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Ondulation bleue

Le dos appuyé contre cette barre, je tangue doucement en suivant le rythme des accélérations, virages et arrêts du bus. La musique m’isole sans pour autant m’empêcher de contempler les gens autour de moi. Qui montent, descendent du bus. Et moi j’ai les doigts qui s’ouvrent et se referment, frottent contre cette barre. Me retenir, me laisser porter par le mouvement. Je pense à la soirée qui arrive. Et ca me rend donne déjà cette sensation d’irradier. Irradier de sensualité, d’envie, de déborder de charisme sexuel. Oui oui, je sais c’est un peu bizarre. Chacun sa façon de se représenter dans sa tête. Moi, je me sens succube. J’ai l’appétit grand ouvert. J’ai envie d’aspirer l’énergie des hommes autour de moi, qu’ils soient fascinés, comme par le chant d’une sirène. Mais sans que j’ai besoin de parler. Juste par mes mouvements. Mon regard. J’ai pourtant bien conscience que les spécimens masculins dans le bus sont absolument hermétiques à ma présence… C’est pas grave. C’est mon fantasme. Alors je me laisse couler dedans. En marchant dans la rue. En sentant le vent collé mes cheveux à ma bouche. A ma façon de pousser la porte si lourde de l’entrée de l’immeuble.

L’avantage quand on sort, pour aller dans un sauna libertin, c’est que les hommes sont bien moins absorbés par leur smartphone que dans les transports en commun. Le second avantage, c’est que j’adore l’eau. Alors je sautille à côté de lui le long des rues dans la nuit. Cela fait plusieurs mois que nous discutons d’y retourner. Mais surtout, dans l’idée que cette fois il s’y passe quelque chose. Pas seulement se baigner. Tester l’ambiance. Mais bien, de la mettre. L’idée de devoir jouer les gardes du corps, et de devoir lancer des regards noirs, ne l’angoisse plus. Il ne l’avouera pas, mais je le devine. La seule chose qu’il l’intéresse, c’est de pouvoir se vanter. Ce soir, c’est lui qui est avec cette fille. C’est lui qui sera envié. Il glisse sa main sous ma jupe et la remonte, me pince les fesses. Je cris, j’en fais une tonne en simulant une douleur bien plus grande qu’elle n’est. Il m’attrape par le col du blouson et colle son front contre le mien. Son regard dans le mien.

« -Arrête de simuler, tu aimes trop ca..

Je me tais, lève les yeux au ciel, niant en bloc cette affirmation.

- Tu veux vraiment faire croire aux gens qui arrivent derrière toi…

Je tente de me retourner un peu paniquée mais il m’en empêche, trop heureux de voir le doute s’emparer de moi.

- Que tu n’aime pas avoir les fesses à l’air, ma main en évidence dessus ?

Je piétine, frottant mes cuisses l’une contre l’autre. Je cherche une réponse. La seule qui me semble la plus approprié pour lui clouer le bec, la plus insolente… L’embrasser à pleine bouche. J’accroche mes doigts autour de son visage. Je le sens qui passe sa main dans ma culotte, la faisant descendre à moitié. L’air froid contraste avec sa peau brulante. Il me pousse contre le mur, preuve que mon ardeur le met dans une position relativement inconfortable.

- Fais moi penser à t’enlever ta culotte avant de sortir la prochaine fois… Que je puisse te prendre quand ca me chante.

Sa main est passé devant, et il enfonce deux de ces doigts, sans délicatesse, pour ponctuer la fin de sa phrase. Je n’ai qu’une envie, le provoquer d’avantage. Le faire perdre pied un peu plus dans son excitation. J’ouvre la bouche, tend la langue d’un regard insistant. Il plaque sa deuxième main contre ma gorge et serre. Le mur est froid. Il me fouille, me possède. Et j’ai du mal à me retenir de gémir. Il voit bien à mes yeux qu’il appuie là où cela fait tant de bien. Il insiste. Il sent bien que au fil des secondes ces doigts sont de plus en plus humide. Je ravale ma langue, cligne des yeux. Et perds pieds lentement. Ne retient plus mes gémissements. Je suppose qu’ils ne sont pas vraiment étouffés d’ailleurs car il s’arrête. Brutalement. Laisse s’installer le silence, et ma respiration se calmer. Puis pose ces doigts mouillés sur mes lèvres. Ma langue vient les lécher. Je ne lache pas son visage des yeux. Les avale lentement. M’applique à reproduire les sensations qu’il aime tant sur sa queue.

