9 minutes de lecture

Épisode 3 : Les lettres du donjon 3/4

Mon très cher Antoine, cher ami,

Déjà trois jours que nous avons partagé cette merveilleuse nuit avec votre putain et je frémis encore de plaisir. Mon intimité est constamment humide. J’ai du mal à avoir autre chose en tête que ces entêtants souvenirs. Vous avez bien raison, cher Duc, de qualifier Emma de diamant, et je n’ai pu que constater que vous l’aviez encore polie. Elle brille de mille feux.

J’ai été subjuguée de la voir arriver à genoux, collier au cou dans cette magnifique pièce en haut de votre donjon ( son ambiance est vraiment propice aux odieux supplices que nous infligeons, j’adore vraiment ce lieu et quelque part je vous envie de posséder un si bel espace de jeu ). Le regard toujours baissé, elle semblait avoir renoncé à être autre chose que notre jouet. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle interprète mon simple claquement de doigts et pourtant quand je l’ai vu se diriger vers votre croix de Saint André, j’ai compris qu’elle n’attendait alors que votre approbation pour se relever et s’y installer. Si je lui ai appris à se mettre à genoux, vous lui avez enseigné l’obéissance docile.

Mon ami, mille mercis de m’avoir permis d’user de mon fouet sur son corps opalin. Les marques sur sa peau étaient autant de présents que vous m’offriez, ses cris la plus douce des mélodies. Je suis peut-être allée bien fort, allant jusqu’à abimer sa chair et faire couler son sang mais vous savez bien que c’est un plaisir dont je ne me lasse pas. Et tout comme vous Antoine, je n’ai presque aucune limite, si ce n’est que notre victime consente à nos tortures. La lueur au fond de vos yeux traduisait tellement le plaisir que vous preniez à voir son visage se déformer de douleur, vos commentaires renforçaient crescendo ma puissance. Nous sommes de bien obcènes pervers, vous et moi.

Je ne pensais pas non plus que ces seins supporteraient autant de poids. Cette trainée m’a impressionnée. Elle qui, il y a encore si peu de temps, laissait s’écouler des larmes lorsque je lui pinçais les seins, a une résistance qui est désormais presque surhumaine. Quelle délice de voir sa poitrine lestée se tordre tandis que vous lui pilonniez le cul. Elle a cependant soutenu mon regard tout le long de votre baise comme je l’avais exigé. C’était délicieux.

Je ne peux que constater, malgré les années passées et le nombre de putains que nous nous sommes partagés, que je n’avais encore jamais pris autant de plaisir que celui de ressentir votre verge contre mon bras, lorsque j’ai pris possession de son cul tandis que vous investissiez son con. C’était une expérience quasiment mystique mon cher. Elle était tellement ouverte, si offerte et cambrée que c’était comme si votre verge glissait entre mes doigts. Le petit cri qu’elle a laissé échapper d’ailleurs quand j’ai ouvert ma paume en elle témoigne bien que nous la possédions pleinement jusqu’aux limites de son corps.

J’ai le sentiment que votre jouet est très attaché à vous cher Duc et je ne peux que saluer cette admiration et cette dévotion qu’elle voue à votre personne. Cependant, je dois vous confesser que vous ayez été contraint d’user d’un bâillon pour la faire taire me pose question. Elle qui avait enduré bien des supplices a finalement été heurtée par une évidence : vous baisez d’autres femmes. Comment a-t-elle pu réagir si violemment en vous voyant me lécher avidement ? S’est-elle sentie abandonnée ou inexistante en étant spectatrice de nos ébats ? Pense-t-elle que votre queue est sienne ? Si elle n’avait pas été maintenue par ses fers, elle semblait prête à se ruer sur moi. Je n’ai pas eu de crainte pour ma personne, je l’aurais remise à sa place avant de vous ouvrir à nouveau largement le sourire de mon con. C’est la Maîtresse qui vous exprime son questionnement. Mais j’ai toute confiance, cher ami, en votre conscience que son éducation n’est pas encore totale. Elle a gardé au fond d’elle une pointe de rébellion qui ne demande qu’à s’exprimer, voire à croître. Je sais bien que vous aurez à coeur de la rendre totalement dévouée et obéissante si vous souhaitez, comme vous me l’avez confié, la garder auprès de vous pour une durée indéterminée. Qu’elle reste votre animal, fidèle chienne à disposition de son Maître, pour reprendre vos propres propos.

