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Poésie des voyages en train

Je ne sais pas votre nom. Vous ne savez pas le mien. Je suis celle que vous avez observée longuement dans ce wagon-restaurant, celle auprès de qui vous êtes venu vous accouder, alors que je regardais distraitement défiler le paysage après avoir fini mon café. Celle qu'une secousse a fait trébucher et qui est venue s'appuyer contre vous. Involontairement bien sûr. Je n'avais rien demandé. Mais vous avez su immédiatement tirer profit de la situation, glissant votre main sur ma cuisse pour faire remonter ma jupe, en expert que vous êtes.

Votre voix dans mon oreille. « J'étais sûr que vous étiez femme à porter des bas. » Et le frisson qui remonta entre mes jambes tandis que votre main accentuait sa pression. Je vous ai suivi sans hésitation dans ces toilettes exiguës où, sans vous embarrasser de préliminaires, ni même vous préoccuper qu'on nous ait vu entrer à deux, vous m'avez poussée, me faisant vous tourner le dos, et vous avez relevé ma jupe jusqu'à la taille.

Les soubresauts du wagon m'ont contrainte, pour conserver mon équilibre alors que je me tenais au dessus de la cuvette, à poser mes mains sur la paroi en face et vous avez paru vous satisfaire de cette position qui dégageait mes fesses. Votre main les a flattées, comme on flatterait la croupe d'une jument, avant de les claquer sèchement. J'ai tressailli de surprise, ignorant encore que ce n'était que le premier des coups que vous m'infligeriez, avant d'éprouver le feu délicieux de cette brûlure sur ma peau. Associée aux vibrations du wagon, c'était juste délicieux et je me suis cambrée pour vous offrir mon fessier le plus rond possible. Vous l'avez giflé, deux claques sonores, puis deux autres, et déjà je me sentais couler.

Vous avez alors fait glisser vos doigts le long de ma raie pour descendre entre mes jambes et vérifier, à travers le tissu, que j'étais déjà bien mouillée.

«  C'est bien, ma catin perverse. »

Votre genou est venu écarter un peu plus mes jambes et me pencher davantage, puis vous avez joué un petit moment avec le tissu de mon slip, doigt dessus, doigt dessous, entrant et sortant de ma chatte affamée, vous amusant de mes gémissements.

Cambrée, toujours retournée, je pouvais vous sentir courber sur moi, j'entendais votre souffle calme, régulier, qui contrastait avec mes halètements convulsifs. Puis vous avez décidé que c'était assez. Vous m'avez fait sucer vos doigts plein de moi, tête renversée en arrière, avant de baisser cette culotte roulottée qui avait cessé de vous amuser. À peine. Sur le haut de mes cuisses. Et j'ai perçu que vous vous défaisiez à votre tour. À peine.

Votre queue m'a pénétrée brutalement malgré toute ma lubrification, bien raide, et vous l'avez enfoncée jusqu'à la garde. D'un coup. Là encore, j'ai tressailli de surprise mais vos mains me maintenaient fermement, empêchant toute rébellion, tandis que je vous sentais gonfler en moi, si dur, si large. Je n'osais plus bouger tant cette sensation était intense. Et merveilleuse. Vous me remplissiez si complètement et chaque cahot du train vous faisait entrer plus profondément, m’élargissant délicieusement.

« Maintenant, ma jolie saleté, montre-moi ce que tu sais faire. Ma queue est à toi. »

C’était enivrant d’avoir autant de pouvoir. Pour la première fois, je pouvais vraiment prendre le contrôle de mon plaisir. C’est vous qui vous offriez à moi.

J’ai commencé à bouger d’avant en arrière, les mains toujours posées sur la paroi devant moi, doucement, pour vous sentir coulisser. A me voir ondoyer ainsi sur votre queue, vous avez manifesté votre satisfaction par un petit soupir qui s’est mêlé à mon gémissement. Je ne voulais surtout pas accélérer. Garder le contrôle, profiter de ce membre tout entier gorgé pour moi, qui venait cogner à intervalles réguliers au fond de mon vagin, qui en caressait les parois comme vous caressiez mon cul. Je me suis amusée à vous faire sortir légèrement pour mieux vous aspirer ensuite. A vous laisser glisser entre mon cul, effleurant mon autre trou, l’humecter, le rendre aussi accueillant que le premier. Mes reins étaient serpents qui s’enroulaient autour de votre tronc, qui ondulaient pour lui faire prendre racine en moi.

