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Épisode 4 : Arles - par un soir chaud de juin

Eulalie se leva vers 9h. On était un samedi ensoleillé. Elle avait un peu le temps de se préparer : le train venant de Paris – gare de Lyon arrivait un peu après 15h30. Elle comptait aller chercher Noël sur le quai. Au moins, cette fois, elle ne serait pas obligée d’attendre que tous les passagers se soient éparpillés : elle le reconnaîtrait. Elle se demanda s’il porterait des lunettes de soleil cachant ses yeux gris…

Il faisait doux dans le sud, pas encore les vraies grosses chaleurs. Un temps très confortable pour des promenades à Arles. Il y avait le Colisée et toutes ces vieilles pierres à aller regarder. Mais elle était certaine que des paysages champêtres et plus tranquilles auraient la préférence de son amant.

Elle le vit donc, sur le quai. Malgré un trajet de presque quatre heures, il n’avait pas l’air fatigué : il devait avoir fait un petit somme dans le train. Il portait un sac de voyage en cuir. Il avait l’air d’un touriste qui est habitué aux destinations chaudes. Sa peau était hâlée. Sur la tête un chapeau avec de larges bords. Sur le nez, des Ray-Ban. Un pantalon clair, une chemise bleue et une veste d’été (déjà). Des chaussures italiennes en cuir caramel. Il ne l’aperçut que quand elle eut fini l’inventaire. Elle portait à nouveau un haut bleu sans manches, plus pâle qu’en mai, avec un short assorti, des sandales et une petite besace abricot. Il croyait avoir deviné la lingerie de la même teinte : ne se résoudrait- elle donc pas à porter du blanc uni et uniquement cela ?

Ils s’approchèrent l’un de l’autre en se regardant. Ils avaient tous deux un petit sourire aux lèvres. Ils ôtèrent leurs lunettes de soleil et l’homme lui posa un doux, très doux baiser sur les lèvres. « Alors, ma petite vicieuse, je ne t’ai pas trop manqué ? ». C’était tout ce qu’il fallait pour lui faire perdre pied… Elle adora cette entrée en matière même si cela la heurta tout de même un peu. Il devrait vite s’apercevoir que cette fois, c’était elle qui le ferait tourner autour de son doigt…

….

« Je connais un charmant endroit où nous pourrions dîner. Je vous y emmène ? »

Elle ne parvenait pas à tutoyer cet homme qui avait l’âge d’être pratiquement son grand- père… Elle anticipait le plaisir d’être en sa compagnie. Il était certain qu’il se tiendrait bien, serait galant, et tout et tout. Elle prendrait un malin plaisir à le troubler…

« Ça s’appelle « la Cuisine au Planet » : nous pouvons manger à l’extérieur puisqu’il fait doux. Et si nous avons un peu froid, nous prendrons le dessert et le café à l’intérieur… Il faut juste que nous prenions un taxi. Ce n’est pas loin. »

En effet, cela se trouvait à une dizaine de kms du domicile d’Eulalie. Cadre charmant, il est vrai. Le couple choisit une table sous un grand parasol écru, à l’abri du soleil, même si la jeune femme voulait parfaire son bronzage ! Les arbres et la végétation naturelle donnaient au lieu un cachet authentique qui plut beaucoup à Noël. Même s’ils ne se connaissaient pas beaucoup, il était clair que son amante l’avait déjà bien cerné : bel endroit, bonne chair… La cuisine était délicieuse, raffinée. Des mets auxquels Noël n’était pas habitué étaient présents sur la carte : du taureau, des topinambours… Cela lui mit cependant l’eau à la bouche… Même s’il n’avait jamais goûté à ce genre de choses, il était sûr qu’ils allaient se régaler. Les assiettes arrivant chez leurs voisins de table annonçaient les meilleurs augures… Ils se décidèrent pour la formule « 2 plats » : ils prendraient le plat ainsi qu’un dessert. Noël qui n’était pas très sucré choisirait l’assiette de fromages.

