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Odalisque 21

Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi ai-je accepté ? Je ne connais pas cet homme. Je ne connais pas son travail, ou si peu. Comment m’a-t-il convaincue ?

Je suis là, nue, face à la glace, dans cette petite pièce. Ce corps. Si grand. Si hors norme. Tout est trop grand, ou trop large, ou trop peu. 1 mètre 84. Des jambes si longues. Mais ces cuisses, ces mollets, n’ont rien de la finesse de ceux des mannequins des magazines. Elles sont musclées, sportives, certes, mais qu’y a-t-il de gracieux là-dedans ? Ces hanches. Ces fesses... Larges, charnues, débordantes, on ne voit qu'elles, même dans ce corps immense… Ce dos infini. Cette carrure de nageuse. Ces mains si longues, mais larges, des battoirs ! Et ces seins. Bonnet C. Pas si mal si j’avais un corps normal, mais dans ce buste massif, ils sont si plats ! Mon visage. Long. J’ai une bouche assez jolie. De grands yeux, bleu foncé, il paraît que ça me donne un regard intense, souligné par mes longs cils. Le tout serait peut-être acceptable s’il n’y avait ce nez. Trop long. Et bossu. On ne voit que lui ! Mes cheveux longs, bruns, trop lisses… J’essaie de les arranger au mieux, avec ces tresses sur le côté, mais au fond je les déteste !

Je n’y arriverai pas. Je vais m’enfuir. Lui dire que je me suis trompée. Que ce n’est pas possible. Que lui aussi s’est sûrement trompé…

On frappe à la porte… Mon dieu, c’est lui, il vient me chercher !


- Hélène, ma chère, êtes-vous prête ?

- Non, Jean-Louis, pas encore. Je… Je ne sais pas… Je ne suis plus sûre…

- Hélène… Ne vous inquiétez pas. Nous ne ferons rien que vous n’acceptiez pas… Rien dont vous ne soyez pas convaincue…

- Je ne sais pas Jean-Louis…

- Hélène… Me laissez-vous entrer ?

- …

Je remets précipitamment mon peignoir.

- Attendez Jean-Louis. Je ne suis pas sûre de vouloir…

- Montrer votre corps ?

- …

- Hélène. Je vous l’ai dit. Vous êtes magnifique.

- Non. Ce n’est pas ce que je vois, là, devant moi.

- Ce n’est pas ce que vous voyez qui importe. C’est ce que moi je vois. Ce que moi je vais réaliser…

- Ce n’est pas ce que les autres voient non plus…

- Alors, ces autres, VOS autres, sont des imbéciles. Hélène… Vous êtes une si belle jeune femme. Une beauté unique. Une féminité... si forte, intense. C’est ce qui m’intéresse…


Jean-Louis… Ce vieil homme. Si élégant. Aux manières si désuètes. Quand il m’a abordée dans ce café, après plusieurs semaines, il m’a dit qu’il m’observait depuis longtemps. Depuis le jour où il m’a vue entrer dans son café habituel et m’asseoir à quelques tables de lui, face à lui. Je dois dire que je l’ai repéré assez vite. Ses regards n’avaient rien de très discret. Mais, curieusement, je ne l’ai jamais assimilé à ces relous qui me dévisagent sans cesse, où que j’aille… Je surprends, j'intrigue, j’attire, mais je fais peur. Je fais fuir. La plupart des hommes n’acceptent pas d’avoir une femme plus grande qu’eux. Et même les plus grands que moi sont surtout curieux : un plan cul, avec une fille comme ça, un corps aussi démesuré, ça doit être quelque chose ! Mais jamais, jamais personne n’imagine la tendresse, s’attarder… Toutes ces relations avortées. Ces mecs déjà maqués qui l’avouent le lendemain et disparaissent… Ces deux connards qui sont restés un peu plus longtemps, avant de me cracher leur mépris en claquant la porte ! J’en ai assez de tous ces mecs. Ces regards. Partout. Tout le temps. Je voudrais être invisible. Passer dans la vie, dans la ville, et que plus personne ne me remarque jamais… Être là, sans être là…


- Hélène… Je comprends que ce soit difficile. Je ne veux pas vous brusquer. Si vous voulez vous pouvez partir, il n’y a aucun problème. Mais laissez-moi vous dire ce que moi, je vois…

Sa voix est si douce. Si empreinte de respect, de bienveillance. Pourrait-il mentir ? A son âge, à quoi bon ?