- La première chose que tu vas faire quand on sera la bas, c’est me sucer jeune fille.

Il me décolle du mur et me tourne. Je tente d’esquiver la fessée.

J’ai beau avoir une envie folle, une certaine appréhension s’empare de moi au fur et à mesure que l’on s’approche du sauna. Je glisse ma main sur son bras. Petit chaton qui s’accroche. Ca le fait sourire. Son assurance, la façon dont il paye l’entrée, répond que oui, nous savons comment ca se passe. Je suis, sans ouvrir la bouche. Je souris juste, distante. Je laisse l’homme qui nous accueille me dévisager. Me déshabiller du regard. On me l’a dit, mais j’ai toujours du mal à le croire. Que c’est rare qu’une fille comme moi, entendons ici jolie et bien foutu, fraiche, jeune, débarque dans un club. Alors forcément. L’atmosphère change. La nouveauté. Le désir. La chasse. Il me propose une deuxième serviette pour me couvrir. Et c’est le premier mot qu’il entendra de ma bouche, accompagné d’un sourire amusé.

- Non.

Je ne suis pas la pour me cacher. On se déshabille. J’attache mes cheveux en queue de cheval, qui en narguera plus d’un ce soir. Son balancement. Le besoin de la saisir. De me tirer en arrière pour me cambrer. Ou me plaquer à soi. Je me colle à lui, en petite créature fragile. Je veux qu’ils comprennent que c’est vers lui qu’il faudra tourner le regard pour demander. Il y a des hommes seuls. Des couples. Il y a cette lumière bleu de néon. Il me pousse sous la douche.

- Tu me trouve sale ?

Regard insolent. Sa réponse ? Il vient frotter sa main contre mon sexe, encore poisseux et humide. Un éclair dans son regard. Il m’écarte du jet d’eau. Appuie sa main sur mon épaule pour me faire descendre.

- Ca sert à rien que je te lave maintenant… Tu dois me sucer, et on sait très bien ce que ca te fais…

Je ne veux pas tourner la tête pour voir combien de gens nous regarde. Je me doute juste qu’ils sont là. Le savoir me suffit. J’ai faim. J’ai soif. Je veux sentir leur désirs. Je peux l’absorber. Mes gestes sont lents. Je caresse ces cuisses, rapproche mon visage de son sexe. L’effleure de la langue. Referme mes doigts autour de sa queue. Ouvre la bouche. Lève les yeux. Et L’enfonce dans ma bouche, autant que mon regard s’enfonce dans le sien. Ma langue le connait par coeur. Mes lèvres se plaquent contre sa peau. Il enroule ces doigts autour de mes cheveux. Force ma gorge. Me laisser envahir ainsi. Et pourtant le faire céder, au milieu de ma salive et des mes doigts. Avaler, fière. Lécher mes doigts, en souriant. Me relever. Me coller contre son torse.

- Tu peux me laver maintenant…

Et le laisser me ramener sous l’eau qui coule, chaude. Glisser les doigts entre mes jambes. Il frotte, me rince avec application, comme pour bien me montrer que je suis une sale petite insolente qui mouille trop.. Bien trop.. Quand elle le suce.

