines, je laisse aller mon imagination et cela met tous mes sens en éveils. J’apprivoise cette nouvelle partie de moi, avec douceur, curiosité et espièglerie.

La musique me berce, je sombre peu à peu, épuisée.

_Une main sur ma bouche. « Chuut ». Une lumière tamisée. Des bruits au loin. Un sourire. Une tension sexuelle vive. La sensation d’être pénétré. La chaleur. Ma bouche entrouverte. Un gémissement. « Laisse-toi faire… ». Mon corps qui se presse contre un autre. Essoufflée. Des mains sur mes fesses. Ma langue qui savoure. Une morsure sur mon épaule. Un bruit strident de frein._

...Où suis-je ? J’ouvre doucement les yeux, presque éblouit par la pale lueur diffusée dans le compartiment. Le train s’est arrêté, je ne vois pas de quai. Je suis engourdie, dans mon corps et mon esprit. Pff, saleté de train, je serais bien restée dans mon rêve…hmm je ne sais pas avec qui j’étais mais on s’occupait bien de moi, je suis encore portée par l’excitation de ce moment. Je regarde autour de moi, quelque chose me perturbe, j’ai l’impression d’avoir vu ce train dans mon rêve. Je ne sais plus très bien ce qui est réel ou non, mais la sensation de mon entre-jambe humide est par contre bien réelle. Je fais quelques mouvements, me redresse doucement, essayant avec de petits frottements de cuisses de sentir le degré d’excitation dans ma culotte. Ça a l’air chaud…

« En raison d’un problème rencontré sur la voie, notre train est arrêté pour une durée indéterminée. ». Je lève les yeux au ciel, puis finalement souri. De toute façon personne ne m’attend chez moi, je suis tranquille et cela va me laisser le temps d’approfondir ce que je suis en train de vivre… Savoir saisir les opportunités ! J’ai affreusement envie de glisser un doigt dans mon pantalon pour sentir l’humidité qui s’y cache. Je n’ose pas… Personne ne semble circuler dans les wagons, les portes sont fermées, je ramène mes genoux près de ma poitrine et tire légèrement sur ma veste. Je crois que personne n’y verra rien… Je détache mon soutien-gorge sous mon débardeur, soulagement. Je passe une main sur mon sein droit, sa chaleur me plait, sa fermeté aussi. Je le presse un peu plus fort, caresse doucement mon téton. Je sens une chaleur descendre le long de mon corps jusqu’à…

_Une main sur ma bouche. Un gémissement. Ma langue qui savoure._

Des flashs du rêve me reviennent. Ma main abandonne mon sein, descend le long de mon ventre et vient se poser sur mon entrecuisse bouillant. Je tente de rester impassible, et si quelqu’un arrivait… ? Je caresse de toute ma main cette zone, beaucoup plus éveillée que je le suis, et passe juste un doigt sous le tissus dentelle. La sensation est exquise, je suis littéralement trempée, mon doigt se faufile entre mes lèvres et remontent sur mon bouton déjà sensible. Je respire fort mais tente de ne pas faire de bruit. Je retiens un gémissement.

Je remonte ma main, approche mes doigts de mon visage, cette douce odeur qui est la mienne a le parfum du plaisir. Mais, il faut que je me lève. Les deux tasses de thé de ma fin de journée m’appuient sur le ventre. J’enlève ma veste, brr il fait froid dans le compartiment. Allé, j’y vais vite, je reviens et je finis ce que j’ai commencé. Je me dirige vers la fond du compartiment, pas envie de passer devant l’agitation des enfants, et je me dépêche d’aller aux toilettes.

En sortant, je croise à un homme, assis sur les marches de la porte du train qu’il a ouvert (la joie des vieux trains !), il fume. A l’odeur, ça doit être de la beuh, ça fait longtemps que je n’ai pas touché à ça. Il me regarde, sourit, me faisant un geste avec son joint comme pour dire « t’en veux ? ». J’hésite un instant. Son visage me revient, je frissonne. _Une tension sexuelle vive._

- Okay ! ai-je lancé avec un sourire

- Maxime, m’a-t-il dit en rallumant le joint qui se trouvait désormais à mes lèvres.

- Charlie.

Je tire une taf, retiens une toux. Je le regarde discrètement, complétement perturbée, ça doit être lui que j’ai aperçue au loin toute à l’heure et qui s’est faufilé dans mon rêve. Il est plutôt pas mal, un style décalé, un peu hipster sur les bords, simple. Il a quelque chose de sauvage dans le regard.

- J’espère que ça ne va pas durer trop longtemps, ai-je dit pour briser le silence

- Pourquoi ? Quelqu’un t’attend ?

- Non, mais bon, c’est généralement ce qu’on dit quand on est bloqué dans un train, non ?

