7 minutes de lecture

Marie-couche-toi-là 1/6


Ceci est une histoire vraie. Elle serait banale si elle ne m’était pas arrivée. Je crois que bien des femmes (et des hommes !) s’y reconnaitront.

Je vous laisse lire ces pages…


Me voici allongée sur le bureau de mon patron, Monsieur le Directeur de la logistique !

Une à laquelle je ne m’attendais pas. Pas du tout.


Il est arrivé ce matin avec un cadeau pour moi. Ah ! Quoi donc ?

— De la lingerie, annonça-t-il avec un grand sourire.

De la lingerie… Je posai ma tasse de café et, sous ses yeux, défis le paquet aux ficelles dorées ; il ne contenait qu’une petite culotte de fine dentelle noire.

— À l’heure du déjeuner, tu me montreras comment il te va, avait-il dit simplement.

— C’est un ordre ?

— Non, j’aimerais voir, c’est tout.

Je fourrai la lingerie dans la poche de mon manteau et me dirigeai sans mot dire vers mon poste de travail. Nous travaillions la plupart du temps seuls dans ce grand bureau, nos tables éloignées l’une de l’autre. Je m’arrangeai pour tourner le dos au directeur toute la matinée. Il me dicta des correspondances, me donna des rendez-vous à noter sur le planning.


Quand sonna midi, je m’esquivai aux toilettes et enfilai la lingerie de luxe, d’abord juste pour voir. L’équivalent d’un mois de salaire, je n’en avais jamais porté d’aussi chère ! Après tout, relever ma jupe un instant devant le DRH plaçait un solide atout entre mes mains, mon CDD arrivait bientôt à terme ; une perche à saisir. Je me fis un clin d’œil face au miroir.


Il m’attendait debout, grignotant un sandwich. Il avait sans doute deviné le motif de ma courte absence, car il enchaîna immédiatement :

— Alors, elle te va ?

— Ben, tu vas me le dire, fis-je en remontant lentement ma jupe.

— Pas si vite, dit-il calmement.

— Ah bon…

— Allonge-toi sur le bureau.

— Comment ?

— Comme une séance de relaxation.

— Tu te moques de moi ?

— Détends-toi, allonge tes bras en arrière, et respire profondément.


J’obtempérai, un rien curieuse de ce qu’il allait me demander ensuite. Debout derrière moi, il se pencha et retira mon t-shirt, sous lequel je ne portai rien.

— Eh, ça va pas !

Je me redressai, mais il pressa mes épaules pour me maintenir allongée, seins en l’air et ventre nu, juste sous ses yeux.

— C’est pas prévu ça ! lançai-je en m’agitant.

— Tu vas me montrer cette lingerie, on est bien d’accord ?

Il venait de griller une étape, trop tard pour faire marche arrière…

Jouer les prudes maintenant ? Non, mauvais plan.

Je me tus.


Sa main atteignit ma jupe, la défit, et la retira complètement. Je ne portais plus que sa lingerie.

— Voilà ! souffla-t-il en m’observant.

Une colère froide montait en moi. Son manège ne m’humiliait pas, il m’énervait ! Prodigieusement. Ces exigences, ce caprice de patron-gamin qui en prenait à son aise avec la secrétaire, qui plus est en fin de CDD, tout cela méritait une bonne correction.

— Une pièce de lingerie s’apprécie sur un corps nu. Cette petite culotte te va à merveille, ajouta-t-il.

J’affectais un calme relatif.

Face à moi, l’immense baie vitrée par laquelle le soleil coulait à flots, et lui, debout, qui bandait raide dans son pantalon de flanelle.

— Passe derrière moi, tu veux bien ? fis-je promptement.

Il esquissa un geste en direction de mon bas-ventre puis se ravisa.

— Place-toi derrière moi, je te dis ! Vue plongeante sur mes seins !

Il releva la tête, interloqué par mon injonction. Mais vite, il admit que c’était à son tour d’obtempérer…

— Et maintenant mate !

— Oui, répondit-il d’une voix sourde, soudain docile.


