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Peace & Love


« J’aimerais faire l’amour avec toi », me dit-il en dessous de la boule à facette. Je ne sais pas s’il s’agit d’une libération sexuelle pour nous les filles de nous entendre dire cela par un garçon un peu éméché qui t’a observée d’un œil un peu vicelard pendant que tu dansais dans ta nouvelle jupe.

La mini-jupe

Parlons-en de cette jupe. Je l’ai vue portée dans des magazines féminins à pli ou droite, mais courte, toujours courte. C’est la mini-jupe. Ma mère s’est esclaffée, choquée, en me voyant partir pour la soirée d’anniversaire : « Qu’as-tu fait de la jupe que je t’ai faite ? Tu l’as raccourcie ! » A quoi je lui ai répondu que toutes les filles portaient actuellement cette longueur de jupe. « Ne t’étonne pas alors que les hommes te prennent pour une fille facile », me rétorqua-t-elle. « Ah si ton père était là », finit-elle par dire en soupirant.

Toujours la même rengaine, comme si mon père aurait fait la différence. A voir ma mère, je dirais que non. Depuis son décès dans un accident de voiture, il y a 5 ans, le temps s’est figé. Elle porte toujours les mêmes lunettes papillon en écaille, les mêmes escarpins et même ensemble en tweed. Elle n’a pas changé, juste peut-être quelques cheveux blancs qui s’éparpillent de plus en plus dans sa chevelure parfaitement maintenue par des épingles en chignon et gonflée avec des bigoudis. Ce n’est pas un homme qui a choisi une femme comme cela qui aurait changé la donne.

Que du contraire. Il m’aurait regardé partir à mes soirées en passant ses lunettes au-dessus de son journal ouvert, avec un regard distrait et probablement désapprobateur, mais en laissant la parole à ma mère. Les femmes ne doivent-elles pas la gérer la maison pendant que leurs maris travaillent ? N’en a-t-il déjà pas assez avec ces femelles qui caquettent à longueur de journée ?

Je vais faire deux heureux

Alors qu’il ait envie de faire l’amour ne me touche pas vraiment. Qu’il aille fantasmer sur quelqu’un d’autre. Il n’est pas vraiment laid, ni beau : il est juste insignifiant. 

Je retourne vers mon amie, celle-qui n’a pas osé mettre de mini-jupe. Et pourtant elle rêve d’attirer l’attention des garçons. Jolie rousse, timide, qui se cache derrière ses mèches longues et ses tâches de rousseur, elle me parle tout le temps de celui qu’elle trouve si craquant. Et chaque fois que son regard croise le sien, elle rougit et bredouille.

D’accord, il a fière allure mais je le trouve bête. Evidemment, il est aussi présent à cette soirée et regarde mes jambes gainées dans mes bottes hautes, mes cuisses et ma jupe. Son regard est moins vicelard mais il en est tout aussi fasciné. Que tout cela est enfantin et lassant. Je lui fais un signe de la main pour qu’il vienne nous rejoindre au bar : je vais faire deux heureux. L’un regardera mes jambes, l’autre ne pourra pas se défiler et devra lui parler.

Il arrive un peu hésitant dans cette salle obscure que seuls des spots colorés éclairent. Comme prévu, il veut se mettre près de moi et je me déplace pour qu’il soit entre moi et mon amie. Il ne rechigne pas.

Voulant montrer qu’il est à l’aise ou qu’il est un homme, il nous commande des Longs Drinks au jus d’oranges avec des pailles roses. S’il avait été un homme, il nous aurait demander ce que nous voulions boire. Soit. C’est fort. Il doit y avoir de la vodka ou un autre alcool blanc. Je n’adore pas et laisse mon verre sur le côté. Mon amie prend le verre qu’elle porte à ses lèvres, tremblotante. Et une partie du breuvage déborde de sa bouche crispée. Elle veut déposer son verre sur le bar et étant trop obnubilée par son coup de cœur, le verre glisse et tombe par terre.

Lui, faisant comme s’il n’avait pas vu sa gêne : « Vous allez bien les filles ? ». Ce qui n’arrangeait pas la honte de mon amie qui choisit alors de laisser le verre où il était. « Vous n’avez pas envie de vous mettre un peu sur le côté ? » continue-t-il, « Il fait trop bruyant ici. » Elle acquiesce et je les suis vers une autre pièce qui ressemble à un living avec un grand sofa avec des accoudoirs ronds, des petits fauteuils assortis, une table basse et au mur, un paysage de forêt prenant les couleurs d’automne. Il fait plus frais dans cette pièce éclairée par deux lampes murales encadrant la peinture.

« J’adore tes bottes », dit-il en regardant la peau de mes cuisses encadrées par le cuir et ma jupe en coton. Et comme si elle semblait irrésistible, il me frôle du bout des doigts. Pas vraiment intéressée, je regarde ma peau et celle de mon amie pour me mettre à sa place et comparer nos peaux. J’ai des doutes : ma peau est plutôt granuleuse et sans éclat. Alors que cette peau transparente de rousse qui s’entrevoit au-dessus du col rond doit avoir une texture de marshmallow frais. J’ai envie de l’embrasser et de la mordiller.

Lui, me suivant du regard, l’observe aussi et s’attarde sur la même partie du corps de mon amie. Je lui rends ce regard qui ne m’était pas destiné, d’un air entendu. J’écarte cette mèche rousse qui tombe nonchalamment dévoilant la ligne épurée de son cou. « Que tu es belle », lui dis-je. « Regarde-toi » et j’accompagne mes mots d’une caresse partant de son oreille et dessinant la ligne du cou vers l’ouverture de son col. Je ne suis pas déçue : sa peau est exceptionnellement voluptueuse. Elle tressaillit, sans plus. Lui est fasciné, les yeux grands ouverts, concentré sur cette peau laiteuse. Je le comprends.

Je me lance et pose un baiser sur le bas l’oreille, je sors ma langue pour en titiller le lobe et continue à la goûter. Mon visage est dans ses cheveux. Je la hume comme si son odeur devait me remplir pour que j’existe. Etonnée, elle fait un mouvement vers l’arrière et trébuche sur le sofa qui est derrière elle pour s’y affaler par accident. Sa jupe sursaute et se trémousse légèrement laissant apparaître la peau de l’intérieur des cuisses. Nos yeux se croisent alertes et inquiets mais souriant au comique de la situation.

« Tu ne t’es pas faite mal ? », lui demande-t-il. Je le découvre à nouveau fasciner par la peau des cuisses. Cette fois-ci pas des miennes. Elle, rougissant et un peu encouragée par l’intérêt qu’elle suscite répond presque en sifflant : « Non, ça va ».

Je m’assieds à côté d’elle et me penchant sur elle, je l’embrasse en faisant passer ma langue. J’y découvre une bouche qui en comparaison à la mienne me fait sentir toute petite. Je passe ma main dans le bas de son chemisier pour caresser sa chute de reins. Cette peau est miraculeuse. Je me colle à elle pour mieux sentir ses tressaillements qui m’émeuvent.

Et puis je me rappelle que nous sommes trois et me retourne vers celui qui nous regarde plus que perplexe de ce qu’il découvre. Je me rassieds à côté et lui lance un regard franc quasi provocateur qui lui dit : « Et toi, est-ce que tu oserais ? ». 

Je me lève et  m’approche de lui. Il m’attend. Je marque un moment d’arrêt et me retourne vers mon amie qui l’attend, lui, les jambes légèrement écartées. Je m’agenouille devant elle, lui enlève sa culotte et lui écarte légèrement les lèvres en la caressant petit-à-petit, délicatement de l’avant à l’arrière. Celles-ci se gonflent de plus en plus et commencent à briller d’excitation. Je la pénètre avec deux doigts que je fais tourner dans son vagin encore tendu et insiste sur la paroi avant. Elle finit par s’assouplir et s’ouvrir encore plus.

Lui, je l’attire vers moi par la ceinture, je lui baisse son slip et son pantalon. Je prends la main de mon amie que je dépose sur son sexe à lui et la guide pour le masturber. Sa verge est longue et fine. Il nous regarde toutes les deux, de plus en plus excité. 

Mon propre sexe est en feu alors que le fond de l’air de la pièce est frais. Nous entendons en sourdine la musique de la soirée. Nous sommes tous les trois comme dans un cocoon, seuls face au monde.

« Montre-moi comment faire une fellation », me dit-elle. « Tu es sure ? ». Elle me répond qu’elle l’est. Je vais me régaler. Je m’empare de la verge qui nous est offerte pour me la mettre en bouche. Je commence par explorer le dessus du gland, sa forme, son relief et sa petite fente que je suis de bas en haut. Tout en caressant les testicules qui paraissent presque malléables à côté de cette érection d’acier. Je descends ma bouche entièrement sur ce sexe en m’extasiant du plaisir que je lui donne, continue mes mouvements de va-et-vient avec ma bouche et ma main. Je l’entends râler.

Je le quitte un instant pour mettre mon autre main sur le sexe de mon amie qui est toujours aussi mouillé. Il va vers elle, retire ma main et met la sienne. Mon amie devient si rouge que nous n’arrivons plus à distinguer ses tâches de rousseur. Elle va finir par se consommer de désir. Je lui ouvre entièrement son chemisier, dépouille ses petits seins de son soutien-gorge en le faisant glisser à la taille. Ils pointent sûr d’eux-mêmes. J’en prends un à pleine main, le plus proche de moi, et en mordille le bout. Qu’il est doux. 

D’un geste décidé, il me repousse et la couche entièrement dans le sofa en faisant pivoter son bassin et ses jambes, se met sur elle et la pénètre de son sexe. Je vois ses jambes à elle qui se replient sur sa poitrine pour laisser toute la place à son amant tant désiré.

Je ne suis pas certaine de vouloir d’être à sa place à elle ou à lui. Je regarde le tableau au-dessus d’eux, l’ombre des deux lampes, l’une sur son dos à lui, l’autre sur ses genoux à elle. La pièce sent le désir sexuel abouti, la délivrance et le bonheur de se trouver. 

Je ne me sens plus à ma place et décide de les laisser se découvrir et s’aimer. Par le langage absolu et pur des corps qui ne sont là que pour l’un et l’autre. Je sors et ferme délicatement la porte, pour ne pas déranger mais aussi protéger ce qui se passe de beau dans cette pièce. 

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