- Hélène, laissez-moi m’asseoir près de vous et vous raconter…


Il sait si bien parler, mettre en confiance. Pendant toutes ces semaines, il m’a approchée. Doucement. Délicatement. Pour ne pas m’effrayer. Comme un animal qu’on apprivoise. Une bête sauvage, voilà ce que je suis devenue. Je sors mes griffes dès la première approche… Mais lui, je l’ai laissé venir. Me parler. Un homme de plus de 75 ans, que risquerais-je ? Ses regards étaient certes insistants, mais j’y ai vu du respect. Peut-être même de l’admiration… Je n’y ai pas cru… au début. Mais, petit à petit, au détour de nos courtes conversations banales, sur le temps, mon métier, l’actualité, il a su glisser ses petits compliments, comme autant de petites graines. Le soir, devant ma glace, j’ai commencé à y croire… Après tout, c'est un spécialiste. Et si, finalement, je n’étais pas si monstrueuse ?

Une larme coule sur ma joue. Non, je ne peux pas pleurer ! Je ne suis pas si faible ! Je me suis tellement endurcie ! J’essuie cette larme et respire bien fort. Je me calme.

- Hélène…

- D’accord... Vous pouvez entrer Jean-Louis…

La porte s’ouvre. Jean-Louis entre. Lui aussi s’est changé. Il est vêtu d’une grand blouse blanche maculée d’anciennes tâches de couleur. Il prend une chaise et s’assoit à mon côté droit, légèrement en arrière du banc face à la glace où je me tiens.


- Hélène. Voulez-vous que je vous dise ce que je vois dans cette glace ?

- Si vous y tenez…

- Je vois une jeune femme sublime. Mais terrifiée. Meurtrie aussi. Elle a peur. Peur de son corps.

- Non, elle le déteste…

- L’a-t-elle toujours détesté ?

- Oui !

- Vraiment ?

- … Evidemment, pas quand elle était petite…. Mais c’est si loin…. L’insouciance.

- Elle était jolie, cette petite fille.

- Oui, c’est ce qu’on dit toujours. Mais elle était déjà tellement plus grande et forte que la plupart des garçons !

- Elle avait des amis ? Des garçons ? Des filles ?

- Oui. Un peu. Mais ça s’est gâté…

- …

- Vers 10 ans… Mon corps a commencé à changer. Très tôt.

- Trop tôt ?

- Je ne l’ai pas accepté. Ca a grandi. Tout a grandi, poussé. Mes seins. Mes fesses. Mes poils, partout ! C’était difforme, hideux.

- Tout le monde déteste son corps à cet âge-là. Mais vous avez eu des amoureux, non ?

- Quelques-uns. J’ai fait du sport. Beaucoup. Au moins, là, mon corps était un avantage. Du volley. De l’athlétisme. J’étais bonne, surtout au volley, mais pas assez pour atteindre le haut niveau. Quelques garçons se sont intéressés à moi.

- A quel âge ?

- 14 ans, 15 ans… Des baisers. Des mains baladeuses. Je devais me défendre ! Ils veulent toujours toucher. Très vite. Ils n’ont que ça en tête ! Même aujourd'hui. Toucher. Coucher. Tout de suite !

- Ils vous trouvent donc belle !

- Non. Simple curiosité je suppose. Ils veulent voir l’animal, essayer un truc extrême ! Dès qu'ils ont eu ce qu'ils cherchaient ils ne restent pas. Ils vont voir ailleurs.

- Et vous, ils vous attirent ? Il y en a bien quelques uns qui vous ont plu, que vous avez voulu séduire. Vous savez séduire. Vous savez vous habiller élégamment, vous coiffer, vous maquiller. Vos sourcils sont très judicieusement épilés, pour souligner de ce fin trait la courbure de vos yeux. Vous savez que vous pouvez plaire… ne me dites pas le contraire ! Vous avez déjà séduit des hommes.

- …

- Et vous aimez leurs regards. Quand ils vous désirent. Vous regrettez que ça ne dure pas, mais vous aimez qu'ils regardent votre corps, vos formes, que votre féminité les attire… Vous aimez qu'ils vous touchent. Vous caressent. Vous fassent l'amour… Vous aimez la sensualité…


Oh là ! Mais qu'est-ce qui lui prend ? Où est le vieil homme courtois ? Il se croit où là ? Il croit que parce qu'il m'a attirée ici, dans son atelier, parce que je suis presque nue, il peut se permettre une telle familiarité ? Me parler de mon cul ? De ma baise ?