Depuis cette nuit, je goûtais des journées qui me semblaient fades. Certes je m’amuse avec mes putains régulières et mon majordome, toujours prêt à me servir à quatre pattes, mais Emma m’a donné l’envie de nouveauté. J’allais me mettre en quête d’un nouvel homme à asservir. C’est finalement lui qui est venu à moi. Je joins à ma lettre un billet que j’ai reçu ce matin. Cela ne pouvait mieux tomber, quand les envies et le destin se mêlent, cela ne peut être qu’annonciateur de belles rencontres. J’ai fixé rendez-vous à cet homme et ne manquerai pas de vous en conter les détails.

Notre perversion a encore de beaux jours devant elle, cher Antoine, et je me réjouis de partager toujours plus de jouissifs moments avec vous.

Dans l’attente recevez mon amitié indéfectible.

Votre amie de toujours, Jeanne

PS : ci-après, les mots de mon prochain jouet, ils présagent une volonté extrême de me servir et cela en toute connaissance de cause.

Madame,

Je me prosterne à Vos pieds.

Humblement je viens Vous demander de m’accepter à Votre service.

Votre réputation dépasse les frontières de la province. L’on raconte partout que vos soirées n’ont d’égales que celles données par Dame de Berg en la capitale du royaume.

Il se dit que des soumis muets, car bâillonnés, accueillent vos invités qui en usent comme porte-manteaux tandis que d’autres, enchainés au mur servent de bougeoirs vivants. J’ai même lu dans une gazette venue de Hollande que votre esclave favori est tenu en cage, les bourses contraintes par des pinces de fer et son fondement empli d’une pointe en ivoire. ll n’en est sorti au début de la soirée que pour être pendu la tête en bas et fouetté jusqu’au sang. A chaque morsure de cuir, il doit garder silence et remercier à voix haute sa Maîtresse lorsqu’il a compté mentalement cinquante brûlures. Alors Maîtres et Maitresses, les sens fouettés par la vue du sang, peuvent disposer à leur guise de jeunes vierges et puceaux, enfin libérés de leurs fers. Il s’en suit une orgie où chaque esclave doit satisfaire tous les désirs des membres de cette noble assemblée. Les paysans entendent dans la nuit les cris et les pleurs des jeunes filles. L’on raconte que, parfois au matin, les serviteurs enterrent discrètement un corps supplicié à jamais anéanti.

Je frémis Madame à l’idée de me vouer à Votre plaisir mais je souhaite me montrer digne de Vous.

Mettez-moi Madame à l’épreuve. Considérez-moi Madame comme un vulgaire animal de compagnie, sans valeur dont vous disposerez à votre guise. A la moindre faute, châtiez-moi. Chaque coup reçu sans plainte sera une preuve de mon attachement envers Votre personne. Chaque stigmate sera une preuve de ma dévotion envers Vous.

Je sais que je ne mériterai aucune indulgence de Votre part. Que Votre colère s'abatte sur moi Madame si je commets la moindre faute. Faites rougir ma peau. Que les marques de votre courroux soient à jamais indélébiles.

Un seul de mot de Vous et je serai capable de franchir toutes les épreuves, de subir le feu du cuir si vous le jugez nécessaire et un jour peut-être... de Vous honorer.

Vous serez pour moi une déesse et quand Vous daignerez poser les yeux sur moi, je serai le soumis le plus heureux.

Je prie le ciel que Vous daignerez accepter ma requête. Vous seule Madame apporterez la lumière dans mes ténèbres.

Servilement Vôtre.

****

Ma chère Marquise,

Je viens vous donner d’ultimes nouvelles d’Emma. Le diamant a désormais atteint un degré de perfection que vous pourrez constater lors de votre prochaine visite. La rébellion n’est plus et je vais vous narrer comment j’y ai mis fin.

Vous avez en effet été témoin de que vous m’avez écrit, cette jalousie inattendue. Une Soumise jalouse, quel attitude étrange, certes, mais non si inconvenante s’agissant d’abord d’une femme douée de sensibilité. Or la dévotion d’Emma dépasse la seule soumission, lorsqu’elle a réagi comme vous l’avez vue, elle n’était plus seulement l’esclave sexuelle mais la femme amoureuse qui se révélait.

