Marie en liberté

Une saga de Pagerouge - 2 épisode(s)

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Épisode 1 : L'incident

C’est un geste maladroit de ma part qui a tout fait basculer.

Antoine et moi étions installés à la terrasse d’un café que nous aimions bien, parce qu’il donnait sur un petit square arboré, à l’écart de la circulation. A un moment donné, je me suis penchée pour fouiller dans mon sac à main, à la recherche de mon téléphone qui venait de biper, et j’ai entendu la voix d’Antoine me dire :

« Fais attention, Marie… »

J’ai levé les yeux vers lui, étonnée :

« Attention à quoi ? »

« A ton décolleté, on voit tout. »

J’ai baissé la tête et réalisé qu’il avait raison : je ne portais rien sous mon débardeur à petites bretelles et on voyait mes seins, tétons inclus. Je me suis redressée et j’ai rajusté mes bretelles en disant à Antoine :

« Excuse-moi. »

Il regardait ailleurs, vers les tables voisines, notamment une où un vieux monsieur avait les yeux fixés sur moi. J’en vis un autre, plus loin, moins âgé, qui n’avait probablement rien manqué du spectacle non plus.

J’ai posé mon sac sur mes genoux et j’ai fini par dénicher mon téléphone. Ma sœur m’avait envoyé un SMS pour me demander si on pouvait prendre du pain avant de venir. Elle et son ami nous attendaient pour 19 heures.

Par la suite, j’ai veillé à ne plus trop me pencher en avant. C’était un fin débardeur en tissus couleur miel. Je possédais le même en versions kaki et prune. Nous étions au début de l’été et il faisait très chaud. Je n’avais pas eu envie du tout de m’encombrer d’un soutien-gorge ce jour-là. Je n’avais de toute façon pas l’habitude d’en porter souvent. J’ai une petite poitrine et je me sens tellement mieux avec les seins en liberté sous mes vêtements.

Au retour de chez ma sœur, peu après minuit, Antoine veilla à emprunter des petites rues transversales, car nous avions bu. Je m’étais changée entre temps. J’avais mis un chemisier blanc, très sobre, et une jupe noire qui m’arrivait à mi-cuisses. Je me souviens que la radio diffusait un morceau de PJ Harvey lorsqu’Antoine s’est arrêté à un stop et que j’ai remarqué qu’il souriait.

Il a pris la ruelle en face et je lui ai dit :

« Qu’est-ce qui te fait sourire ? »

« Rien, a-t-il commencé par répondre. Je repensais à cet après-midi, sur la terrasse du café. Des hommes ont dû se régaler. »

« Je suis vraiment désolée. »

J’avais oublié l’incident.

Il a posé une main sur ma cuisse et dit :

« Ce n’est pas grave, ma chérie. Sinon je ne sourirais pas. »

« Mais tu penses que beaucoup m’ont vue ? »

Il a fait une petite moue indécise :

« Je dirais au moins trois. »

J’ai soupiré :

« Je ferai attention à l’avenir. »

Nous avons trouvé un autre stop, traversé une grande avenue, longé une autre ruelle, et Antoine a décidé de poursuivre :

« Je ne serais pas étonné qu’ils y repensent encore à l’heure qu’il est. »

« Tu crois ? »

« J’en suis certain. Ce n’est quand même pas rien de voir une paire de petits seins nus en pleine ville et en pleine journée. Ce n’est pas comme si on avait été sur une plage. »

Il avait ôté sa main de ma cuisse et regardait droit devant.

J’ai répondu :

« Ça te travaille, on dirait. »

Il a remué la tête :

« Oui. C’est l’alcool, pardon… »

Puis nous avons atteint la rue où nous habitions. Antoine a dû tourner un peu dans le quartier pour parvenir à dénicher une place. Il a éteint le moteur et nous avons détaché nos ceintures. Puis, au moment où j’allais ouvrir ma portière, j’ai de nouveau senti la main sur ma cuisse.

Je me suis tournée vers Antoine et j’ai trouvé son regard.

Il m’a dit :

« J’ai très envie. »

J’ai souri :

« Tu as très envie de quoi ? »

Sa main me serra brièvement la peau.

« De trop de choses en même temps pour les faire toutes. »

« Tu ne veux pas qu’on rentre chez nous pour en parler ? »

« Pourquoi, tu n’es pas bien ici ? »

Je me suis tournée vers le pare-brise sans répondre. La rue était déserte, orangée sous les halos des lampadaires qui se répercutaient sur les toits des voitures alignées et les marches des entrées d’immeubles. Il faisait très bon et ma tête tournait un peu à cause du champagne. La main me caressait la cuisse, en lisière de ma jupe.

J’ai dit :

« Alors vas-y, raconte de quoi tu as très envie. »

« De tes seins, a-t-il répondu aussitôt. Montre-les-moi. »

« Ici ? »

« Oui. Défais les boutons de ton chemisier et ouvre-le. »

J’ai baissé les yeux vers l’échancrure, puis vers la main qui retroussait légèrement ma jupe.

« Mais si quelqu’un passe dans la rue ? »

Antoine avait cessé de sourire.

« Eh bien, ce sera un veinard et il n’en dormira pas de la nuit. »

« Et ça ne te dérangerait pas ? »

Il a fait non de la tête et dit :

« Montre-les. »

La main s’est décidée à vraiment glisser sous ma jupe, puis à la faire remonter jusqu’à ce qu’on voie ma culotte. Un doigt s’est aventuré le long de l’élastique et j’ai frissonné. Je me suis mise à faire sauter les boutons de mon chemisier en regardant Antoine dans les yeux.