- Hélène. Pardonnez ma familiarité… Moi, dans cette glace, je vois une femme éminemment désirable. Et je suis sûr que la plupart des gens aussi. Si j'étais plus jeune, je rêverais de vous depuis le moment où je vous ai vue entrer dans le café ! De votre corps. De vos courbes, vos formes. Votre visage. Ces yeux immenses. Ce regard. Personne ne peut rester indifférent à l’intensité de ce regard bleu. La délicieuse petite pointe de votre nez. Cette bouche aux lèvres effilées d'où naît la grâce de ce sourire si léger, mystérieux… Cette bouche qui s’arrondit pourtant, si joliment charnue, en son centre… elle doit faire de si parfaits baisers ! Votre cou, si long, si rond.

- Non, il n'a rien de gracieux, vous vous moquez ! Il est massif, disproportionné comme tout chez moi !

- Non Hélène, regardez !!! Ouvrez les yeux ! Regardez la courbure de votre cou, lorsqu'il rejoint vos épaules. C'est sublime !


Je n'en reviens pas ! En disant cela ce vieux coquin a légèrement écarté le col de mon peignoir, dévoilant la naissance de mes épaules. Et je ne dis rien !!! Sa voix est si douce. Si rassurante. Envoûtante ! Ce type m'a hypnotisée c'est sûr. Et maintenant il me déshabille, il faut que je me réveille, que je trouve la force de partir !


- Hélène. Regardez-vous. Ces belles épaules. Regardez-les. Vous les trouvez peut-être trop larges, trop fortes. Mais elles sont pourtant si féminines. Force et douceur. Courbes parfaites. Tellement attirantes. Regardez l’arrondi si doux où naît votre bras ! La ligne de crête de vos muscles ronds et ce triangle, tout juste bombé, qui descend de votre nuque et amortit la chute vers votre dos. On a envie de s'y perdre, de caresser sans fin. Je suis sûr que vos amants les dévorent, les chérissent, ces épaules… Et vous aimez ces caresses. Allez-y touchez ! Caressez ! Cette sublime rotondité, cette douce puissance !


Je l'écoute. Je bois ses paroles. Et, sans résister le moins du monde, je lui obéis. Mes mains se sont posées à la naissance de mon cou. Je le caresse doucement, des deux côtés. Puis je descends lentement vers les bras, écartant encore davantage mon peignoir pour dévoiler mes épaules entières. Je caresse mes épaules et je me regarde dans la glace. Je vais et viens. Je masse. Je ferme les yeux. C'est agréable. C'est vrai qu'elles sont douces, pleines, rondes… mais on sent la puissance dormante de ces muscles… je les détends. Je me laisse doucement aller au plaisir de la caresse sur ma peau.


- Vous voyez Hélène. Elles sont sublimes ces épaules. Elles dégagent une telle sensualité rien qu'à les regarder… Et cette pente douce vers votre poitrine…

Ma main droite s'attarde maintenant sur le haut de mon buste, massant la partie supérieure de mes pectoraux… toujours lentement, doucement, profondément.

- Ce grand espace entre vos épaules, que l'on pressent doux et accueillant… On voudrait s'y lover. Ne plus en bouger. S'endormir bercé par les battements de votre cœur. Là, sur la douce promesse de vos seins généreux…


Mon dieu ! Ma main, tout à son plaisir, s'est abaissée sur le haut de mes seins, dans le décolleté du peignoir qui s'élargit, dévoilant de plus en plus largement mes deux mamelles…


- Vos beaux seins blancs ! Gonflés de plaisir et de désir quand on les caresse, les embrasse… Quelle courbe superbe, généreuse dès sa naissance… délicats globes de nacre à l'ampleur parfaitement harmonieuse en ce buste élancé. Ils sont pleins, sans excès. Attirants et accueillants sans être exclusifs… On veut les baiser, les embrasser, suivre doucement leur courbe pour atteindre ce cercle rose foncé… oui là Hélène… vous sentez cette délicate rugosité, on l'entoure, on la cajole, on la lèche, la titille… pour révéler ce pic sombre, enflé, tendu… ce sommet du désir…


Le peignoir s'est maintenant totalement écarté. Doucement, dévoilant toute ma poitrine gonflée, mes tétons dardés, il s'est affalé. Mon buste est nu jusqu'à la taille. Je me vois dans le miroir. Mes mains caressent mes seins, lutinent mes tétons sensibles, remontent vers mon cou, mes épaules, reviennent…


- Voyez ce galbe Hélène… de profil, comme cela… on sent si bien leur lourdeur et pourtant ils se tiennent, pointes redressées… ils sont fermes, bien en place, volontaires… Cette force, cette volonté dans la rondeur et la grâce, c'est ce qui émane de tout votre corps Hélène… vos seins magnifiques sont parfaitement à votre image !

