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Plaisir solitaire

C’est inexprimable… … une image vague mais insistante… ça donne des frissons bizarres, mais intenses… ça éveille les sens… ça fait se poser la main autour de la queue… ça s’annonce comme un fantasme qui va bien accompagner cette branlette dans le noir, sous les draps, pour appeler le sommeil…

C’est juste une image qui fait surface, venue d’on ne sait pas trop où… enfin, qui refait surface… car elle s’est déjà présentée à son esprit, parfois… mais elle est aussitôt repartie… et jamais elle n’est venue en même temps que l’envie d’une branlette… jamais elle n’est venue inspirer une branlette… pas avant ce soir…

Deux potes… c’est peut-être juste cette bière de trop… cette heure tardive qui appelle aux confidences, à la proximité, à un besoin de tendresse qu’on n’a pas vu venir… ou alors juste la curiosité… oui, la curiosité… mais peut-être aussi à cause de cette envie longtemps refoulée…

Deux potes qui décident de se laisser aller… qui se disent que si l’autre est partant, pourquoi pas… que, ma foi, il n’y a pas de mal à se faire du bien… d’autant plus que l’envie est là, bien là…

Deux potes qui vont goûter aux plaisirs entre mecs… leurs premières caresses timides, encore freinées par les interdits… et puis, les barrières tombent les unes après les autres… désormais guidés par l’instinct, les voilà s’autorisant le premier baiser, timide, hésitant… un premier baiser qu’ils auront trouvé rudement bon, excitant, suivi par d’autres, de plus en plus passionnés, de plus en plus sensuels…

Deux corps qui cèdent à l’envie de se mélanger, de partager un plaisir inconnu… un plaisir qu’on a envie de partager avec lui, et avec lui uniquement… le pote de toujours… celui qui nous connaît plus que quiconque, par qui on se sent compris plus que par quiconque… avec qui on se sent en confiance, plus qu’avec quiconque… à qui on a envie de faire du bien… plus qu’à quiconque… ce pote qui nous intrigue, dont la sexualité, dernière facette inconnue dans une complicité presque parfaite, nous intrigue…

Les mains qui s’affolent, l’urgence du plaisir qui s’empare des corps, qui embrase les esprits… rencontre d’envies, chacun déshabillant l’autre à la découverte de ce corps anatomiquement identique au sien, mais si inconnu encore…

Enfin… presque inconnu… car, bien sûr, il y a eu les vestiaires, les douches… mais ce n’est rien par rapport à cette découverte visuelle rapprochée… bien sûr, il y a eu des gestes de potes, une main sur l’épaule, un bras autour du cou, les contacts pendant le jeu… mais ce n’est rien par rapport à cette découverte tactile libérée, passionnée… et aussi… on connaît depuis longtemps l’« odeur » de l’autre, ce ressenti olfactif si unique, si familier, si rassurant… ce mélange de déo, de gel douche, de transpi… mais ce n’est rien par rapport à cette découverte olfactive pendant que les peaux se frôlent, une proximité où les narines se chargent de l’odeur légère et tiède de l’autre… où les petites odeurs de mec se mélangent, au même titre que les corps…

Connaître la douceur et le goût de la peau de l’autre, de ses lèvres… goûter au plaisir indescriptible d’une langue qui court et glisse dans le cou, sur le torse, les tétons, une langue qui provoque à la fois des frissons chez soi et chez l’autre… ressentir un frisson inouï lorsque les braguettes s’ouvrent… lorsque les sous-vêtements se baissent petit à petit… lorsque les mains, enfin débridées, libèrent, dévoilent…

Le premier contact avec une queue autre que la sienne… expérience inédite, qu’ils pensaient interdite, impossible, quelle expérience pour ces deux mecs, eux si hétéros, si portés sur les nanas… expérience qui sera leur truc à eux, rien qu’à eux…

… et sur cette image de découverte de bonheur entre garçons, la jouissance arrive… elle vient mouiller des abdos musclés, ainsi qu’un chemin de bonheur large, brun et fourni… les jets se succèdent, dans le noir, lourds, chauds, denses… lorsqu’ils cessent, la main arrête aussitôt ses va-et-vient…

La jouissance a été puissante… elle vient de s’abattre comme un éclair, comme une décharge électrique dans le cerveau et dans le corps du beau mécano…

Le beau pompier vient tout juste de jouir… et déjà le fantasme s’évapore, comme une petite fumée balayée par un vent puissant, laissant derrière lui un petit mais insistant arrière-goût de culpabilité…

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Fabien

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