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Porter une armure et en-dessous, un corps de femme


La littérature a fait de moi un homme. Probablement parce que sauver dans la nuit urbaine les personnes en danger ne peut être que l’œuvre d’un homme. Ou est-ce que parce que seul un homme peut aimer se battre avec un équipement high-tech ? Qu’importe. L’avantage est que mon masque ne tombera pas de sitôt.

Je n’ai pas à cacher mon identité qui serait publique. Je ne suis pas devenue une combattante de la nuit parce que mes parents ont été assassinés. J’ai juste une vie normale. Je travaille la journée. Je suis une femme et j’aime les chats. Je passe des heures à les observer car eux seuls comprennent l’espace dans lequel ils se trouvent. Les chauve-souris, quant à elles, volent et ont toujours les sens aux aguets. Comme moi.

Les soirs où j’ai accompli ce que je considère juste et nécessaire, je commence par enlever mon armure. C’est à ce moment que je me retrouve en tant que femme. Je vois mon corps qui n’est pas musclé comme celui d’un homme. J’ai une poitrine et une stature de femme. J’aime ce moment où il ne me reste plus que mon masque à retirer. Je m’arrête et j’hésite toujours avant de le soulever. Et de me reconnaître.

Protéger le docteur B. Giacono

Cette fois-ci, je suis intervenue dans une Conférence Internationale de Robotique qui était sous haute surveillance. Le professeur B. Giacono devait présenter en exclusivité le système MINOS tant convoité par les grandes puissances militaires du monde entier. Son application permettrait aux stations de tir de se passer d’intervention humaine. J’ai reçu un signal d’alerte de la part de la police me décrivant une tentative de kidnapping du professeur. Une dizaine de silhouettes noires seraient apparues dans la pénombre derrière le conférencier pendant qu’il projetait ses résultats de recherche.

L’armure une fois refermée sur moi, je me suis rendue sur place grâce à mon véhicule de service que certains nomment la « batmobile ». Arrivée à l’université, je me suis tout de suite dirigée dans les couloirs que m’indiquait la sécurité pour tomber nez-à-nez avec ce groupe de kidnappeurs et le professeur, un peu affolé.

Etonnement beau gosse pour un informaticien. Des yeux gris presque transparents, peau claire et cheveux foncés. Une touche italienne avec son costume cintré et ligné sur fond bleu foncé et lumineux. Quanto è Bello ! Je l’aurais plus imaginé dans une publicité d’un parfum pour homme que dans un amphithéâtre ou encore, attablé à un bureau en bois recouvert de livres et de feuilles volantes couvertes d’équations.

Un premier groupe de trois personnes s’est détaché pour venir à ma « rencontre ». La première sort son couteau à cran et les autres se mettent en position de combat devant lui. Ces derniers tentent de me porter des coups au niveau des jambes pour me déstabiliser et d’attraper mes bras pour me mettre à terre. Alors que la troisième vise avec son couteau les interstices entre les différentes plaques de mon armure.

J’en immobilise un en l’attachant au radiateur en fonte par un lien qui rentre dans sa cuisse et lui arrache en même temps une grimace. Je mets à terre le second par un « sidekick » qu’il n’a pas vu venir. Quant au troisième avec son arme blanche, il a visiblement plus d’expérience en techniques de combat. Il arrive à déboiter une de mes plaques en dessous de ma côte gauche. Je parviens néanmoins à immobiliser son poignet, à m’emparer du couteau et à clouer sa main au mur. Immobilisé par la douleur, son sang descend vers la plinthe en bois. Ces trois-là ne sont plus un problème.

Je vois à quelques mètres d’autres silhouettes qui arrivent en courant, j’agrippe le professeur par le poignet et le fais courir dans ce couloir à peine éclairé par des veilleuses sur le haut des portes en bois. Une de ces silhouettes arrive à nous rattraper, elle ressemble à un homme particulièrement massif et menace le scientifique. Je m’interpose entre eux, pare son coup avec mon avant-bras, m’abaisse et l’accroche dans les mollets. Il tombe lourdement à la renverse.

Et avant qu’il ne retrouve ses esprits, nous recommençons notre course dans ce couloir étroit au bout duquel nous tombons nez à nez avec une grande double porte fermée. « C’est la bibliothèque » me dit le professeur. Il sort son badge et la porte s’ouvre. Nous nous engouffrons en vitesse dans la pièce en renfermant les lourds battants derrière nous. Nous entendons des grognements et de coups sur la porte.

Dans cette pièce dont les murs sont recouverts d’étagères en bois contenant des livres sur plusieurs étages en mezzanines, mon sein gauche apparaît. Imprudent et par hasard. Il n’aurait pas dû.

Pendant le trajet, les plaques de mon armure se sont déboitées. Le professeur l’entrevoit malgré la pénombre, surpris. La courbe douce de mon sein laisse deviner le velouté de ma peau. Pourtant encore entravée, il est facile de distinguer une poitrine de femme aux larges auréoles. Je me tourne légèrement pour la remettre avec ma main droite où il se doit, sous l’armure. Le professeur interrompt mon mouvement et s’empare du sein impudique pour en dessiner de sa main son réel volume et sa surprenante sexualité. Celle d’une femme.

Il soulève sa tête et me regarde dans les yeux. Son regard signe sa curiosité et son excitation naissante. Je lui fais un sourire en coin qu’il ne voit probablement pas sous mon masque. Au lieu de remettre les plaques à leur place, j’enlève celles qui recouvrent ma poitrine. Elle est à nu. Comme si j’étais fière de défier les légendes me concernant. Surpris, il fait un pas en arrière et fixe mes deux seins dont les tétons se durcissent au contact de l’air froid. Il ne peut que les deviner dans cette pièce éclairée par de simples indications du danger que peuvent représenter des marches ou des colonnes en bois soutenant tout un savoir universitaire.

