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Les bienfaits de "la rêveuse d'Ostende"...

Ce sommet alpin couvert de neige que je rêvais de gravir et puis, la douleur fulgurante…

Depuis : l’obscurité.

Cela faisait plus d’un an que je me préparais pour cette expédition : longues marches rapides à plat, escalade de rochers, périples dans des paysages plus vallonnés. Bien sûr, les reliefs de la Belgique ne seront jamais l’entraînement idéal à cette ascension mais j’avais peaufiné mon apprentissage dans le Valais suisse où il était possible de rayonner pour des courses avec davantage de dénivelé. Je me sentais prête.

Ce jour-là, il faisait un soleil radieux. Je m’étais adjointe un guide de haute montagne. Je voulais que tout soit parfait. Son prénom, c’était Matthieu. Il avait la peau tannée par le soleil, des yeux limpides, des cheveux bouclés clairs et un corps souple et athlétique plutôt râblé. Un large sourire squattait son visage continuellement.

Nous étions partis vers treize heures de Zinal. Direction, la cabane Tracuit. Nous y logerions et puis, vers cinq heures du matin, au moment où le soleil est pratiquement levé, nous nous mettrions en route pour le Bishorn, sommet culminant à un peu plus de quatre mille mètres. Il y en avait, d’après Matthieu, pour quatre ou cinq heures de marche essentiellement dans la neige, la traversée d’un glacier et une dernière côte assez raide.

Nous sommes encordés à deux. Je me sens en sécurité. De temps en temps, je me retourne pour constater le chemin parcouru. La vue est magnifique. Au plus on monte, au plus on est témoin de la majesté de ces montagnes qui nous entourent.

Le sommet est atteint vers neuf heures. Le soleil est déjà bien haut. Je prends mon gsm pour immortaliser la fin de l’ascension. J’enlève mes lunettes de soleil et les mets en poche. Plus facile pour viser ! Je poste les photos sur Instagram : mes abonnés sont certainement impatients d’admirer mon exploit. D’ailleurs, les like et commentaires divers ne tardent pas à arriver…

— Il est temps de redescendre, me dit Matthieu. D’ici une heure trente, la neige aura changé et ce sera dangereux. Tu remets tes lunettes ? Les yeux n’aiment pas une lumière aussi intense…

— Ok. Elles sont dans ma poche.

Et c’est à ce moment que je me rends compte que… non, elles n’y sont pas. Où ont-elles pu passer ?

— Attends, Matthieu. Je ne les ai plus….

On cherche dans la neige, encore, et encore. Mais impossible de remettre la main dessus.

— On doit redescendre sinon, on risque un accident. Surtout, tu fais attention. Le soleil qui se réverbère sur la neige, c’est pas bon, vraiment pas bon. Limite, essaie de garder les yeux mi-clos….

La descente est difficile. Bien sûr que je suis toujours encordée à Matthieu « pour la sécurité ». Mais cette sécurité, justement, elle concerne plutôt mon corps, pas mes yeux… Et de plus en plus, je sens ma vue se troubler. J’ai mal à la tête. J’ai le sentiment que mes paupières sont gonflées et malgré les conseils de mon guide, je ne peux m’empêcher de me frotter les yeux.

Matthieu me tient par la main à partir de la cabane et quand nous sommes de retour à Zinal, je dois bien lui avouer que je ne vois plus rien du tout…

— C’est la cécité des neiges, me dit-il. Ce n’est pas grave et d’ici quelques jours, avec des collyres, des analgésiques et du repos, cela ne devrait plus être qu’un mauvais souvenir…

Matthieu avait parlé de quelques jours… Il y a à présent plus de deux semaines que je suis bloquée ici sans avoir recouvré la vue. C’est lui qui m’a conduite chez un ophtalmo et le diagnostic de celui-ci est loin d’être encourageant. « Il n’est pas certain que vous reverrez rapidement. Il vous faut être patiente… »

Alors, voilà, je végète ici, dans ce petit hôtel de la Poste. Je n’ai pas le goût à sortir. Je n’ai pas communiqué à mes abonnés sur Insta que mon ascension n’avait pas été sans dommage. Je m’ennuie. J’attends le retour de la vue, de la vie, devrais-je dire… en tentant de supporter le mieux possible le fait que je ne vois rien mais aussi que j’éprouve toujours des douleurs…

Heureusement, il y a Matthieu qui vient me rendre visite. Il est très gentil et cela me distrait mais évidemment, il ne passe pas tout son temps avec moi. Il a d’autres gens à emmener là-haut et je suis souvent seule.

