8 minutes de lecture

L'inconnue du train.

Un wagon dans un train du genre de l’Orient Express, comme dans les romans, une machine qui semble sortie du passé, où l’histoire s’est figée.

J’étais donc assis, là, dans une cabine luxueuse bien qu’exigüe. La petite pièce était en fait composée de deux banquettes confortables, se faisant face l’une et l’autre. A ma gauche, la porte du compartiment, en ronce de noyer, lustrée, brillante, mais ne laissant rien percevoir du couloir. A ma droite, une grande fenêtre encadrée par de fin voilages, doublés de rideaux d’un velours plus épais, pour permettre au voyageur d’assombrir intégralement la cabine.

Je m’étais assoupi sur une des banquettes. Après quelques minutes, perdu dans mes songes, les yeux fermés, j’entendis le bruit caractéristique de la porte que l’on tire, le bruit du panneau de bois qui se déplace dans le rail, puis, je sentis passer devant moi une silhouette, légère, et un parfum flotter dans l’étroite pièce en même temps que la porte se refermait.

Cette présence, bien qu’encore irréelle dématérialisée, uniquement rêvée, fantasmée, imaginée, était incroyablement forte. Je perçus le froissement léger d’un vêtement contre le tissu de la banquette d’en face, puis le silence, ou tout du moins le bruit des rails sous le train.

J’ai continué ma sieste quelques minutes, et puis, reposé tout autant que piqué de curiosité j’ouvris doucement les yeux. Ce que je vis me laissa penser que je m’étais endormi encore plus profondément au lieu de me réveiller, car rien, sauf un rêve, ne pouvait être à l’origine d’une telle image. Elle était là, assise sur la banquette d’en face, le visage tourné vers la fenêtre et le paysage défilant, vêtue d’une jupe fourreau de couleur vive et d’un chemisier blanc immaculé, des chaussures hautes, les jambes parallèles et penchées le long du caisson de l’assise.

Hagard pendant un instant, je ne pu qu’avoir l’air d’un parfait idiot quand elle tourna la tête dans ma direction, son visage illumina alors la pièce, un regard pénétrant, intense, profond, presque insoutenable tellement il était abrasif, une bouche dessinant un léger sourire en coin, des sourcils hauts, intensifiant le regard et lui donnant quelque chose de noble, un nez fin et gracieux, un menton harmonieux finissant l’ovale du visage comme une figure géométrique parfaite tracée par la plus pure des plumes, le tout encadré par d’élégants cheveux blonds, rendus dorés par les reflets du soleil tombant.

Retournant à sa contemplation des arbres par la vitre, je ne pu m’empêcher de détailler son corps entier, mes yeux descendant sur son cou, s’y attardant, tombant comme pierre dans le décolleté du chemisier blanc laissant apparaître la naissance d’une poitrine menue, mais fière et maintenue, je poursuivis en détaillant une taille semblant parfaite, puis la courbe que dessinait sa hanche, sa fesse et le prolongement de sa cuisse, appétissante sinuosité, méandre mystérieux et harmonieux, puis je laissais vagabonder mon regard sur des jambes douces, fines mais toniques, terminées par de jolis pieds.

Relevant soudainement les yeux je m’aperçus qu'elle s’était retournée et qu'elle plantait maintenant ses deux saphirs dans mon regard. Pris en flagrant délit, pris au piège, un brin honteux, un brin insolent.

Nous nous défiâmes ainsi du regard durant quelques minutes paraissant des heures entières, puis sans même ciller elle fit la plus remarquable des choses, la même chose que moi, elle commença à me détailler de haut en bas ! Quelle audace, quel aplomb ! Voilà que j’étais mis à nu moi aussi, par une inconnue, mais sans aucune discrétion comme si cela n’était que la monnaie de ma pièce, un juste retour des choses. Ses yeux glissant sur moi eurent l’effet d’un détecteur de métaux, l’angoisse montant, mais en même temps qu’une intense vague de désir. Je voulais cette femme, cette inconnue, je voulais ce corps, ici, maintenant, je voulais ce regard, je voulais connaître son nom et le dire, le répéter, entendre cette voix encore inconnue dire le mien, en redemander, gémir et jouir.

Remontant ses yeux vers les miens je la vis esquisser un sourire plus prononcé et mordre ses lèvres en retrouvant mon regard. Puis se retournant, elle entrepris de ne s’intéresser de nouveau qu’au panorama. Un affront pour moi ! J’étais mis de côté, pas assez satisfaisant, jugé passable, ignoré. Fronçant les sourcils, je me mis à réfléchir pendant quelques temps avant de me décider et venir m’asseoir sans bruit à coté d'elle sur la banquette d’en face. Immédiatement elle se leva, tira un peu sur sa jupe et vint s’asseoir à la place que j’occupais il y a quelques instants à peine. Avant de s’asseoir elle se pencha légèrement en avant pour aplanir le tissu de la banquette, me présentant, sans aucune forme de procès, son derrière, directement en face de mes yeux, à quelques dizaines de centimètres. Une poignée de secondes après elle était de nouveau assise, en face de moi, sur l’autre siège !

