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L'émoi

Elle a toujours eu besoin de ma présence, de mes mots, que je lui ouvre mes bras. Son refuge constant.

Je la tiens à nouveau heurtée, blessée. Lorsque les mots sont insuffisants, je l’accueille au plus près de moi, comme maintenant. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu autant de peine. Si ma chaleur pouvait soigner son coeur, je la lui donnerais tout entière, avec mon odeur.

Ses bras, serrés dans mon dos, s’accrochent à moi, à mon soutien, à mon expérience de la vie, comme si elle y puisait quelque chose d’indicible. Son chagrin redouble et elle le refoule, pour la première fois avec moi, sans qu’aucun de nous n’en saisisse le sens. Mes deux bras, repliés sur ses épaules, je ne la serre pas trop fort et elle non plus.

Je dépose un baiser à la racine de ses cheveux. Doux et longs, ils s’emmêlent facilement. Elle ne les aime pas, m’a-t-elle dit un jour.

Tout doucement, j’écarte son visage de mon épaule trempée pour lui baiser le front. Sa rivière de larmes ne s’apaise pas. Soucieux, j’ai clairement ressenti un frisson au contact de mes lèvres sur sa peau. Plus jeune, je l’apaisais ainsi pourtant, patiemment, progressivement, m’adaptant à l’ampleur et aux courbes de son chagrin. J’étais son ami fidèle, son unique, bien loin des bancs de son école.

Concentré, les yeux rouverts (ce qui ne m’arrive jamais dans ces moments-là avec elle), je tente de réfléchir sur mon compte. J’essaie de me rappeler la dernière fois qu’elle a eu besoin de moi ainsi. Cela doit bien remonter au début de son adolescence. Jamais elle n’a connu d’émotions fortes depuis que nous nous connaissons. Elle m’a toujours fait confiance dans ces rares instants où ses larmes sont si dures qu’elle ne peut les réprimer. Ces moments où je peux me saisir d’elle, de ses moindres soubresauts. Ces instants où elle a besoin que je la prenne comme dans un cocon qui l’éloigne du reste du monde.

Elle se rapproche de moi, s’enfouit à nouveau pour que je ne la vois pas.

Pourquoi ?

C’est alors que je crois sentir, sans me tromper, qu’elle n’a pas besoin de ce câlin-là. Protecteur.

Je crois, sans me tromper, pouvoir l’embrasser sur la joue, puis dans le cou. Le seul moyen pour la calmer.

Je ressens son souffle, plus clair, et le battement de son pouls, si fort même sous mes lèvres. Elle ne me serre plus, ne me tiens plus du tout. Gênée, elle tend à se recroqueviller sur elle-même. Sur sa peine.

Mes mains juste posées sur sa taille, elle n’ose me regarder. Jamais je n’ai été aussi confiant en moi, en mes nouveaux sentiments envers elle. La cause de mes insomnies, de plus en plus régulières et inexpliquées.

Trop heureux de comprendre ce qui lui arrive aussi, d’avoir fait cesser ses larmes, mon nez caresse le sien. La pointe de son aquilin. Elle me rend à peine ma tendresse que mes lèvres sont sur les siennes.

Maladroite, elle n’arrive pas à me dire qu’elle ne sait pas le faire.

Rassurant, je la presse contre moi, délicatement, la butine comme la fleur qu’elle est.

Elle s’agrippe presque à mes cheveux, y glisse ses jolis doigts fins. N’y tenant plus, je m’immisce sans bruit sous son haut, jusqu’au nœud décoratif de son soutien-gorge. Elle gémit enfin, pour son plus grand bien. Un soulagement qu’elle me procure par toutes les fibres de mon être, de ma bouche à la sienne.

Nous restons un long moment à découvrir nos souffles, tous nouveaux en ce jour d’amour.

Je lui demande si tout va bien.

Elle m’avoue qu’elle n’aurait jamais cru ce rêve possible, en dehors de ses nuits sans sommeil.

