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Lu et approuvé

Cela faisait déjà cinq minutes que j'attendais, assise sur le rebord de la baignoire, sans réussir à me décider à sortir de la salle de bains. Je savais qu'il attendait patiemment dans le salon, qu'il ne viendrait sûrement pas toquer. C'était à moi de me décider, à moi d'y aller. Mais je savais aussi qu'une fois sortie, je ne déciderais plus de rien.

Au bout d'un moment, je finis par me lever. Vêtue uniquement d'une petite robe noire à bretelles, sans rien en-dessous, je sortis de la pièce.

Assis sur le canapé, il m'attendait sagement. La façon dont il me regardait faillit me faire reculer. Il avait un regard de prédateur, sûr de lui et dévorant. J'étais à peine entrée dans la pièce qu'il m'avait déjà déshabillée des yeux. Je me sentais terriblement vulnérable, et presque autant excitée.

Il me fit signe d'avancer jusqu'à lui. Lorsque je ne fus qu'à quelques centimètres, il se leva et, sans rien dire, m'embrassa dans le cou. Je frissonnai. Tranquillement, il fit glisser chacune de mes bretelles le long de mes épaules, m'embrassant sur la bouche cette fois. Ma robe ne tenait plus que grâce à mes bras serrés le long du corps. Il prit le temps de me regarder, me tournant autour comme il l'aurait fait avec une proie. Mon corps face à lui était partagé entre l'intimidation et le désir brûlant.

Puis sans se presser, il se mit à genoux devant moi, et tira soudainement sur le bas de ma robe, la faisant tomber à mes pieds. Voilà, nous y étions. Le seul bout de tissu qui me protégeait encore de son regard inquisiteur gisait à terre, j'étais sans défense et littéralement nue devant lui.

Il se releva pour s'asseoir sur le canapé, et me prit la main pour que je me mette face à lui. Et sans plus se soucier de mes réactions, il glissa une main entre mes cuisses, les écartant suffisamment pour pouvoir glisser sa langue sur mon entrejambe. Instinctivement je mordis ma main gauche pour étouffer un cri, de surprise mais aussi de soulagement. Avant qu'il ne me lèche, j'étais déjà assez mouillée pour que cela me coule le long des jambes. Sentir le désir déferler dans mon ventre était une délivrance en soi.

Je baissai la tête pour l'observer. Lui ne leva pas les yeux pour me voir, concentré à sa tâche. Même si je savais que je n'avais pas le droit, je passai la main dans ses cheveux, appuyant derrière la tête pour lui demander de lécher plus fort. Malgré la bravade, il ne dit rien et s'exécuta. Je sentis une vague de chaleur naître de mon entrejambe et gagner mon bas-ventre. La pointe de sa langue glissait savamment entre mes lèvres, contournant le clitoris, retenant dangereusement le plaisir en l'effleurant parfois.

J'écartai un peu plus les jambes pour le laisser venir. Je commençai à avoir envie qu'il me prenne, de le sentir en moi. Il le comprit sûrement parce qu'à ce moment, il glissa un doigt en moi. Je sentis mes jambes faiblir, et me retins de tomber sous l'intensité de la vague de plaisir qui me submergeait. Un deuxième doigt m'amena au bord de la jouissance. Je renversai la tête en arrière, le souffle coupé. Attentif à mes gémissements, ses coups de langue se firent plus ardents, ses doigts plus pressants. En moins d'une minute j'explosai, me mordant toujours la main pour ne pas crier. Il retira doucement sa langue et ses doigts, en prenant soin de m'amener jusqu'au bout de l'orgasme. Je sentais l'humidité ruisseler entre mes cuisses, mais j'étais infiniment bien, soulagée, délivrée de la tension contenue depuis que je m'étais retrouvée seule assise sur le rebord de la baignoire.

Sans parler, il me fit comprendre que je pouvais m'allonger sur le canapé, le temps de recouvrer mes esprits. Je me laissai tomber lourdement sur le ventre, épuisée de ce que je venais de vivre. Occupée à ne rien faire, je ne l'entendis ni sortir de la pièce ni revenir. Quand il m'effleura la jambe pour me demander de le regarder, il avait une corde à la main. Il prit le temps de s'asseoir près de moi avant de parler.

- Il n'y avait pas beaucoup de règles à respecter, mais visiblement c'est déjà trop pour toi.

Je déglutis.

- Avec les mains attachées ça devrait être un peu plus simple de ne pas les enfreindre, n'est-ce pas ?

J'acquiesçai en silence. Il avait la voix grave, posée, qui n'appelle pas à la contestation. Mais je savais de toutes façons qu'en venant, j'avais accepté les quelques fameuses règles. C'était le jeu. Et visiblement il ne plaisantait pas avec ce genre de précepte.

