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Épisode 3 : Infidélités

Une insomnie… Elle s’y est habituée, depuis le temps. Elle ne les craint plus : il y a des tas de moyens d’y faire face.

Elle a commencé la lecture d’un de ces petits livres édités chez la Musardine, vous savez, un recueil de nouvelles de la collection « Osez 20 histoires ». Celui- ci, il raconte des histoires d’infidélité. Elle en dévore une, puis, une autre. Elles sont pas mal écrites et visent quelque chose qui… Mais laissons- la vous raconter…

"Finalement, je m’y reconnais assez : ces tentations d’adultère, ces passages à l’acte, ces découvertes, ces extases. Du candaulisme, des plans un peu foireux mais des étreintes sublimes.

Je sens mon ventre se serrer, mon intimité se liquéfier et une boule de sanglots monter dans ma gorge : c’est comme ça, en général, que je sais que le plaisir approche.

Cet homme qui est couché, juste à côté de moi, et qui dort d’un sommeil profond, je n’ai pas vraiment envie de le réveiller mais… insidieusement, en lisant, de temps à autre, il me prend l’envie de le toucher. D’abord du bout des doigts : effleurer son bras, le creux de son coude, où la peau est si douce, remonter jusqu’à l’épaule. Un petit frisson le sort un peu du repos. Je dépose mon livre entrouvert à côté du lit et me tourne vers lui. Je continue ces caresses douces : un sourire s’esquisse sur son visage détendu.

J’ai à présent tout le loisir de m’occuper de lui puisque mes mains sont libres… De lui, et « un peu » de moi.

« Tourne- toi » m’entends- je lui dire.

Il est à présent de dos. Je me plaque à lui pour qu’il sente mes seins contre celui- ci et mon ventre et mon bassin contre ses fesses.

« Continue » me dit- il d’une voix ensommeillée. « Hmmm, j’aime ça »

Je me serre davantage contre son long corps et ondule plus rapidement. J’ai saisi son téton gauche entre mon pouce et mon index et je le titille, je le pince, même. Je sais qu’à cette douleur- là, il ne peut résister.

Etirant le bras, je pose ma main contre son sexe. J’en apprécie la dureté. Il n’a pas encore pris beaucoup de volume mais je sais que si je décide de m’en occuper sérieusement, cela sera rapide.

Il se met sur le dos, à présent, les cuisses un peu écartées, offert à mes doigts. Et sans que je m’y attende : « tu prends un jouet ? »

Le tiroir sous le lit est ouvert prestement : j’empoigne ce petit bijou. Il va me faire décoller en moins de deux. Et là, les doigts, ses doigts qui me fouillent à présent, avec fièvre au début, comme s’il voulait s’assurer qu’il ne dort plus. Et puis, plus tendrement. Ils me cajolent, me transportent. Au- delà de mes rêves pour lui, le premier, dont les baisers étaient si doux. Du suivant, dans les yeux duquel j’ai vu tant de désirs. Du troisième avec qui j’ai « fait l’amour », oui, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas parce qu’il n’y a que du désir entre deux personnes qu’elles sont obligées de « baiser », si ? Pour moi, cette notion, c’est un rien brutal et avec lui, rien de tout cela, soyez- en sûr ! Au- delà aussi de ces fantasmes concernant un autre qui me propose de se déshabiller juste pour moi face webcam et un dernier qui rêve de me retrouver dès que je serai d’accord de lui céder…

Mes rêves vont plus loin à présent. Ils rejoignent toujours le même : les autres ne sont que des succédanés. Ce même, je l’imagine tendre et fougueux à la fois, discret mais délirant dans ses désirs, attentionné et exigeant. Et j’aurais envie de le satisfaire toujours et encore, sans relâche et sans aucune limite.

Mais revenons à celui qui est dans mon lit, dans mon sexe, qui m’embrasse tendrement la tempe, le cou, l’épaule, la naissance des seins. Il se réapproprie mon oreille et y soupire… C’est délicieux, je le reconnais. J’ai le jouet appuyé sur le dessus de ma fente, mes doigts ont écarté mes lèvres et je commence de haleter. J’ai envie de crier « Encore, encore…. ». Les prénoms de ces hommes voudraient s’échapper de mes lèvres, je voudrais me gaver d’eux, l’un après l’autre. Et cela continue. Mon jouet contre mon bouton, ses doigts cherchant la petite place à l’intérieur de moi : c’est délicieux, cette caresse et ces pressions qui déclencheront cette espèce de béatitude, ce flot de tendresse, ce plaisir inouï.

Il va se pointer, bientôt… Un doigt dans mon sexe et l’autre dans mon cul… Ils se rapprochent. Moi, je me rapproche de la perte de contrôle. Ma bouche gémit, mon corps tout entier se livre à lui. Le plaisir afflue… entre mes jambes, dans mon ventre. Je me tends, toute prête à jouir. Il le sent.

« Ne bouge pas les doigts… ». Je savoure. C’est vraiment une de ces caresses que j’aime énormément. D’habitude, ça me mène très vite à l’orgasme. Et de fait… Il ne faut pas plus de deux ou trois minutes et ma main écarte le jouet de mon clitoris. Je voulais profiter uniquement de lui, du plaisir qu’il me donne, qu’il se sente mâle… Et cela a réussi.

Je pleure silencieusement à présent. J’ai en tête le prénom de celui que j’aime tellement. Je le voudrais là. Je ne dis rien : l’homme qui est en moi le sait.

Il est temps, à présent, que je m’occupe à nouveau de lui : c’est à son tour d’être repu…"

Son plaisir a été intense. Et puis, il s’est rendormi, heureux, comblé. Elle a continué de penser à eux, à cet autre homme…


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