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Nuit noire

Je suis suspendue à cette seconde d'éternité.

Ce délicieux instant où, profitant de mon inattention, tu as posé la main sur mon genou.

Beaucoup de futurs amants sous-estiment le pouvoir érotique du genou et de son creux arrière délicat et si doux. Il est le lien fragile mais efficace pour qui veut montrer ses intentions à l'élu(e) de son cœur. Cette partie du corps est délaissé et est ainsi redécouvert dès que l'audace de notre futur partenaire se fait assez ardue. Cet effleurement est également responsable de nombre de secondes d'éternité suspendues dont seuls les amours balbutiants ont le secret.

Tu t'es appuyé délicatement sur le mien pour poser deux chastes baisers sur mes joues rosies par nos discussions et le froid hivernal. Tu es quelqu'un de plutôt énergique et vif sauf quand il est question de se quitter et de se dire à bientôt. Tu empreintes alors une gravité soudaine qui m'a d'abord surprise puis conquise. Je les attends presque ces deux baisers que nous nous échangeons. Je suis de celles qui ont en horreur les baisers d'amis sur les joues mais les tiens, je les attends toujours avec une gourmandise dans laquelle je ne me reconnais pas. D'ordinaire, j'expédie ou tente d'éviter ces séances d'embrassades qui ne m'ont jamais plu ; les tiennes seules sont des souvenirs puisque je me dois d'accorder mon rythme au tien.

Ces au-revoir sont des rituels joyeux où le temps prend plaisir à ralentir sans que je ressente la volonté de plus entre nous.

Les histoires d'amour prennent leur essence et leur magie dans les petits détails des débuts.

Prenant ton air concentré, tu as donc posé tes baisers et ta main. Cette soirée ne sortait en rien de l'ordinaire mais le moment était là. J'ai hésité ce qui m'a semblé être une éternité et j'ai passé la main dans tes cheveux courts et doux en te souriant. J'avais l'habitude de te faire cela surtout quand nous étions en public puisque cela ne semblait pas t'émouvoir outre mesure. Le Je peux ? qui s'échappa de ma bouche n'a pas attendu de réponse. Je t'ai attiré vers moi et goûté tes lèvres qui me tentaient depuis trop longtemps. J'y voyais mille promesses qui ont été exaucées. Délicieux moment. Timide comme tu l'es par nature, tu te prends doucement au jeu. Mes lèvres entrouvertes se voient mordillées et pousse un soupir. Tu souffles un Enfin qui fait couler dans mes veines un feu déliquescent. Reprenant souffle, tu écartes mes cheveux et pose des baisers tièdes dans mon cou. Ta main se hardie et remonte avec une hâte lente et mesurée ma cuisse prisonnière de son bas. Ton pouce me caresse tendrement.

Si le genou est érotique, la cuisse n'est pas en reste. Elle sait attiser les feux intérieurs, polie par les pantalons trop serrés, et deviennent ainsi des plages immaculés et d'une douceur infinie où viennent s'échouer les mains des amants. Mes 2 mains fouillant et décoiffant à présent tes cheveux, l'étroitesse et l'inconfort de la voiture nous force à suspendre nos explorations diverses. Nos regards hagards se replongent l'un dans l'autre ; un ange passe, un sourire timide est partagé et chacun repart explorer le souffle chaud de l'autre.

L'endroit est très peu fréquenté en journée, le voici désert à cette heure très matinale et propice à nos explorations. Cet état des choses a peut être précipité ce qui se passe, les arbres et les buissons servant de chaperons à notre intimité.

Ton souffle se fait plus rauque, ta main plus hardie -la voilà arrivée en haut de mon bas. Tu le retires avec une retenue qui me fascine et attise le feu qui circule en moi. Voici mon corps dressé à traquer la moindre de tes effleurements, le moindres de tes souffles ; mes seins se rappellent à ton bon souvenir pour que tu leur affliges le même traitement. Tu les saisis à travers mon pull d'où ils sont bien visibles. Tes deux mains viennent féliciter ces sommets de poitrine et me déshabillent pour pouvoir en apprécier tout ce qu'ils ont à offrir. Mon pull et mon t-shirt vaincus et à terre libèrent une chaude odeur de propre qui m'enivre et qui te fait t'arrêter un instant. Tu sens vraiment bon…

Ta voix rauque me fait reprendre mes esprits, perdre mon soutien-gorge et j'attire gentiment mais fermement ta tête entre mes seins pour que tu puisse t'y noyer. Tu les explores du bout du nez et, délicat que tu es, tu n'oses pas mordre mes pointes. Croque dedans, croque vas-y ! M'obéissant avec un peu trop d'enthousiasme, tu me fais lâcher un gémissement qui ne t'arrêtes en rien et me fais te serrer plus fort au creux de ma poitrine.