J’ai en effet le plaisir de vous faire part de notre amour et de notre prochaine union.

Il a toutefois été nécessaire de la rassurer définitivement au préalable. A cette fin, j’ai convoqué dix femmes, des courtisanes, des prostituées, deux servantes du baron de Stockholm, mon voisin, auxquelles il était déjà arrivé de goûter à mes vices. Les dix femmes se sont installées dans le salon où j’organise habituellement les orgies. Elles étaient nues et buvaient et mangeaient selon leurs plaisirs. Certaines se gamahuchaient sans retenue.

Emma fut amenée par mes fidèles palefrenier et eunuque, qui l’ont enchaînée à un canapé, au centre de la pièce. De là, à demi allongée, elle dut me regarder honorer chacune des dix femmes. Loin d’être un surhomme, j’avais pris de cet élixir bleu préparé par mon ami l’alchimiste du marquisat de Viagrastan, qui permet de tenir l’érection du membre viril plusieurs heures, et même d’éjaculer abondamment deux ou trois fois dans le même temps.

Après avoir baisé d’importance chacune de mes invitées, celle-ci allait s’asseoir sur la bouche d’Emma. Elle se débattait au début, mon eunuque dut la maintenir car les chaînes n’y suffisaient plus. Et puis, les femmes se suivant, Emma sembla se résigner à goûter les chattes gluantes de cyprine, et parfois de mon foutre, et aussi d’urine puisque certaines avaient besoin de soulager leur vessie. Peut-être à la septième, ou la huitième, Emma réclama que l’on se pressât, déclarant qu’il lui tardait de goûter aux traces des plaisirs que j’avais laissées entre les cuisses.

J’ai dû me tromper dans le dosage de l’élixir bleu, il fallu que certaines des dix femmes, les plus vaillantes, se représentassent à mon vît. Emma me regardait désormais avec les yeux de l’amour et de l’envie, puis dévorait sans retenue l’entre-jambes des impétrantes.

Que de changements, me direz-vous, chère Marquise… par quel miracle en suis-je arrivé à ce résultat ? C’est que je ne vous ai pas tout dit d’emblée. Avant de rassembler le gynécée que je vous viens de décrire, j’avais offert une explication à Emma, en tête à tête, au donjon. Allongée sur le dos, les bras en croix solidement attachés aux pieds de tête du lit, les jambes relevées et elles-mêmes attachées par les chevilles aux anneaux qui surplombent cette table de torture, je l’ai fessée, fouettée, frappée avec la planche à gros rivets. En lui répétant qu’elle est ma seule Soumise, que j’accepte son amour et lui demande d’accepter le mien sous réserve de cette seule exclusivité : Emma est désormais la seule femme sur laquelle je lèverai la main. Mais qu’elle devrait accepter que j’en baisasse d’autres, autant qu’il me sera loisible, ce qui sera sans conséquence sur notre amour.

Emma résista, me dit qu’elle ne pouvait croire que je lui serais ainsi fidèle. La suite, avec les dix femmes, lui prouva qu’elle était bien l’unique objet de mes pulsions destructrices.

Quand j’eus terminé et donné congé aux dix femmes, j’ai nettoyé au gant de crin les souillures laissées sur le corps outragé d’Emma, et nous avons partagé des mots d’amour que je ne puis vous révéler, la pudeur du cœur étant plus importante et sacrée que celle des corps.

Puis je l’ai détachée, elle s’est agrippée à ma chemise et nous avons échangé nos serments de fidélité éternelle.

Quand vous nous reverrez, Emma et moi, ce sera pour la conduire à l’autel. Bien entendu, vous disposerez d’elle selon vos fantaisies à venir : elle m’appartient et s’il me plaît de la livrer, elle le sera. Et il me plaira de vous la livrer. Mais alors, vous devrez avoir conscience de disposer de mon épouse et non seulement d’un jouet.

Et vous, ma chère Marquise, avez-vous progressé avec ce soumis qui semble si prometteur ? J’attends votre récit avec impatience et me tiens à votre disposition pour en user si bon vous semble, car si mon engagement d’exclusivité envers Emma concerne la soumission des femmes, rien ne m’empêche de jouer avec votre esclave…

Au plaisir de vous lire,

Votre bien dévoué ami,

Antoine.

Écrire à Popins

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche