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Épisode 4 : Les lettres du donjon 4/4

Très cher Duc, cher ami,

Vous m’annoncez une nouvelle qui m’emplit de joie. Ainsi vous, l’ami au coeur de pierre, êtes tombé en amour pour votre putain. J’aime à vous taquiner car je vous entends encore clamer haut et fort “ l’amour c’est pour les autres”. Sachez Antoine que je suis heureuse que vous ayez ouvert la porte de votre coeur. Emma, le diamant taillé à la perfection, par et pour vous, a trouvé un magnifique écrin. Je sais que vous prendrez soin d’elle, lui infligeant les supplices auxquels elle aspire tout en honorant les engagements pris auprès d’elle.

J’ai reçu votre carton d’invitation à la célébration. Vous auriez effectivement eu grand tort de ne pas vous unir dans votre chapelle. Celle-ci a un charme fou et, surtout, vous pourrez ainsi organiser la cérémonie de votre sacrement comme bon vous semble. Epargnés des obligations de bonnes moeurs imposées par l’église, votre épouse et vous même pourrez jouir sur l’autel de votre engagement mutuel. Le père Philippe est d’une tolérance extrême si on l’arrose de vin. C’est une très belle fête qui s’annonce. Je viendrai accompagné de Baptiste mon soumis, laisse et collier au cou.

Si Emma est diamant, j’ai quant à moi trouvé une perle en cet homme que j’évoquais dans ma précédente lettre. Il est, tel qu’il me l’écrivait, d’une dévotion rare, surtout après si peu de temps passé auprès de moi. C’est nu qu’il se présenta à notre premier rendez-vous. Il goûta à ma cravache avant même que je ne le salue, non pas qu’il fut nécessaire de le corriger mais pour lui souhaiter la bienvenue. Il supporta les cents coups de bâton sans pousser le moindre cri et acquit ainsi le droit de se frotter à mes désirs et à mes châtiments.

J’ai encagé son sexe depuis lors, vous savez comme j’aime priver les hommes qui souhaitent me servir de leur virilité. Il se trouve parfois très à l’étroit lorsque je l’excite en me caressant devant lui ou en lui imposant d’user de sa langue en mon con et sur mon cul pendant des heures. Il est d’ailleurs fort habile et me mène à la jouissance très aisément. Je l’autorise parfois à dormir aux pieds de mon lit, dans la cage qu’Arthur Guignat le ferronnier m’a offert en remerciement du dressage de son fils. Le reste du temps c’est dans le poulailler qu’il passe la nuit.

J’ai utilisé pour la première fois le présent que vous m’aviez offert et je vous remercie à nouveau pour ce très beau cadeau. Baptiste l’apprécie beaucoup également. Son anus, déjà bien élargi par l’olisbos qu’il porte en quasiment permanence et qui l’empêche de poser les fesses au sol, accueille avec une grande facilité cet énorme gode. Comme j’aime le balader ensuite au bout de la tige de fer, nul besoin de collier, c’est par le cul que je le dirige. Le faire courir ainsi à quatre pattes sur les graviers est un pur plaisir.

Il a tout accepté de moi jusqu’à présent sans émettre la moindre protestation et en gardant toujours un respect et une humilité rare pour un homme. Ma seule frustration réside peut-être dans le fait de l’inutilité de l’éduquer. Il l’est déjà. Je n’ai qu’à user de lui. Son cul est mien et je le sodomise avec tout ce qui me passe par l’esprit, tout à l’heure ce fut un cierge encore incandescent que je glissai dans son fondement. Les larmes qui ont perlé ont été les seules manifestations de sa douleur. Il semble fait de cuir et d’acier et peu sensible aux châtiments corporels.

Aussi j’ai choisi de meurtrir son âme. Je l’ai exhibé à l’heure du thé devant Agnès et Clara, mes amies que vous connaissez intimement. Nous l’avons humilié, lui rappelant sa condition d’esclave, lui lançant une balle qu’il devait nous ramener et lui faisant nettoyer la semelle de nos souliers couverte de terre grasse. Le clou fut quand je fis amener mon chien et que j’ordonnai à Baptiste de lui lécher le cul et le sexe. Mon majordome eut grand mal à maintenir mon cabot tout surpris de voir cet humain lui donner autant de plaisir. Il se soulagea d’ailleurs sur le visage de celui-ci. Nous avons ensuite laissé ma belle suceuse dans l’urine animale pendant que nous nous offrions toutes les trois les délices des plaisirs saphiques.

Son dévouement et son abnégation pour exaucer la moindre de mes envies me touchent. Le bonheur se lit dans ses pupilles dès que je lui porte de l’attention, que ce soit lorsque je fait déposer autre chose que de la nourriture pour animal dans sa gamelle ou quand je dépose une bougie sur sa paume pour qu’il éclaire mes soirées lecture. La cire qui lui coule entre les doigts le fait certes grimacer mais il supporte cela par dévotion pour moi sans émettre le moindre son.

Cela fait dix jours maintenant qu’il me sert au quotidien et sa présence m’est presque déjà nécessité. Je pense céder bientôt à mon envie d’user de son sexe et lui faire l’honneur d’écarter les cuisses pour qu’il se glisse en moi et lui témoigner ainsi de mon affection. Il faudra d’abord que l’on marque ses fesses de mes armoiries au fer rouge.

