3 minutes de lecture

Épisode 7 : L'heure d'être douce

Un orage était annoncé. Enfin un peu de fraîcheur après une canicule qui n’en finissait pas. Il y avait eu les piscines qu’on ne pouvait plus remplir, les jardins qu’on ne pouvait plus arroser, les voitures qu’on ne pouvait plus laver.

Elle était là, assise dans son canapé, à attendre la pluie. Le bruit qu’elle aurait fait sur les velux fermés. Elle n’attendait pas que cela…

Elle avait relu cette conversation délicieuse avec lui… Ces mots qui s’alignent sur l’écran, qui, s’ils avaient été imprimés, auraient rempli des pages et des pages… Les mots et les images. Celles qu’il lui avait envoyées.

Elle adorait ce genre de surprise. Quand il branchait sa webcam sans la prévenir, qu’elle entendait le signal sonore de Skype, qu’elle acceptait l’appel et qu’il… s’encadrait, là sur l’écran.

Elle pouvait le regarder tout à loisir, se gaver de lui, de son sexe bien raide qu’il masturbait. Rien qu’ à y penser, cela la faisait frissonner. Elle aimait cette main qui effectuait des va et vient langoureux sur toute la longueur de son membre…

Elle se sentait perdre pied… mais elle ne pouvait détacher les yeux de cette main et de ce sexe.

Elle avait envie de se caresser. Insensiblement, ses cuisses se rapprochaient, se collant l’une à l’autre, se pressaient, interdisant tout passage de ses doigts. De toute manière, elle préférait le regarder sans se toucher.

Elle laissait le désir monter lentement. Elle l’entendait murmurer qu’il avait envie de son cul, qu’il voulait la démonter, qu’il bandait pour elle. Elle aimait vraiment cela.

Très calmement, elle passait les doigts contre l’extérieur de ses cuisses. Histoire de faire redescendre un brin l’excitation qui commençait à ne plus pouvoir être maîtrisée.

« J’ai envie de toi… Tu me manques tellement ».

Ce n’était pas une question d’amour. Non, ça, elle en était convaincue.

Plutôt le manque de sa peau. Le manque de leurs étreintes mêlant douceur et violence. Le manque de sa langue à lui, contre son intimité.

Le plaisir et l’émotion qu’elle ressentit lui arrachèrent quelques larmes. Ils s’étaient enfin retrouvés.

Bien sûr, c’était court. C’était SI court. Toujours trop peu, toujours trop rapide.

Alors, elle déposa son portable, s’installa confortablement dans son canapé. Et lentement, enfin, laissa ses doigts investir l’intérieur de ses jambes. Elle les faisait remonter des genoux à ses aines. Elle sentait le désir qui s’insinuait : doigts genoux, creux des cuisses, sexe. Elle n’était pas bouillante, non, juste très tendre avec elle- même.

Elle imaginait comment les choses se seraient passées…

Elle lui avait dit qu’elle avait envie de se déshabiller devant lui. Qu’elle avait envie qu’il fasse pareil et qu’il se caresse devant elle. Elle était certaine que cela l’excitait lui aussi.

Elle se serait dévêtue lentement, très lentement. En le regardant. En essayant de repérer les signes de son excitation à lui… : des yeux qui se ferment, des cils qui battent, les ailes du nez qui frémissent tant la respiration devient rapide. Et puis, les mains qui s’agitent, qui veulent absolument ouvrir le pantalon, sortir le membre, le masturber aussi, lentement, consciencieusement, d’abord d’une main, ensuite des deux…

Elle ne savait pas encore si elle ferait pareil devant lui… Bien sûr, gémir et jouir en live, ce n’était pas difficile. Mais se déshabiller, être le point de mire de cet homme qu’elle avait tellement à cœur de combler, c’était … différent.

Elle se contenterait de le regarder, les yeux brillants, en soupirant. Elle était certaine qu’il adorerait cela.

Ses doigts étaient à présent contre son sexe, attendant, comme une permission de se laisser aller à la caresse intime. Elle se sentait se liquéfier. L’impression était très douce. Cette mouille qui se répandait sur ses doigts, qu’elle allait lui offrir comme le cadeau suprême et dont il allait se baffrer et se barbouiller ensuite…

Elle rêvait de cela depuis si longtemps.

Cet homme doux et fou en même temps contre elle, complètement déterminé à lui donner du plaisir et à y parvenir, évidemment… Elle l’attendait.

Son absence lui avait fait mal au ventre et là, l’émotion était telle qu’à nouveau, cela la tiraillait…

C’est complètement abandonnée aux délices de ses caresses qu’elle saisit sa tablette, l’installa sans beaucoup de précautions entre ses cuisses et enclencha la caméra : c’était à elle de se donner en spectacle. Ses doigts, rapides, caressaient son clitoris rouge et gonflé. Elle commença d’haleter.

Toutes les conditions étaient réunies pour qu’un véritable orgasme puisse être envoyé à l’homme.


Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche