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Marie-couche-toi-là 5/6


Ma paire de fesses hier soir n’avait manifestement pas fini d’émoustiller Jérémie.


Son poignet serrait une étoffe noire ajourée qu’il laissa tomber sur mon clavier. Mon regard se détourna de l’écran où j’épluchais les courriels.

— En voilà des manières !

— Regarde donc, Marie.

Mon expression se figea. Un string de dentelle noire en tous points semblable à la lingerie qu’il m’avait offerte la toute première fois, un an plus tôt. Une fraction de seconde suffit pour me remémorer la scène : étendue sur le cuir havane de son bureau, je lui avais délibérément montré mon con pour le traiter ensuite de cochon, tout évitant précautionneusement de lui offrir, par la même occasion, le spectacle de mon cul.

Je me sentis brutalement projetée à la case départ.

Jérémie devait lire mes pensées. Il s’exprima, pour la première fois, d’un ton vacillant.

— Ce n’est pas ce que tu crois…

— Et je crois quoi, à ton avis ?

— Nous avons fait un bon bout de chemin ensemble, tout a changé, je ne te demande pas de strip

— Tais-toi !

Il obtempéra.


En effet, certaines choses avaient changé. En lui peut-être. En moi surtout. Sans le soupçonner, il m’avait montré, au fur et à mesure, combien lui, Jérémie, importait peu en fin de compte : il pourrait être un autre. Un autre, oui, n’importe quel homme, ou presque. Et moi, n’importe quelle femme aussi.


— Tourne-toi, fis-je.

Je ne conservai que mes bas transparents noirs à jarretelles, passai le string et m’allongeai sur le bureau.

— Maintenant ! ordonnai-je.

Il se retrouva face à moi cette fois-ci.

Je passai tout de suite à l’action. M’appuyant sur mes pieds, je dressai ma colline haut dans l’air. Mes poignets plaqués contre mes hanches, mes doigts se mirent à jouer avec le triangle de dentelle que je tirai vers le haut, puis latéralement, si fort qu’une lanière du string céda révélant mon corps nu dans mes bas transparents, et mon con disponible face à Jérémie.

— À mon tour maintenant, lançai-je, déshabille-toi.

Manifestement déstabilisé, il s’exécuta.

— Tiens-toi droit, face à moi ! Le point de vue a changé, non ?

Les jambes en V, je frottai lentement ma fente, y glissai un doigt, puis deux.

Je considérai l’homme et son sexe érigé comme une flûte de bambou. Je portai mon visage à sa hauteur et me pris à en jouer. Ma langue pourléchait ce bois, exotique pour moi, que je me mis à téter goulûment tandis que j’entendais l’homme gémir. Je cessai soudain et le pressai entre mes doigts. Ma main butait contre son bas-ventre et remontait, butait et remontait.

La passivité de Jérémie m’étonnait. Allais-je l’achever ainsi ?…

La réponse pourtant vint à point nommé.

Jérémie se dégagea et me plaqua rudement sur le bureau. Il écarta mes jambes et me pénétra sans ménagement. Alors seulement, j’eus conscience de mon sexe trempé. Mon fourreau brûlant réclamait une bite, celle de Jérémie en l’occurrence. Ses coups de boutoir répétés m’excitaient terriblement. Je m’ouvris plus encore et enroulai mes jambes autour de sa taille.

— Donne-moi ta chatte ! ordonna-t-il.

— Oh, prends-la, prends-la !

— Tout entière, haleta-t-il.

Il occupait toute ma largeur.

Allant et venant, il touchait le fond où je l’accueillais puis le repoussais par succions successives.

Mon orgasme montant, je hurlai.

— Ensemble Jérémie, ensemble !

Et, mes bas plaqués contre ses flancs, mes cris se mêlèrent à son feulement âpre.



Le lendemain à la pause déjeuner, nous recommençâmes.


Sans le dire, chacun de nous attendait ce moment avec une impatience diffuse.

