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Lettre à l’inconnue

C’est tout ton être que je désire.

Quand je ferme les yeux, quand mes pensées s’embrument et que mon inconscient s’égare, c’est dans le creux de tes bras, niché contre tes seins, qu’il s’abreuve à grands traits des délices de ton corps. J’aspire uniquement à ce contact serein, à cette indescriptible sensation, quand tes bras grand levés en signe d’abandon sont noués l’un à l’autre par l’entremise de tes poignets.

Je rêve de ce moment où, offerte et exquise, tu attendras à la fois inquiète et impatiente. Tu anticiperas la douce morsure de ton épiderme que j’exciterai jusqu’à son terme en de subtils motifs et de délicieuses nuances.

Ton corps résistera, probablement un peu, quand mes lèvres toutes deux se poseront sur ta peau comme d’effleurants papillons. Mais j’écouterai tes soupirs, tes rires et tes râles ; m’enivrerai du soufre de ce délicieux bal. Car la nuit, alors, ne fera que commencer.

Tes seins, fièrement dressés, feront de l’œil à ma bouche qui s’empressera d’y goûter, de les pincer délicatement. Mes doigts, entre eux, les feront rouler. Je serai attentif à tes murmures quand à mon oreille tu susurreras de n’y aller pas trop doucement.

Tes jambes longues, lisses ou naturelles, me tenteront bien vite ; des doigts, des lèvres, qu’importe, tant qu’un contact se fait. Remontant doucement à la source, qui ruisselle sur tes cuisses, je passerai bien proche de ta charmante intimité. Un souffle, un frisson, une esquisse ; promesse d’une future volupté.

Ton ventre sera ensuite couvert de mes baisers, tout doucement. Prenant grand soin de dévoiler à mes sens en éveil les variations de tes désirs, les doux espoirs qu’en toi j’immisce quand je descends juste un petit peu, frôlant lentement ton pubis.

Je visiterai alors ton cou du bout des lèvres, comme un fin met, jouant avec délice de ma bouche et mes dents sur ta peau lisse et délicieuse. Ma main, qui ne pourra s’en empêcher, viendra se glisser entre tes cuisses, contre ta vulve. S’enquérant de ta cyprine, elle humidifiera ton bouton d’amour et d’un doigt tantôt léger, tantôt plus lourd, effectuera un mouvement qui s’amplifiera ainsi que ta respiration.

Ma bouche, répondant à l’impérieux appel, couvrira la tienne en une union évidente. Tandis que se mêleront nos souffles et nos langues, mon index et mon majeur s’insèreront en ton con humide. Prise par surprise, tu te figeras, me laissant éprouver la vague de plaisir qui t’a traversée.

Allant et venant, appuyant sur tes chairs gonflées de désir, tes râles deviendront gémissements, petits cris, douce agonie. Le rythme s’accélèrera, les soupirs s’envoleront, ton corps se cambrera pour ressentir au mieux ces coups de boutoir. Ils agaceront tes nerfs et irradieront en ton corps comme une douce et intense chaleur. S’ensuivra un cri et un long silence, comme dans l’œil d’un tendre cyclone. La bouche grande ouverte, tu accepteras la jouissance qui s’impose à toi.

Mais je ne pourrai me résoudre à en rester là, alors je descendrai, déboutonnant de mes baisers la chemise que tu ne porteras pas. De la base de ton cou, à la naissance de tes seins, je ne pourrai réprimer un petit coup de langue sur ce téton dressé à mon attention. Puis je poursuivrai jusqu’à ton nombril, ton bas-ventre.

Je m’immiscerai ensuite jusqu’entre tes cuisses qui m’enserreront aussitôt, me faisant me délecter de ta délicieuse moiteur. Mes lèvres se poseront sur le bouton de ta rose, tandis que deux doigts familiers s’introduiront doucement en toi. Du bout de la langue, de lapements vifs en mouvements amples, je jouerai de tes nerfs et m’offrirai le spectacle de tes soupirs orchestrés comme une symphonie. Un crescendo intense qui se verra prolongé par la volonté d’un capricieux chef d’orchestre. Ces dernières mesures, que l’on aimerait voir durer, clôtureront en beauté les jeux de notre nuit d’ivresse.

Je te rendrai enfin, presque malgré moi, l’usage plein et entier de tes bras qui m’enlaceront ; et nous sombrerons à deux dans un dialogue d’yeux.

C’est ainsi que je pose la plume ce soir et j’aurais tant préféré la poser sur ta peau… mais, las, ce ne sera que pour une prochaine fois.

Fiévreusement, je t’embrasse.

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