Il m’a proposé d’écouter de la musique et m’a apporté un petit lecteur mp3. Je ne sais jamais sur quoi je vais tomber comme piste mais tant pis. Qui sait, je vais peut-être retrouver des audios que j’aime et pourquoi pas, faire de jolies découvertes…

Deux jours après que Matthieu m’ait confié l’appareil, il me signale que si j’aime la littérature française, je pourrais écouter Eric-Emmanuel Schmitt ou Amélie Nothomb, qu’il a un abonnement à Audible et que des comédiens ont enregistré les romans de ces auteurs et d’autres. Il suffit que je lui dise ce qu’il me plairait d’écouter et il s’arrangera pour que je n’aie qu’à allumer le lecteur, que les pistes seront facilement accessibles.

On passe un moment à sélectionner les romans qui m’intéressent : Matthieu m’en lit le résumé et me fait écouter un extrait et je fixe mon choix sur deux bouquins d’Eric-Emmanuel Schmitt : un recueil de nouvelles et un autre qui parle de Chopin.

Commence alors la découverte de « la rêveuse d’Ostende », un texte assez long lu par Pierre Arditi. Quelle profondeur dans la voix, une manière de raconter sans emphase, très simple mais très vraie. Je suis sous la charme des mots… Cette histoire me déconcerte et m’intrigue. Certains passages m’évoquent une sensualité toute contenue. Et puis, j’ai toujours été sensible à ces récits où un écrivain et son lecteur ou sa lectrice vivent quelque chose de fort ensemble. Les confidences qu’ils se font, l’empathie présente, cela me plait. Je découvre, avec grand plaisir, des déclarations passionnées, de plus en plus enflammées et même une… « liste » qui me touche particulièrement. Elle est intitulée « Pour mon seigneur et futur maître, l’album de l’amour » et elle comporte tout un tas de jeux, n’ayons pas peur des mots, sexuels.

Je n’ai jamais été vraiment en présence de littérature de ce genre et je dois bien avouer que cela m’interpelle dans un premier temps. Mais le langage et les références sont si classes que j’ai envie d’en savoir plus sur toutes ces commandes que propose Emma van A. à son amant.

« Ne trouvant rien de plus dégradant pour l'amour que des étreintes improvisées, banales, brutales, je soumets cette carte à l'homme qui me plaît. Tel un menu, il l'utilisera en me désignant du doigt, soir après soir, ce qu'il souhaite. »

La liste se termine, en treizième point par

« 13 — Les neiges du Parnasse. Quand le mont Parnasse est poudré de neige, le froid laisse un souvenir cuisant sur la peau ; et pourtant, les dieux s'y unissent. Nous ferons donc, mon seigneur et moi, l'amour comme des dieux, avec la chair rougie non par la neige, mais par les coups. »

Cela me semble providentiel, ce rappel à la neige et à la brûlure… et cela me donne une idée. Non, je ne suis pas férue des mythologies de l’Antiquité ou de quelque autre civilisation d’ailleurs… Non, je ne suis pas très savante en matière de domination. Il ne m’est pas possible de jeter l’une ou l’autre idée sur une feuille de papier ou dans un traitement de texte… Je n’y vois rien mais ai-je besoin de mes yeux ? Demain, je demanderai à Matthieu s’il a un dictaphone ou quelque chose pouvant en faire office.

— Rien de plus simple, me dit le guide. Je vais faire mieux que cela… Je peux me faire ton rapporteur, si tu veux…

Je suis gênée. Je ne vais tout de même pas dévoiler mon projet d’entrée de jeu à cet homme que je ne connais pas vraiment. Que penserait-il de moi ? Et puis, me lançant à l’eau :

— Puisque j’écoute Arditi dans « la rêveuse d’Ostende » sur ton lecteur, je suppose que…tu l’as entendu aussi ?

— Effectivement. Et j’ai adoré, je dois dire. Et toi ? Tu aimes ?

J’aurais bien envie de dire que oui mais…je ne sais pas trop pourquoi j’aime tant. Grâce à la voix du comédien ? Oui, certainement. Grâce à l’histoire un peu tortueuse de cette femme qui, de réputation, n’a jamais connu d’homme alors qu’elle a été une amante passionnée et à la limite de la dépravation ? Oui, aussi…

— Tu es embarrassée ?

