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Murmures 07 - Si tu veux pas...

Là je ne pigeais rien... que sa relation soit compliquée avec les kilomètres, ok ! Mais que pouvait-il y avoir d'autre ? Je la scrutai sérieusement. Elle avait perdu son étincelle, son sourire mutin et ses yeux lumineux. Je voulais bien écouter ses soucis, mais avant.... J'aurais voulu savoir si c'était un bon amant.

Et ne dites pas que je suis une curieuse... vous n'êtes pas mieux que moi *sourire* Elle se mordit la lèvre, me montra un abri avec des tables en bois et des bancs. Vu la météo le lieu était désert, mais lors de journées ensoleillées cet endroit devait faire la joie des familles. Elle s'allongea sur un banc, et guigna par-dessous la table. Elle voulait que je m'installe comme elle sur le banc en face et que l'on se regarde. Ça me donna l'impression d'être cachée, visible que d'une partie du visage.


- Il s'est assis sur le bord de son lit, m'a enlacée, a posé son visage contre mon ventre et murmuré : « j'ai du mal à réaliser que tu es bien là. » J'ai posé mes mains dans ses cheveux, les ai embrassés sans rien dire. Moi j'avais du mal à réaliser que j'avais pris la voiture pour faire plus de 300 bornes pour me retrouver près d'un mec que je n'avais jamais vu. Mais ce n'était pas des regrets, juste un étonnement. Ses mains ont glissé le long de mes hanches, il a relevé le visage, ma bouche est venue se coller à la sienne, alors que mes mains agrippaient son t-shirt et le lui retiraient rapidement. Ses doigts faisaient doucement remonter le tissu de ma jupe le long de mes jambes. Non seulement il le faisait lentement, mais en plus ma jupe était très longue. Le coton qui me frôlait les cuisses, me laissant à peine deviner la douceur de ses doigts me rendait folle. Je me suis détachée de ses lèvres, j'ai reculé d'un pas et il s'est excusé.

- Tu... tu ne voulais pas ? Enfin je veux dire... pas tout de suite ? demandai-je surprise.

- Si évidemment que je voulais. Je brûlais, mais il n'allait pas assez vite. J'aurais voulu qu'il m'arrache mes fringues et pas qu'il prenne son temps.

- Excuse-moi Cécile, mais vous n'avez pas échangé beaucoup de mots, si c'est ça que tu appelles prendre son temps...

- Pfffffffff tu m'énerves et lui aussi sur le coup.


Il était confus de s'être laissé aller, d'avoir cru qu'elle avait les mêmes envies que lui, les mêmes besoins. Il s'était relevé, s'était pincé les lèvres avant de murmurer :


- Ne pars pas s'il te plait.


Je gardai le silence. Cécile tourna la tête et semblait regarder le plafond de l'abri. Ses paupières se sont fermées et elle me conta la suite :


- Il avait repris son pull dans les mains et s'apprêtait à le remettre alors que je défaisais les boutons de ma chemise. Ma jupe tenait par un élastique à la taille, je la laissai glisser le long de mes jambes et me retrouvai en sous-vêtement sous son regard ébahi. Je passai mes mains dans mon dos pour dégrafer le soutien-gorge alors qu'il reprenait place au bord de son lit. Il fit signe de m'approcher. Il colla sa bouche sur mon ventre et me demanda de le laisser me déshabiller. Elle marqua une pause dans son récit. Je l'observai toujours et il me sembla voir un frisson la parcourir.

- Ses doigts ont crocheté l'attache, puis ont descendu ma culotte accompagnant le geste d'une caresse. Il releva son regard vers moi. Je glissai mes mains dans ses cheveux, tirai dessus pour lui faire pencher la tête et l'embrassai fougueusement. Je soulevai mes pieds l'un après l'autre pour me libérer d'abord de mes sandales puis de l'emprise de ma culotte, alors que ses mains remontaient le long de mes jambes pour finir par empaumer mes fesses. Je sentis ses doigts s'approcher de ma raie et m'aperçue que j'étais entièrement nue alors qu'il avait encore ses chaussures aux pieds.


Je visualisais parfaitement la scène d'un homme torse nu et de ma sœur en tenue d'Eve, leur baiser passionné, leurs mains sur le corps de l'autre... hummm Enfin pas que j'aime imaginer ma sœur dans cette tenue, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais la situation était très hummm, non ?


