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Les seins d'octobre

Soleil automnal qui inonde la nape bleue azur. Séparée par ces monticules de sable fin, désormais ramassé, qui dessinent des colines le long du bord de mer. Cité encore vivante qui vit ses derniers spasmes avant d'hiberner et se réfugier dans le silence. Quelques volutes de fumée qui relient ce paysage méditerranée avec le regard des anonymes. Ces inconnus qui déambulent une dernière fois avant que le voile de l'arrière saison ne recouvre l'imaginaire de leurs vies rêvées.

Le parfum du désir l'envahit, irressistibles pensées qui chamboulent l'ordonnacement de ce décor si bien établi. Son image et ses odeurs brouillent la quiétude d'une journée à la fois singulière et banale.

Il la ressent, il aimerait sa présence, il la rêve tout éveillé. Frissons intérieurs qui révèlent un appétit charnel.

Volupté incandescente au parfum volcanique. Sa lave nourricière lui revient en mémoire, son souffle le réchauffe de cette brise légère. Son visage gorgé, ses lèvres rougit symbolisent le point de rencontre inévitable d'une abscisse et d'une ordonnée.

Cambrée, il l'imagine, féline, frayant un passage dans cette savane balnéaire. Ombre rugissante qui défie le soleil couchant. Entre chien et loup, l'excitation grandissante révèle l'arithmétique implacable du point de rencontre.

Imaginaire à l'instant, réelle à d'autres moments, oxymore d'une sirène qui résonne pour prévenir d'un embrasement.

Incendie, les flammes de ses mots illuminent. Ils cicatrisent et cautérisent. Ils télescopent et expriment. Cette grande marée enveloppante désigne ses victimes exposés imprudemment.

Vas et viens de vagues, qui ondulent, caressent, mouillent et impreigent.

Empreintes liquide qui diluent les frontiéres de deux corps livrés à eux même, dans un tourbillon de volupté.

Tatouage délébile, apparaissant et disparaissant au grés des humeurs. Rivalié entre l'élégance et l'animalité de deux fauves qui rugissent. Scènes de ruts bruyant et de jouissances sonores. Chatte en feu et queue dressée, langues dévorantes, bouffante et suçante.

Écartant et retournant, défiant l'endroit et l'envers, le vertical et l'horizontal, le niveau de la mer et les hauteurs. Équation à plusieurs inconnues aux orifices multiples et aux fantasmes inavoués.

Corps possédés aux instincts dominateurs et aux soumissions suggérées.

Instantanéité du désir exprimé, satisfait aux rythmes des transgressions assouvies.

Habillé et dénudé, tendrement et crûment, aimant et baisant.

Surnageant à cette marée enivrante, deux bouées gonflées, durcies à leurs extrémités, résistantes à l'épreuve d'un corps à corps envoûtant, ils sont toujours les prémisses à ce bain de jouvence...

C'est le dessein d'octobre


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