Il me fit asseoir, dos à lui, et m'attacha les mains ensemble par derrière. Je me sentais terriblement vulnérable, exposée, mais étrangement curieuse et quelque peu excitée.

Il se leva et me fit le suivre jusqu'à une chambre, plutôt sobrement aménagée si ce n'était le lit assez haut et les trois miroirs en pied disposés sur les trois murs entourant le lit. Le tout était relativement intimidant, à peu près au moins que mon hôte.

Il s'arrêta en passant devant un des miroirs. J'avais le visage encore rouge de l'instant d'avant, les cheveux en bataille dont quelques mèches collées à mes tempes. Tout en me laissant le temps de regarder le reflet, se tenant derrière moi, il me caressa les seins, les hanches, laissa ses ongles glisser le long de mes côtes jusqu'à l'aine. Le contact était délicat et électrisant. Mes tétons se durcirent lorsqu'il les effleura, mon entrejambe se mouilla lorsque ses doigts glissèrent vers mes cuisses, chaque partie de mon corps semblait répondre aux stimuli qu'il me soumettait.

Il m'entraîna alors vers le lit, et délicatement me fit allonger sur le côté. Les mains liées dans le dos, ma capacité de mouvement était grandement réduite. Couchée ainsi je ne le vis pas récupérer un bandeau dans la table de chevet, je ne pus que le sentir lorsqu'il le posa sur mes yeux.

Privée de la vue et du toucher, mes autres sens en étaient décuplés. Le moindre bruit me faisait tressaillir, je sentais son parfum plus intensément que jamais, même ses lèvres ne semblaient plus avoir le même goût.

Tout en prenant le temps de me caresser, je le sentis s'allonger derrière moi et dégrafer son jeans. Il glissa sa main entre mes cuisses pour voir si j'étais encore mouillée ; j'étais plus que jamais prête à le prendre en moi, plus excitée encore qu'au contact de sa langue. Il ne se fit pas attendre. Retirant sa main, il se glissa en moi, en douceur mais presque en entier. J'agrippai la seule chose qui me passa sous la main à ce moment là, son tee-shirt. Il dut sentir que je me crispais car il se colla d'autant plus à moi, en passant son bras autour de mon ventre pour me détendre. Je ne pus retenir un gémissement lorsqu'il se retira pour m'emplir plus fort cette fois. Je le sentis se tendre lorsqu'il me prit une troisième fois. Il se retint de gémir en me mordant légèrement la nuque. Je pouvais le sentir devenir plus dur en moi, et cela m'excitait. Je mouillais de plus en plus, jusqu'à tacher les draps. Il accéléra progressivement le rythme, tout en glissant sa main le long de mon ventre pour attendre mon entrejambe et le caresser de nouveau. Toutes ces sensations aveugles qui explosaient dans mon corps m'amenèrent très vite au bord de l'orgasme. Pourtant, je n'arrivais pas à l'atteindre, ou à me laisser aller suffisamment, je sentais qu'il m'en empêchait. Comme s'il me retenait de jouir. Je commençai à grogner, de frustration.

Ce fut ce moment que choisit mon partenaire pour me retourner sur le ventre, et lâcher prise totalement. Il m'allongea complètement face contre le lit, et, tenant mes jambes écartées, se mit à me pilonner autant qu'il le pouvait. Je l'entendais gémir bruyamment tandis que je ne pouvais plus me retenir de crier, mordant les draps au passage. Je sentis qu'à cet instant il ne se souciait plus de moi mais cherchait enfin à jouir lui, ce qui m'excita encore davantage. Ses coups de rein s'étaient faits plus brusques et profonds. Il se tenait à mes hanches, enfonçant ses ongles dans ma chair. Et un instant, je le sentis jouir. Je sentis sa queue se contracter en moi, et lui, exploser dans un gémissement grave.

In extremis je réussis à dégager une de mes mains pour me faire jouir à mon tour, avant qu'il ne se retire. Il le vit sûrement, mais ne dit rien.

Toujours accroché à mes hanches, le souffle court, il se pencha pour m'embrasser le dos, en sueur. Nous restâmes quelques secondes dans cette position, le temps que chacun reprenne sa respiration, puis il se dégagea en retirant mon bandeau et ce qu'il restait de mes liens.

Je me redressai, et m'assis à côté de lui sur le lit.

Il me regarda d'un air sévère.

- Décidèment c'est pas ton truc les réglements. Il va falloir revoir le contrat !

Je baissai les yeux comme une gamine prise en faute.

- C'est bon ça va, je suis pas contre un peu de changement, dit-il sur un ton plus conciliant.

Il laissa passer un instant.

- Je vais prendre une douche, tu veux me faire le dos ?

Je répondis par un sourire espiègle.

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