- Ses doigts se posèrent sur ma taille, il me fit reculer tout en redoublant de vigueur dans son baiser. Il resserra ses jambes, écarta les miennes, puis se déchaussa sans jamais quitter mes lèvres. Je le sentais bouger, son souffle était haletant et mes mains l'aidèrent à dégrafer son jeans. Je voulais le sentir, me frotter contre lui, que ma poitrine se réchauffe à son contact et je m'assis à califourchon sur ses cuisses. Je sentis son érection, ses doigts me frôler la fente en défaisant le zip de sa fermeture puis tout s'est enchaîné.


Sauf pour moi. Cécile se tut et j'attendis. Je n'osais pas réclamer. C'était très privé comme confidence, mais quand même... Même si mon imagination était fertile, j'aurais bien aimé... encore un ou deux détails. Pas vous ?

Je posai mes pieds au sol de chaque côté du banc et si j'avais été en jupe ma posture aurait été très indécente. Les jambes très écartées, le haut du corps allongé, pour ne pas dire alangui sur cet espèce de tronc d'arbre coupé, les mains sur mon ventre. Le silence n'était entrecoupé que du bruit des feuilles des arbres qui se balançaient au gré du vent.


- Il recula son visage brusquement, m'arrachant un cri. J'adorais comme il m'embrassait. Ses mains ont quitté ma taille et sont venues se poser de part et d'autre de ma tête et sa voix me susurra : « Si tu veux pas... »


Ma sœur ne pas vouloir faire l'amour ? De plus, elle était déjà à poil... Je comprenais et j'étais ravie qu'il veuille prendre quelques dispositions, mais bon, là c'était risible, non ? Mais à nouveau je gardais mes commentaires pour moi.


- Je l'ai bousculé, obligé à se coucher sur le lit, je reculai et finis de le dévêtir dans des gestes brusques et impatients. Il remonta le long de son lit et je suivis le mouvement. Je m'allongeai sur lui, joignis mes lèvres aux siennes et...


Le préservatif, Cécile ! Merde... ne me dites pas qu'elle n'y avait pas pensé ? Et comme si elle m'avait entendu, sa voix changea, sa tête se tourna vers moi et me sourit :


- T'inquiète, on s'est protégé.


Pfffffffff elle me connaissait trop ! Ce n'était pas drôle. 


D'après ses dires, elle se serait câlinée sur lui, d'abord les jambes très serrées tout en reprenant leur baiser, puis gentiment elle aurait écarté ses cuisses. Son sexe se lubrifiait terriblement et le membre d'Arthur commençait à trouver le chemin sans peine. Il avait tendu son bras en direction de la table de nuit sans réussir à l'atteindre, puis d'un mouvement du bassin, il avait fait rouler ma sœur sur le matelas. Il la recouvrait de tout son corps tout en ouvrant le tiroir rapidement. Il sortit une boite de capotes, en sortit une, déchira l'emballage, s'agenouilla entre les cuisses de Cécile et recouvrit son membre.


- Il n'a pas pris son temps pour la dérouler sur son sexe tendu, mais par contre, son regard est passé sur ma silhouette et m'a scrutée réellement. Je me suis redressée sur les coudes, je voulais moi aussi le voir nu. Son sexe me paraissait de belle taille pour le peu que j'avais pu le frôler, et mes yeux eux aussi voulaient se faire plaisir. Ce n'est pas un mannequin avec des tablettes de chocolat et des pect incroyables, mais il est sacrément bien taillé. Il est musclé sans être trop dur. C'est plus confortable, me sourit-elle. Et son sexe pointait magnifiquement. Il était dur, bien gonflé et... je le trouvais beau. D'un coup, j'ai regretté qu'il se soit déjà protégé. J'aurais aimé le branler, et le sucer. Mais je n'ai pas eu le temps, ni le choix. Il s'est couché sur moi, de tout son long, a ondulé du bassin une fois ou deux, le temps que son gland fricote entre mes lèvres pour y entrer délicatement puis sans m'écraser, il a passé ses mains dans mon dos et fixé mon regard. Enfin dès que j'ai pu rouvrir les yeux. Parce que sa pénétration... waouh.