- Jean-Louis…

- Ne dites rien Hélène. Regardez. Sentez. Prenez-les à pleines mains, voilà ! Pétrissez-les !


Je me touche. Totalement impudique. Je montre mes seins. Mon ventre. Mon dos. A ce vieil homme qui les détaille comme jamais personne ne l'a fait. Il me trouve belle. Je vois son regard brillant, habité, dans la pénombre derrière moi. Il me parle, me chuchote, légèrement penché en avant, la tête juste au-dessus de mon épaule. Il regarde, intensément, mais il ne me touche pas. Je suis bien. Je n'ai plus de peur, plus de honte. Je caresse mes seins, mon buste, devant un quasi inconnu, et j'y prends du plaisir… Ses paroles tendres, sa voix si douce…


- Vous êtes si belle Hélène… C’est si sensuel, vos longues mains aux doigts si fins, qui glissent sur vos beaux seins ronds si pleins de désir, qui les saisissent… Ces frissons qui hérissent le fin duvet de votre peau, là, sur vos bras, votre nuque, et dans le creux de votre dos… Ce dos… Quel dessin ! Ces épaules amples qui s’arrondissent, cette descente vertigineuse, sans fin, cet arrondi magnifique au creux de vos reins, ce défilé étroit avant le débouché sublime dans l’ampleur voluptueuse de vos hanches de femme !


Ce type est fou. Il a des hallucinations ! Mes mains, aux doigts si fins ! Ma taille, si étroite ! Il est malade !!! Mais il a l’air d’y croire ! Et… c’est si doux à entendre… si bien, si gentiment exprimé… S’il peint comme il parle, ça fera peut-être un joli tableau…

Je pétris mes deux seins à pleines mains. Je frémis. Mon souffle s’accélère imperceptiblement. Mon cœur s’agite doucement. Je me regarde, à demi nue. Buste dressé, tête droite. J’affronte mon image. Je la défie. Un sourire tranquille, diaphane, s’esquisse sur mes lèvres fermées. Lentement, mes mains quittent mes seins, glissent sur mes flancs, ma taille, mon ventre…


- Votre ventre Hélène… Caressez-le… Doucement. Comme cela, tournez autour de votre nombril délicieux… Vous sentez cette plénitude. Ces légères courbes moelleuses.… Cette peau, cette chair tellement sensible, attirante… On les couvre de baisers. On les mord. On les lèche… Et ce sillon duveteux, sous le nombril…


Mes mains tournent sur mon abdomen. C’est vrai que c’est agréable. J’appuie de plus en plus profondément. Je sens mes chairs tendres, mes muscles puissants. Cette légère abondance bombée, vers le bas du ventre… Mes mains tournent, élargissent leur cercle. Mes doigts effleurent les premiers poils de ma toison sombre… Le peignoir s’est écarté sur mes hanches, la ceinture s’est relâchée, mon bas-ventre se dévoile lentement. A chaque passage de ma main, le tissu s’écarte un peu plus. Mon triangle noir est presque entièrement visible à présent… Jean-Louis me fixe, il se tait. Cette calme admiration dans son regard, son sourire tendre, confiant. Je me regarde. Sereine. Presque fière de ma nudité qui apparaît lentement dans cette fenêtre.


- Vos hanches Hélène… c'est le sommet de la sensualité… Une courbe si parfaite, douce et moelleuse, du creux de votre taille à la volupté charnue de vos fesses...


Ce vieux coquin reluque mon cul maintenant ! Je suis assise mais le peignoir s'est tellement défait que toute la naissance de mes fesses doit s'offrir à son regard derrière moi.


- Ce dos long, délicat et puissant, cette courbure de vos hanches d'une féminité extrême… c'est d'un tel érotisme ! C'est cela qu'il faut que je peigne… c'est tellement unique, inouï !


Le type tripe sur mon dos et mes hanches ! C'est dingue ! Il ne voit même pas tout mon cul mais il est fasciné ! Machinalement mes mains délaissent mon ventre et se mettent à suivre ce parcours, de ma taille à mes fesses, lentement, plusieurs fois… ce n'est pas désagréable c'est vrai… j'ai l'impression de découvrir cette partie de mon corps pour la première fois. J'ai toujours eu une approche brutale de cette enveloppe que je n'aimais pas. Jamais aussi bienveillante, sensuelle… Et mes pitoyables amants ne m'ont pas beaucoup aidée. Faut-il que ce soit un vieillard qui m'initie à de telles caresses ? Et uniquement par la parole… Je voudrais continuer, plus bas, là, sur mes fesses…

En me caressant les hanches, les fesses, le haut des cuisses, jusqu'à l’obstacle du banc, le peignoir s'est à présent entièrement dénoué. Dans un mouvement de pivot pour observer ces courbes, mes cuisses se sont desserrées. Lorsque mon regard se pose à nouveau sur ma face avant, dans le miroir, je m'en aperçois soudainement. Mon entrejambe s’est dévoilée. Le regard de mon admirateur s'y est abîmé. Non, pas mon sexe ! Cette faille monstrueuse ! Ces lèvres internes fripées, démesurées, qui pendent hors de leur sillon, envahissent tout… et cet appendice proéminent, qui ne rentre jamais en son cocon… je ne veux pas lui montrer ! Je resserre violemment les cuisses, les recouvre des pans du peignoir.


- Hélène… pourquoi avez-vous peur ? De quoi avez-vous honte ?

- Vous le savez, vous avez vu…

- Je n'ai rien vu qu'un sexe de femme ! Magnifique. Envoûtant. Un sexe comme les autres. Il y a tant de dessins différents. De reliefs différents. Votre sexe est beau ! Généreux. Présent. Il s'assume, ne se cache pas. Vous êtes femme. Vous avez un vagin ! Il est là. Vous avez un clitoris ! Il est là. Deux sources infinies de plaisir. De vie ardente. Là, pour vous, entre vos cuisses. Aimez-les, chérissez-les, touchez-les, caressez-les, regardez-les, Hélène… comme tout votre corps de femme, splendide, débordant de féminité, de sensualité !


Je suis sidérée. Personne ne m'a jamais parlé de mon sexe de cette façon ! Ce vieil homme est vraiment gonflé ! Totalement impudique, lubrique, derrière sa bourgeoise bienséance. Et fou ! Mais sa verve, entendre ainsi parler de ma plus grande intimité, partager ce secret avec quelqu'un qui ne cherche pas à me baiser, qui ne s'enfuira pas après avoir tiré un coup ou deux… quelqu'un de bienveillant…

Doucement je desserre mes cuisses. Je laisse retomber le tissu soyeux. Mon entrejambe s'entrouvre. A peine. Je ne regarde pas. J'ai fermé les yeux. Mes mains reprennent leur parcours sur mon corps. Je le caresse en entier. Je le découvre, comme jamais. Mon buste, mes seins gonflés, fiers, mes tétons durcis, mes épaules, mes hanches, mes fesses, mon ventre accueillant… mon triangle touffu. Mes doigts s'y perdent, jouent avec mes boucles noires, fouraillent, massent, débusquent mes muscles enfouis… s'avancent entre mes jambes écartées.

Lentement, mes doigts glissent dans le sillon de mes cuisses, s’attardent dans le petit creux si doux tout en haut. Ils contournent mon sexe, descendent, reviennent, s’approchent de mes lèvres cachées sous ma toison volontairement préservée. Elles m’ont toujours complexée. Au sport, sous la douche. Devant mes amants… Chez le médecin. Elles sont là. Ces petites lèvres qui portent si mal leur nom. Cette situation, cette folle exhibition devant ce vieillard, mes caresses qui se rapprochent, les ont éveillées. Elles se gonflent, s‘écartent doucement, repoussent leurs grandes sœurs qui les enserrent. Tant pis. Je respire amplement, je me laisse aller. Je caresse, je tourne. J’écarte les jambes de plus en plus largement. Mes yeux sont clos. Jean-Louis doit avoir un spectacle d’une totale impudeur : cette grande femme assise, entièrement nue, jambes grandes ouvertes, qui expose son sexe humide, enflé, et se touche… Jamais personne ne m’a regardée me caresser ainsi. Personne n’a jamais vu mon sexe ainsi exposé. Je m’en fiche. Il m’a dit qu’il l’aimait ! Il me dit des choses folles. Ca me plaît. Ca m’excite. Lui montrer. Là. Maintenant. Tout. Puisqu’il le veut !