Lentement, j’étirai la lingerie et la fis danser dans la lumière. Les jeux d’ombre de la dentelle révélaient ma dune blanche pratiquement glabre (et mon tatouage secret sur ma hanche droite).

Il regardait.

Soudain, ses mains lourdes se posèrent sur mes seins.

— Pas touche ! lançai-je.

D’un bond, je me relevai et retirai sa petite culotte.

Nue face à lui, statique, je pressai sa dentelle fine dans ma main.

Puis je la frottai longuement dans mon entrejambes et la jetai à ses pieds.

— Ramasse !

Il la prit et la porta à son visage.

— Ça t’excite ?

— Oui, oui…


À mon tour de griller une étape !

— Branle-toi.

—…

— Vas-y ! Devant moi.

Il ouvrit son pantalon. Sa bite jaillit. Et il lui imprima de lents étirements, convaincu peut-être que j’allais venir la sucer.

Me voyant me rhabiller, il s’arrêta net.

— Tu me refais un coup comme ça et je te coince pour harcèlement, fis-je froidement.

Je quittai le bureau. Une merveilleuse après-midi de congé, honnêtement arrachée à mon employeur, m’attendait.

Assise au volant de ma voiture, je songeai qu’il avait tout vu, sauf mon cul.



Aujourd’hui, le Directeur de la logistique ne donna pas dans le luxe. Il revint à la charge à mon niveau.

— Montre-moi tes dessous.

— Tiens donc, ça te reprend ?

— Excuse-moi pour la fois passée.

— Cochon !

— Mais non, je veux simplement voir ce que tu portes.

Il insistait — calmement, comme à son habitude — malgré ma menace réitérée de porter plainte pour harcèlement.

Strict, mais toujours courtois. Sa mésaventure précédente n’avait en rien modifié nos rapports professionnels.

Une petite voix en moi-même me dit, soit, voyons cela…


Il dut me sentir consentante, car il enchaîna tout de go : « Allonge-toi sur le bureau. »

Je lui tendis mon smartphone.

— Tu vas prendre des photos, ordonnai-je.

— De toi avec ton propre téléphone ?

— Ça me fera un souvenir…

— Je ne comprends pas.

— J’ai besoin de preuves, ta carrière est en jeu non ?

Un peu vexé de se voir rappelé à l’ordre par une secrétaire prête à montrer ses dessous, son visage s’empourpra. Puis, comme un aveu, il me souffla : « C’est plus fort que moi. »

J’étais de nouveau allongée sur l’immense bureau. Mais cette fois-ci c’est moi qui relevai mon t-shirt, à mi-ventre.

— Photo ! lançai-je.

Le smartphone émit un premier déclic.

Je dégrafai mon jeans et révélai ma culotte, un coton blanc, simple, mais seyant, qui laissait deviner ma fente.

Il se rapprocha…

— Photo !

— Ah oui, j’oubliais !

— Pas moi.

Le téléphone émit un second déclic.

Immobile, il me regardait.

Il se pencha, ses lèvres effleurèrent un instant mon ventre et son visage descendit face à mon slip. Il se mit à humer mon sexe à travers la fine frontière d’étoffe.

Je pris sa tête entre mes mains et pressai son nez entre mes lèvres quand j’entendis mon smartphone tomber sur le carreau.

Je me dressai et repoussai brutalement mon patron. Debout face à moi, hébété, son regard fixait la tache humide libérée par mon sexe.


Je me levai et remontai mon jeans. À mon tour de rougir. Je m’étais comportée comme une allumeuse ; ce n’était pas dans mes mœurs, j’étais plutôt du genre tout ou rien et là…

Je ramassai mon smartphone à la vitre éclatée. L’interrupteur était inactif, l’appareil inutilisable, les photos, mes pièces à conviction, probablement perdues.

Je n’osai pas croiser le regard du mâle que je venais d’éconduire.

Le ton de sa voix, haut dans la pièce, m’indiqua que le patron avait repris le dessus sur la secrétaire.

— Va t’aérer, il ne te reste qu’une demie-heure de pause, ordonna-t-il.


