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Pourtant.

J’ai refermé la porte sur toi. Sur ton visage, sur tes lèvres et ton corps dont je pouvais encore sentir la chaleur. Que s’est-il passé ? Comment as-tu pu ? Comment ai-je pu ? Quel est ce tourbillon qui me dévore et m’aspire de l’intérieur ? Je suis restée plantée là. J’ai attendu que mes pensées daignent se remettre en place, que le calme me revienne. Impossible. Je suis comme projeté hors du temps depuis tes lèvres, depuis tes mains. Depuis ces mots. Je suis restée là, ne discernant plus la réalité de la fiction, le fantasme de la réalité. « Tu es belle. » Ces mots résonnent en moi, ils se propagent, se condense et se percute à d’autres. Mais diable, comme c’était bon. Comme c’était bon de céder une fois, juste une fois, à ce qui m’habite depuis trop longtemps sans que je veuille me l’avouer, non, ce n’est pas moi. C’est une Autre. Je ne suis pas cette femme. Je ne veux pas être cette femme. Pourtant, quelque chose gronde en moi, quelque chose n’ose se dire et n’ose s’entendre. Et si j’avais franchi le pas ? Et si. Ces deux petits mots qui changent tout.

Mon esprit a résisté dans une lutte permanente contre le reste du monde. Quelque chose s’est effondré. Tu as osé. Tu as osé nous faire ça. « Ça, ça ne change rien ». Si, ça, ça change tout. Qui es-tu pour moi ? Pourquoi occupe-tu tant mes pensées. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallu que je provoque tout ça ? Il y a une femme en moi qui a crié tout bas ce désir charnel, je ne l’ai pas entendu. Toi si. Elle t’a appelé. Pour se sentir belle et désirée. Pour se sentir femme simplement.

Je suis incapable de comprendre le fond de ma pensée, incapable d’y consentir. Ce désir, pulsion de vie me rend plus que jamais vivante. Me fait me sentir libre et vivante sans que je comprenne pourquoi. Et je veux vivre ça, mon corps réclame cette dose d’adrénaline encore. Cet échantillon n’est rien. Et pourtant. Pourtant, je sens tes mains sur mon corps et mes lèvres sur les tiennes. J’entends ton cœur qui s’emballe.

« Parle-moi, répond moi, dis quelque chose ». Mes lèvres sont restées fermées à tous les mots qui auraient voulu en sortir. Je voulais te dire non, mais j’en étais incapable, pétrifiée de franchir cette ligne que je ne pensais jamais franchir. Et en même temps…

Et maintenant ? Que vais-je faire de tout ça ? Comment vais-je pouvoir oublier ça ? En ai-je seulement envie ? Puis-je encore me faire croire que je vais pouvoir oublier ça ? Enterrer ce désir naissant qui me cri de le laisser vivre. 

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