La soirée fut charmante. Ils discutaient littérature, musique, parlaient de leurs goûts en matière de cinéma. Ils avaient décidé de « convertir » chacun l’autre à quelque chose qu’il ne connaissait pas ou qu’il n’appréciait pas réellement. Eulalie parla des films d’E. Lust. Elle admirait les images, les scènes intimes non doublées, les orgasmes non simulés. Noël parla de Bilitis, film de D. Hamilton, qui avait fait grand tapage au moment de sa sortie, en 1977. Eulalie n’était pas née. Le propos du film, c’était tout ce que l’homme appréciait. L’éveil au désir, au plaisir, les amours saphiques, les jeunes filles à peine pubères…

Quand Eulalie entendit l’homme lui parler avec autant de passion de ces étreintes et qu’elle vit le regard brûlant de désirs pour ces jeunes filles, elle enleva sa sandale gauche et son pied nu remonta le long de la jambe de l’homme. Il y eu un petit flottement, puis, il reprit contenance. Il continua de parler, en s’étranglant de temps en temps. Ils étaient toujours assis dehors. Il en était à présent à la description de ces demoiselles, aux traits très doux, aux regards candides, qui découvrent comment se donner du plaisir l’une à l’autre. Visiblement, tant ce qu’il disait que les mouvements du pied d’Eulalie de plus en plus appuyés, faisaient grossir la bosse qui déformait son pantalon clair à l’entrejambe. Ses yeux se voilaient. Il commença de respirer plus fort :

« Elles avaient peu de seins, pas de quoi remplir la main d’un honnête homme, comme on le disait à l’époque, et elles étaient si innocentes, si innocentes…

—Vous vous seriez vu les initier, n’est- ce pas ?

—Avec énormément de finesse et de doigté…

—Racontez- moi comment vous vous y seriez pris.

—D’abord, je dois reprendre un rien mes esprits. Tu me troubles, petite vicieuse…

—Je ne vous laisse que 3 minutes, le temps d’aller me refaire une beauté et de …

—Tu feras comme je te l’ai appris ? Tu arrêteras le pipi en te branlant ?

—J’espère qu’il ne sera pas trop tard. Je vous raconterai… »

L’homme jubilait… C’était presque trop beau, trop bon pour être vrai. Ah, il l’avait bien écolée, son Eulalie… La tension redescendit un peu. La jeune fille revint.

Elle s’était remis un peu de crayon sous les yeux et un peu de mascara. Ses yeux saphir brillaient. Sans un mot, elle passa derrière lui, mis quelque chose dans sa poche et se rassit.

« Un dessert ? Du fromage ? » . Le serveur s’était approché de leur table. Il voyait bien les sourires du couple mais n’avait aucune idée de leur signification…

« Du sorbet pour moi. Et pour vous, Noël, le fromage ? Avec du vin ? Profitez- en : vous n’avez pas à conduire pour rentrer… ».

L’homme acquiesça de la tête. Il était trop troublé pour qu’autre chose pût sortir de sa bouche. Il avait la main dans la poche et palpait l’étoffe bien mouillée qu’Eulalie y avait fourrée. Il porta ses doigts à son nez… Ah, la vicieuse, elle jouait encore à cela. Elle savait très bien ce que cela provoquait de son côté… Il aimait tant qu’elle soit perverse, de cette manière.

En dégustant son sorbet, Eulalie lui sortit le grand jeu. Le parfum framboise lui rappelait celui du gloss qu’elle portait, quand ils s’étaient retrouvés à Paris. Quant à la couleur, et la manière dont elle léchait sa petite cuiller, cela lui donnait de ces idées… qu’il faudrait vite concrétiser… Il ne pourrait bientôt plus réfréner cette envie désastreuse de la voir se tripoter, se masturber devant lui.

Noël régla la note galamment. On lui proposa d’appeler un taxi mais il dit qu’il préférait faire une petite promenade digestive avant de repartir… Ce qu’il avait en tête, c’était un petit jeu auquel il convierait sa partenaire. Il était certain qu’elle ne refuserait pas vu la manière dont elle avait déjà commencé à le chauffer.