On entre dans un des jacuzzi. J’adore l’eau. Et puis ces néons qui changent de couleurs. Je n’ai qu’une envie, frôler encore et encore son corps. Jouer. Onduler. Laisser flotter mes seins… Mes fesses. Des éclats de rire… Le charme de l’innocence. Et mon corps qui ne demande qu’à déclencher des érections. Il y a ces hommes, dans les trois autres coins. Je leur tourne le dos. Il n’y a que lui pour les voir me regarder. Les ignorer. Les narguer en faisant ce qu’ils voudraient faire. Me pincer les seins pour me faire revenir contre lui. M’enfoncer ces doigts entre les jambes et me faire gémir. Enfoncer ces dents dans mon cou. Une danse hypnotique. Mon jeu de séduction. De temps en temps, je sens un pied venir me frôler. Tentative lointaine d’attirer l’attention de la naïade de ce jacuzzi. Je le branle, le ramène doucement à une excitation fébrile, puis me soustrait, reviens, l’embrasse, repars.Il enchaine les menaces. Promet que mon cul ne finira pas aussi blanc qu’il l’est. Que je sais parfaitement où cela va me mener. Que ces mots se forment en geste. Son index s’enfonçant entre mes fesses. Je m’approche de lui, me glisse sur lui, vient une énième fois frotter mon sexe contre le sien. Ma bouche nargue la sienne. Je le sais. Il n’a qu’une envie, remonter le bassin et m’empaler.

- Sors de l’eau maintenant.

Le ton me fait sourire. Mais la main qui m’attrape sans ménagement le bras ne laisse pas vraiment la place au doute. Je le suis, laissant trainer mon regard sur l’homme que je suis obligée d’enjamber pour sortir. Il connait les lieux. Moi pas. Alors je le suis. Je laisse mon regard trainer. Je sens certains corps qui se tournent, se lèvent, et suivent. Il me pousse dans une pièce, et laisse la porte entre ouverte. Signifier sans mot que nous ne voulons pas de sollicitation mais que les voyeurs sont bienvenus. Il m’attrape par les cheveux et colle sa queue dans ma bouche. Animal, sans tendresse. Je sens son sexe gonflé dans ma bouche, un peu plus à chaque va et vient sur ma langue. Il m’écarte et me pousse sur la banquette en vinyle. A quatre pattes, les fesses tendus vers lui. Il ramène mes mains sur mes fesses pour que je les tienne écartés. Il déroule la capote. Et je l’attends. Je me sens en même temps fragile. Et terriblement salope. Offerte à lui. Et sans aucun doute aux regards de d’autres. Il pose sa queue contre mes fesses. Je bloque ma respiration, appréhendant une brutalité imminente. Mais il prend son temps. Ne force pas. Avec lenteur, je sens son gland glisser à l’intérieur de moi. Ma joue collé contre le tissu. Je ferme les yeux. Me sentir pleine. De lui. Il m’attrape les poignets, me redresse, enfonçant totalement son sexe dans mon cul étroit. Sa respiration sur mon épaule. Il retire sa queue doucement, pour mieux la remettre. Je gémis. C’est ce qu’il attendait pour se déchainer. Il referme sa mâchoire sur mon cou pour me maintenir contre lui alors que son bassin va et vient le plus fort possible. Je crie, je respire comme si on m’avait privé d’air jusque là. Je suis vivante et je brule entièrement de sensations. J’ai l’impression qu’il ne s’arrêtera jamais. Mais je sens surtout que mon cul résiste de moins en moins à sa queue. Dilatée. Ouverte. Il relâche mes poignets. Je me retiens en posant les mains devant moi. Il s’arrête. M’observe. Retire sa queue et m’écarte les fesses pour constater par lui même. Ca me fait rougir, tout en m’excitant terriblement. Lorsque je sens sa queue me frôler je recule volontairement pour m’empaler sur lui. Je veux encore le sentir en moi. Le sentir bouger. Aller et venir. Il m’assène une fessée de chaque coté. Puis referme ces doigts sur mes hanches pour reprendre là où il en était. Dévaster mon cul. Je tourne mon visage vers la porte. Il y a un homme qui est entré et se masturbe, sans plus de gène. Un couple qui se caresse mutuellement devant la porte en nous regardant. Il se penche et m’attrape par les cheveux. Tire ma tête vers lui. Je l’entends chuchoter à mon oreille, juste pour moi.

- Je vais jouir dans ton cul.

Je ferme les yeux. Garder pour moi son orgasme. Son désir. Son plaisir. J’encaisse ces derniers coups de butoirs. J’ai les jambes qui trembles. Et comme d’habitude, je n’arrive pas à bouger, trop pleine de ces sensations. Il s’éloigne de moi, contemplant mes fesses, ouvertes, et mon sexe qui brille, humide… Je glisse mes doigts dans ma bouche et les suce…

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