_Un sourire_. Il acquiesce. Il a un petit air espiègle. On échange quelques banalités, je ris, lui aussi, le joint me monte déjà à la tête. Je regarde ses lèvres lorsqu’il parle, elles me plaisent, j’ai envie de les goûter. L’excitation présente il y a quelques minutes est toujours là, elle semble s’être diffusé dans l’air, et sa présence la renforce. Une idée me parcours l’esprit, sans que je puisse l’assumer : s’envoyer en l’air avec un inconnu dans un train ça pourrait être drôle non ?

En s’échangeant le joint, j’apprends qu’il a 26 ans, qu’il rentre chez ses parents pour le weekend et qu’il est étudiant. Il tire sur la dernière taf, jette son joint par l’ouverture de la porte, me regarde profondément, sourire aux lèvres. Il semble avoir une idée dans la tête.

- Dis-moi, c’est pas un peu imprudent de fumer un joint à 22h avec un inconnu dans un train presque désert ?

- J’ai le goût du risque ! ai-je rétorquée en tentant une insinuation masquée.

- J’ai peut-être quelque chose dans mon sac qui pourrait te plaire, si tu es prête à prendre le risque de me suivre dans mon compartiment...

Il a cet air sur de lui, cet air de défi, malicieux. J’ai du mal à respirer depuis le début de notre conversation, mon corps reste hanté par les images de mon rêve. Il me fait craquer, l’a-t’il deviné ?

Sans attendre ma réponse, voyant que je réfléchis un peu trop, il se lève, me tend la main et me conduit dans son compartiment. Je n’ai même pas résisté, pas très sérieux tout ça. Est-ce l’effet du joint ou est-ce juste moi ? Je matte ses fesses au passage, dans son jean bleue, cela confirme ce que je savais déjà : de lui, il n’y a rien a jeté ! _Des bruits au loin._

_La lumière tamisée._ J’entre et ferme derrière moi, il me regarde avec un petit sourire, passe sa main dans ses cheveux pour les mettre en arrière, il est sexy sans le vouloir. Il récupère quelque chose dans son sac, s’approche de moi, restée vers la porte à attendre ma sentence. Il introduit quelque chose dans sa bouche, s’approche encore un peu plus de moi, nos nez se frôlent, je suis déjà essoufflée par l’excitation et il me fait languir. Il me saisit enfin par la nuque et colle doucement ses lèvres sur les miennes, un frisson mon parcours des pieds à la tête, sa langue caresse la mienne et m’offre quelque chose.

- Avale princesse, m’a-t-il murmuré avant de m’embrasser dans le cou et de ma faire reculer jusqu’au mur.

Je m’exécute, après tout on a qu’une vie. _Mon corps qui se presse contre un autre._ Son corps se presse maintenant contre le mien, sa main est remontée de ma cuisse jusqu’à mon sein, en passant par mes fesses qu’il a saisi fermement..._des mains sur mes fesses_. Je fais mine de résister mais je commence à perdre le contrôle. Une chaleur se répand à l’intérieur de moi, certaines parties de mon corps semblent vivre différemment de d’habitude, deviennent plus intenses. Je sens la douceur de sa peau, la texture exacte de ses lèvres. Je me sens comme prise dans un tourbillon d’excitation qui ne fait que s'accroître seconde après seconde. J’ai envie de me laisser porter, je perds pied.

- C’est quoi ce truc que tu m’as donné Max ? ai-je murmuré, essayant de retrouver mon esprit.

- Ne t’inquiètes pas, _laisse toi faire_... m’a-t-il répondu alors qu’il remontait ma cuisse contre lui, pressant son entre-jambe contre le mien et parcourant mon corps de ses mains habiles.

J’ai déjà entendu ça quelque part... rêve ou réalité je ne comprends plus. Impossible de ne pas me laisser faire, mon corps vibre, sous ses mains et ses lèvres. Ce qu’il m’a offert semble avoir enlevé toutes mes barrières, je suis sans limite, sans filtre, j’ai l’impression de ne faire qu’un avec le monde. Je suis envoûtée par cet homme, totalement absorbée par le manège de nos corps. Plus rien d’autre n’existe que ça. _Ma langue qui savoure._ Nos langues se mêlent, mes mains parcourent son corps sous son tee-shirt puis s’attardent sur ses fesses mais il ne me laisse pas le temps d’ouvrir son pantalon.

- Laisse toi porter... Fais-moi confiance belle Charlie, m’a-t-il juste avant de soulever mon débardeur et de venir lécher mon téton.

- Hmmm...

_Une main sur ma bouche._ Il faut que je fasse moins de bruit je crois.

Se pressant toujours contre moi, il a glissé sa main entre mes jambes puis sous mes vêtements. _La chaleur_. Sa main est chaude, et se faufile désormais entre mes lèvres trempées. Sentir ses doigts en moi, bordel c’que c’est bon. Un gémissement. Je n’ai pas pu le retenir.