Les mains sur ses seins (que je ne peux plus quitter), je cherche son plaisir à travers ses deux bonnets. Ses mamelons, ses aréoles, bosselées d’amour, me font envie et son plaisir par-dessus tout. Pendant ce temps, mes lèvres ont retrouvé le confort agréable de son cou. Je me sers de ma langue pour nous faire frissonner, pour découvrir son oreille, le lobe et l’arrière, sans vouloir déjà la mordiller.

Je lui souffle, en apnée, qu’elle peut aussi m'explorer si elle en a envie. Qu’elle me ferait même très plaisir.

Elle voulait que je la déshabille, au moins le haut.

En soutien-gorge devant moi, sa première pudeur est survenue. J’aime son corps svelte, sa peau claire et le lui fait comprendre. Je la reprends contre moi pour ne pas qu’elle ait froid. Nous nous déclarons en même temps vouloir enlever son soutien-gorge. Je le fais, en tremblant de désir.

Je palpe et caresse enfin ses fruits, l’écartant un peu de moi. Ses seins, en rondes poires, me donnent envie d’y goûter. Mes doigts jouent avec chacune de leurs bosses, en créent de nouvelles à la circonférence de ses mamelons chéris. Je n’oublie pas leur peau nue qui élance ces offrandes vers moi. Je gravis et redescends la pente de ses frissons.

Elle se dit tiraillée entre l’envie de mes baisers et celle de m’explorer à son tour, pour me faire jouir. Je me laisse faire, et l’aide même, à me rendre nu devant elle. Je voudrais qu’elle aime les poils bruns de mon torse et ceux de mon ventre. Elle me reprend dans ses bras, me colle à son ventre et veux que je lui enlève ainsi ses derniers vêtements.

Je sens les poils humides de son sexe se rapprocher du mien. Nos jambes s’entremêler et nos souffles se parcourir encore, là où ils le peuvent, dans cette étreinte serrée.

Nous n’y tenons plus, il faut nous allonger, nous aventurer à l’aise aux confins de notre désir, de notre besoin insatiable de nous aimer. Je sens son envie monter, son amour s’offrir à mes caresses et moi aux siennes. Nous ne pouvons nous séparer, ni même nous asseoir, malgré l’envie évidente de nous caresser, de nous embrasser, de nous lécher même, à chaque endroit de nos êtres.

Je la sens plus fébrile que jamais. Elle a envie de moi. Très envie que je la prenne et l’emmène là où nos corps irons, maintenant et irrémédiablement. Je lui crie, lui hurle presque que je le veux, que je la veux depuis longtemps maintenant. Que je veux lui faire l’amour absolument.

C’est, patiemment, que j’aménage mon lit pour elle, transie et impatiente. Elle me confie pourtant qu’elle aime me voir faire. Mon dos qui se courbe et travaille pour elle.

Je l’assois plus que je ne l’allonge sur les multiples oreillers trouvés. Elle y prend ses aises. Je la vois, de tout son corps, s’y déployer. Mon envie d’elle redouble (comme si c’était alors possible).

Je me penche sur elle, l’enveloppant déjà de tout mon long sans même la toucher. Elle caresse mes poils et me confie l’envie de s’y blottir très vite. Elle les trouve bien doux.

Je l’imagine alors allongée de tout son long sur moi, prendre possession entière de mon corps et de mon désir. Elle me caresse encore, titillant mes mamelons, parcourant mon dos tandis qu’elle m’amène à elle et que mon sexe, avide, entre à nouveau en contact avec sa peau.

Elle me confie être complètement trempée. J’ai la sensation, brève, de sa culotte humide entre mes doigts avant de me laisser emporter par la chaleur de ses seins. Elle gémit. Je les lui embrasse enfin, rapide, lent et doux, dans tous les sens, prenant mon temps mais avec toute ma fougue contenue depuis de longs mois. Pour moi aussi, c’est un rêve qui se concrétise. Ses côtes, son nombril, ses hanches pour lesquelles je plonge sur le côté.

J’ai envie de ses grains de beauté. Ceux que je connais, sous le duvet des bras, et les nouveaux que je découvre là où il n’y a plus aucun vêtement. Comprenant mon manège, elle me livre, après ceux du menton, celui de sa côte gauche et ses plus secrets, juste au creux des cuisses. Elle en a deux. Je m’y attarderai après ceux des jambes que je caresse soulève et lèche comme jamais je ne l’avais fait pour aucune autre femme.

