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Lettres

Chère inconnue,

Depuis des mois maintenant nos chemins se croissent chaque matin, dans les transports en commun ou dans un centre commercial à proximité de nos lieux de travail.

Je ne sais pas si vous m’avez vu, je suis d’un caractère plutôt discret et mon physique est des plus banals.

Par contre, je vous ai remarqué de suite, votre démarche élégante, vos vêtements choisis avec goût.

Votre tatouage à la cheville, qui représente une rose, je le trouve délicat, mais qu’est que je n’ estime pas raffiné chez en vous.

Je n’ai pas encore osez-vous approcher, mais je suis certain que votre parfum doit stimuler les sens, envouter, mais puis-je être ensorcelé plus que je ne le suis déjà ?

Donc, comme chaque matin je vous voie, je vous suis, je me place, sur la banquette en face de vous, pour vous observer à distance.

Vous avez l’air perdue dans vos pensées, mais quelle sont-elles.

Vous songez à votre compagnon, à vos enfants ou votre amant.

Votre silence est mystérieux et rajoute à votre charme.

Moi, mes songes ne sont pas sages, je rêve de vous aborder, de vous inviter dans un établissement, de découvrir votre voix, votre passé, votre présent.

Au fur et à mesure rapprocher ma main de la vôtre, de toucher vos doigts.

A la fin du rendez-vous, avoir mon cœur prêt à éclater, avant de savoir si vous accepteriez de me revoir.

A la seconde rencontre, vous prendre dans mes bras et vous embrasser.

A la suivante, peut être que le baiser emporté par la fougue sera plus enflammé.

Ensuite, nous nous découvrirons dans une chambre, nous ôterons nos vêtements, laissant à l’autre le temps apprécier son effeuillage, nous percevrons nos corps, nous célèbrerons cupidon jusqu’à l’étreinte, la fusion.

Une fois allongés offerts nus, nous découvrirons nos formes, je vous caresserai dans la vallée entre vos collines, je remonterai jusqu’ à leurs sommets, je m’attarderai autour de votre intimité.

Vous resterez les yeux fermés, passive.

Lentement, j’approcherai ma bouche de votre bouton de rose, vous serez troublée au frôlement de mes lèvres.

Des soupirs trahiront votre excitation vers un dernier gémissement.

Nous serons indécents, licencieux, sensuels, charnels, luxurieux, mais pas vulgaires.

Si vous le voulez nous deviendrons amants dans les actes et pas seulement dans mes pensées.

Nous nous ferons des serments.

Je me permets de glisser cette missive dans votre sac à main. Elle n’est pas datée car je ne sais pas quand l’occasion se présentera et si j’oserai.

Votre soupirant.

Réponse :

Cher soupirant,

J’ai remarqué votre manège depuis longtemps, je dois avouer que vous feriez un piètre limier.

Par ailleurs, j’aime assez vos manières, votre allure et votre prose me réjouis encore plus.

En outre, vous pouvez savoir qu’actuellement personne n’occupe mes pensées.

Et surtout que la perspective de m’abandonner dans vos bras m’enchante au plus haut au point.

J’ai apprécié le passage de votre lettres où vous évoquiez une ébauche de menu de prélude, je suis sensible aux cajoleries, particulièrement les caresses orales, je frisonne de plaisir en repensant à votre description.

Je rajouterai pour ma part, la dégustation de votre nectar que j’aimerais savourer et laisser couler au fond de ma gorge, je connais assez la nature des amants pour savoir que vous n’y omettrez aucune objection.

Nos attentions de bouche peuvent s’exercer simultanément, têtes bêches, laissant nos mains libres pour d’autres explorations.

Au bout d’un moment, je vous offrirai le privilège de pilonner mon dedans et vous éprendre en moi.

Enfin, parlant de serment je vous fais la promesse de ne jamais partager vos jours, le quotidien de tuera pas notre idylle.

Préservons le mystère de chaque rencontre, elle doit être comme la première, une sacralisation de notre passion.

Cette missive je vous la remettrai en main propre, en prenant garde de ne pas me tromper de galant.

Votre affectionnée.

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