À dessein ou inconsciemment, je portais les mêmes mes bas noirs transparents ; je n’avais pas changé de culotte, je ne m’étais pas lavée.


Très humide, je me proposai sans préambule sur le bureau, les jambes ouvertes repliées sur mon ventre. Au premier contact de sa langue, mes pétales s’écartèrent. Sa bouche s’appliqua à visiter le moindre recoin de ma fleur tuméfiée qu’elle finit par envelopper complètement comme si elle désirait l’avaler dans son baiser ardent et interminable.

Pourtant, il m’enfila avec la même dureté sans concessions que la veille.

Mes pieds tendus sous mes bas frôlaient le haut de ses cuisses tandis que j’accueillais avec délice ses incessants va-et-vient. Je criais.

Puis, de nouveau, nous atteignîmes l’orgasme ensemble.


Je me relevai plus nue que jamais, enlaçai Jérémie et posait mon visage sur sa poitrine. Une caresse furtive effleura ma chevelure et se perdit dans mon dos. Je réalisai que nous ne nous étions pas embrassés bouche à bouche, que ce n’était sans doute pas nécessaire.

— On t’a déjà baisée ? me demanda-t-il avec une douceur que je ne lui connaissais pas.

— Quelle question ! murmurai-je.

— Mais pas comme ça, hein ?

— Non, fis-je simplement.


Je regardai la pendule et me vêtis pour reprendre le travail.

L’après-midi se poursuivit puis nous nous quittâmes comme si rien ne s’était passé.


Sur le chemin du retour, je conduisais lentement. Mes pensées se bousculaient. Étais-je son esclave ou sa maîtresse ? Pour se taper mon cul, il avait en tout cas méchamment pédalé…

Moi, je ne l’avais pas fait exprès. Je m’étais tapé un mec, comme ça, sans rime ni raison. Jérémie n’était autre que le mec de l’occasion, au bon endroit et au bon moment.

Certes, depuis quelques mois (pas au début), je me délectais au bureau. Mes réticences étaient tombées une à une puis la digue avait cédé sous l’assaut de ce désir sauvage et complice.

Ma voiture amorça l’angle de notre rue. Je me souvins alors de mon mari, que je n’avais jamais trompé — par manque d’occasion peut-être; mais je ne suis pas de celles qui cherchent l’aventure.



Un pont de plusieurs jours s’en suivit. Cela me semblait interminable.

Mon mari était de service, nous ne pouvions partir à la campagne nous changer les idées. Je tournais en rond dans l’appartement, essayant de faire du rangement. Jérémie, ce type, le patron, hantait mes pensées. Je ne comprenais pas.


Je me rendis chez une amie d’enfance.

Nous étions au parc d’attractions avec ses enfants quand mon téléphone sonna.

— Monsieur ? fis-je au son de la voix de Jérémie. Je ne m’attendais pas du tout à un appel de sa part.

— Marie !

— Oui.

— Je connais un hôtel sympathique, pas loin de chez toi, dit-il d’un ton enjoué.

— Ah…

— Est-ce que demain après-midi te conviendrait, disons vers quinze heures ?

— Mais… non, non, ce n’est pas possible.

— Je t’envoie un texto avec les détails.

— Non !

— Comme tu voudras. Moi j’y serai, répondit-il avant de raccrocher.

Quelques minutes plus tard, l’adresse de l’hôtel et le numéro de chambre apparurent sur l’écran de mon téléphone. Mon amie ne s’était rendu compte de rien. Je courus la rejoindre pour jouer avec les enfants.


Je dormis mal. Y aller, ou pas ? Je m’agitais et ne cessais de me retourner dans le lit. Mon mari alla me préparer un calmant. Je finis par m’assoupir entre ses bras.

À quinze heures précises, je pénétrai dans la chambre d’hôtel. Le réceptionniste m’avait remis la clé sans poser de question. La chambre était petite, le mobilier sobre et minimaliste.