Bon, je ne vous cacherai pas que... enfin j'aime bien les récits érotiques, et j'aime quand ma sœur me raconte ses frasques, mais là ça devenait chaud quand même. Et si comme elle le disait depuis le début, elle me présenterait Arthur prochainement, je pense qu'il serait plus sage qu'elle s'arrête. Je n'ai pas vraiment envie de jouer les voyeuses ou pire... fantasmer sur son mec.


- Tu me dis, hein, quand tu veux que je m'arrête, sourit Cécile.

- Ben je crois que j'en sais assez.

- Et tes lecteurs ? Tu crois qu'eux ils en savent assez ?

- Franchement... à moins de te laisser le clavier je ne vois pas trop...

- C'est une bonne idée. Chochotte.

- Non mais oh ! Je ne suis pas une chochotte... mais franchement, tu peux bien comprendre qu'une partie de jambes en l'air avec un mec que jamais je ne croiserai me pose pas de problème, par contre, là si Arthur vient à la maison dans...

- Demain.

- Quoi ? m'écriai-je en me relevant.

- Il... il arrive demain, répéta-t-elle un peu ennuyée.

- Hein, mais... euh... et... vous dormirez où ?

- Comme les parents vous prennent les enfants pour 3 ou 4 jours, je me disais que...

- Génial ! grinçai-je.

- Oh mais si tu le prends comme ça, on peut aussi aller à l'hôtel, tiqua Cécile.

- Je le prends comme tu me le présentes, frangine ! Evidemment que vous pourrez rester dormir à la maison, mais j'aurais aimé le savoir... genre au moins un jour ou deux à l'avance.

- Pourquoi ? Tu avais prévu un truc de spécial ?


Je ne répondis pas, je lui tournai même le dos, prenant appui contre la table. Forcément que je m'étais fait tout un binz de ce mec, et me dire que demain... il serait là, chez moi. Je le verrai au petit déjeuner et je les entendrai sans doute faire l'amour... Ce n'est pas que je fantasme ou quoique ce soit mais bon... enfin faut me laisser 2 minutes pour digérer l'information.

Cécile s'approcha, s'assit à mes côtés, posa une main sur mon avant-bras, sa tête sur mon épaule et chuchota :


- Je suis amoureuse, Eni. Comme une folle. Je ne vis plus sans lui.


Je m'en doutais un peu. Mais cela ne suffit pas à me détendre. Elle savait que je n'étais pas fâchée, mais que j'avais besoin d'avaler la nouvelle. Sauf qu'elle insista pour tenter de me dérider :


- Et pas qu'à cause de ce qu'il me fait sous la couette.

- T'es con ! soupirai-je.

- Non mais sérieusement, c'est un très bon amant.

- Cécile... soupirai-je. Comment veux-tu que je le regarde « normalement » demain ?

- Je ne veux pas que tu le regardes normalement. Je veux que tu l'observes avec tes yeux en sachant que je suis raide dingue de lui et que tu me dises ton avis, et pas seulement sur son physique. Je ne vois rien, je suis aveuglée par l'amour et j'aimerais savoir s'il parait aussi accro que je le suis. Toi, tu sauras. Toi, tu verras.

- Ouais... c'est clair que je ne vais pas le louper.

- Et si tu pouvais éviter de trop mater ses fesses, ça m'arrangerait.

- Ce sont les mains que je regarde, pas les fesses !

- Mon cul !


J'éclatai de rire. Forcément s'il était à croquer comme elle disait, je n'allais pas me gêner. Regarder ne faisait de mal à personne, n'est-ce pas ?


- Mais à condition que tu arrêtes de me raconter vos culbutes.

- Oh moi qui pensais que tu voulais savoir.

- Oui, je veux savoir et je suis frustrée que tu te sois arrêtée là, mais je ne pourrais jamais le regarder en face si...

- Pas de souci, je raconterai la suite à tes lecteurs et tu liras mes mots quand on sera repartis, ça te va ?

- C'est un bon compromis, souris-je.

Ça serait aussi plus simple pour moi de lire les ébats de ma sœur derrière un petit écran que de l'entendre me les raconter avec ses soupirs et ses yeux pétillants de souvenirs.  

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