Je suis pleinement heureuse de l’avoir rencontré et je serai fière de vous le présenter à vous ainsi qu’à votre épouse. Vous et moi avons trouvé des êtres exceptionnels, à la mesure de l’immensité de notre perversion.

Au plaisir, cher Antoine, d’être témoin de votre engagement auprès de votre catin.

Votre obscène amie, Jeanne.

****

Ma chère Marquise, chère Jeanne,

Laissez-moi en tout premier lieu vous faire part de ma joie sincère à avoir lu puis été témoin des développements de votre relation avec votre Soumis. J'ai eu grand plaisir à faire sa connaissance, lors de la cérémonie organisée pour mon union avec Emma où je me félicite donc d'avoir autorisé la présence des animaux de compagnie. Recevez une nouvelle fois mes félicitations pour cette conquête et pour l'oeuvre d'art que vous en réalisez.

Je vous remercie pour le rôle que vous avez tenu lors de la cérémonie, avec la classe naturelle qui est la vôtre, avec l'attention que vous avez manifestée en permanence pour la réussite du projet qui était le mien, dans le respect scrupuleux des besoins qui étaient miens et que je vous avais confié lors de notre dîner - j'espère à ce sujet que les traces de la cravache se sont estompées ?

Je vous avoue ma double fierté lorsque vous avez mené Emma, nue, seulement chaussée de ses petites bottes en cuir noir et du collier assorti auquel était attachée la laisse que vous teniez. Fierté d'être le maître et bientôt l'époux de cette putain. Fierté d'être votre ami. Vous m'avez fait le plus beau des cadeaux de mariage en tenant le rôle à la perfection, au-delà de mes espérances.

Ainsi, vous avez dû le voir dans mon regard, j'ai été subjugué par votre absolue maîtrise du baptême d'Emma. Ce bon père Philippe ayant accepté de présider au rite que j'avais choisi, bien peu catholique, ce fut une grâce de vous regarder conduire ma promise jusqu'au carcan qui se trouvait au centre de la pièce et y emprisonner son cou et ses poignets, en position agenouillée, puis d'organiser le ballet des vingt hommes qui ont répandu leur foutre sur elle à mesure que le père Philippe bénissait les jets puissants. Je fus plus subjugué encore lorsque je vous ai vue ordonner à votre soumis de nettoyer complètement Emma. Le malheureux m'a inspiré de la pitié, c'est dire la force de votre domination, lui qui n'avait que ses mains et sa langue pour tout instrument de ménage. Grande est notre chance qu'il ait pu atteindre les latrines à temps pour vomir.

Vous avez ensuite conduit Emma - toujours nue et immaculée - à l'autel où je l'ai reçue, de votre main. Le père Philippe eut de jolis mots, grâce lui en soit rendue. Il m'a semblé que l'émotion de l'assemblée était réelle et j'en connaissais un réel sentiment de bonheur.

Et puis il y eut cet échange des consentements qui restera gravé dans la mémoire de chacun. Je m'en souviens mot pour mot, silences compris...

"Antoine, souhaites-tu prendre pour épouse Emma ?"

"Oui, je le veux."

"Et toi, Emma, souhaites-tu prendre pour époux Antoine ?"

Ce silence. Sépulcral. Infini. Terrifiant.

"Emma, souhaites-tu..."

"Non, mon père. Non, Antoine."

"Veux-tu t'en expliquer ?"

"Oui, très simplement. Je ne peux pas renoncer à ma liberté, à la femme

que j'ai toujours été. Antoine, mon Maître, vous m'avez prise et aimée

pour ce que je suis, une femme libre. Vous auriez tort de vouloir me

changer, de faire de moi une épouse quand vous aimiez la putain. Je ne

serais plus la même femme, celle dont vous avez fait votre soumise.

Alors non, définitivement non."

Encore un silence profond, celui-là je ne sais combien de temps il a

duré. Une heure, croyez-vous aussi, ma chère Marquise ?

"Et maintenant, Emma, que faisons-nous ?"

"Mon Maître, vous aviez prévu de me livrer à tous nos invités, que je

sois la reine de la fête ? Mais je vous en prie, disposez de votre

soumise et putain, ne privez personne de son bon plaisir ce soir, ce

serait péché. N'est-ce pas, mon père ? Vous voudrez bien d'ailleurs

ouvrir le bal avec moi ? Mon cul que vous dépucelâtes vous attend..."

Ma chère Jeanne, bien chère amie, je vais me retirer quelques semaines, peut-être quelques mois, loin des fracas de la vie. Cette expérience m'a profondément remué, le regard du monde sur mon échec ne m'est plus supportable. La folie qui a été la mienne de vouloir brider la liberté d'Emma par la signature d'un parchemin. J'ai besoin de calme, et même de silence, et j'irai le trouver au monastère de Bonnefont, en mes terres du sud. Il est aujourd'hui dirigé par une femme - mais oui, une femme ! - d'exception, je trouverai auprès d'elle l'apaisement. Et qui sait, peut-être la rédemption.

Vous tenez entre vos mains ma dernière lettre dans cette vie.

C'était un furieux plaisir de vous connaître, ma bien chère Jeanne.

Votre dévoué,

Antoine.

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