Une fois dehors, je me sentis mieux. Je respirai à pleins poumons.

Je me mis à ricaner sourdement. Somme toute, j’avais garé ma chatte juste à temps.

Et ton cul, Marie ? repris-je à mon compte. Il le verrait à la Saint-Glinglin !



Ah ! j’oubliais, le Directeur de la logistique se prénommait Jérémie.

Mon patron se voulait dans l’air du temps, il avait dès le premier jour donné le la.

— Vous êtes Marie, n’est-ce pas ?

— Oui, c’est cela.

— Enchanté, Jérémie.

— Vous…

— Tu !

— Tu quoi ? fis-je sottement.

— Tutoyons-nous, s’il vous plaît, et mettons-nous au travail immédiatement.

J’étais affectée à son service exclusif, nous travaillions la plupart du temps seuls dans un bâtiment à l’écart.


Quelques mois s’étaient écoulés depuis le fiasco du smartphone. Jérémie conservait un calme distant, respectueux, professionnel.

Ce matin, Jérémie m’annonça, comme une simple formalité, que mon contrat à durée déterminé était reconduit, mon travail donnait satisfaction.

Peut-être pour fêter l’évènement, il me tendit une sobre boîte de carton scellé, à coup sûr un présent de son cru, pensai-je tout de suite.

— Tiens, dit-il simplement en me présentant le cube bordeaux.

— Merci.

Je le glissai dans mon sac fourre-tout et regagnai mon ordinateur.


À la pause-déjeuner, j’avalai quelques fruits dans ma voiture sous une pluie battante puis cherchai mon paquet de cigarettes quand ma main tomba sur la petite boîte du matin. Je défis le cachet et en découvris le contenu : un string blanc à fond de soie, aéré d’affriolantes broderies en dentelle. Un très bel objet.

Mon mari allait se poser des questions. Mais d’autre part, je n’avais pas vraiment envie de jeter cet atour si féminin par la portière.

Sur le chemin du bureau, je fis un détour par les toilettes et ne pus m’empêcher de passer le slip. Il m’allait à la perfection. Je ne m’étais jamais demandé comment Jérémie s’arrangeait pour deviner ma taille exacte…


Le travail se prolongea tard dans l’après-midi, une importante commande exigea de modifier l’organigramme au dernier moment.

La nuit était tombée depuis longtemps, nous étions sur le point de partir.

— Alors ? dit le patron.

— Alors quoi ? répondis-je.

— Alors rien, jeta-t-il dans un haussement d’épaules.

— Ah oui, oui ! fis-je feignant de me souvenir seulement maintenant.

Jérémie avait passé son manteau et se dirigeait vers la sortie.

Je m’assis sur le canapé abricot, relevai ma robe à volants bleu foncé, avançai mes jambes et les écartai légèrement sous le spot du plafond. La dentelle brodée, le fond de soie nacrée épousaient mon entrejambe à ravir.

Jérémie s’arrêta net. Mon regard portait dans le vide tandis que le sien dévorait le spectacle.

Puis je me levai et ma robe retomba.

— À demain, dit-il simplement.

— Une seconde, s’il te plaît !

Nos regards se rencontrèrent enfin.

Sous ma robe, je retirai le slip et le lui tendis.

— C’est trop, Jérémie.

Il prit la lingerie et la renifla sans la moindre gêne.

— Trop… quoi ?

— Trop, c’est tout. À demain.


En traversant la ville, je me repassai le film de la scène. J’éclatai de rire en m’arrêtant au feu rouge. Trop. Trop beau. Pour lui comme pour moi !

En même temps, je pointai que Jérémie avait fait aujourd’hui un sans-faute ! Tout comme moi en lui restituant le slip.

Bah ! Mon mari ne se poserait pas de questions. Ou peut-être si, au cas où il s’apercevrait que je ne portais rien sous ma robe en rentrant du travail.

Je devrais prendre quelques précautions.


Copyright © Ji Bocis 2017                 À SUIVRE…

Écrire à Ji_Bocis

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche