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Épisode 7 : Apparitions

Voici pour vous un texte, une suite de l'Éternité dans la Monstruocité. Le mot "mystères" y est glissé afin de répondre à la commande de l'un d'entre vous. 

Ce texte s'est ficelé suite à un rêve "à tiroir", en avez-vous déjà fait? Lorsque nous nous réveillons dans un autre rêve plus effrayant ou plus excitant que le précédent...

A lire en écoutant une célèbre chanson du groupe Hooverphonic.

Mrs Jones.


J'aimerai tant prolonger cet instant, mais me voilà rattrapée par la réalité et observée par mon propre reflet...

Il est là, barbottant dans un bain de lait. Au dessus de la baignoire, mon miroir suspendu m'offre une jeune femme aux cheveux dorés avec une main dissimulée, cachée sous la surface. Des ondes se forment et s'étendent, le plaisir qu'elle se donne lui permettra bientôt d'atteindre l'acmé.

Je ne rougis pas à cette vue et m'observe attentivement, c'est donc à cela que je ressemble lorsqu'il me force à soutenir son regard quand nos fluides se mêlent. 

Un tsunami de plaisir m'envahit enfin, les souvenirs de ce rêve aux notes de paradis artificiels s'estompent à peine... 

Le pays des songes est plein de mystères que je m'efforce d'explorer à la moindre occasion. Un jour je les contrôlerai.

Je sors lentement de mon nuage lacté et pars me cacher derrière un Moucharabieh.

Me cacher? Non, je me mets en valeur dans un jeu de silouette, d'ombre et de lumière. 

Sur ma peau se trace les vestiges de quelques paires de crocs, ce rêve était il donc réel?  Autour de moi rien n'a bougé pourtant.

La chanson suivante emporte mon double maléfique dans une danse lascive, trublion de lubricité, il se regarde dans le miroir, se déhanche, il a encore faim. 

Je n'y prête pas attention, m'habille d'un kimono en soie blanche, arrose les nombreuses plantes tropicales qui trônent dans ma salle de bain et pars à la conquête d'épices et de théine.

Dans ma main, une tasse en porcelaine me réchauffe.

Le prince vladimir et ses agrumes épicés m'attend dans le tourbillon de ma cuillère argentée. Assise sur mon plan de travail j'observe, avide, mon double maléfique continuant sa danse diabolique dans le reflet de ma baie vitrée. 

C'est là que je l'aperçois, assis sur le divan de mon jardin d'hiver. 

Décontracté, jambes croisées, un bras sur un coussin, et entouré de panaches de fumees.

Un homme  élégant au regard noisette m'observe en silence. Cet intrus m'invite à le rejoindre, bien que je reste interdite devant cette proposition, mon double se joue de moi et part batifoler entre ses griffes. 

Les arômes de fumée bleue m'envoûtent, m'ensorcellent, des forces mystérieuses me poussent à me rapprocher de ce jardin d'hiver. 

Je suis là, face à lui, respirant à mon tour ce poison addictif. Je ne fais plus qu'un avec le diable qui se déchaîne en moi et passe la main dans mes cheveux, faisant danser mes boucles et onduler mon corps.

Mon invité surprise se délecte de ce spectacle, regarde mon petit corps érogene se tordre devant lui. Humant une dernière fois son herbe bleue il se redresse sur son fauteuil, lève son visage vers le mien cherchant mon acquiesement, puis... 

Ses mains me capturent à la taille, sa joue se love contre mon Mont encore drapé de soie. Sa main droite vient astucieusement plier ma jambe et déposer mon pied sur le canapé. 

Déséquilibrée, je l'ai presque toujours été et aujourd'hui  cela est encore plus le cas, au propre comme au figuré. Mes mains s'agrippent à ses cheveux, et leur étau se resserre lorsqu'il dépose un baiser sur l'intérieur de ma cuisse. 

Le repoussant sur le fond du divan, je plante mes yeux dans les siens,  mes mains descendent lascivement le long de mon buste, de mon torse, jusqu'à la ceinture de mon vêtement.

Sans bruit, l'étoffe tombe au sol, lui offrant ainsi un corps totalement dénudé.

La musique me transporte et m'hypnotise, telle une chatte affamée je grimpe sur mon canapé et l'enjambe sans mal, il me rend folle.

Entre mes jambes je sens monter une tension pleine de promesse, et lentement mon bassin masse dans un mouvement régulier celui de mon partenaire. 

Ma bouche entre-ouverte se penche sur la sienne lui offrant un soupir léger.

Mes doigts défont les quelques boutons de sa chemise et une main fraîche prend possesion de son torse. 

Mes caresses abusent de sa patience et le voilà qui prend le dessus et me bascule sans ménagement sur le divan de velour. Mes yeux se ferment pour profiter d'avantage des nombreux délices qu' il s'apprête à m'infliger.