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Épisode 9 : Réveil nocturne

4 heures 24... C’est cette heure qu’il était quand elle toucha l’écran de sa montre. Elle était éveillée depuis un petit moment mais elle préférait ne pas encore se lever.

Elle n’était pas seule au lit. Elle se souvenait de la voix de cet homme qui lui donnait tellement de plaisir. Pas celui de son lit, non: celui qu’elle avait à nouveau croisé sur le net. Elle avait envie de se caresser mais comment justifier cela auprès de celui qui dormait à côté d’elle... Cette fois, elle n’avait rien lu de particulièrement chaud. (cfr Infidélités). Elle n’avait pas non plus imaginé l’homme nu ou son sexe en grand sur l’écran de son ordi. Juste sa voix. Et c’était déjà... tellement chaud... même s’ils n’avaient pas parlé de sexe.

Alors, elle se leva. Il était à présent 5 heures. Avec mille précautions, elle enfila son peignoir et ouvrit la porte de la chambre. A pas de loup, elle descendit les escaliers en bois qui menaient au rez-de-chaussée... Retrouver les mots de cet homme: les imaginer dans sa bouche à lui alors qu’ils étaient simplement écrits.

Skype.

Bonheurs et joies des échanges virtuels.

Cela avait été chaud dès le départ... Elle avait fait des photos d’elle “un peu déshabillée” et elle s’était promis de les lui envoyer quand ils seraient connectés ensemble. On y voyait son visage, ses cheveux châtains, et aussi, et surtout, ses seins, bien enveloppés dans un soutien-gorge noir. Il n’avait rien de particulier. Ni dentelle, ni transparence, ni motif brodé ou imprimé. Et pourtant quand l’homme reçut le premier cliché, il sembla très émoustillé par ce qu’il voyait. Il ne fit pas de réflexion graveleuse, juste “mon dieu”... Elle savait que si les micros avaient été branchés, un “quelle paire de seins” aurait suivi. Elle lui envoya un autre cliché: un angle différent. Elle lui demanda si cela lui plaisait. Il lui dit qu’il sentait l’excitation le gagner... Elle, ce qu’elle sentait, c’était que les dérapages contrôlés ne tarderaient pas. Elle adorait quand les choses se passaient de cette manière.

Et puis, ils parlèrent de ce qu’ils aimaient de l’autre ou plutôt de ce qu’ils aimaient que l’autre leur fasse. Il se répétait régulièrement mais cela ne la dérangeait pas. Elle avait apprécié ses coups de langue, ses lapages contre son intimité. Lui aussi. Elle avait aimé l’emboucher. Lui aussi. Il lui dit qu’il aimait qu’elle soit gourmande de lui. Elle frétillait déjà.

Ils en étaient arrivés au point où l’un comme l’autre se sentait excité. Son sexe était devenu raide. Son intimité se liquéfiait.

Elle savait qu’elle ne pourrait plus ni le voir ni l’entendre à ce moment précis mais cela lui importait peu. Leurs doigts courraient sur les touches du clavier de l’ordi. Elle aurait voulu s’exposer à lui pour qu’il... explose mais ce serait pour une autre fois. Là, ils étaient simplement dans les mots l’un de l’autre, à parler du désir qu’ils éprouvaient, de la première fois où l’un comme l’autre avait expérimenté le sexe oral, pourquoi et en quoi lui et elle “aimaient” se donner ce genre de plaisir...

Au fur et à mesure de la conversation, les choses se précisèrent: le “j’ai le jeans qui se tend” et le “ta langue me manque” côtoyaient le “voilà, j’ai sorti mon membre” et le “je sens que je me resserre et j’imagine que tu es en moi.... Enfin, je ne vais pas tout détailler.

C’était rempli de désir, réellement. De ces choses qu’on a déjà expérimentées, tout simplement. De ces choses qu’on projette, qu’on rêve de faire avec l’autre. Chacun de leur côté, ils sentaient monter l’excitation. Et puis, il lui raconta comment il avait fait jouir une femme en quelques coups de langue (ce qui n’étonna pas sa correspondante outre mesure). Quant à elle, elle narra comment un jeune homme avait éjaculé sur sa jupe d’été, sur le bord d’une route de campagne, alors qu’elle était encore étudiante et habitait toujours chez ses parents... Ils riaient.

Ils se sentaient bien. Heureux. Elle était tout à fait rassurée. Elle savait qu’elle allait le revoir. Elle en était certaine. Elle aurait voulu arranger des RV, beaucoup. Retrouver sa peau, son sexe tendu, sa chaleur, sa bouche... Quant à lui, elle était certaine qu’il avait envie de ses seins, de son cul, de sa mouille sur le haut de ses cuisses...

Elle sentait le désir monter d’entre ses jambes. Le ventre qui tire. Les sanglots dans la gorge. Une envie irrépressible de pleurer. De bonheur. Des larmes de plaisir. 

Lentement, il était à présent 5 heures 30, elle écarta les pans de son peignoir. Les doigts gauches un peu timides, au départ, jouèrent avec le haut de sa fente. Elle était assise dans son canapé en cuir chocolat. Des fourmillements naissaient à l’intérieur d’elle. Sa main accéléra le mouvement : elle avait trouvé son clitoris. Dans sa tête bourdonnaient les mots de l’homme : “on ne m’avait jamais sucé comme ça... t’es vraiment gourmande”. Elle se sentait rougir. Ses joues étaient chaudes et son souffle haletant. Elle continuait de se masturber encore plus vite. Elle était incapable de retenir ses doigts. Elle bouillait de plus en plus. Cela allait être l’explosion. Elle mit sa main droite devant sa bouche: il ne fallait pas que ses gémissements soient audibles. Elle savait que si elle se laissait emporter par l’orgasme, elle serait bien plus bruyante et il n’était pas question qu’elle déborde...

Enfin, la jouissance... Longue, pleine de feu mais tendre, aussi.

Et c’est dans cet état que son mari la trouva: alanguie dans le fameux canapé, les pans du peignoir écartés, les cuisses grandes ouvertes, une main sur le sexe et l’autre sur la bouche...

“il y en a qui ne s’ennuie pas, on dirait... On monte ?”

Même si elle se sentait repue, elle lui sourit et dans un souffle lui dit qu’elle le rejoindrait vite, très vite, qu’il l’attende en commençant de se caresser...


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