— Oui, c’est ça. Je ne sais pas comment…

— Il y a des choses que tu trouves un peu… choquantes ?

— Oui, dis-je dans un souffle

— Et ça te dérange d’en parler avec moi ?

Je suis assise sur le lit de ma chambre d’hôtel. Matthieu doit s’être rapproché de moi parce que je sens un souffle chaud et puis, le matelas a bougé sous moi, comme si quelqu’un avait pris place tout à côté de moi.

— Je pense, oui. Je n’ai pas l’habitude de parler de ça. Que ce soit avec un homme ou avec une femme, d’ailleurs, me sens-je obligée d’ajouter.

— Tu n’as peut-être pas le vocabulaire adéquat. C’est ça ?

— Voilà, oui… Tout à fait.

— Mais ça, le vocabulaire, ça s’apprend, tu sais, c’est comme tout. Si tu veux, je peux t’apprendre …

Les derniers mots, Matthieu les a chuchotés dans mon oreille. Avec comme un petit sourire dans la voix. Je reste silencieuse. Nous restons silencieux, devrais-je dire. Des deux, c’est moi l’effarouchée. Je m’en veux d’être aussi coincée.

— Tu veux que je commence une liste, comme dans l’histoire de Schmitt ?

Je suis partagée…. À quoi cela va-t-il nous mener ? Oui, je me souviens de Matthieu quand j’y voyais encore. Il me plaisait oui, mais je n’imaginais absolument pas une relation intime avec lui. Alors, si on fait cette fameuse liste, serait-ce obligé qu’on en réalise tous les points ?

— Tu m’arrêtes si ça ne te plait pas. Et tu n’as pas à te justifier si tu le fais. Ok ?

Et c’est ainsi que notre jeu a commencé. Au début, c’était des propositions émanant de Matthieu. Elles étaient bien moins farfelues que celles de l’héroïne de l’histoire. Un peu comme un apprentissage qu’il aurait fait de moi, petite demoiselle inculte au niveau du sexe. Pas de jeux de domination et de soumission non plus. Je pense que ça aurait été trop pour moi et ça, il devait en être conscient. Et puis, moi aussi, je m’y suis mise. Je réfléchissais à ce qui aurait pu lui plaire mais me plaire aussi. Je ne voyais pas son visage mais son souffle m’indiquait si j’étais dans le bon ou non avec mes propositions.

Il nous fallut trois jours à raison d’une heure chaque fois pour établir notre fameuse liste. Nous palabrions au sujet des points convenus. Et comme j’aime assez les contes de fées… En voici les termes :

La Belle au Bois Dormant : d’un baiser, tu m’éveilleras. Un de ces baisers langoureux, humides et fougueux.

Le petit Chaperon Rouge : tu seras le loup et pourtant, c’est moi qui, dans ma lingerie rouge, te goûterai et t’avalerai.

La princesse au petit pois : tu seras endormie, nue, et c’est dans cet état que je te prendrai après avoir joué avec ton.. petit pois.

La Belle et la Bête : tu te feras Belle pour moi, ta Bête. Tu me promets une partie de jambes en l’air bestiale.

La petite Sirène : je veux t’entendre chanter et jouir à gorge déployée après une douche ensemble.

* Hansel et Gretel : pas besoin de sorcière, tu m’emmènes dans un restaurant libertin.

* Cendrillon : à minuit, l’enchantement s’arrêtera. Tu te retrouveras nue et offerte aux yeux de coquins mateurs.

* Boucle d’Or et les trois ours : on se limite à un papa ours vigoureux et une maman ourse tendre et douce mais nous serons quatre.

* Les sept chevreaux : un loup qui montre patte blanche et qui prend sept clichés de nos ébats.

Nous étions fiers de nos trouvailles et je pense que nous étions autant émoustillés l’un que l’autre… On attendit le WE pour mettre nos projets à exécution. Nous savions que certains seraient difficiles à mener à bien donc, devant ceux-ci, nous mîmes une étoile.

Que dire de ces deux jours qui nous séparaient du WE ? J’étais impatiente et anxieuse à la fois. J’avais peur que ça ne soit pas si ludique que cela, que je ne sache pas assurer. Pourtant, Matthieu me plaisait, ça oui. Et depuis que je n’y voyais plus, j’avais l’impression que mes autres sens s’étaient aiguisés.

