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Lui

Depuis que je te connais,

Toutes les nuits,

Sans exception,

Tu es ma dernière pensée.


Mon coeur bat

pour tes yeux 

clairs.

Leur voile

se dépose

sur mon corps

nu.

Allongée sur ton lit blanc,

auréolé de bleu,

fraîcheur de mon innocence,

je renaissais alors pour toi.

Pour tout ce que tu m'as offert.


Oh, mon soleil !

Ma plus belle image,

Celle de mes journées.


Ah, mon ami !

Tu m'a fait tant de mal

Pour une immense  joie,..


Je revois encore nos ébats.


Discret, tu l'étais à peine,

Ne pouvant te retenir,

de te perdre dans ma paume

en plein métro,

Ne pouvant nous empêcher

d'unir nos quatre mains,

frileuses,

Nos deux corps qui ont choqués,

pour une main tenant ma taille

et ta bouche dans mes cheveux.


En retard,

essoufflés,

nous l'étions,

mon abandon,

et ton geste fut un frisson.


Je retrouve encore ton premier baiser,

après mes lèvres.

Celui au plus intime de mon être.

Je ressens tes cheveux blancs sur mon ventre pareil,

tandis que nous parlions de la ville de Guérande.

Tu te reposais alors,

sur le dos,

au travers du lit,

des misères de ta vie.

J'étais,

réellement,

ton soutien.

après mille baisers d'amour.


Comment ai-je pu douter,

en te relisant,

que tu m'aies aimée ?

Impossible maintenant.


Je te revois me poursuivre de caresses,

autour de la table,

et malgré l'étroitesse de ta cuisine.

Nous n'étions, alors, plus seuls dans notre antre

et je te fuyais,

riante.


Après le repas,

à quatre,

un baiser offert,

langoureux à souhait.


En fermant les yeux,

je ressens encore mes doigts qui écrivent ton nom,

libre,

partout à mes côtés.

Sur le moelleux oreiller,

Sur la porte entrebâillée,

Sur mon ventre dénudé,

T'en souviens-tu ?

C'était avant notre toute première rencontre...


La sensation,

lèvres et langue,

de tes baisers entourant mes doigts,

mains,

pieds,

est toujours là.

Souvent,

je m'allonge à nouveau,

les bras en croix,

et une larme point.

Avec délicatesse, tu me recueillais...


Mon puits d'amour,

se remplissait toujours,

pour toi.

Ton sirop au parfum d'embruns...


Ton nom est aussi doux,

que ta Corse d'origine,

à l'ombre du soleil.

Tes mots sont

aussi tendres qu'une association

de ton prénom

puis de ton nom,

chantant tous deux une note en "i",

mon chéri...


L'ascenseur me manque,

et ta vue aussi,

A l'époque,

je me trémoussais en tenues d'hiver,

évaluant d'un œil fier les regards des passants.

Ils n'étaient pas toi.

mais étaient des regards d'hommes.

Vois comme tu m'as rendue heureuse,

presque orgueilleuse,

devant ces dames,

et midinettes...!

J'étais heureuse de t'aimer

et fière que tu m'aimes,

fière de t'avoir attiré vers moi,

comme aucune d'entre elles n'auraient pu,

ou voulu,

le faire.


L'amour tel un doux aveuglement.

Le mien fut trop puissant...


Chéri,

ce ton,

mi clair et plaintif,

ne traduit aucun malheur,

même si mes regrets peinent à se tarir.


J'aimerais écrire ta dédicace,

pour moi.

Elle orne ton petit, et seul livre,

un recueil de plaisirs,

"Pour A****,

Incomparable délice,

Ma tendresse."

...

Elle est enveloppée parmi l'échantillon de feuilles d'automne

2017,

ramassées pour moi.

La feuille de figuier fleure toujours le safran...


Ta pochette verte,

forêt,

préservée telle un secret.

Elle l'est,

chaque jour à mes côtés,

ta première surprise...


Je revois surtout,

pour la fin ma plus forte pensée,

nos deux corps réchauffés,

sous la tour Montparnasse.

Nous étions tels deux frégates,

selon toi,

oui,

comme deux oiseaux,

épanouis parmi Paris...

Puis, nous avancions par les boulevards,

moi devant toi,

"comme une biche"

avec un sac rempli de livres,

non ouverts.


Nous avions alors passé

cinq heures unis

par des caresses,

par des baisers,

au creux de ton lit,

et souvent près d'en tomber...


Puis, tu m'avais offert,

suite au tardif déjeuner,

bien des carrés

de chocolat noir.

Mes dents les recueillaient

et ma lèvre léchait,

suçait,

tes deux doigts délicats.


Ton regard bleu,

plié de bonheur.

Deux précieuses perles,

perdues parmi les cernes,

de ta dure existence...


Tu m'appelais "miracle",

tandis que je m'émerveillais

pour chacun de tes gestes qui te,

et me

rhabillait.

La première fois,

pressée,

parmi les rires.

La seconde,

et dernière,

enchantée par nos poèmes,

par ceux que je te récitais

en pliant ma jupe.


J'ai adoré te reboutonner

en appelant l'ascenseur.

Dedans, ce ne fut qu'étreinte,

baiser,

et séparation,

à cause du monde,

qui n'aurait pas supporté de nous voir ensemble.

Plus pudique,

mal à l'aise, peut-être,

j'en étais plus gênée que toi.


Mais, sache,

après tous ces soupirs,

après tous ces mots,

très peu nombreux,

mais qui ont peinés à s'écrire...

Sache que ce ne sont pas nos actes en eux-mêmes

qui m'ont fait le plus d'effet.


Chauds, ils l'étaient.

Frissonnants, un peu moins,

sauf à la toute fin,

lorsque tu m'embrassais le bas du dos

et que j'osais me caresser,

pour toi,

juste là,

à cet endroit si sensible de moi...


Non, ce ne sont pas tes actes,

mais bien tes poèmes,

dans un premier temps,

et depuis toujours,

qui m'ont chavirés pour toi.


Si aucun train n'avait existé,

si tu avais continué ton chemin,

là où tu savais que c'était bon,

alors,

sans doute,

que j'aurais joui pour toi.

Sans doute que je t'aurais amené,

pour la première fois,

jusqu'à mon clitoris,

jusqu'alors introuvable

pour ta langue enivrée.


Oh, ces baisers-là échangés,

tes yeux dans les miens,

et tes mordillements d'amour

(traces de croissants rouges, entre mes cuisses),

pendant que tu te raccrochais

à chacun de mes seins...


La douceur de mon visage,

celle de ma peau,

que tu as chanté,

et nos deux corps qui s'enroulaient sur ton lit,

en 69,

mais pas que...


Pour tout cela,

pour tous mes mots,

ici désordonnés,

et les nôtres entremêlés,

pour,

aussi,

la gousse de vanille

et le carré de chocolat

juste à mon endroit,

et que tu as savouré.

Pour tout ce que nous avons vécu,

mon tendre chéri,

et pour tout ce que nous vivons encore,

fort différemment,

alors moi,

ta lumière du jour,

ton étoile de la nuit,

ta douce A****...


Je te remercie.