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Merci.

C’est notre histoire qui s’achevait, et moi je ne voulais pas le voir, je ne voulais pas y croire. Toutes ces étreintes volées, ces baisers-paradis, ton corps contre le mien, ton parfum, ton odeur… Le goût de l’interdit, celui de ton sexe. Le bonheur d’ouvrir les yeux le matin, parce que j’allais te voir. La déception parfois lorsque tu n’étais pas là. Enfant malade. L’amour en voiture, l’amour à l’hôtel, l’amour chez toi, chez moi, sur l’herbe d’un parc gorgé d’été. La douceur de ta peau, de tes caresses, de ta bouche autour de moi. L’étroitesse de ton vagin, la cicatrice à la lisière de ta toison rase. La beauté de ton sexe. Son goût… Tes gémissements, tes chevauchées sauvages, tes mains comme des serres sur mon torse, tes orgasmes, tes petits seins qui se marbrent, cette petite ride au coin de l’œil, ta bouche qui fond sur la mienne et moi qui jouis en toi.

Le poison de l’interdit aussi, qui s’insinue lentement. Nous étions mariés tous deux. Il n’aurait pas fallu tomber amoureux. Il n’aurait pas fallu. Tu avais voulu te sentir femme à nouveau. Pas seulement mère et épouse. Femme. Et tu m’as fait me sentir homme. Tellement homme. J'ai tellement souvent été ombre depuis. Moi j’ai cru longtemps que tu avais choisi la pire manière, la plus cruelle : l’éloignement progressif. Le chaud et le froid. De moins en moins de chaud. De plus en plus de froid. Du tiède. Et la magie s’est envolée. Et puis les difficultés à bander, l’éjaculation instantanée à peine t’avais-je péniblement pénétrée. De plus en plus fréquemment, alors que nos étreintes devenaient de plus en plus rares. Le cercle vicieux. 

Mais tu n’as rien choisi, je le sais maintenant. Tu parlais à un sourd. Un égoïste aveugle à ta propre souffrance.

Cette dernière fois enfin, où malgré nos caresses, malgré ton corps dont j’aimais tout, absolument tout, qui m’avait si souvent rendu animal, cette dernière fois donc, mou et désespéré, englué dans notre étiolement. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il a suffi d’un mot, un simple mot. Mou et désespéré, englué dans notre étiolement. Je t’ai dit que ça risquait d’être un peu long à venir, presque un trait d'humour. Je t’ai demandé si tu avais du temps devant toi, du temps à m’accorder. Ce temps que tu ne m’accordais plus, presque plus. Tu m’as caressé les cheveux, tu as soufflé « oui ». Mon Dieu, tu es si belle… Et tu m’as sauvé.

Ce fût notre dernière fois. La magie et la grâce, disparues depuis si longtemps, sont revenues nous toucher, comme à nos débuts. Nos corps et nos sexes se sont retrouvés et ont fusionné comme à nos débuts. Nos orgasmes nous ont emportés comme à nos débuts.

Notre toute dernière étreinte fût un missionnaire. Lorsque ton vagin a senti que j’allais jouir, tu m’as demandé de t’embrasser. Bouches et sexes soudés, j’ai explosé en toi et tu t’es abandonnée à ton plaisir.

Ce fût notre dernière fois. Tu m’as accordé qu’elle fût belle.

Merci.

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