Arrivé au point culminant, je ne résiste plus à son antre sous marine. Je tente, pour son plus grand plaisir, de lécher le sel qui en découle. Je fouille partout, minutieusement, impatient de lui faire redécouvrir l’aire de son plaisir. Son point culminant.

Je la sens qui se tortille. Elle se fait enthousiaste et coquine, se retourne pour me donner des grains de beauté oubliés. Je soupire de rire, parcourant fesses et dos à la recherche de ceux qu’elle ne peut pas voir. Que je sois là où elle ne peut aller semble la griser extrêmement. Elle frissonne de plus en plus à chaque baiser.

Moins patient, moins courageux peut-être, je cède à l’envie de me coucher sur elle, délicatement. Je lui demande si elle va bien. A l’affirmation, je lui souffle à l’oreille que j’ai envie d’elle et de son plaisir. Je la retourne et je lui dit, comme si ce n’était déjà fait, que je l’aime comme un fou, que j’ai envie de lui faire ce que je n’ai jamais fait à d’autres femmes, faute d’en avoir eu si grande envie.

Elle me sourit, les larmes aux yeux et me couvre de mots d’amour sans nombre. Je suis comblé. Elle se redresse et je la serre, plus heureux que jamais. Ses baisers, sur mon visage et dans mon cou, sont les plus purs que j’ai jamais reçus.

Oh, mon ange inviolé !

Mon sphinx qui se fait reine à nouveau de moi et pour la première fois.

Ma confiance, sereine et immédiate, en toi maîtresse de mes sentiments depuis le premier jour. Tu m’as élevé au plus haut des cieux, sans jamais me blesser, sans jamais que je ne te blesse. Nous en étions incapables, malgré nos peines et nos angoisses face aux menaces de la vie. Nous étions tout à la fois l’ancre et le port de l’autre en tourmente. La bastion de ses joies les plus intenses lorsque tu courrais vers moi et que je te serrais dans mes bras.

Si les mois ne t’avaient fait grandir loin de moi, sans doute n’aurais-je pu t’aimer à ce point.

L’adulte que tu es devenue comble l’angoisse de t’avoir perdue et recherchée depuis longtemps.

Ces pensées m’imbibaient l’esprit sans s’y former avec précision. Elles en auront pleinement l’occasion après l’acte d’amour, après les baisers de ma colombe auxquels je me soumets tout entier.

J’ai envie d’elle et elle de moi. Nous nous embrassons langoureusement, de nombreux baisers, gémissant à volonté. Elle s’attarde sur ma barbe de trois jours.

Sitôt qu’elle m’a appelée pour venir la chercher, sa peine m’a terrassée. J’ai couru et conduit comme un fou pour la ramener ici. Chez nous.

Elle a l’air d’en avoir conscience, en m’embrassant où ça la grattait et piquait par le passé. Elle poursuit sa longue exploration dans mon cou tandis que je la serre contre moi. Elle aime ça, mais se fait plus forte que moi, prête à créer en moi un ouragan salvateur de sensations.

Je ne sais avec quelle force elle me renverse sur le matelas. Ses mains des deux côtés de ma tête, en proie à une passion sans commune mesure. C’est la première fois que je fais cet effet-là.

Elle cherche mes sensations à tous mes creux, insatiable de savoir, indépendamment de mon membre, là où elle pourrait poursuivre ses préliminaires.

Je ne la guide pas, la laissant aller et trouver inlassablement. Je me sens tout électrique par et pour elle. Chaque endroit est sensible, même si elle s’attarde sur les zones fortes de mon plaisir. Les oreilles, les aisselles dont les légers poils frissonnent même quand elle n’y est pas. Ceux de mon sexe l’appellent tandis qu’elle continue jusqu’à mes orteils, ayant fait de moi un être tout à elle, le prolongement d’elle-même et de sa joie.

Encore, nous finissons par nous vouloir à l’autre et pour l’autre. Je veux son intimité, dans toute sa splendeur féconde. Elle veut la mienne, offerte à ses moindres baisers, même mordillés.