Ma main droite recouvre mon sexe. Mes doigts se sont posés sur le sillon humide. Ils s'y faufilent doucement. Mon autre main a repris ses caresses sur mon ventre, mes seins, mon buste entier. Cambrée, tendue, tête penchée vers l'arrière, cuisses totalement écartées, mon corps s'offre à mes mains.


- Hélène… Vous êtes sublime. Votre corps ainsi déployé, la courbure de votre dos, vos chairs tendues, avides de plaisir, vos seins gonflés vibrant sous les caresses, vos cuisses douces, généreuses, aux muscles bandés, vos mollets, vos pieds si longs, cabrés de désir… Votre sexe qui s'ouvre, sillon de chair vive au creux de votre buisson sombre… Il est magnifique. Généreux, doux, accueillant, terriblement tentant… Tout votre corps exhale une féminité torride, une sensualité totale, une puissance érotique… inouïe.


Mon dieu, ces mots ! Jean-Louis, vos mots me caressent, m'excitent, me libèrent. Vos mots qui glissent sur mes seins explosifs, sur mes hanches, entre mes fesses, entre mes lèvres, qui pénètrent mon con suivant mes doigts, de plus en plus vite, loin, qui tendent comme jamais mon éperon charnu, mon clitoris gonflé qui vibre de jouissance… J'EN VEUX ENCORE ! BAISEZ-MOI DE VOS MOTS ! DE VOS REGARDS !

Je me lève. Je me retourne et m'agenouille sur le sol, buste en appui sur le banc. Je le regarde, droit dans les yeux. Mon cul, relevé, écarté, s'expose dans la glace. Toute mon entrejambe, mes fesses amples, la vallée qui les sépare, s'offrent à son regard. Il se tait. Je lis la fascination, le désir dans ses yeux. Regardez Jean-Louis ! Regardez mon cul, mon con, je vous les offre, ils sont à vous ! Regardez ma main qui parcourt ma faille incandescente, qui pénètre mon vagin exubérant, qui me fait gémir, qui contracte tout mon être… Regardez mon autre main, qui parcourt mon cul énorme, aux muscles contractés, ces doigts qui glissent entre mes deux collines blanches, qui s'attardent sur mon petit anneau froncé, qui le mouillent, le titillent, et qui s'enfoncent…


- Hélène… c'est si beau !!! Vous êtes si belle !!! Ce visage traversé de jouissance ! Vos lèvres mordues. Votre nuque tendue. Votre dos immense, tout en courbe, votre croupe relevée, vos fesses déployées, dans toute leur majesté… Tout votre sexe grand ouvert... Vos cuisses puissantes, aux muscles étirés… Tout ce grand corps si intensément féminin, offert, tendu de désir et de plaisir. C’est d'une telle puissance érotique ! Hélène… vous m'offrez le plus beau spectacle du monde… toute la sensualité d'une femme abandonnée au plaisir qui l'envahit… Continuez Hélène, montrez-moi, tout… je veux qu'au dernier jour de mon existence le spectacle de votre jouissance m'emplisse encore de cette félicité !


Je crie. Les vagues qui parcourent mon être, qui enflent, se rapprochent, démentielles, ont balayé toutes les barrières. Je crie, je hurle…


- Oui ! Oui ! Prends-moi le cul ! Baise-moi la chatte ! Défonce-moi ! Éclate-moi !!!

- Hélène !!! C'est sublime !!! Votre visage… cette jouissance totale… tellement démesurée… ...Et maintenant… cette calme félicité, ce doux relâchement, cet abandon dans l'ivresse qui s'étend…


Je me suis affalée. Foudroyée par la jouissance comme jamais. Toujours accroupie. Entre mes jambes, ma source intime s'épanche. Ma main caresse doucement mon sexe, mon pubis, la courbe de mes cuisses. Je suis si bien. Calme. Abandonnée. Je souris. Jean-Louis me regarde, me sourit lui aussi, avec une telle bienveillance...

Lentement, je me redresse. Je me retourne. Debout, je me fais face. Cette grande femme dans le miroir. Nue. Comblée de jouissance. Ce corps irradiant une sensualité extrême. Une puissance latente. Ce sexe fertile qui ne se cache pas. Ce corps de femme. Tellement femme. Désirable. Belle…

- Venez Hélène, passons dans l'atelier.

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