L'Eau Dorée

Une saga de Sinjilo - 4 épisode(s)

< Épisode précédent
Épisode suivant >

3 minutes de lecture

Épisode 3 : Le doute.

Ce soir là il avait roulé très vite.

Il était entré comme une tornade dans l'appartement, très énervé.  Il lui avait demandé de se préparer à une sortie au "Manoir".  Elle s'était exécutée, passant une nouvelle robe sexy et se maquillant très peu.  Juste du rouge sur les lèvres.  De toutes manières, en fin de soirée, ce rouge si couteux était parti. 

-Pas besoin de mettre une culotte ! avait-il ordonné en tournant en rond.  Il ne s'était pas changé, gardant son costume du jour.  Il avait attrapé les clefs de la vieille Alfa et l'avait poussée dans la cage d’ascenseur.

Sur la route, il conduisait nerveusement, insultant les autres usagers de la route et dépassant à la limite du raisonnable.  Elle était sur une autre planète.  Elle suivait tout ce qui se passait autour d'elle mais comme si c'était un film.  Elle s'était habituée à ces soirées du "Manoir".  Elle s'amusait beaucoup.  Ils commençaient toujours à deux, puis elle s'exhibait.  Lui partait dans d'autres alcôves, déjà rassasié d'elle.  Elle se touchait devant d'autres couples, prenait du plaisir à se faire caresser du regard par des hommes qui jouissaient en la voyant si offerte.  Elle refusait les hommes pressés, seuls.  Mais ils n'étaient pas légion.  Elle s'autorisait une pénétration protégée avec un homme doux, qui savait comment la toucher, comment écarter délicatement ses lèvres, comment la masser quand elle était sur le dos et qu'une main experte frôlait son entrejambe plusieurs fois.  Les hommes seuls étaient bannis le week-end.  Les hommes qui venaient accompagnés étaient plus doux et, dans un sens, sous surveillance.

Elle émergea de sa rêverie quand l'Alfa fit voler le gravier du parking au "Manoir".

C'était un mercredi, pas un samedi.

Le restaurant du "Manoir" était fermé.  L'entrée était plongée dans le noir.  Il la tira par la main vers une autre entrée plus discrète, cachée derrière une haie imposante.  Elle reconnut le petit patio à l'entrée et le sas qui s'ouvrait vers le restaurant.  D'habitude, ils venaient de là.  C'était bien le même endroit mais quelque chose avait changé.  L'éclairage était plus vif, la musique plus forte.  Le bar était plein comme un œuf et enfumé.  Personne n'y fumait d'habitude.  Il salua le barman et quelques hommes à moitié nus, la taille serrée dans une serviette blanche.  Elle attira les regards dès qu'elle se posa au bar.  Il n'y avait pas de femmes.  La musique hurlait.  Un petit homme ventripotent se colla contre ses fesses et lui toucha le ventre.  Il bandait.  L'essuie éponge tomba sur la moquette et elle sentit le sexe de l'inconnu lui caresser les fesses à travers le mince tissu de sa robe.  D'autres la regardait avec des éclairs dans les yeux, une main se baladant sous la serviette.

Elle comprit.  C'était le jour des hommes seuls.

Il la prit par le poignet et la traina dans une alcôve.  Même là l'ambiance était différente.  L'éclairage beaucoup moins tamisé.  Il se déshabilla rapidement et l'obligea à lui faire une fellation.  C'était habituel mais il était plus brutal, poussant sa verge au fond de sa gorge jusqu'à la nausée. 

Ce soir là, elle fut baisée par des inconnus.  Des gros, des minces, des types qui bandaient à moitié mais qui déversaient leur semence sur l’entièreté de son corps.  Ses pieds, son bas-ventre, ses seins, son visage, ses cheveux.

Lui, il ricanait avec d'autres.  Il oscillait légèrement, une coupe de champagne à la main.  Sa queue était molle, presque plaquée sur sa cuisse gauche luisante de transpiration.

Elle se leva et s'enferma dans une douche.  Elle se lava de longues minutes, insistant sur les parties de son corps où il lui semblait que ce liquide collant ne quittait pas sa peau.

Sur le chemin du retour elle conduisit l'Alfa.  Elle hurla qu'elle ne voulait plus jamais se trouver en présence d'hommes aussi sauvages.  Elle voulait tout arrêter. Le quitter.

Le lendemain, après avoir dessaoulé, il s'excusa.  Il avait cru que cette étape lui plairait.

Alors "l'Eau Rouge"?

Il existait dans le château, derrière le moulin, la copie conforme des thermes réservés aux clients classiques.  On ne pouvait y entrer que portant un bracelet rouge en soie.   Le précieux sésame ouvrait les portes d'un espace où les gens se déplaçaient totalement nus.  Une large piscine s'ouvrait sur un jardin anglais.  Il y avait un petit kiosque en fer forgé où un couple se faisait masser par une hôtesse tout aussi nue.  L'homme était couché sur le dos et son corps huilé brillait bizarrement dans la lumière orangée du soir.  L’hôtesse massait doucement son sexe tendu et brillant, ne négligeant aucune zone.  La femme attendait sans doute son tour, couchée sur le dos, jambes écartées.  Ses lèvres et ses fesses luisaient tout autant.

-Ici c'est plaisir et relaxation.  Pas d'hommes seuls.  Où seulement des personnes habilitées à s'occuper de toi.  On va prendre un verre.

Elle ne répondit rien, fixant un homme qui sortait d'un jacuzzi bouillonnant, le sexe à moitié en érection.

L'homme au peignoir de la veille.

Elle sourit.


A SUIVRE


Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche