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Plaisirs pédestres

Tes pieds. Agenouillé, je les regarde. Tu en prends soin. Après le bain, tu les cajoles. Peau gommée. La pierre ponce va et vient. Soigneusement, sur chaque plante, elle insiste sur le talon, remonte sur les côtés, effleure les coussinets de tes orteils parfaits.

Ongles finement taillés. Ils épousent si joliment la courbe de tes doigts. Toujours colorés. Tout à l’heure, à nouveau, tu les pareras de pourpre.

Dans la petite bassine en cuivre, tu les reposes, tes petons fatigués. Eau tiède. Huiles essentielles. Tu te délasses. Doucement tu les caresses.

Tes pieds irréprochables. Doigts impeccablement alignés. Si fins, élancés.

Pieds onctueux. Royaume des courbes. Ils sont là. Ils me tentent. Ils m’appellent. Tu le sais. Tu me souris. Tu me supplies… Je t'obéis.

Je le tiens. Ton pied gauche, dans ma main. Doucement, je le soulève. Tu t’allonges et t’abandonnes…

Ma main droite caresse lentement le ventre et le dos de l'oiseau blanc sur mes genoux posé. Je le découvre, à nouveau. Je m’imprègne de sa peau, si douce après tes soins experts. Je sens les moindres plis, les muscles affleurants, reviens sans cesse dans la courbe de l'arche exquisément sensible. Je jouis de tes frissons.

Petit à petit, j’insiste davantage. Les doigts de mes deux mains travaillent à l’unisson. Mes pouces s’enfoncent doucement dans tes chairs éprouvées. Les muscles réagissent. Yeux fermés, tu soupires ton plaisir. Du talon au métatarse, j’étire, je plie, je pétris… Le peton, d’abord malgré toi réticent, concède vite sa défaite. Il se laisse faire. Il s’abandonne. Mes gestes habitués l’ont vite apprivoisé. Il s’allonge, il s’étend. Un à un j’étire les orteils, lutine leurs charnues extrémités.

Ta cheville. Si fine. Précisément sculptée. Magnifiquement lacée dans l’étroite lanière de tes sandales d’été lorsque tu es rentrée. Cette délicieuse chute sur ton talon bombé. Je la plie et déplie. Je la tourne. Je la caresse. Je la tiens entre pouce et index puis poursuis chaque muscle sur tout le corps du pied. Je les parcours et les étends jusqu’à l’extrémité de tes doigts, doucement tractés. Toutes les tensions rentrées, les peines accumulées, le poids de ta journée, je les débusque, je les extirpe, je les expulse.

Tu expires lentement. Je te fais du bien. Tu me le dis et je le sens. Je remonte encore un peu. Le bas de ton mollet. La courbe admirable vers ta cheville étroite. La grâce de ce virage en creux, entre tendons et malléoles doucement enveloppées. Je câline à nouveau tout ton pied, malléable, confiant entre mes mains attentionnées. Mes mains soigneuses. Mes mains enjôleuses. Mes mains amoureuses.

Doucement, je le repose sur ma cuisse. Son voisin, jaloux, s’approche gentiment. Ne t’inquiète pas, c’est ton tour maintenant !

A nouveau à pied d'œuvre, délicatement je le saisis. Mes mains commencent leur exploration. Caresses. Frottements. Tractions. Flexions. Incursions progressives dans la profondeur de ta chair. Ces muscles si tendus qui portent tout ce corps par moi tant désiré. Fatigués, je les soulage. Leur tension pénètre mes mains. Loin derrière moi je la rejette. Tout ton corps se détend. Ce sourire calme sous tes yeux clos. A moi tu t'abandonnes.

Je parfais mon ouvrage. Derniers effleurements. J'y mets toute ma tendresse pour tes jolis petons. L'un après l'autre je les chéris.

Mais ton genou droit fléchit légèrement. Ton pied recule lentement, puis revient, caressant ma cuisse tout au long du chemin. C’est toi qui me masses maintenant ? Après quelques allers-retours, le coquin poursuit sa route. Sur mon ventre, le long de mon buste, il s’aventure. De ton extrémité tu effleures mes chairs tendres, masses mes pectoraux, parcours tout mon poitrail et atteins mes épaules.

Il est là, tout contre moi. De ma joue je m’y frotte. De ma bouche, je le croque ! Ma main le saisit à nouveau. Mes yeux incandescents dans ton regard mutin, mes lèvres embrassent fiévreusement la douce chair potelée de l'avant de ton pied. Ma langue ne tarde pas à vouloir y goûter. Douceur sucrée-salée. De tout son long, je le lèche, je le câline. Lentement, mes lèvres aspirent chacun de tes orteils. Je les suce, les titille, les mordille. Quel pied ! Tu soupires. Tu gémis.

Voilà le gauche qui s’agite sur ma cuisse, attaque bientôt mon buste. Il me pousse coquinement, je résiste. Il s’élève et atteint mon visage étonné. De ton pouce tu en effleures les contours électriques. Torrides chatouillis. Ta caresse sur l’arrête de mon nez. Tes deux pieds sur ma bouche réunis, le nouvel arrivé veut à son tour s’immiscer entre mes lèvres brûlantes. Je le mords violemment. Je le dévore ! Ma bouche l’engloutit. Tes orteils sont croquants !

Au même instant, de ton peton droit, tu reprends ton exquise excursion : dans mes cheveux, sur mon front, dans mon cou, sur mes épaules… Soudain, il ralentit. Attentivement, il coulisse vers mon torse. Sur ma poitrine bombée, entre tes doigts, tu titilles mes tétons. Tu ris. Je te mords. Nos regards se font avides. Enfin, le divin arpion s’abaisse entre mes cuisses. D’une juste inflexion de ta douce cheville, ses doigts se posent lentement sur le membre viril éperdument dressé.

Tu mordilles ta lèvre inférieure. Tes yeux me sourient, coquins. A travers le caleçon, tu appuies plus franchement. Ton pied se meut doucement, caresse, s’enfonce. Débusque les précieuses et en joue gentiment. Il les presse, les masse, puis remonte sur la hampe fièrement érigée…

Alors, c’est le signal. Ton pied gauche livré à ma bouche cannibale, mes mains s’activent sur ta jambe. Remontent ton doux mollet. Saisissent avidement ta cuisse pleine, veloutée. Caressent. Pétrissent. Enfin, tout au bout, dans le creux accueillant, sous ton cri de désir, mes doigts s’enfoncent lentement dans tes chairs inondées.

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