- _Chuut.._ m’a-t-il dit en mettant un doigt sur _ma bouche entrouverte_ par le plaisir.

J’acquiesce d’un signe de tête, accompagnée d’un sourire coquin. Ses lèvres ont parcourues mon corps, sa langue a fini par trouver le chemin de mon bas ventre. Je passe ma main dans ses cheveux brun, my god ce qu’il est beau cet homme. Sa langue chaude rencontre mon bouton sensible et le caresse doucement, je me cambre de plaisir, cette sensation est inhumaine. Je ne discerne plus ce qui m’entoure, les couleurs et les bruits changent, mon corps entier semble répondre à cet inconnu, je perds tout pouvoir. Il se relève et vient m’embrasser sauvagement, je crois qu’il commence à avoir du mal à contenir son excitation lui aussi. Je déboutonne enfin son jean, et saisi ce qui se présente à moi. Je sens plus que jamais l’excitation qui s’est emparé de son membre, ça m’excite de plus belle. Ma main se met en mouvement, il lâche un petit « oh » étouffé alors qu’il plaque sa main entière sur mon mont gonflé avant d’y faire entrer deux doigts. _La sensation d’être pénétré._ Je me sens paralysée par le plaisir, c’est tellement bon. Il fait des allers-venus à l’intérieur de mon corps alors que sa main reste plaquée contre mon clitoris. Ma tête tourne, et je crois qu’il comprend car il me saisit par les hanches, m’allonge sur la banquette et s’allonge près de moi.

- Tout va bien ? m’a-t’il dit en passant sa main dans mon dos pour me plaquer contre lui.

- Oh oui ça va...lui ai-je répondu en l’embrassant de plus belle.

- Mords toi l’épaule si tu ne peux t’empêcher de gémir, ça t’aidera crois-moi.

Curieux conseil. Je ressens intensément le parcours de ses mains, la chaleur de son corps, la douceur de ses cheveux. Tout est décuplé. Ce qui se passe est dingue. Je ne sais plus qui je suis. Mais je sais qu’il glisse une nouvelle fois sa main dans ma culotte, qu’il lèche mes tétons durcit, que mes mains se crispent et que mes ongles s’enfoncent dans sa peau. Mon plaisir se décuple, ses doigts sont désormais passés à la vitesse supérieur, chaque aller et venu me rempli de frissons, tout mon corps me cri de lâcher prise. L’ensemble des sensations de sa bouche, de son corps contre le mien et de ses doigts en moi, forme un paysage grandiose de plaisir dans lequel je me perds. Mes dents attrapent mon épaule. Je suis essoufflée à n’en plus pouvoir, tout mon corps est pris de convulsions. Mais quelque chose résiste.

- Lâche prise...m’a t’il murmuré en se pinçant la lèvre.

Je me sens au bord de l’implosion alors qu’il continue ces mouvements infernaux, je sens mon corps entier vibrer, je mords mon épaule une nouvelle fois et finalement ouvre la bouche pour laisser sortir des gémissements essoufflés. Ça y est.. Je vais jouir, c’est là tout près, c’est tellement bon...oooh oui... C’est comme une explosion à l’intérieur de moi, mon plaisir est inexprimable tellement il est puissant. L’univers et moi ne faisons qu’un. Je suis m’envahie d’une énorme vague de chaleur. Jamais je n’ai ressenti autant de plaisir de toute mon existence. Le moment le plus érotique de ma vie.

Il m’embrasse tendrement et me sourit, alors que je me remets de cet orgasme cosmique, blottit dans ses bras. Il semble fière de lui, ça me fait rire. 


_Un bruit strident de frein._

...Où suis-je ? J’ouvre doucement les yeux, de nouveau éblouit par la pale lueur diffusée dans le compartiment. Le train s’est arrêté, je vois un quai. Attends, quoi ? Arrivé ? Je ne comprends rien. Je me lève, regarde dans le couloir, tout le monde semble déjà être descendu du train, et je suis manifestement dans le même compartiment que celui dans lequel je suis entrée au début du voyage. Mais où est Max ? Existe-t-il vraiment ? Mon corps et mon esprit sont perdu. Pourtant j’ai cette sensation persistante d’avoir vécu un moment sensuelle d’une grande intensité. Des brides de moment me reviennent...je crois qu’il m’a donné un truc à avaler...ou bien ce n’était qu’un rêve. C’est ça, c’était un rêve, intense certes, mais un rêve quand même, je ne vois pas d’autres solutions. Curieux. Je me sens engourdis, incroyablement bien, j’ai la sensation des doigts de cet homme sur mon corps. C’est totalement irréel. Comment est-ce possible ? Bon je dois descendre du train. Je prends ma veste lorsque quelque chose me stop net. _Une morsure sur mon épaule._