Je lui laisserais choisir par quel point on allait entamer la liste. De plus, comme il devait repartir en course le mardi suivant, nous aurions en tout et pour tout trois jours…. Je me demandais si j’avais réellement envie de recouvrer l’usage de mes yeux avant que l’expérience soit terminée.

Il ne m’avait ni embrassée, ni touchée et nous n’avions eu aucun contact peau à peau. Impossible de savoir si l’alchimie opérerait…

Le samedi matin, je n’eus pas le temps ni l’occasion de descendre dans la salle à manger de l’hôtel de la Poste. Mon complice me rejoignit dans ma chambre en s’annonçant avant d’entrer.

— Alors, bien dormi ? Je ne suis pas seul mais no stress, c’est juste parce que je ne sais pas ouvrir la porte sans mettre en danger ton petit-déjeuner !.

Avec mille précautions, il déposa le plateau sur le lit, à ma droite, et entreprit de me faire une tartine de confiture de myrtilles (c’est le parfum de celle qu’il me fit goûter sur une petite cuiller) et de me servir une tasse de thé (cela sentait bon l’« English breakfast » que je buvais chez moi le matin). Je le sentais s’agiter. Il devait être pressé. Je me demandais ce qu’il avait choisi comme premier point.

Quand j’eus terminé mon repas, il reprit le plateau, le déposa sur la petite table qui se trouvait, si mes souvenirs sont bons, face à la fenêtre. Il revint s’asseoir à côté de moi sans bouger. Je devenais de plus en plus impatiente : essayez de garder votre calme quand vous savez que quelque chose se prépare mais que vous êtes dans l’incapacité de VOIR de quoi il s’agit. J’allais devoir employer l’un ou l’autre de mes autres sens.

J’entendis un grincement du lit, des chaussures qu’on fait tomber sur le sol et puis, juste à côté de moi, l’odeur d’une eau de toilette masculine me titilla les narines.

— Je peux… bouger ?

— Non, laisse-moi faire…

Ce serait difficile s’il tardait à se décider. Je me sentais déjà mouiller tant j’avais envie qu’il me touche. Je ne devais pas vraiment être à mon avantage mais la perspective de ses doigts sur moi me chauffait, je l’avoue.

— Prends ma main… On va faire une petite promenade.

— En pyjama ?

— Je vais d’abord te déshabiller et puis….

— C’est le point de Cendrillon ?

— Non, coquine, on reste ici mais en mode « petite Sirène ».

Ouf, j’étais soulagée… Quoi que… Il allait me faire chanter et jouir à gorge déployée ???

Du bout des doigts, il m’ôta mes vêtements et c’est nue comme un ver qu’il me mena à la douche. Il m’y fit entrer après avoir réglé la température de l’eau.

— Je te rejoins.

L’eau me dégoulinait sur les cheveux et les épaules. C’était super-agréable. Et puis, sans que rien ne m’ait indiqué que je n’étais plus seule dans la cabine, je sentis ses mains dans le creux de mon dos. Doucement, il les faisait monter et descendre de la base de mon cou à mes fesses. De temps en temps, il s’arrêtait et pressait ces dernières en les écartant un peu. L’eau coulait dans le sillon de ma croupe. Cela me chatouillait mais c’était délicieux. Il m’attrapa ensuite la taille et se plaqua contre moi. Je sentais son érection. Ses doigts couraient entre mes omoplates puis revenaient contre ma colonne vertébrale. Aucune brutalité, juste du plaisir distillé légèrement.

Puis, sa bouche s’occupa de mes joues : des petits baisers depuis mes pommettes jusqu’à mon menton et mon cou. Je ne lui rendais rien. Je me contentais de profiter de ses lèvres.

— Un peu pour moi ? me lâcha-t-il.

— Avec mes doigts ou autre chose ?

— Comme tu veux.

Il ne dut pas me le répéter. Ma bouche se plaqua au creux de son sternum tandis que mon majeur et mon pouce gauche titillaient un de ses tétons. Nous étions toujours serrés l’un contre l’autre. Sa dureté était de plus en plus manifeste. Cela me donnait envie de lui, d’être pénétrée par lui.

— On essaie comme ça ? proposa-t-il en s’appuyant contre le mur de la douche et en me saisissant par les cuisses.

Je repliai mes jambes et serrai mes pieds contre ses fesses. Son sexe était pratiquement en face de ma chatte. Je sentais cette dernière palpiter tant elle était affamée d’être pénétrée.