« Ton cul est une merveille, avez-vous chuchoté pendant que vous le claquiez impitoyablement, et ces coups brutaux me rendaient plus folle encore, mais je ne veux pas t’enculer aujourd’hui. Continue à danser. »

On a frappé à la porte. Sans doute on s’impatientait, les toilettes étaient occupées depuis si longtemps. J’ai répondu par un long cri : votre queue, revenue dans des orifices plus classiques, venait de toucher mon point le plus sensible et l’orgasme a déferlé en moi. Plus question de lenteur, je vous voulais vite, fort et profond.

Pour m’aider, vous m’avez attrapée par les hanches, les mains autour de ma taille, et je me suis penchée plus bas, presque sur la cuvette, vacillante sur mes talons. Ainsi vous pouviez rentrer bien loin. A l’inverse de la jument au rodéo, chacune de mes ruades n’avait qu’un but : me faire pilonner plus durement, me faire enfiler bien profond. La sueur coulait dans mon cou, entre mes seins, mais c’était plus fort que moi, j’en voulais encore.

Le deuxième orgasme m’a poignardé. Une décharge électrique qui est venue transpercer mon corps en même temps que votre queue, et si vous ne m’aviez pas rattrapée, sans doute serais-je tombée à vos pieds, épuisée. Mais votre main m’a redressée et vous m’avez chuchoté :

« A moi maintenant. Je veux jouir dans ta bouche. »

Hébétée de plaisir et docile, le cul brûlant et la chatte en feu, je me suis assise sur cette cuvette baissée, slip aux genoux. Le froid du plastique est venu apaiser un peu mes chaleurs et vous m’avez présenté cette queue qui avait su m’apporter tant de volupté.

J’étais à la bonne hauteur. Ma main s’est employée à vous caresser doucement, de haut en bas, tandis que je découvrais d’abord le goût de votre gland. Une main sur le lavabo, l’autre derrière ma nuque, vous m’avez laissé vous lécher les couilles, les gober comme les délicieuses friandises qu’elles étaient, avant de me guider vers votre chibre toujours dressé et gonflé. Je le sentais pourtant prêt à exploser. Je l’ai aspiré, savourant le plaisir de vous sentir jusqu’au fond de ma gorge, si plein, si réactif, et j’ai fait jouer mes lèvres et ma langue, vous caressant, vous mordillant, vous suçant avec quelques râles de plaisir auxquels vous mêliez les vôtres.

On a tambouriné à la porte. Plusieurs voix. Visiblement le contrôleur avait dû être appelé. Vous avez alors accentué votre pression sur mes cheveux et jeté à travers la porte que tout allait bien, avant de m’envoyer votre semence dans la bouche. Je l’ai avalée avec délectation. Je voulais tout de vous et, pour la première fois, j'ai relevé les yeux pour croiser les vôtres, noirs et brillants.

Alors, doucement, vous m’avez caressé la joue et j’ai embrassé le bout de vos doigts, toujours assise, culotte aux genoux. Vous vous êtes rhabillé et vous avez fouillé dans votre poche pour en sortir un petit rectangle blanc que vous avez glissé dans mon sac à main, resté sur le sol là où je l'avais lâché en entrant.

— J'attends ton message.

La porte s’est refermée et j’ai attendu quelques instants, écoutant les voix s’éloigner, avant de me relever. J’ai remonté ma culotte, essuyé mes mouillures sur la cuvette et jeté le papier. Puis je me suis lavé les mains et recoiffée avant de sortir. Le contrôleur m’attendait, mais c’est une autre histoire.

« J'attends ton message » m’avez-vous dit. Le voici donc. J’espère que ce message vous a plu. Maintenant, vous avez mon numéro. Et j'attends la suite. 

Écrire à Julie Laville

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