Trois heures dix, Jérémie se faisait attendre ! Je fixais les aiguilles de ma montre et soudain je compris : quand Jérémie entra, quelques instants plus tard, il me trouva nue, de profil. Je n’avais conservé que mes jarretelles noires, sans bas. La tête basse, mes cheveux masquaient mon visage.

— Excuse-moi, mais je t’ai laissée te préparer, fit-il dans mon dos.

Il s’approcha et me toisa. Je sentais son regard se promener sur le galbe de mes seins, ma main posée sur mon ventre, mes fesses, puis mes cuisses cernées par les jarretelles.

— Tu boudes ?

L’atmosphère du bureau m’envahit de nouveau : je montrais tout de moi et celui qui voyait aurait pu être un autre, n’importe qui.

— Je ne peux pas ! dis-je.

— Tu ne peux pas quoi ? Laisse-toi faire, répondit-il en me prenant par les épaules.

Il me poussa sur le lit, remonta mes jambes sur mon ventre.

— Étire tes pieds et prends tes talons dans tes mains, ordonna-t-il.

Je m’exécutai et mes cuisses s’ouvrirent grand. Je sentis mon sexe saillir dans l’air et mon anus s’étirer.

Il s’assit, souleva mes fesses et porta mon entrejambe à son visage. Sa langue parcourait mes orifices et chaque repli de mon intimité. Rapidement, mes lèvres tuméfiées, ouvertes comme des pétales, révélèrent mon fruit mûr, impatient.

— Tourne-toi, souffla-t-il.

À quatre pattes sur le lit, j’arquai mon cul. Il me pénétra immédiatement et atteignit mon fond avec la plus grande facilité, évacuant ma dernière réticence. Au contraire, cette levrette — sans doute la meilleure position pour un plaisir anonyme — m’enhardissait.

— Oui, oui, oh oui, continue ! jetai-je frénétiquement à travers la chambre.

Il aurait pu être un autre, n’importe qui. Et moi aussi. Une femme, un homme. C’était simple. C’était bon. Et moi n’importe quelle femme, seulement une chatte brûlante limée au fer rouge. Oh facile, facile oui, je suis facile, tu as raison, hurlai-je en silence, insatiable, et impitoyable dans la quête du plaisir. Pus fort, surtout n’arrête pas s’il te plaît, oh, encore, encore, encore !

Jusqu’à ce que nos corps exultent.



A l’hôtel, succéda un long dimanche de pluie, puis un lundi…

J’espérais un signe de Jérémie (je dus me rendre à l’évidence, je n’attendais plus que cela), mais en vain.


Lasse de serrer mon téléphone en quête d’un hypothétique texto, sans force pour appeler la moindre amie ou connaissance, je m’engouffrai dans une galerie commerciale où je déambulai toute la journée. Une vitrine de lingerie attira mon attention. J’optai pour un string blanc à volants vermillon.

Mon emplette me rapprocha de… de qui, de quoi au juste ? Mon amant ? Certes, je couchai avec Jérémie et j’étais mariée. Enfin, disons que… depuis notre après-midi hier à l’hôtel, Jérémie était mon amant. Avant, c’était autre chose. Quoi ? Je l’ignorais et cela ne me souciait guère.

Je passai une partie du lundi dans la salle de bain. Je m’immergeai dans un bain de mousse très chaud et me laissai abrutir par les vapeurs aux arômes épicés. J’épilai ensuite mon entrejambe avec le plus grand soin, enfilai mon nouveau string et m’amusai à dévoiler progressivement mon sexe glabre face au miroir. La discrète âpreté de ma motte rasée de frais, le tissu blanc au liseré orange que j’étirai au dessous de mes lèvres closes me parurent du meilleur effet.

Je préparai des sandwichs pour mon mari qui rentrerait tard cette nuit et m’endormis vannée, impatiente du lendemain.


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