Ils quittèrent l’endroit en se donnant la main, très pudiquement. Pour être… seuls, ils devaient sortir du petit village où se trouvait le restaurant. Quelques instants plus tard, à la lueur de l’éclairage de la route, ils s’arrêtèrent… Il fallait qu’Eulalie remédie à la situation dans laquelle se trouvait Noël, à savoir cette érection persistante. Elle s’était déjà masturbée un peu dans les toilettes du restaurant mais lui n’avait pas encore soulagé quoi que ce soit comme excitation. Et la « petite perverse » avait bien œuvré. Il était temps…

Elle se mit à genoux derrière lui. Il défit sa ceinture, la braguette de son pantalon, baissa boxer et pantalon et sentit avec volupté la main droite de la jeune femme attraper ses bourses et sa main gauche lui emprisonner le sexe. Elle le branla tranquillement, sur quelques centimètres seulement, la bouche collée au bas de son dos. Elle ne pouvait pas voir l’effet de sa caresse mais elle sentait très bien combien l’homme était excité. Il respirait de plus en plus vite, de plus en plus fort. Il chuchotait « Oui, c’est ça, continue, ma petite salope. » Son sexe grossissait et devenait de plus en plus raide. Le débit de ses mots se faisait plus rapide mais plus haché. « Encore, continue, plus vite, maintenant ». Elle sentait le petit mouvement de ses fesses se contracter à chacun de ses mouvements à elle. Elle les sentait dures, très serrées. « Argh… c’est bien, ma petite vicieuse, je vais jouir ». Elle l’avait pratiquement à sa merci. Elle se sentait puissante, tellement puissante. Cette fois, elle n’avait pas eu besoin de se branler devant lui, ou de se déshabiller. Elle l’avait excité juste de sa manière à elle et là, elle le masturbait comme elle l’aimait. Elle allait passer à l’étape finale, à présent. Et tant pis s’il trouvait ça trop… Que trouverait- il à y redire, d’ailleurs ?

Alors, sans lâcher son membre, elle se mit devant lui, planta ses yeux saphir dans ceux de son partenaire de jeu. Ils brillaient dans la pénombre. Puis, d’un geste rapide, elle l’engloutit d’un coup, très loin, pratiquement dans le fond de sa gorge et plaqua son pubis contre ses joues. Un doigt dans sa vulve, elle en recueillit de sa cyprine puis l’introduisit dans l’anus de Noël. Il eut un rictus : était- ce du plaisir, de l’étonnement ou un peu de douleur ? Son visage se détendit : « Tu es parfaite. C’est parfait. Je prends mon pied. Vas- y… enfonce- le moi profond. Oui, comme ça. Maintenant, fais- le un peu bouger… »

Elle le sentait perdre pied, vraiment. Tout son corps à lui était parcouru de grands frissons : il avait perdu sa superbe. Il n’était plus capable de dire quoi que ce soit de sensé. Il n’était plus capable non plus de tenir solidement sur ses jambes. Elle le sentait vaciller. Oserait- elle, comme elle se l’était imaginé, le planter là, pantalon et boxer sous les genoux ? Non, ça ne serait pas… courtois… Il avait payé ce si bon dîner. Elle ne se concentrait plus vraiment à ce qu’elle faisait. Elle savait que son orgasme à lui ne tarderait pas, qu’au point où il en était, cela prendrait encore une ou deux minutes, max, s’il tenait jusque là…

Dans la nuit, il y eut un râle, léger mais très présent et surtout, très long. Une longue décharge, un jet, un deuxième et puis encore deux autres. L’homme était complètement déstabilisé. Il avait vraiment affaire à une connaisseuse perverse. Il ne s’était pas attendu à cela. Sa parade, l’excitation qu’elle avait suscitée en lui, ses petits jeux « pas innocents » et là, cette formidable jouissance. Du grand art. Pour le moment, il était un peu groggy mais dans sa tête, il exultait. Il avait trouvé quelqu’une à la hauteur de sa perversité.


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