Je ne sais si elle sait comment faire pour nous satisfaire. Une telle gêne, après s’être emparée de moi, me fait fondre. Je baise et mordille, à mon tour, sa lèvre inférieure. Elle veut que je reprenne possession d’elle et je la place sur moi, elle sur moi et moi sous elle. En soixante neuf.

Je la lape sans trop attendre, adorant son clitoris.

Elle gémit profondément, m’offrant une salve de bonheur. Je la sens autour de mon gland. Elle aimerait céder à sa sensation tout en m’embrassant. Elle s’applique pourtant, et pourrait me faire le plus grand bien si je la laissais faire. Mais ses petits cris de bonheur résonnent en moi. A cette heure, ils me font et me forment pour elle. Je ne veux que les amplifier.

- Ma chérie…

Je l’appelle pour qu’elle se redresse et je l’assois sur moi. Son jus est exquis. Il commence à dégouliner un peu plus. Il m’en faut encore et je le bois dans cette position-là.

Je la sens bien, mais elle ne peut se cambrer à sa guise, pour m’embrasser de toutes ses lèvres intimes.

Je l’allonge et elle s’en veut de ne pas avoir pu me faire du bien comme je lui en fais. Je prends mon temps pour la rassurer, entre mille baisers et autant de caresses qui la recouvrent tout entière. Elle m’a fait et me fera encore du bien. Il faut absolument qu’elle le sache.

Apaisée, je reprends ma route vers mon trésor de tendresse. Sans plus attendre, je l’enrobe dans ma bouche. Elle est aux anges.

Je glorifie, avec ma langue, son clitoris, et elle se cambre comme jamais femme ne l’avait fait pour moi.

Oh ! Je veux la voir jouir. Longtemps !

Je soupèse ses deux lunes blanches, très douces. Je la colle plus près contre ma langue, plus près qu’elle ne le pouvait faire. Tout son visage s’exclame avant de crier sa joie tant attendue. Je la fais attendre pour le bouquet final, vaquant à ma guise tandis qu’elle se repose et me supplie.

J’arrive à un endroit que ses propres doigts ne soupçonnent peut être pas, derrière son vagin. Elle écarte les jambes, je la soulève et m’y attarde, pour notre bien commun. Elle gémit à n’en plus finir, échelonne les mots d’amour, s’essouffle à égrener mon nom, dans toutes les langues.

Si elle ne m’appelait pas tant pour que je l’adore, je m’en irais entre ses deux vallons.

L’envie de l’accomplir me tord le ventre. Délicatement, j’écarte ses lèvres de mes doigts. Elles ressemblent à des pétales sous la pluie. Tendrement, je cherche sa chair la plus rouge, bleuissant de désir. La pointe de ma langue savoure l’endroit le plus intime de son être. Et je la regarde, transie sous la caresse. Je m’y plonge plus profondément puis remonte les flots marins jusqu’au bouton de vie. Je relâche ses petites lèvres pour le caresser de mon pouce, le visage plongé dans son intimité. Ses doigts se crispent dans mes cheveux trempés.

Je remonte avec délectation. Mon amour halète en gémissant. Je suis au paradis lorsqu’elle jouit de tout son être qui se grandit. Ses orteils et ses doigts agrippent le drap. Je m’offre plus à elle et elle à moi. Inondé de cyprine, je me sens mieux que jamais.

C’est avec stupeur qu’elle me découvre, tel un soleil au-dessus d’elle. Je lui donne un long baiser qui se multiplie en une ribambelle langoureuse. Sa forme physique est incroyable. Elle décuple la mienne et lui fait atteindre des sommets dans l’ivresse.

Sans plus attendre, je plonge en elle, nos corps poussés l’un vers l’autre, sans protection.

Aucune autre conséquence que celle du lien créé ne s’est faite à ce moment précis. Nous avons joui ensemble.

Je l’ai recueillie éreintée là où nous la voulions tous deux : allongée sur moi, entourée de mes jambes, la joue sur mon duvet. Restée là, elle doit entendre mon coeur. Il bat pour elle, au rythme de mon être en émoi.

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