4 minutes de lecture

Premiers jours d'automne

J’attendais à la porte des toilettes du bar quand tu m’as rejoint. Je crois que c’est à ce moment là que tout a basculé. Tu me lances un “Tu veux que je t’accompagne ?” moqueur. Je me penche vers toi, au plus près de ton oreille. Je peux sentir ton odeur, mélangée à celle du tabac et des shots, ton souffle chaud sur ma joue, et te répond : “ Je ne suis pas du genre à me faire baiser dans les toilettes..”. Et je m’engouffre dans la pièce. En sortant, tu me répondras que tu n’es pas du genre à prendre une femme dans des sanitaires.

Plus tard dans la soirée, bien des verres après, je trouve un endroit où m’isoler. Je suis enivrée. Je n’ai pas l’habitude de boire. Le monde tourne légèrement dans mes yeux et je tangue un peu sur mes talons. Je te vois t’avancer vers moi. Nos yeux se croisent et j’y crois apercevoir de l’envie. Il y a trop de monde autour de nous. Le temps encore chaud de ce début d’octobre permet aux clients du bar de rester dehors boire leur verre.

“Tu ne préfères pas qu’on se trouve un endroit plus tranquille ?” me dis tu, la voix s’éraillant sur la fin de la phrase.

“Si.” Dans ce simple mot tient toute mon envie, celle là même qui m’a parcouru à la seconde où tu es sorti de la station de métro et  où tu as pris ma main pour m’aider à descendre du muret sur lequel j’étais perchée. D’un mouvement de la tête, tu m’indiques le bas de la rue et je pars la première. A peine, avions nous passé l'intersection que je m’appuie contre le mur et te fais venir à moi. Il n’en faut pas plus pour que tu poses tes lèvres sur moi. Tu n’es pas mon type, tu es plus âgé mais mon envie de toi n’en est pas moins évidente et je ne sais comment l’expliquer. Mes mains passent sous ton T-shirt trop large, t’agrippent les hanches et te collent à moi en te griffant. Nous reviendrons une fois encore dans cette ruelle lorsque ta main contre la mienne ne suffisait plus et qu’il nous fallait décharger la tension qui nous prenait lors de la soirée.

Nous quittons le bar. Il est très tard, ou plutôt très tôt. Nous mettons longtemps à rentrer. Durant le trajet du retour, ma main se balade sur tes fesses, tu m’embrasses au fil des avenues. Il y a des regards qui ne trompent pas. Tu me voulais chez toi ce soir. J’ai beau eu dire non, nous sommes bien sur le pas de ta porte à l’heure où le premier métro ne devrait plus tarder. Tu ne le sais pas mais je suis déjà mouillée.

Cette nuit là, tu me désirais moi. Moi qui doute toujours de pouvoir séduire un homme. Je t’ai rendu fou et pas qu’une fois. Tes lèvres sur les miennes, tes mains sur mes seins… Je t’ai entendu gémir quand je me suis dirigée vers ton ventre. Non, tu ne mentais pas lorsque tu t’es vanté de sa taille toute la soirée. Mes yeux, écarquillés, ma bouche affamée par la vue de tant de matériel pour jouer, j’ai pris le pouvoir sur toi, et tu as eu l’air d’aimer ça. J’ai approché ma bouche de son extrémité et tu as frissonné. Tes hanches se sont cambrées pour lui faire franchir mes lèvres. Dans une lenteur extrême, ma langue a parcouru ta verge. Petit à petit, mes lèvres l’ont enserrée. Lorsque je l’ai avalé toute entière, un râle s’est échappé de ta bouche. J’ai continué des minutes durant, souriant de satisfaction à chaque fois que je t’arrachais un gémissement. Je suis remontée t’embrasser tandis que mes mains continuaient à l’effleurer. Tu nous as basculés et tu m’as plaquée contre le lit. Ta bouche s’est posée sur mon sein tandis que ta main s’est pressée contre l’autre. Moi qui était trop sensible pour apprécier ça auparavant, je me suis surprise à demander encore. Lorsque tu m’as sentie sur le point de supplier, tu t’es glissé en moi tout en me regardant. Mes jambes ont ramené tes hanches à moi pour t’emmener plus profondément. Sans le vouloir, entre deux gémissements, j’ai réclamé timidement : “ J’ai envie que tu me prennes en levrette..”.

Tu as acquiescé en souriant puis tu m’as retournée, les miroirs en guise de tête de lit me renvoyant notre image : toi en extase, et moi à quatre pattes, loin d’être rassasiée. Je t’ai senti entrer en moi doucement d’abord puis plus vigoureusement. Je ne pouvais pas crier et sous tes assauts de plus en plus pressants, j’ai joui en silence, ma tête retombant sur l’oreiller quand le plaisir est devenu trop intense. Pour autant, tu n’étais pas décidé à lâcher prise et après une courte minute de relâchement, nous avons recommencé. Il nous en fallait beaucoup plus pour combler le désir qui nous avions éprouvé toute cette soirée. La fatigue n’a pas eu raison de nous tout de suite. Il était bien 7h du matin lorsque tu as exigé un temps mort, la migraine l’emportant.

11 heures : le réveil sonne. D’un geste, tu l’arrêtes. Je glisse sous les draps, m’étire, me cambre. Tu l'ignores mais j’essaye de te montrer que j’en veux encore. Mes mains se sont mises à parcourir ton torse, à dessiner les limites de ton ventre et à jouer avec la frontière qui me séparait de celle avec qui j’avais tant aimé jouer quelques heures auparavant. Tes yeux sont encore clos, mais ton corps esquisse des mouvements au contact de mes mains curieuses. J’ai déjà en tête l’objectif de te faire jouir et je ne m’avouerai pas vaincue…

A suivre …

#concoursLTP #enlargeyourpen

Écrire à Saphira31

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche