Prénom : M

Une saga de Bleue - 3 épisode(s)

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Épisode 3 : Mon parfum sur son corps

Ils allaient enfin se retrouver. Le temps avait passé. Il y avait plus de deux mois qu’ils s’étaient vus. Il lui avait manqué, énormément. Quant à elle, il ne lui en avait pas parlé… Elle savait juste que l’un comme l’autre avait… faim. Une de ces faims qui vrille le ventre et qui vous empêche de réfléchir, d’être raisonnable.

Donc, ils s’étaient donné RV un après- midi de ce juillet torride. Elle portait pour l’occasion sa petite jupe blanche préférée en dentelle (il allait être servi, avec le beau bronzage qu’elle s’était octroyé au soleil italien) et un haut dans les tons bleus. Au pied, des sandales plates. Un sac fleuri. Elle sentait bon le frais et le soleil. Lui, il la rejoignit, toujours très classe : du bleu pour le polo, du bleu pour le pantalon. Un sourire un peu préoccupé.

Ils ne se touchèrent pas, d’abord. De temps en temps, il regardait ses cuisses brunes. Elle osait une œillade vers son visage concentré, ses prunelles foncées mobiles, son nez et sa jolie bouche. Elle remarqua ses ongles un peu courts. Ses yeux balayaient les cuisses de sa partenaire. Elle ne voulait pas lui montrer qu’elle s’en rendait compte mais à chaque regard, elle sentait le désir grandir.  Demandez donc à une femme l’effet des yeux d’un homme sur une partie de son corps dont elle est particulièrement fière….  et vous comprendrez quel était son émoi à ce moment- là….

Des débuts mouvementés que je tairai. Mais toujours ces émerveillements à elle. C’est vrai que cet homme, il était vraiment magnifique.

Déshabillages. Toujours ses regards à elle sur ce corps qu’elle trouvait si beau. Ce ventre, cette poitrine. Elle se déshabillait aussi de son côté. « Oui, enlève ça aussi, j’aime regarder tes seins… Ils sont beaux ». Il pliait ses vêtements très soigneusement alors qu’elle, elle envoyait tout valdinguer tant elle était pressée d’être nue contre lui.

Retrouver cette peau, c’est cela qui lui avait tant manqué. Une peau chaude, ferme, peu de poils (presque pas, au final, juste une petite rivière sous le nombril et puis sur le pubis et le haut de l’intérieur des cuisses). Elle s’accrocha à lui tel un bébé- animal à un de ses parents. C’était comme un geste désespéré. Elle avait envie de pleurer tant elle était heureuse. Elle avait envie de mordre son cou, ses joues, le lobe de ses oreilles. Elle voulait rattraper le temps perdu sans lui.

Lui aussi, s’accrocha à elle. Sans beaucoup de précautions. Il voulut la pénétrer d’un coup… Elle préférait sentir son sexe entre leurs ventres, puis contre ses lèvres. Elle lui demanda d’attendre, de jouer avec son sexe à elle, gentiment. Il était toujours si fougueux que parfois le feu prenait le pas sur le tendre. Et puis, elle ne voulut plus le faire attendre. Leurs baisers, leurs étreintes si fortes. Parfois, elle se sentait presque broyée entre ses bras. Elle n’aurait jamais imaginé cette force… Il la pilonnait, encore, encore… Elle sentait l’orgasme arriver mais … non… Les émotions se percutaient : oui, elle avait cette envie irrépressible de jouir, avec lui, grâce à lui. Non, elle ne voulait pas s’attacher à lui. Mais quand on vous fait l’amour avec autant de rage, que faut- il penser ?

Leurs peaux dégoulinaient à présent. De la chaleur de la pièce mais de l’ardeur aussi qu’il mettait à lui donner du plaisir. Elle guettait ses petits soupirs : ils la faisaient complètement décoller. On aurait dit un chaton ronronnant (non, il n’aimait pas tous ces animaux à poils et pourtant, ces gémissements légers ressemblaient à ceux de ces petits bêtes…). Elle adorait l’entendre. Elle se figeait, parfois, juste pour sentir le cœur de l’homme battre contre elle.

Et puis, après la fulgurance, ils se séparèrent. Il avait beaucoup plus chaud qu’elle. Il resta étendu sur le lit, les bras contre son buste et les jambes un peu écartées… Elle aurait l’occasion de chérir ce si joli sexe. Celui- ci était au repos, à présent. Avec une douceur infinie, elle passait sa main gauche sur le torse de l’homme, s’arrêtant à peine à ses tétons, sachant qu’il n’appréciait pas vraiment. Elle descendait lentement contre ses côtes. « Tu aimes ? » A quoi elle s’entendit répondre « Hmmm ». Elle continuait le trajet : le ventre, à présent, pratiquement plat. Un grain de beauté qu’elle contourna. Le sexe, ayant repris sa taille et la direction de sa cuisse droite. Elle ne s’en préoccupa pas et continua de descendre. Elle avait la main à la hauteur de ses bourses à présent. « Comme ça ? ». Elle se rappelait qu’il lui avait demandé d’être douce, la fois précédente… Elle trouvait cela tout à fait étrange : en général, ses partenaires aimaient être empoignés, presque compressés. « Comme si c’était une plume qui… ». Elle se fit donc un devoir de respecter son souhait. Ses doigts se firent plus légers encore. Elle les faisait passer juste sous ses testicules lentement, très lentement. Et puis, le désir recommença de monter dans son ventre à elle. Elle avait pratiquement atteint l’entrée de l’anus de cet homme si beau, si viril et si offert à elle à cet instant précis… Chaque fois que son majeur gauche arrivait à cet endroit, un pincement se manifestait dans son ventre. Et cela grandissait… encore… et encore. Elle avait envie de lui faire l’amour, de lui rendre tout ce plaisir qu’il lui donnait, simplement en lui permettant d’être là, à côté de lui, de pouvoir se gaver de son corps de rêve avec les yeux, de se sentir à la fois petite chose fragile et si délicate mais si forte dans ses convictions et dans cette volonté de le combler. Elle aimait le sentir aussi réceptif à ses caresses. Elle aimait le sentir frissonner…

Il allait être temps de se séparer. Elle le regardait toujours. Elle se dépêcha de se rhabiller. Elle n’était plus accablée par la chaleur : son corps avait retrouvé une certaine fraîcheur… Elle reconnaissait son odeur à elle sur ses bras à lui, sur son visage. Elle était heureuse de lui avoir partagé ce petit parfum même s’il était féminin. Pas une odeur intime, non, simplement celle très douce d’une fragrance sucrée. Malgré la canicule, ni l’un ni l’autre ne dégageait d’effluves désagréables…. Elle lui proposa des lingettes rafraîchissantes. C’était le seul souci de l’homme : que quelqu’un puisse se dire qu’il sentait un peu le Moringa… Savait- il que c’était ce parfum qu’elle portait et dont elle s’était enduit les bras juste avant qu’ils se retrouvent ?

A nouveau ces quelques instants difficiles, quand on a envie de se dire au revoir simplement pour grappiller quelques secondes lèvres contre lèvres… Et puis, ils s’éloignèrent l’un de l’autre.

Un sentiment étrange… : reverrait- elle cet homme magnifique ?


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