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Patience

Debout, dans la salle de bains.

Il m’effleure les lèvres, avec deux doigts. A peine un contact ; une immense chaleur.

Ne touchant que mon vêtement, il déboutonne mes poignets de chemise. Sa respiration est plus lourde. Chargée.

Doucement, ses doigts remontent ma manche, et mon bras au travers. Sa seule fantaisie. Ses yeux me le disent.

Concentré, un peu haletant, il enlève le seul fermoir, dévoilant ainsi mon décolleté. Je soupire, veux ses lèvres.

Un parcours électrique naît de mes épaules jusqu’à mon dos.

Intense et sans supplice, il poursuit sa route sans me toucher.

Il reprend un bout de manche. Mon bras s’élève et il me le déshabille, délicatement. Je perle.

Sans me regarder, toujours dans mes yeux, il soulève l’autre, de même. Je résiste à m’arquer contre lui, pour son plus grand soupir.

Mon menton s’élève au ciel.

Ses gestes le rappellent : posés sur ma bretelle, ses doigts retirent mon débardeur. Juste un peu, lentement.

Nos yeux savourent.

N’y résistant plus, je caresse ma peau, à sa suite. Mes bras, où il ne s’aventure pas.

Hhh, il s’agite, infiniment heureux.  

En soutien gorge, je le regarde plier mes deux vêtements. Ce sont des pierres uniques pour lui.

Je brille sous son soleil.

Ses yeux flamboient aussi.

Il ne me retourne pas pour me l’enlever.

Ma bretelle glisse ; mes bras se dénouent de mon ventre. Je me caresse amoureusement, là où le tissu s’en va. Ma peau, son parcours… Il me rend belle.

Plus tremblant, il retire ma deuxième bretelle. Même geste de ma part, plus haletant, en le regardant. J’aime le voir se retenir.

Nous marquons un temps ;

mon soutien gorge glisse, dans sa main. Y reste.

Il gémit et je tremble de me les caresser, de pincer tendrement le premier mamelon venu, de mes doigts écrivains. Il crie un peu. C’est un gémissent bien fort, mais nous tenons encore. Pour longtemps.

Savoureusement, il baisse son regard vers ma fermeture éclair, l’abaisse lentement, ouvre le bouton. Mes reins laissent voir mes gémissements haletants. Il s’en délecte, au supplice de sa joie. Mon pantalon disparaît sous ses mains, et bloque, amoncelé au bas de mes jambes.

- Je sais... souffle-t-il sur ma plainte.

Je lui donne  mon pied, en me maintenant par derrière, contre le mur. Il le dénude.

Penchée, je retrace ses mouvements, de mes orteils sur ma cuisse nue. Il crie dans mes yeux.

L’une et l’autre chaussette enlevée, mon pied frôlant ma jambe, extatiquement. Retenue immense de ses mains, de ses lèvres, pour moi.

Mon sexe encore caché, il entretient mes vêtements, reliques de ma seconde peau.

Toujours avec nous, je ne le sens pas enlever ma culotte et la mettre dans la corbeille à linge, avec mes chaussettes. Je n’ose plus me caresser, préservant ainsi l’intensité.

Résistant à mes fruits, il me fait jouir. Une goutte tombe à terre sans qu’il ne m’ait touchée. A genoux, il se supplie de résister, pour nous. Je ne peux le quitter des yeux, lui tout entier.

Voulant sa chambre, nous nous y dirigeons, non sans un mal sublime. Je gémis follement.

Alors qu’il me couche, mes muscles d’entre deux se contractent fortement, l’appellent d’eux-mêmes. Il est au comble de sa joie. Je crois qu’il en pleurerait.

Je l’appelle et l’appelle encore, avec le peu de voix que mon souffle me laisse. Son nom, encore et encore.

Il m’effleure enfin de ses lèvres, partant du front, aimant les cheveux, me bénissant tout entière. Je me crois au comble de l’attente, en en voulant encore.

Il fait le tour de mon sein,

sans effleurer de sa langue,

mon mamelon.

Je lui intime, mouvante, que mes pieds et mes jambes, douces, ne l’attendent pas. Ma seule toison, soignée, doit être son but.

Lentement, son souffle y arrive. Je n’y tiens qu’à un fil.

«Oui...».

C’est, du plus profond de son être, qu’il m’entoure de son souffle. Je ne sais ce que je fais.

Il cherche, minutieusement précis, mon épicentre.

Mes poings se resserrent, affriolants,

mon corps se cambre, allègrement.

«Encore» et «ah !» se mélangent. Mes traits s’écarquillent.

Je n’ose imaginer l’état de mon liquide.

Bruissement de salive.

Léger ravalement.

Le voici, prenant son temps, titillant, voulant savoir.

Un cri.

De ses yeux aux miens, il me questionne,

Et s’abandonne.

Nous nous abandonnons l’un à l’autre, avec soin.

Un tonnerre à mille douces crampes me traverse les cuisses. Mon coeur résonne et je ne l’entends plus gémir. J’aimerais crier son nom, pour nous. Vraiment, je ne le puis.

Au paradis des plaisirs, les frissons s’offrent à loisir.

Je ne sais les réactions de mon corps ; si mes mains l’enserrent ou se serrent encore.

Je sens mes épaules, les ailes du haut du dos, pousser vers l’extérieur.

Mon corps redessine ses courbes, à l’extase de mon être.

Je me souviens l’avoir vu, ses yeux fermés, contractés sous l’émoi de l’être et des sentiments du membre.

Je me sais presque entière sur sa langue, lorsque, après ces quelques secondes, il me délaisse pour moi.

« Encore! », lors de sa remontée.

« Encore ! », radieusement éplorée.

« Reviens ! », à mon sommet.

Un baiser sur mon front mouillé ;

Un « Je suis là. » sans voix.

Je gémis un peu, sur ses lèvres mouillées de moi.

Je ne peux lui dire : « Veux-tu me boire ? » ; il me confie : « Je veux te faire jouir. ».

Que ne le fait-il pas ! Que ne le sait-il pas, pour chacun de ses baisers, pour le plus vif de ses regards !

Mon sein pincé, il le voulait aussi. Ses cheveux, collés à son crâne, je les lui caresse de mes doigts trempés.

C’est, après un long moment, imprégné de nos odeurs, qu’il me revient de droit.


A suivre...