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Paris

J'avais peur.

Pas seulement.

J'avais envie de lui aussi.

J'avais hâte de le voir, de le toucher.

3 ans d'échanges, de mots parfois doux, parfois sales, toujours excitants.

3 ans de photos, souvent explicites, souvent érotiques, toujours gourmandes.

Les mots sont ce qu'on en fait, les photos sont menteuses. On est libre quand on est caché derrière un écran. Il n'y a pas de défauts, la peau est parfaite, le désir toujours intact, les complexes n’existent pas.

Et puis, l'envie.

L'envie d'aller plus loin.

Sentir le goût de l'autre sur nos lèvres, le corps de l'autre sur son corps, nos sueurs qui se mêlent et nos sexes qui s’emmêlent.

Alors, on s'est donné rendez-vous.

Et l'angoisse qu'il ne bande pas pour moi, qu'il n'ait bandé que pour cette autre plus belle et plus libre qui n'existe que derrière mon pseudo.

Il est venu me rejoindre dans ce studio sous les toits, je m’étais préparée en me disant de ne rien attendre, que la chimie ne serait peut-être pas au rendez-vous. C'est fragile, le désir.

Il y a eu ce léger malaise des premières rencontres.

Il avait réservé pour 20h une table juste à côté. On a échangé quelques banalités pendant le trajet. Mais on se connaît si bien, en vérité. Je connais déjà son corps et les mots qui le font réagir, il connaît déjà mes points sensibles et leurs faiblesses. Alors, en quelques instants, la complicité s'est installée. Retrouvée, en fait. J'avais mis mon décolleté le plus profond car je sais qu'il aime mes seins. Il a souri quand j'ai quitté ma veste et il m'a embrassée juste là, au creux de l’épaule. J'ai soupiré.

Ce repas comme un préliminaire… ces mots codés entre nous qui parlent de sexe sans le dire et que seul l'autre peut comprendre.

Alors, nous n'avons pas pris de dessert, juste un café et l'addition. Le studio sous les toits nous attendait. Nous avons laissé nos complexes et nos défauts dans l'escalier.

Il m'a plaqué contre la porte pour m’embrasser et prendre mes seins à pleines mains.

Il était dur contre moi.

Il a relevé ma robe pour me retirer ma culotte, j'attaquais sa ceinture et la braguette de son jean, nos gestes fébriles, comme une urgence. Et puis nos regards, brûlants, se sont croisés.

Un sourire qui déclenche un petit rire.

« On n'a plus l’âge pour ces acrobaties alors qu'un lit nous tend les bras. »

C'est vrai, on a surtout envie de bien baiser.

Alors, nos mains se calment, nos gestes ralentissent. Pourquoi aller vite quand on a la nuit devant soi ?

Et puis, l'envie de se découvrir.

Voir enfin « en vrai », ce corps que l'on désire depuis si longtemps, le toucher, le sentir, le goûter.

Les mots viennent naturellement. Ils sont tellement familier : sa queue, ma chatte, nous les avons toujours nommés crument, vulgairement diraient certains, ils sont juste sans tabou.

Il m'a si souvent dit son envie de moi que je sais ce qu'il veut. Il veut me baiser avec sa langue.

Je lui ai si souvent raconté mon désir qu'il sait ce dont j'ai besoin. J'ai besoin de jouir sous sa bouche.

Il savait, avant même de me toucher, que j’étais trempée. Je savais, avant de le sentir, qu'il bandait.

Comment tout concilier ? Nous avons 3 nuits devant nous. Tout le temps du monde. Mais d'abord, je veux qu'il jouisse en moi.

Alors…

« Non. Pas ta bouche. Ta queue. En moi. Faisons l'amour. S'il te plaît. Nous baiserons ensuite. »

Il comprend. C'est ce que nous n'avons pas encore eu. Le reste sera pour après. Nous avons 3 nuits pour réaliser tout ce que nous avons imaginé depuis 3 ans.

Oui, tu m'attacheras, j'ai amené ces bas qui te plaisent tellement, juste pour cela. Il fait trop chaud pour les porter.

Oui, je te sucerai, je te laisserai jouir sur mes seins. Je sais que tu en rêves.

Oui, nous baiserons de toutes les façons que nous avons imaginées.

Mais, d'abord, nous allons faire l'amour. Tendrement, juste toi en moi, ce classique missionnaire, presque conjugal.

Nuit 1.

Tu as bien voulu me faire l'amour. Je sais qu'il n'est pas question de ça entre nous. Il n'est question que de sexe et de désir. Nous nous l'interdisons pour mille raisons toutes plus justes les unes que les autres. Et surtout pour n’avoir que le meilleur de nous.

Et pourtant, malgré notre envie de sexe torride, nous avons commencé par de la tendresse et de la douceur. Nous nous sommes caressé mutuellement. Comme si nos mains cherchaient à reconnaître cette peau familière et étrangère à la fois.

Des baisers sur la bouche qui glissent le long de mon cou, qui découvrent mes clavicules, mes épaules, mes seins. Mes mains qui se promènent dans ton dos, se posent sur tes hanches, malaxent ton cul ferme. Tu es plus grand que je l'imaginais. Que penses-tu de mes rondeurs, plus pulpeuses que je te les montrais ? Tu bandes toujours, cela doit te plaire. Nos peaux se reconnaissent. J'ai envie de toi en moi. Que ta queue, que j'ai vu des dizaines de fois, prenne sa place au fond de moi. Elle est belle, puissante, si bien proportionnée. Elle semble faite juste pour moi.

Tes mains se sont frayé un chemin entre mes cuisses. Oui, c'est pour toi que je mouille comme cela. C'est pour t’accueillir au creux de moi. Tu ne peux plus douter de mon désir. Je replie les jambes pour te faciliter l’accès. « Viens. »

Alors, tu me prends, presque hésitant. Je saisis ta queue dans ma main pour la guider. Et tu entres en moi.

Un soupir. Un gémissement. Oui… oh oui…

C’est exactement ce qu'il me fallait. Tu me remplis si bien. Tu bouges lentement. Je sens que tu te contrôles pour faire monter mon plaisir. Mais il est juste là, au bord de basculer. Ce sera un orgasme doux et sucré. Comme un de ces melons de plein été, rond et parfumé.

Pas un orgasme qui te fait crier. Un orgasme à gémissement, ronronnement presque.

Tu me redresses et nous nous retrouvons assis, face à face, toujours imbriqués. Nous faisons l'amour les yeux dans les yeux. Mes jambes sont nouées à ta taille. Tu es prêt à jouir, je le lis dans tes yeux, dans ton souffle saccadé. Je caresse mon clitoris pour venir avec toi et ne pas louper cet orgasme.

Trop tard. Tu as joui. Pas moi. Mais c’était bon quand même.

Tu me dis « Caresse-toi. Je ne t'ai pas fait jouir alors tu vas jouir devant moi. Je te regarde. »

J'ai peine besoin de m'effleurer que ça vient, je le sens qui monte au creux de mon ventre. Ton regard gourmand me plaît. Il augmente mon plaisir. Ton sperme et ma cyprine mêlés, mes doigts glissent. Je regrette un instant de ne pas avoir apporté mon vibro pour que tu vois… mais l'orgasme était si proche qu'il est déjà là. Il me manque ta queue mais je jouis quand même. Tes yeux compensent.

Satisfaite, je me blottis contre toi. Tu bandes un peu.

Ça t'a excité de me regarder. Mais nous avons besoin de récupérer. L’âge…

Nuit 2 :

Tu m’as rejoint avec des sushis. Je n'ai faim que de toi quand tu es là. Alors, je te regarde manger. Prends des forces, tu vas en avoir besoin.

« Tu ne manges rien ? »

Il fait trop chaud… je mangerais peut-être plus tard. Je raconte ma journée, les visites, qui j'ai vu, les bons moments. Que ce repas me semble conjugal !

Je prépare le café. Je termine toujours le repas par un café. Et, dans ma tête, je prépare mon attaque. Non, cher amant, nous n'allons pas jouer au petit couple. Je m'adosse au plan de travail, je te regarde allumer ta cigarette.

Je baisse les bretelles de ma robe. J'avais oublié de te prévenir que j’étais nue en dessous. Je te fixe. Tu me regardes. Je vois que tu me comprends. Je laisse ma robe glisser au sol.