La nuit, tous les chats sont gris

Je dois presque ressembler à un chat dans le noir. Je pourrais être n’importe quelle femme torse nue dans une bibliothèque si je n’avais pas un masque et des bottes hautes.

Le Professeur se rapproche de moi et caresse le haut de mon ventre et s’arrête à la limite marquée par l’armure. Ses doigts passent plusieurs fois entre ma peau et la plaque qui couvre mon bas ventre, mon entrejambe et le haut de mes cuisses. Je frissonne d’autant plus que mon corps n’a pas perdu de sa vigilance : j’entends encore des cris et coups étouffés dans le couloir. Ceux-ci paraissent loin de nous.

Cette pièce entièrement fermée dégage une odeur de papier et de reliures en cuir. Des tables sombres et rectangulaires sont allongées dans l’allée centrale. Autour d’elles des chaises avec des accoudoirs. Et, près des étagères remplies de livres, des échelles qui peuvent glisser le long d’une barre de métal horizontale, des fauteuils, des tables basses et des lampes à pied.

J’en allume une pour qu’il puisse voir mon corps. Je m’appuie sur un coin de dos de fauteuil, me déhanchant légèrement et le regarde. Je me redresse et me retourne : mon ombre sur le tapis ne fait pas la différence entre mon corps et l’armure. J’enlève ce qui me reste de protection. Je suis toujours la même si ce n’est que mes cuissardes dessinent la ligne des mes jambes, tout comme mes gants celle de mes bras, et que les pointes de mon masque ou casque, me donne un air félin. Mais de loin, de très loin. Ou dans le vague de la pénombre. Mon corps est maintenant moins massif. Ma nudité ne me gène pas. Elle est celle de batman. D’une femme.

Je m’assieds dans le fauteuil face au Professeur en ramenant mon genou gauche vers ma poitrine. Mon sexe s’ouvre à la lumière de la lampe. J’en sens sa chaleur sur mon pubis alors que le cuir lisse de mes gants est resté froid. Mes doigts sont devenus étrangers à mon propre corps qui les sent sans vraiment les reconnaître. J’enlève mon gant pour porter à ma bouche deux doigts que je réchauffe et humidifie avec ma langue. Je me les enfonce dans mon orifice vaginal pour l’ouvrir délicatement. Il se déballe petit à petit et s’offre à la vue du Professeur.

Avec mes jambes, je l’attrappe au niveau des genoux pour qu’il se rapproche de moi. Surpris, il tombe à genoux devant moi qui ai les jambes écartées. J’avance ma vulve à la hauteur de sa bouche, sur le bord de l’assise du fauteuil. Il le regarde comme s’il en calculait les replis. Les résultats sont rapides à venir du bout de ses doigts qui palpe mon sexe et pince légèrement mon clitoris. Il s’applique. Comme un professeur d’université.

Sa bouche finit par rencontrer ma cavité. L’une contre l’autre. Je m’ouvre encore plus et trouve son entrejambe. Elle est en érection mais reste encore timide. J’en caresse le bout à travers son vêtement. Sa langue puissante explore mes profondeurs : je la sens large et à la recherche de tous les creux. Avec ses doigts, il stimule ma propre érection. Je gémis et sens de la buée qui se forme sous mon masque. Mon corps se bande entièrement : j’ai envie d’être pénétrée par son sexe.

Je me relève, mes cuisses glissent entre elles. Je me plaque contre lui pour sentir sa verge plus dure cette fois-ci et soulève une de mes jambes. Il saisit ma cuisse et la tient soulevée. Je me frotte à lui goulument sur le tissu qui commence à devenir humide. Il m’attrappe par les fesses et me dépose sur une des tables de l’allée centrale. J’ouvre sa ceinture qui tombe ensuite avec son pantalon une fois la braguette ouverte, découvrant son sous-vêtement tendu. Je le fais descendre lui aussi.

Pendant un bref instant, me prend l’envie de partager un baiser, de le goûter et de me goûter moi aussi par l’occasion. Mais je préfère qu’il me pénètre de son pénis : je me penche vers l’arrière. Il s’approche vers moi. Je suis fascinée par son désir pour moi. Le voilà. Je le prends en moi. Il n’existe que par ses mouvements de va-et-vient en moi et ses mains qui tiennent mes hanches. Il cherche l’inclinaison qui lui fait le plus de bien. C’est bon.

Je tressaillis de plaisir et me sens si grande, gigantesque. Et pourtant il s’impose : son sexe est dur comme l’acier et c’est lui qui nous dicte l’emboitement de nos corps. Ceux-ci sont des silhouettes qui se rencontrent au loin dans des siècles de savoir comme si la vie ne se faisait qu’ici et maintenant.

Je sursaute au moment où il râle de plaisir. Je suis émue par la force du tremblement de son éjaculation dans le fond de mon vagin. Je me penche vers lui et l’embrasse sans aucune retenue. Comme si nous nous connaissions depuis toujours. Encore haletant et perdu dans son extase, il se laisse faire.

J’en profite pour me retirer et prête l’oreille à ce qui se passe derrière la porte : “Police! Est-ce que tout va bien?” Je remets mon armure et file vers la sortie de secours tout en jetant un regard vers celui que j’ai sauvé de kidnappeurs. Définitivement, il me plait. Et s’il m’avait rencontré dans ma vie ordinaire, il ne m’aurait probablement pas vue. Décidément, cela a du bon de porter une armure et d’avoir un corps de femme en-dessous.

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