J'ai moi aussi envie de goûter ta peau et son odeur. Les boutons sautent, l'impatience grandit. Ton torse poilu - et déjà vu - prend une autre dimension dans cette voiture embué. Tes poils tracent un chemin vers une contrée que l'impatience me fait suivre. Mes doigts pourtant tièdes saccadent ton souffle et te font rentrer le ventre. L'habitacle avant de la voiture devenant inamicale à nos élans, j'abandonne tout pour passer à l'arrière en prenant soin de mettre sous ton nez fouineur ma toute petite culotte. Tu m'y rejoins sans difficulté - laissant ainsi deviner ta souplesse.

Hésitant sur la marche à suivre, je prends les choses en main en t'installant confortablement sur la banquette arrière. Puis, voyant ta braguette se manifester avec moins de retenue, je la cache en m'asseyant dessus avec mesure. La tension du désir est palpable, nos souffles sont mesurés, se saccadent. Tes cheveux font écho à l'érotisme que me procure tes mains, tes yeux et ta bouche charnue et j'y replonge avec appétit, baisant ton front, tes yeux, ta bouche entrouverte et haletante avec délice. Tes mains ont enfin trouvé place sur mes fesses que tu explores. Tu remontes le long de mes poignées d'amour que j'aime tant et arrives au creux de ma taille que tu sers au rythme de nos effleurements. Ta bouche part de la commissure de mes lèvres et suis la pente jusqu'au creux vallonné de ma poitrine. Je suis parcourue de frissons tandis que tu soumets mon corps aux bons soins de ta bouche et tes mains si précises. Mes cheveux et mes mains fouillent tes cheveux adorables.

Tu lèves ton visage d'entre mes seins et tu me regardes comme si j'étais un tableau rare, m'embrasses. Tu passes une main entre ma culotte et ma peau ; les frissons me parcourent. Tu me fais gentiment reculer de quelques centimètres pour pouvoir ôter ce tissu devenu un obstacle. Tu la mets à hauteur de ton nez pour le humer, tes yeux se ferment à demi. Tu les fermes totalement, glisse quelques doigts sur mon mont de Vénus et arrives jusqu'à mon clitoris. Ma respiration s'arrête, tu continues ton voyage lent dans mon intimité. Tu arrives jusqu'aux portes du plaisir et y enfonce fermement deux doigts dans mon vagin ardent. Un souffle aigu sort de ma poitrine comme malgré moi, un miaulement discret. Continue…

Je me penche vers ton jean et le déboutonne avec une langueur qui te fait rouvrir les yeux pour les planter dans les miens. Ton regard, ta main toujours en moi me font ralentir encore car je te vois bien au supplice. Je prends la braguette entre mes dents et tout en appuyant mon nez contre ton sexe gonflé, je lève les yeux et descends le zip avec un sourire provocateur. Ne reste comme obstacle que ce boxer ; je l'enlève aussi vite que la décence et la petitesse de la voiture me le permet. Voici enfin ton glorieux chibre libéré, écho de mon érotisme. Assoiffé de toi, je goûte ce monument de chair – son bout brûlant sur ma langue. Il est l'objet sensible de mes caresses buccales. De légers spasmes de ta part, tes yeux se fermant à demi, un souffle saccadé sont autant d'indices de ma réussite.

Trop c'est trop, tu me relèves gentiment, me soulève par les hanches et me fait m'asseoir sur ton sexe. Ma cyprine se marie enfin à ta peau. Nous sommes tout deux au bord de l'extase mais chacun veut se retenir, retenir le moment…

Ne voulant pas céder, j'agrippe ta tête et la plonge dans ma poitrine parcourue de frissons. Tu respires mon odeur à plein poumons et sans prévenir, tu me sers à en perdre haleine pour que tu sois au plus profond de moi ; te voici perdant la bataille dans un râle. Je te rejoins dans un orgasme qui semble durer des minutes entières et qui retentit silencieusement dans mon intimité et l'obscurité.

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