« Reste assis. »

Je m’approche, défais les boutons de ton jean. Tu bandes déjà. J'aime ça.

« Je vais te sucer. »

Mais d'abord, le café est prêt. Je le bois lentement. J'ai un pied posé sur ton entrejambe. Je te caresse. Ton souffle s'est accéléré.

« Installe toi confortablement. »

Je m'agenouille face à toi. Je t'aide à retirer ton pantalon. Ton boxer te va bien mais je te le retire aussi. Je veux pouvoir accéder complètement à ton sexe. Je te prends dans ma bouche. Mes mains te caressent en même temps. Je vais te faire jouir rapidement. Tu gémis déjà.

« Tes seins ! »

Je sais. Maintenant que je t'ai bien enduit de salive, tu veux glisser entre mes seins. Tu me l'as écrit si souvent, que tu n'avais pas besoin de demander. Tu jouis sur ma poitrine et c'est excitant.

« Merci… »

Que tu es courtois, cher amant. Mais il va falloir me rendre la politesse, à présent. Reprends tes esprits, je vais m'allonger. Je t'attends.

Nuit 3 :

Gentil lecteur, je ne te raconterai pas le reste de la nuit précédente. Je ne te raconterai pas non plus mon réveil sous ses coups de langues.

Sache juste que l'orgasme multiple n'est pas un mythe. Il demande du savoir-faire et le sens de l’observation, laisser redescendre la pression juste assez pour que le clitoris ne soit pas douloureux, tout en maintenant l’excitation. Celui qui maîtrise ce tempo délicat aura des amantes heureuses.

Pour ce dernier soir, je dînais avec un autre. Il n'y avait aucune ambiguïté mais il était hors de question que tu le saches, cher amant. Cela ne te regarde pas. Tu me l'as assez dit. Comme la belle blonde qui rentre demain ne me regarde pas. Nous sommes une parenthèse dans laquelle personne d'autre n'entre.

Tu m'as rejoint tard. J'ai quitté l'autre tôt. J'ai eu le temps de mettre mes fameux bas en attendant. Ils ne sont pas là que pour décorer mes jambes. Tu le sais. Cette nuit, ce sera la dernière. Pour l'instant. Alors, tu vas m'attacher. J'ai apporté quelques foulards aussi. Je les ai disposés sur le lit. Taches écarlates sur les draps et mon corps blancs, et mes cuisses gantées de noir. La porte est entrouverte, la lumière tamisée, je pianote sur mon téléphone pour patienter, je choisis la musique qui couvrira nos soupirs. J'ai hâte que tu arrives.

J’entends tes pas dans l'escalier.

Tu ne dis rien. Tu prends un foulard. Tu me bandes les yeux. (J'aime ce verbe « bander ». On bande une plaie, des yeux, ta queue bande…)

Je serai donc entièrement à ta merci, aveugle. Tu m’allonges sur le dos, me retires mes bas l'un après l'autre pour me les nouer aux chevilles. Tu me retournes sur le ventre, m’écartes les cuisses pour me lier les jambes aux montants du lit. Puis, tu noues les foulards à mes poignets. Je suis ouverte pour toi. Tu feras ce que tu voudras, nous l’avons évoqué 100 fois, je m'abandonne à ton désir sans aucune limite. Mon cul, je le déteste tellement, je le trouve laid, avec son gras, ses vergetures, est tout à toi puisqu'il te fait bander si fort.

Une fessée sous tes mains si grandes-tout est grand chez toi- qui me chauffe juste assez pour que la douleur soit excitante. Puis des caresses pour m'apaiser. Et ces mots que tu murmures à mon oreille, leur vulgarité qui n'en est pas.

« Ta chatte est trempée, dommage pour elle. Je vais prendre ton cul. »

Je suis impuissante, soumise à ton bon vouloir. Je sens ta queue dure.

Tu as mis un cousin sous mon ventre. L'impudeur de ma position. Le plaisir et la douleur mêlés. Ton pouce glisse sur mon sexe pour venir titiller ma jouissance. Tu es si imposant. Je brûle. Je vais crier.

« Tu es tellement serrée. »

Et ton corps s'effondre sur le mien dans un râle. J'aime quand ta domination s’achève dans ma victoire. Mon plaisir me renforce. Ton plaisir t'affaiblit. 

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