Ce que j’aurais voulu, c’est pouvoir contempler sa queue mais sans y voir, c’était impossible. Et maintenant qu’elle était presque à l’intérieur de moi, impossible de me rendre compte de son aspect : pour cela, il aurait fallu que mes doigts puissent la palper, ou ma bouche la sucer. On avait entrepris des mouvements lents. Mais il était bien question de chant et de hurlements, non ?

— ça te dérange si on file sur le lit ? Tant pis si on est mouillés…

— Ok.

Il me fit me remettre sur mes deux pieds. J’avais les jambes un peu flageolantes. Il dut saisir un grand essuie de bain parce que je me retrouvai enveloppée d’éponge toute douce. Il me frictionna et puis, me tirant et me poussant, il me mena au lit où il me fit m’asseoir.

— ça te plairait, la Princesse au petit pois ?

Matthieu me fit écarter les pieds. Et puis, il devait être à genoux entre mes jambes, je sentis ses cheveux humides et fous contre l’intérieur de mes cuisses et sa langue chercher ma fente. Il léchait mes lèvres, les séparaient du bout des doigts et suçotait l’espace entre elles. Je pense qu’aucune pratique de ce type ne m’avait mise dans un état pareil.

— Tu vas le trouver…. Suffoquai-je.

— Ton petit pois ?

— Oui et aussi ma jouissance bruyante !

Je soufflais. J’étais rouge, j’en étais certaine. Je hoquetais.

— Ouiiiiiiiiiiiiiiii….

Ce fut la seule chose que je pus dire. Certains auteurs vous racontent parfois que leur partenaire leur a sorti une tirade sans queue ni tête…. Moi, je ne vous mentirai pas : tout ce que Matthieu me prodiguait depuis son arrivée m’avait vraiment fait hurler ce « oui » mais j’aurais été incapable de dire quoi que ce soit d’autre et je me sentais repue…

J’avais pourtant bien envie de goûter à cet homme. Et pas qu’à sa peau. Je n’osais lui en parler.

— On arrête ici pour aujourd’hui ? me lança-t-il.

J’avais bien compris au ton de sa voix qu’il avait envie d’avoir une part aussi. Il avait le respect et la correction de ne rien exiger….

— Si je te propose le petit Chaperon Rouge, ça te branche ?

— T’as des dessous rouges ?

— Non mais… j’ai une langue et une bouche qui ne demandent qu’à….

— Et bien, servez-vous, jeune fille, me dit Matthieu en se relevant d’un bond.

Tendrement, il me saisit l’arrière de la tête et dirigea mes lèvres vers sa queue.

— Laisse-moi te sentir d’abord avec mes doigts, tu veux ?

Et là, j’eus toute la longueur de son membre entre les mains. Sa queue avait des proportions tout à fait raisonnables. Elle n’était pas veinée de manière exagérée. Sa toison pubienne était plutôt discrète et surtout douce, très douce. Je l’imaginais blonde comme ses cheveux. Coup de chaud.

Puis, avec précautions, je saisis son prépuce, lui fis effectuer des va-et-vient lentement. D’un coup, j’étais certaine qu’il ne s’y attendait pas, je le pris en bouche et commençai de le sucer. Mes doigts jouaient avec ses testicules. Impossible pour moi de savoir s’il me regardait mais sa main avait quitté ma tête et c’était moi qui menais la danse à présent. Cela ne dura pas longtemps. Il y eut des petits « Han han » qui se transformèrent en « encore, oui… » et c’est lui qui ôta son sexe de ma bouche, me bascula sur le lit et m’aspergea généreusement les seins.

— ça, c’était pas dans la liste, il me semble…. Dis-je en riant.

— Je pense que, vu les choses qu’il est exclu de faire, il nous reste… la Belle et la Bête…. Prête ?

— Ok. À condition que tu m’éponges d’abord, dis-je, le visage baissé vers mes seins.

Je ne voyais rien mais je me sentais si poisseuse que je comptais un peu sur lui question nettoyage.

A l’aide de Kleenex qui étaient sans doute sur la table, il me nettoya le buste avec douceur. Après cela, il me couvrit de son corps musculeux, se frotta à moi jusqu’à ce qu’il bande à nouveau puis me pénétra d’un coup.

Et c’est là que de manière animale, on baisa et on baisa encore. Les sensations auditives et tactiles étaient décuplées.

Qui a dit que vivre aveugle, surtout de manière temporaire, est un enfer ?

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