Ensuite, je l’ai ouvert. En grand. J’ai offert mes seins à la rue déserte, et à Antoine évidemment, tandis que le même doigt m’avait incité à écarter un peu mes cuisses sur le siège. Ma culotte était orange, en dentelle.

Si jamais un piéton était venu à emprunter le trottoir dans le bon sens dans les minutes qui suivirent, il aurait vu une femme de 33 ans en train d’ôter son chemisier, le balancer sur le siège arrière, puis soulever ses fesses pour enlever sa culotte. Ensuite, il l’aurait vue défaire sa jupe et se pencher, complètement nue, vers la queue de l’homme à ses côtés. Il l’aurait de même vue poser un pied sur le siège au bout d’un moment, afin de se masturber tout en suçant cet homme qui lui palpait les seins. Et s’il avait été patient, il aurait sans doute vu du sperme jaillir de la queue, sur le bord de la langue de cette femme nue, bien après minuit, dans cette voiture et cette rue tranquille, au beau milieu d’une grande ville.

Le lendemain, Antoine s’est levé tôt pour aller courir. Je suis restée sous le drap, à suivre les bruits qu’il faisait dans l’appartement. Il prit une douche, mit la radio en sourdine, se prépara du café.

Je ne me rendormis pas. J’attendis qu’il s’en aille.

L’endroit où il aimait courir était un grand étang situé à la sortie de la ville. Il fallait vingt minutes pour s’y rendre, et, en général, Antoine courait au moins une heure. Ensuite, il s’arrêtait acheter du pain et des viennoiseries qu’il me ramenait amoureusement.

Nous étions ensemble depuis cinq ans. Nous n’avions pas d’enfants et n’étions pas mariés. Nous gagnions bien notre vie et, jusqu’à la veille de ce matin-là, notre vie sexuelle avait été plutôt classique, même si au fond ce terme ne signifie pas grand-chose. Disons que je l’emploie juste à l’échelle de notre couple et à l’image de ce que notre vie sexuelle était, il y avait encore vingt-quatre heures, c’est-à-dire avant que je me mette complètement à poil dans notre voiture, dans la rue. Avant que je suce Antoine en me masturbant. Avant qu’il éjacule dans ma bouche. Avant que je décide de me faire jouir sur mon siège, juste après, en me répétant ce qu’Antoine m’avait dit à voix basse pendant que je le suçais :

« Je crois que j’ai aimé que des inconnus voient tes seins. »

Ce matin-là, sous mon drap, j’ai attendu qu’Antoine ferme la porte de l’appartement et dévale l’escalier de l’immeuble pour commencer à me masturber. Je dormais toute nue. Je me suis mise sur le ventre et j’ai fait passer ma main droite sous mon corps, jusqu’à mes lèvres qui étaient trempées d’avoir attendu qu’Antoine s’en aille enfin courir.

J’ai joui une première fois, très rapidement, en faisant cogner mes reins sur le matelas, violemment.

J’ai soufflé pendant un moment, puis j’ai pivoté sur le dos. J’ai repoussé le drap, ouvert grand mes cuisses, et j’ai recommencé. J’avais les yeux fermés et j’étais en sueur. J’entendais encore la voix d’Antoine, tandis que ma langue jouait avec la fente de son gland sur le siège conducteur, qui me chuchotait :

« Je crois que j’aimerais que quelqu’un nous voie, là, maintenant. Que quelqu’un te voie à poil juste derrière le pare-brise. »

J’ai joui une deuxième fois et je me suis levée pour aller aux toilettes.

Je me suis rincée les mains au robinet du lavabo, en scrutant mon visage et mes seins dans la glace, en sentant bien que je n’avais pas eu ma dose. D’autant que les mots d’Antoine continuaient de tourner dans mon esprit, comme un 33 tours rayé :

« Je crois que j’aimerais que d’autres inconnus voient tes seins, Marie, sur cette terrasse ou ailleurs. Que tu le fasses exprès. »

J’ai regagné la chambre et j’ai ouvert une armoire. J’ai hésité. J’ai fait des essais. Puis j’ai opté pour la version prune du débardeur que je portais la veille sur cette terrasse. Je l’ai passé et j’ai choisi une jupe que j’aimais bien. Elle était blanc cassé, assez courte, assez souple. J’ai laissé l’armoire ouverte et je suis allée m’asseoir au pied du lit, en face de la deuxième armoire, celle qui avait des miroirs et dans laquelle, couramment, je faisais maints essais de tenues avant de me décider.

Dans le reflet, j’ai croisé les cuisses et distingué ma chatte au cours du mouvement. J’ai pincé les bretelles de mon débardeur et tiré dessus, vers le bas, jusqu’à ce que je voie se dessiner la naissance de mes seins. Puis je me suis penchée, un peu. Un peu, puis beaucoup, comme si je fouillais dans mon sac à main, à la recherche de mon téléphone. Dans le miroir, j’ai vu mes seins. J’ai vu mes tétons. J’ai vu mes cuisses se décroiser et s’entrouvrir, car je ne trouvais pas mon téléphone dans mon sac imaginaire. J’ai vu ma chatte dans le miroir, et je me suis demandée où était passé ce fichu téléphone.

Dans ma tête, tandis que je me masturbais sur le siège passager, la voix d’Antoine me chuchotait :

« Ça t’excite, on dirait ? »

Alors je me suis mieux penchée encore, en ouvrant davantage les cuisses, afin que des inconnus dans le miroir puissent bien voir mes tétons et ma chatte dans un lieu public.

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