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Épisode 4 : Le kiosque.

Elle se caressait délicatement le bas du ventre du plat de la main, à la lisière de sa toison parfaitement taillée.  Sous ses lunettes noires, elle regardait le jardin et ses alentours.  Le kiosque était maintenant vide.  Quelques  couples nus dormaient dans la tiédeur de cette fin d'après-midi.  Les bruits et halètements qui provenaient de derrière la haie de buis, à sa gauche, trahissaient la présence d'un couple qui n'avait pas envie de dormir.  Elle ferma les yeux et se concentra sur ces halètements.  Elle pouvait se masturber, là, étendue sur sa chaise longue les jambes écartées,  le sexe doucement caressé par le vent tiède qui descendait des collines.  Mais elle risquait de le réveiller.  Il était couché sur le ventre, plongé dans un demi-sommeil.  Ses fesses molles se contractaient légèrement, en rythme.  Il devait rêver d'une énième séance de baise.  La dernière chose qu'elle avait envie c'est qu'il se réveille et n'ai besoin de la prendre sauvagement sur le transat. 

Que pouvait-elle encore espérer de lui? 

Son argent, ses voitures, son business et ces sauteries... Oui, elle avait découvert l'échangisme, le mélangisme.  Il l'avait emmenée là où elle n'était jamais allée. Elle avait un bon train de vie, de nouveaux seins.  Son sexe était épilé par une professionnelle, payée un prix indécent.  Elle ne devait plus se préoccuper de rien.  Mais elle ne l'aimait plus.  Le voir éjaculer sur son ventre ou tenter de la combler en lui lapant la vulve comme un chien boit sa gamelle d'eau ne lui faisait plus rien.  Il était juste devenu le point d'entrée à l'accomplissement de sa vie sexuelle libertine.  Il avait levé l'épais rideau de velours qui cachait un monde qu'elle n'aurait jamais osé affronter seule et dont elle ignorait même l'existence.

La soirée au "Manoir"  où son corps avait été caressé, pincé, souillé par des individus aux queues molles, elle n'en gardait absolument pas un bon souvenir.  Mais parfois, alors qu'elle se faisait jouir, des images de cette pseudo surprise passaient sous ses pupilles closes.  Un homme au ventre rond qui secouait frénétiquement sa  petit verge au-dessus de son visage, lui ordonnant d'ouvrir la bouche. Cette main où brillait une alliance qui lui pressait un sein, ce sexe  brunâtre sortant d'une toison épaisse et qui lui tapotait la joue, ce liquide chaud qui lui coulait sur les pieds.  Ces inconnus qui la traitait de salope, de pute...

Était-ce cela qui lui arrachait des soupirs et lui contractait le vagin la toute dernière seconde avant qu'elle ne jouit?

Peut-être.  Après tout, qui était elle vraiment?

Elle sortit de sa rêverie lorsqu'elle entendit des rires venant du kiosque.  Un couple s'étendit sur l'immense table de massage.  L'homme était si gras que son ventre débordait presque au delà du matelas .  Le petit mouvement qu'il fit pour rétablir l’homogénéité de sa surcharge pondérale le fit ressembler à un phoque.  La femme, plus jeune, offrit la vue de son fessier et de l'intérieur de ses jambes écartées à l'homme qui allait la masser.  Son accompagnatrice, une femme brune au sexe complètement épilé et à la poitrine plate aspergea le dos rebondi du gros type avec de l'huile.  Elle versait doucement le liquide d'un petit bol en terre.  Ses cheveux étaient tirés vers l'arrière en un chignon strict, lui donnant un air un peu sévère.  Un tatouage représentant une divinité indienne ornait le bas de son dos.

Elle pensa en souriant qu'il fallait une bonne dose de courage pour masser ainsi des inconnus.  L'idée de devoir finir la séance en massant l'immense ventre de cet homme et sans doute plus la fit grimacer.  Elle s’intéressa alors au masseur.

 Il était tout aussi nu.  Sa musculature montrait qu'il devait-être sportif. Son sexe qu'elle estima d'une belle taille était courbé légèrement vers la droite.  Il n'était pas complètement épilé. 

Soudainement, son cœur se mit à battre la chamade.  Elle se releva brusquement et ôta ses lunettes de soleil pour mieux voir.  Elle ressentit un pincement dans le bas-ventre.

Cet homme, ce masseur nu qui des pouces frôlaient l'intérieur des cuisses luisantes d'huile de la femme étendue au côté de l'obèse.

L'homme au peignoir beige.

Elle se leva d'un bond, faisant grogner l'autre qui se réveilla en sursaut, manquant de tomber du transat.


A SUIVRE.