J’étouffais un juron, mon ego était piqué au vif. Un jeu ? Elle voulait jouer ? Alors je devais jouer aussi. Mais avant toute chose je devais me montrer impassible, ou tenter de l’être. La défiant du regard je penchais doucement la tête en fermant les yeux, faisant mine de reprendre la torpeur dans laquelle elle m’avait trouvée en entrant. Une dizaine de minutes s’écoulèrent ainsi. Puis un mouvement aérien et presque imperceptible me fit comprendre que j’avais vu juste. Elle aussi avais été irritée par ma soudaine indifférence feinte. Le contact se fit rapidement, son pied, sorti de sa chaussure, était en train de frôler ma jambe. Puis elle entreprit de monter et descendre doucement, caressant mon mollet à travers l’étoffe du pantalon. Mes sens étaient en ébullition, je ne savais combien de temps encore je pouvais prétendre somnoler. Son pied continua son manège puis vint me caresser plus haut, parcourant le long de ma cuisse, s’arrêtant tout net en leur sommet, irradiant de signaux électriques mon entrejambe, qui se mit, irrémédiablement à enfler…

Ne pouvant plus tenir, je pris soudainement sa jambe, l’enserrant de mes mains, et l’amenais jusqu’à moi d’un geste souple, lâchant mon emprise et te réceptionnant par la taille. Là, la tête penchée vers son visage qui me surplombait, je me perdis encore dans ce regard pur, sûr de lui et à la fois doux et sensible au fond, puis, d’un tournemain, j’extirpais son chemisier de sa jupe, passais la tête en dessous, et vint déposer mes lèvres sur la peau douce et savoureuse de sa poitrine, dans le creux de ses seins, entre le tissu de ses sous-vêtements. Remontant mes mains depuis sa taille je pétris ces deux merveilles par-dessus la dentelle, et passant une main dans son dos, je les libérais de leur étreinte, faisant tomber son soutien-gorge à terre dans un bruissement et un petit cliquetis.

Je la fis pivoter, me levant, et l’asseyant à ma place sur la banquette je fis passer son haut par sa tête, enlevant une première barrière, livrant son buste à ma vue, à mes mains, à ma bouche. Je ne me fis pas prier et je couvris cette vision magique de baisers et de caresses. Puis descendant mes mains, je fis remonter le tissu de sa jupe vers le haut de ses cuisses, les libérant ainsi. D’un geste expert elle fit glisser, sans aucune demande, le tissu léger de son sous-vêtement le long de ses jambes jusque par terre. Ecartant ses jambes de mes deux mains, après avoir embrassé son ventre et ses cuisses, je vins me perdre entre celles-ci pour dévorer son intimité. Pendant de longues minutes, avide de son plaisir, je fis festin, soumis à ses gémissements, suivant les directives données par ses mains sur ma tête. Finalement dans un râle elle se cabra de plaisir, appuyant mon visage contre ses chairs, cherchant de l’autre main quelque chose pour s’accrocher sur le mur derrière la banquette.

Puis se remettant d’aplomb, elle me fit me relever, se levant aussi face à moi, me débarrassa de ma veste, ouvrit ma chemise, vint caresser mon torse, et, descendit défaire ma ceinture en déposant des baisers le long de mon ventre. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire je me retrouvais sans rien pour me vêtir mis à part ma chemise. Faisant glisser ses mains sur mes épaules, puis dans mon dos,elle t’accroupit devant moi. Enserrant mes fesses de ses deux mains, elle vint frôler de ses lèvres, puis de sa langue, ma verge dressée. Lasse de ce petit jeu elle l'a prit ensuite en bouche, me laissant là, debout, quasiment nu, offert aux plaisirs charnels de lèvres gourmandes et d’une langue joueuse. Allant et venant, flattant ma croupe, venant parfois titiller mes testicules, elle fit monter en moi un flot bouillonnant de désir.

Après un exercice buccal de haute volée, elle se releva, et, comme elle l’avait fait auparavant pour me narguer, elle se tourna et se pencha en avant pour lisser l’assise de la banquette, me présentant son arrière-train, cette fois-ci nu, libre de toute emprise de tissu. Elle s’y attarda bien plus que précédemment si bien que, saisissant l’invitation ainsi que ses hanches, je vins plaquer mon bas ventre à son postérieur. Mon sexe gonflé, ardent, vint conquérir son intimité, qui n’opposa qu’une faible résistance, l’heure était à la capitulation, à un armistice sensuel, tendre et bestial, jouissif et passionné. Appuyée au dossier du siège elle encaissa avec quelques gémissements les premiers coups, puis se libérant totalement, elle suivi, mena même parfois la cadence, avec ses reins, lâchant parfois son appui d’une main pour venir pétrir un de ses seins et décupler le plaisir. Dehors le soleil s’était couché et la cabine était tombée dans une faible obscurité, simplement éclairée par un voyant lumineux au-dessus de la porte, seuls la lumière crue, brutale et éphémère des lampadaires parfois présents le long de la voie venaient illuminer la scène, son dos, ses cheveux sur sa nuque, ses seins frétillant en suivant la cadence, ses fesses claquant contre le haut de mes cuisses, donnant une allure de rêve, d’imaginaire à ce qui se passait dans ce compartiment de train.

Au plus intense du coït, la jouissance monta en moi, dévorant mes entrailles, cherchant la surface comme l’eau dans un geyser, et je finis par venir dans un râle rauque, ultime trace sonore du siège que j’avais mené à la plus magnifique des forteresses.

Retombant tous deux sur la banquette nous mîmes un certain temps avant de reprendre nos esprits ainsi que nos vêtements. La nuit commençait, nous étions deux étrangers plus si inconnus, satisfaits, épuisés.


Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche